Dessiner l’architecture en géographe par Simon Estrangin.
Le dessin du géographe n°94.

Quelles sont les similitudes entre les dessins des géographes et ceux d’autres professions, les architectes par exemple ? Le dessin du géographe n° 88 abordait déjà cette question à travers des exemples pris dans l’espace méditerranéen. Ici, il s’agit de se pencher sur la façon dont le géographe Jacques Pezeu-Massabuau dessinait l’architecture. (suite…)

Dessin de géographe, dessin d’architecte : rencontres, de Michel Sivignon.
Le dessin du géographe n°88.

A côté du dessin des géographes les architectes ont fourni un grand nombre de dessins. Historiquement, les premiers dessins d’architectes sont les plus anciens. Ils remontent jusqu’à la Renaissance.
Il est parfois difficile de dire si tel dessin ressortit à la géographie ou à l’architecture, même en ne comparant que des oeuvres de même époque historique. Particulièrement pour les dessins contemporains où les architectes revendiquent leur filiation par rapport aux formes issues directement de la nature. (suite…)

Détruire ou construire ? L’aménagement des zones inondables en question. Par Sylvain Rode.

Café géographique de Montpellier, 2019. Intervenant : Sylvain Rode – Maître de conférences en aménagement de l’espace et urbanisme, Université de Perpignan Via Domitia – Unité Mixte de Recherches ART-Dev. Compte rendu rédigé par Camille Renaudin.

Selon l’Evaluation Préliminaire du Risque d’Inondation effectuée en 2011 dans le cadre de la mise en œuvre de la Directive européenne Inondation de 2007, 18,5 millions de personnes et 10 millions d’emplois seraient exposés au risque inondation en France. La vulnérabilité est donc forte compte tenu de la forte exposition des populations au risque inondation. La prévention est dès lors un enjeu important et réaffirmé qui passe, notamment, par le contrôle de l’urbanisation en zone inondable. Deux questions, antagonistes et légitimes, se posent alors : faut-il – et si oui, comment ? – construire en zone inondable ? Doit-on détruire les biens en zone inondable ?

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Les Hyper-Lieux : une nouvelle approche de la mondialisation ? par Michel Lussault.

Présentation par Michel Lussault, Professeur d’études urbaines (Ecole Normale Supérieure de Lyon). Directeur de l’Ecole urbaine de Lyon (Lauréat du programme Instituts convergence, CGI). Compte-rendu réalisé par Battiste MURGIA, étudiant en deuxième année de Licence d’histoire, repris et corrigé par Thibault COURCELLE et Mathieu VIDAL, enseignants-chercheurs, co-animateurs des Cafés Géo d’Albi.

Bien des analyses de l’évolution du Monde contemporain insistent sur son uniformisation irrémédiable. Le jeu conjugué de l’accroissement des mobilités et de leurs vitesses, de l’accélération des rythmes sociaux, de l’empire nouveau du numérique et de la standardisation des paysages, des objets et des pratiques imposée par la globalisation du capitalisme financiarisé, promouvrait une société « liquide » et un espace lisse et « plat » où chaque position vaut une autre, où les différences s’estompent jusqu’à disparaître, jusqu’à aliéner l’individu, appauvrir sa sociabilité, la placer sous contrainte et sous contrôle. Cet « air du temps » a même pu trouver dans le « concept » de « non-lieu » développé par Marc Augé un fétiche, exprimant une doxa dominante, sans cesse rebattue et diffusée.

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Japon : l’art des jardins, contempler et méditer, Maryse Verfaillie.

Le Pavillon d’Or à Kyoto

Dans un archipel entre terre et ciel, entre montagne hostile et terre tremblante, entre tradition et modernité, la mer pour unique horizon, le Japon a fait , avec l’art du jardin, une synthèse sublime.

L’art des jardins, important et respecté, cherche à interpréter et à idéaliser la nature, en assemblant des codes esthétiques que tous les Japonais peuvent s’approprier dans la vie quotidienne car le jardin se trouve aussi bien dans les demeures privées, petites ou grandes, que dans les parcs des villes et surtout dans les sanctuaires shintoïstes ou les temples bouddhistes.

Méditer, contempler, ce sont les vertus que propose le jardin.

 

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Le pays Konso en Ethiopie : un paysage culturel classé par l’Unesco, Maryse Verfaillie.
 Cliché de Maryse Verfaillie (février 2016), comme tous les clichés publiés dans cet article

Cliché de Maryse Verfaillie (février 2016),
comme tous les clichés publiés dans cet article

L’Ethiopie, pays immense (grand comme deux fois la France) compte plus de 80 nationalités différentes… et bien décidées à le rester !

Ce pays, situé globalement entre le tropique du Cancer et l’Equateur, est un pays de montagnes (avec un sommet à 4 620 m) et de hauts plateaux. C’est donc un vaste château d’eau qui distribue cette denrée vitale à l’Egypte (par le Nil bleu) et à toute la Corne de l’Afrique. Il est donc hautement stratégique !

La vallée du Rift qui du Nord au Sud l’échancre profondément est actuellement perçue comme le berceau de l’humanité : on y a retrouvé les ossements de Lucy (vieux de 3 millions d’années) et plus récemment, autour du lac Turkana, au Kenya, des mandibules qui vieillissent encore le genre humain de 400 000 ans. C’est donc un endroit clé pour comprendre l’histoire de nos origines !

Enfin, l’Ethiopie est la 2ème puissance démographique d’Afrique avec environ 80 millions d’habitants. Pays encore très pauvre, il est néanmoins « en voie de développement » et attire les investisseurs les plus variés. On parle très peu de l’Ethiopie en France et c’est fort dommage.

Le choix d’aborder la région à travers l’exemple du pays Konso est lié à l’existence de sources écrites sur une société originale qui depuis plus de 400 ans a créé un paysage culturel étonnant fait de terrasses et de fortifications de pierre. Ce paysage culturel a été officiellement inscrit par l’Unesco en 2012 sur la liste du Patrimoine mondial, faisant de l’Ethiopie le pays d’Afrique comprenant le plus grand nombre de sites protégés.

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Habiter le monde, par Olivier Lazzarotti.

73ème Café de géographie de Mulhouse, par Olivier Lazzarotti, Professeur de géographie à l’université de Picardie, Mulhouse, 2 octobre 2014. Notes de Françoise Dieterich

Le monde change, la géographie change.  Habiter, c’est un moyen de penser ce changement et les concepts qui le signalent. C’est au cœur de la transformation du monde et de la géographie

Le monde change on le sait. Les changements sont économiques, sociaux, écologiques géopolitiques, technologiques. La géographie des années 80 ne rend plus compte de ces nouveaux phénomènes qui impliquent une nouvelle manière de lire le Monde. Une partie des bouleversements qui concernent la géographie touche aux mobilités. Ceux qui bougent et ceux qui ne bougent. Ceux qui sont bougés, ceux qui font bouger. Tout le monde bouge. En se multipliant, les mobilités se diversifient : migrations internationales, déplacements touristiques, déplacements pendulaires etc. De ces mobilités émergent des types sociétaux spécifiques, les sociétés à habitants mobiles. Aborder le Monde par l’ « habiter » est l’un des moyens de prendre en compte ces transformations dont le tout constitue une révolution géographique sans précédent.

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