La ruralité à Mayotte, état des lieux post-Chido, par Monique Gherardi

Monique Gherardi est géographe et ingénieure en Science de l’Information Géographique à l’Université de Montpellier Paul-Valéry. Au cours des trois dernières années, elle s’est consacrée à la direction et l’écriture de l’Atlas de la ruralité mahoraise, publié en 2024 aux éditions Orphie. Cet atlas a pour objectif de conserver une mémoire des espaces ruraux de Mayotte et d’aider à mieux comprendre leur rôle et leurs recompositions dans ce territoire. Co-écrit avec de nombreux spécialistes, l’ouvrage est particulièrement riche en documentation : 13 portraits de femmes et d’hommes, 64 cartes, 31 contributeurs, un artiste peintre, 180 personnes sollicitées, un lexique en shimaore/français/kibushi et près de 100 références bibliographiques.

Café géographique de Montpellier, le 03 février 2026. Auteurs du compte rendu : Léa Talafre Licence 2 de Géographie et aménagement du territoire. Université Paul Valéry Montpellier.

Atlas de la ruralité mahoraise présenté au café-géo de Montpellier – Photo : Les café-géo de Montpellier, 2026

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La mise en œuvre des conditions de l’acceptation sociale dans un espace rural récemment protégé : le Parc National de Forêts. Par Romane Michaux.

Café géographique de Chambéry-Annecy, 2023, par Romane Michaux, compte rendu de Antonin Van des Straeten.

La présentation de Romane Michaux fait suite à ses travaux de Master 1 Géographies et Montagnes, réalisé en 2021 à l’Université Savoie Mont Blanc, elle aborde la mise en place du dernier parc national français, créé en 2019, et ses enjeux sociaux. Pour rappel, ce type d’espace protégé concerne un territoire sur lequel un intérêt est manifeste et où il n’est pas d’intervention artificielle susceptible d’en altérer l’aspect, le tout dans un but de préservation environnementale. Il est régi par une charte valable pour quinze années et se délimite spatialement par une aire d’adhésion et une ou plusieurs zones cœurs.

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Déserts : Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges 2022.

Affiche du FIG 2022. http://fig.saint-die-des-vosges.fr

Au Festival de géographie de Saint-Dié, qui fêtait sa 33e édition, je suis allée, par la thématique des déserts attirée. L’infinie complexité des espaces désertiques a été décortiquée par des intervenants passionnés. Le Portugal était le pays invité.

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Des lieux entre mémoire, géographie et imaginaire (3) : la route de Leh (Inde), Michèle Vignaux.

Une route. Pas une autoroute, une voie express, un périphérique, mais une route étroite, sinueuse, au bitume mal ravaudé. C’est pourtant cette route qui relie deux univers opposés, celui des jardins luxuriants des miniatures mogholes à celui des terres minérales et arides des hautes terres himalayennes. Parmi les peu nombreuses routes transhimalayennes, la NH 1D conduit de Srinagar, capitale d’été du Cachemire, à Leh au cœur du Ladakh, le « pays des hauts cols ».

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Des lieux entre mémoire, géographie et imaginaire (1) : Moka, Yémen, Michèle Vignaux.

Moka, un mot, deux noms. Celui d’un breuvage parfumé qu’on boit dans de petites tasses de porcelaine et celui d’un port situé sur la Mer Rouge au sud de la Péninsule arabique.

Avant d’arriver à Moka, sur la côte aride de la Tihama, le voyageur venu de l’intérieur aura traversé les monts Sarawat aux pentes raides découpées dans des roches volcaniques. Du haut de replats étroits il aura surplombé des terrasses verdoyantes accueillant arbres fruitiers, vignes et céréales. Il aura trouvé de l’ombre entre les hautes maisons des villages aux fenêtres cintrées, construites en gros moellons ou en argile séchée ; les femmes qui portent la clef autour du cou, en sont les gardiennes. Il sera entré dans des écoles où le maître aura désigné sur une carte son pays d’origine à des petits garçons portant à la ceinture un jambiya (poignard courbe) en carton. A la sortie d’un bourg, il aura longé un enclos étroit dans lequel un homme, accroché au grillage, cherchait à attirer son attention par des mimiques grotesques…prison rurale ou asile de fous, on ne sait pas.

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Tintin plus marin que montagnard ? Planète bleue et monde blanc, par Paul Arnould.

Café géo du 20 septembre 2018 – Annecy. Pour ce premier café géo de la saison, Paul Arnould se fait géographe tintinophile et nous propose une sorte d’hergéographie.. Compte-rendu d’Alice Nikoll.

Il commence par retracer la manière, dont le géographe forestier qu’il est, en est venu à s’intéresser à Tintin. Tout commence avec son livre Au plaisir des forêts, pour lequel il planche sur un chapitre « Au plaisir enfantin de la BD ». Ensuite, les occasions de croiser Tintin et géographie se multiplient, dans le cadre du Labo Junior « Sciences dessinées » à l’ENS de Lyon[1], d’une conférence sur « Tintin forestier » à la Société de géographie[2], et enfin d’un colloque scientifique autour de Tintin en janvier 2017[3], qui a donné lieu à la publication des Géographies de Tintin en avril 2018[4].

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La friche : un espace en marge ? Abandon, usages et innovations, avec Kaduna-Eve Demailly

Café géographique de Montpellier, 2017 : La friche : un espace en marge ? Abandon, usages et innovations, avec Kaduna-Eve Demailly, LABEX Futurs Urbains. Université Paris-Est Marne-la-Vallée. Lab’URBA, chercheure associée au LADYSS. Kaduna-Eve Demailly a soutenu une thèse en 2014 sur les espaces urbains vacants jardinés[1]. Il s’agissait d’étudier les jardins partagés installés sur des friches, et de comprendre en particulier les mécanismes de réappropriation par les habitants, sur des terrains essentiellement situés en Île-de-France. Compte-rendu rédigé par Caroline Meynet.

Téléchargez l’intégralité du compte-rendu au format PDF : La friche : un espace en marge ? (PDF, 413ko)

Dans le cadre de ce café, on rentrera dans ce thème des friches par la notion de marge, au programme de l’agrégation de géographie et du CAPES d’histoire-géographie, et on se demandera dans quelle mesure les friches, comme espaces marginalisés, font aujourd’hui l’objet d’initiatives et sont en voie de réintégration ? En somme, comprendre les processus de marginalisation et de démarginalisation des friches, qui sont souvent des espaces de centralité économique, hier en marge, et aujourd’hui réinvestis, donc démarginalisés.

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Untaking space, philosophie nomade, les écotopies aux Etats-Unis, avec Damien Delorme.

Café géographique de Montpellier, du 4 mai 2017, avec Damien Delorme, professeur de Philosophie. Compte rendu de C. Burki.

Qu’est-ce que la philosophie nomade au travers de ce projet « Untaking space » ? Comment le fait pour un philosophe, de partir en voyage lui permet de penser l’espace ? Qu’est-ce que le voyage à vélo apprend au philosophe sur l’habitation de l’espace ?

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De la roche au paysage : comment se construisent les géopatrimoines ? Par Claire Portal.

Claire PORTAL est maître de conférences en Géographie à l’Université de Poitiers. Elle étudie les formes du paysage (géomorphologie) et leur patrimonialisation soit les processus qui permettent d’identifier et de reconnaître des paysages remarquables qui conduisent à la protection, à la conservation et à la valorisation des formes du relief. Ses recherches s’intéressent à l’ouest de l’Europe et plus largement au monde occidental. Sa présentation va être l’occasion de comprendre l’invention d’une nouvelle forme de patrimoine associée à l’attribution de nouvelles valeurs aux roches et des paysages géomorphologiques. Nous verrons comment les géopatrimoines sont apparus et comment ils sont valorisés.

Café géographique de Montpellier, 2017, rencontre avec Claire Portal. Compte rendu de Kossi LOUMONVI.

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Paysages et territoires du sel, par Micheline Huvet-Martinet.

Café de géo Paris, le 14 décembre 2016. Paysages et territoires du sel par Micheline Huvet-Martinet, Agrégée d’Histoire, Docteure ès Lettres, ex prof CPGE au  Lycée Claude Monet Paris. Ses thèmes de recherche initiaux ont porté sur le Faux-saunage en France sous l’Ancien Régime, élargis à la fiscalité et l’histoire du sel. Gildas Buron qui devait intervenir a malheureusement été empêché.

Michèle Vignaux  se charge d’ouvrir la séance en rappelant l’originalité du produit : vital, abondant dans la nature, devenu le condiment par excellence aux usages multiples, mais aussi  produit mythique à haute valeur symbolique très tôt associé au divin.

Le café de géo de ce jour  s’intéresse aux  différents paysages correspondant aux territoires actuels du sel. Il est rappelé le caractère indispensable mais surtout insubstituable du sel qui explique son poids dans les économies et les sociétés pré-industrielles quand  la chaîne du froid n’était pas maîtrisée. Le sel, là où il existe, a été un facteur d’appropriation d’espaces devenus des territoires identifiables, structurés par des sociétés organisées autour de sa recherche, sa production, sa transformation, son raffinage, son conditionnement, son transport, sa distribution et son commerce. L’industrie du sel était dans les salines continentales une entreprise complexe et double, constituée à la fois  d’installations de surfaces et d’équipements souterrains. C’était une industrie  industrialisante générant de multiples activités et des emplois induits. Les salins littoraux ont été dévoreurs d’espaces qu’ils ont structurés tout en  organisant des sociétés humaines.

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