015, annus horribilis pour la France. Les attentats de Paris en janvier et novembre, la crise des migrants, le chômage au plus haut, la forte poussée du Front National aux élections départementales et régionales, les interventions militaires en Afrique et au Moyen-Orient, les catastrophes climatiques…Des drames, des angoisses, des inquiétudes qui affectent la société française dans son ensemble, d’où la recherche – parfois désespérée – de remèdes efficaces pour soigner des maux toujours plus graves, du moins pour une partie de la population du pays.

Les nouvelles prisons. Enquête sur le nouvel univers carcéral français , Cholet Didier (dir.), 2015, Rennes, PUR, 366 p.
Comme son titre l’indique, cet ouvrage porte sur les « nouvelles prisons », c’est-à-dire les établissements pénitentiaires construits à partir de 2007 dans le cadre du « plan 13 200 »1 qui vise à répondre à l’augmentation de la population carcérale et à l’inadaptation du parc pénitentiaire dont certains établissements, vétustes, offrent des conditions de détention déplorables et déplorées2.
La recherche dont rend compte le livre vise d’abord à répondre à la demande publique. Il s’agit en effet de voir dans quelle mesure ces nouveaux établissements peuvent servir de modèle : quels en sont les échecs et les réussites ? Les auteurs se donnent ainsi pour objectif de participer, par les résultats de leur étude, à l’amélioration des constructions futures. Ensuite, cette étude interroge les changements que ces constructions ont entraînés : permettent-ils à la prison de mieux remplir les fonctions qui lui sont assignées ?
Pour répondre à ces questions, cette recherche, qui aura duré 3 ans (2011-2014), a été menée par une équipe pluridisciplinaire rassemblant des juristes, des sociologues, des architectes, des économistes, des géographes et des spécialistes de l’aménagement du territoire. Elle repose sur des études de terrain et de documents, et sur la réalisation d’entretiens avec des personnes détenues, des agents pénitentiaires (surveillants, personnel de direction, conseiller pénitentiaires d’insertion et de probation), des architectes, des élus. Parmi les 30 nouveaux établissements pénitentiaires construits depuis 2007, 5 ont fait l’objet d’investigations approfondies : les maisons d’arrêt3 du Mans et de Nantes ; les centres pénitentiaires4 de Nancy, Poitiers et Rennes. Afin d’obtenir des éléments de comparaison, d’anciens établissements ont également été visités et étudiés (notamment l’ancienne maison d’arrêt de Nantes).
Café Géographique animé par Romain Garcier (professeur à L’ENS de Lyon). Compte rendu de Juliette Dop.
A l’occasion de l’ouverture prochaine de la COP 21, ce nouveau café géographique apporte une contribution aux réflexions sur les questions environnementales. Mais aussi à l’occasion de la venue de Jean Marc Rochette et Olivier Bocquet pour la dédicace du dernier opus du Transperceneige.
Il faut rappeler que la région Rhône Alpes représente 40 % de la production française hydro-électrique ET est la première puissance nucléaire régionale en France (20% du parc, 14 des 58 réacteurs français).
Les champs abordés ici, du climat et de l’énergie, sont centraux dans la démarche géographique, avec une approche à la fois globale (avec la COP 21) et locale (la Région).
Des cartes postales, 2015
« Avec son beau ciel, ses maisons de brique rouge qui se reflètent dans les eaux du Tarn, ses jardins en terrasses et ses beaux ponts; avec sa place centrale bien exposée au soleil; avec sa cathédrale puissante, avec les coteaux crayeux qui la bornent et qui ressemblent aux collines du Latium, on dirait une ville italienne, faite surtout pour le culte de l’art et d’une sereine philosophie ».
Ainsi parlait Jean Jaurès, orateur inspiré, en 1888. Enfant de Castres, député des mineurs de Carmaux, il fut aussi professeur de philosophie au lycée d’Albi, celui-là même qui plus tard accueillit sur ses bancs un certain Georges Pompidou. Depuis 2010, la Cité épiscopale est classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

Sébastien Abis, Thierry Pouch, Agriculture et mondialisation Un atout géopolitique pour la France, Nouveaux Débats, Les Presses de SciencesPo, Paris, 2013, 185 p.
Dans le présent ouvrage, deux experts rappellent, avec compétence et rigueur, que la France, pays traditionnellement rural, n’est parvenue qu’assez récemment à faire de son agriculture une activité économiquement structurante et géopolitiquement stratégique. En effet, il a fallu attendre le début des années 1970 pour que « l’agriculture change de statut : elle ne constitue plus un frein à la croissance de l’économie » (p.36). La France est alors devenue le second agro-exportateur mondial.
Or, il y a longtemps que la richesse des sols et la tempérance des climats ne font plus l’opulence agricole. Désormais, « détenir des avantages comparatifs relève de déterminants sociopolitiques et institutionnels » (p.38). Partant, ce sont les lois d’orientation agricole de 1960-1962, ainsi que la Politique agricole commune, qui ont donné une impulsion décisive à la vocation exportatrice de la France. La puissance agricole n’existe donc pas a priori mais s’avère être un construit né du volontarisme politique.
Compte rendu du Café géopolitique qui s’est tenu au Café de la Mairie, Paris 3e, le 1er juin 2015,
Après avoir rappelé que l’analyse du territoire représente l’élément de base de la géopolitique, Delphine Papin précise que cette analyse peut aussi être effectuée à un niveau national voire infranational. On parle alors de géopolitique locale. Un des objectifs de cette « spécialité » développée par l’Institut Français de Géopolitique (IFG) est d’analyser les rivalités de pouvoir à l’échelle locale, et ainsi de se donner la possibilité de s’intéresser non plus seulement aux enjeux mondiaux mais aussi aux questions françaises et territoriales. Les sujets du découpage des régions, des élections, des politiques publiques, du logement, etc. sont autant de thèmes qui pourront être abordés dans le cadre des futurs cafés géopolitique locale.
Café Géo de Montpellier du 06 Septembre 2015. Avec Pascal Chevalier, Professeur à l’Université Montpellier 3, UMR ArtDev, et Pierre Girard, chef du service des études et de la diffusion INSEE Languedoc Roussillon. Notes prises par Geoffrey Nail-Baud. Rédaction par Guillaume Poinsignon
Ce café géo avait la volonté d’éclairer certaines de nos citoyennes sur la réforme actuelle qui redéfinit le contour de notre région, le Languedoc-Roussillon, qui deviendra l’une des plus vaste de France lors de sa fusion avec la région Midi-Pyrénées, effective le 1er janvier 2016. Les intervenants ont pu interroger la cohérence de cette réforme.
Les Cafés géo, samedi 26 septembre 2015, Denis Wolff)
PC : il ne s’agit pas ici d’un parti politique mais de la Petite Ceinture, voie ferrée construite sous le Second Empire, et qui entourait alors complètement la capitale. Les excursionnistes des Cafés géo ont marché sur les traces de cette voie mythique et ont découvert les serres d’Auteuil et autres équipements parisiens, dont l’histoire récente est assez mouvementée.
Au cours des quelques kilomètres de cette excursion, ils se sont interrogés sur le sort de ces équipements édifiés au XIXe siècle pour transporter les Parisiens, les nourrir (abattoirs), les instruire et même les baigner (piscine Molitor) ! Quelle place, quel rôle leur laissent les acteurs de la vie moderne dans une ville livrée à la spéculation immobilière, où l’espace est rare et cher ?
Nous remercions chaleureusement Jean-Louis Tissier, qui a pris position dès 2010 pour défendre les serres d’Auteuil, Jean-Emmanuel Terrier et Stéphane Dos Santos, respectivement Président et Secrétaire de l’Association pour la sauvegarde de la Petite Ceinture1, ainsi que Bernard et Maryse Verfaillie pour toute l’organisation.

Biot, le 4 octobre 2015, au lendemain des précipitations record de la nuit
(source : www.ouestfrance.fr )
La cause est entendue : le cocktail changement climatique/urbanisation galopante s’est révélé dramatique une fois de plus. Rien que durant les deux dernières décennies, cinq catastrophes d’ampleur comparable ont déjà ravagé le Midi méditerranéen français et cette sixième catastrophe s’est abattue avec une rare violence sur l’une des portions les plus urbanisées et densément peuplées du littoral français.




