Les Cafés Géographiques de Saint-Brieuc

Les cafés géographiques organisés par l’association « Cafés géographiques de Saint-Brieuc » se déroulent à l’espace bar du théâtre « La Passerelle », Place de la Résistance à Saint-Brieuc. L’entrée est libre et gratuite.

Voici le programme des cafés géos de Saint-Brieuc pour la saison 2016/2017  :

Jeudi 13 octobre 2016 « Comprendre la mondialisation par la géographie » avec Daniel Oster, professeur jusqu’en 2012, en classes préparatoires au lycée Henri IV

Jeudi 24 novembre 2016 « La France des prisons, une France des marges ? » avec Olivier Milhaud, maître de conférences, Université Paris-Sorbonne

Vendredi 10 mars 2017 « Alice, une géographe au pays des merveilles » avec Yann Calbérac, maître de conférences, Université Reims-Campagne-Ardenne

Mardi 16 mai 2017 « Existeront-elles encore demain ? Les îles du Pacifique Sud face au réchauffement climatique » avec Emilie Chevalier, doctorante, Université de Limoges

Valoriser les savoirs géographiques, bousculer les a priori sur notre discipline, favoriser le débat entre le public et l’intervenant;
Venez nombreux pour « faire de la géographie autrement » !

Pour tous contact : cafegeo.saintbrieuc@gmail.com

Les prochains événements annoncés :
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Comprendre la mondialisation par la géographie

Café géographique de Saint-Brieuc du 13 octobre 2016

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Daniel Oster, a longtemps enseigné la géographie en classes préparatoires au lycée Henri IV (Paris). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages universitaires dont « La mondialisation contemporaine » (Nathan, 2013, seconde édition à paraître en 2016) et « La Cartographie » (Nathan, 2014).

Daniel Oster se propose de nous donner ce soir quelques clefs pour comprendre ce que l’on appelle la mondialisation ; si elle nous concerne tous, elle n’est pas si simple à définir.

Nous pouvons, dans un premier temps, définir la mondialisation comme un processus de mises en relation et d’interactions des territoires dans une logique de production et d’échanges. Mais ce processus qui, depuis plusieurs décennies, est devenu incontournable pour expliquer les mutations du monde actuel, est complexe.

C’est cette complexité que Daniel Oster se propose de mettre en évidence dans la 1ère partie de son intervention. Des mécanismes  complexes, une interprétation qui fait débat, mais une mondialisation visible car elle s’inscrit dans l’espace et remodèle les territoires. La géographie, parce qu’elle est l’étude des lieux, apparaît donc comme essentielle pour lire et comprendre la mondialisation. C’est à partir de l’analyse de quelques cartes (l’outil du géographe) que Daniel Oster, dans une 2ème partie, soulignera l’importance de la mondialisation dans le bouleversement du monde.

1 – Définir la mondialisation pour mieux comprendre le processus

       1 – Est-il possible de définir et de dater la mondialisation ?

Le terme est apparu en 1961 dans sa version anglaise « globalization », mais il ne s’impose vraiment qu’au début des années 1980. Si le terme s’est popularisé depuis maintenant plus de trente ans, son contenu, sa signification fluctuent. Pourquoi ? Il est possible d’avancer plusieurs raisons. Alors que l’anglais n’a qu’un terme pour définir le processus, le français en a deux, mondialisation et globalisation qui n’ont pas toujours le même sens ; c’est, par ailleurs, un processus inédit en constante évolution, le terme à ses débuts n’évoquait que le volet économique du processus associé au triomphe du capitalisme-néo-libéral alors qu’en réalité, la mondialisation a des répercussions sur tous les aspects de l’organisation des sociétés et des territoires. Et ce grand basculement mondial fait débat. On charge la mondialisation de tous les maux ou de toutes les promesses de l’avenir ; il y a ceux qui l’encensent et ceux qui l’accusent de dérives préjudiciables à de vastes territoires et à des populations très importantes, voire à l’ensemble de la terre sur le plan environnemental.

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Quand les crayons du cartographe dessinent les enjeux de la planète

cg-st-brieuc-d-papinCafé Géographique de Saint-Brieuc du jeudi 19 mai 2016

Guerre en Syrie, migrants à Calais, attentats du 13 novembre à Paris, autant de sujets que le journal Le Monde raconte en carte. Si les cartes existent depuis les débuts du journal, le quotidien consacre aujourd’hui des pleines pages à la cartographie pour expliquer la complexité des conflits. Delphine Papin, journaliste-cartographe, chef du service infographie au Monde, docteure en géopolitique, se propose de nous expliquer les difficultés qu’il y a à concevoir et réaliser souvent dans l’urgence des cartes pour un quotidien.

« Raconter l’actualité autrement », c’est le travail de Delphine Papin au sein du journal Le Monde. A côté  des journalistes-rédacteurs, des journalistes-photographes, des journalistes-dessinateurs, il y a depuis quelques années dans l’équipe du quotidien, des journalistes-cartographes dont l’objectif est de faire comprendre l’actualité par le territoire. Cette démarche est souvent utile. La carte permet aux lecteurs de mieux comprendre un conflit quand les enjeux sont territoriaux ;  son rôle est alors d’accompagner le texte voire même de s’y substituer.

1 – Etre journaliste-cartographe dans un quotidien du soir

Le Monde est un quotidien du soir, c’est-à-dire qu’il doit être bouclé le matin, à 10h30, afin qu’il soit dans les kiosques entre 14h et 16h.

Le journal en 24h

Le journal en 24h

   – Les contraintes d’un quotidien, le temps…

Pour réaliser un journal, les journalistes commencent à 10h45 le matin du jour J-1 et terminent à 10h30 le matin du jour J.

C’est entre 10h45 et 12h que les premiers sujets d’actualité sont connus ; le service infographie-cartographie a  alors un peu moins de 24h pour les traiter. Les cartes sont donc souvent réalisées dans l’urgence. Les journalistes-cartographes peuvent aussi prévoir une actualité sur 2/3 jours, voire une semaine (une carte sur les routes empruntées par les migrants, par exemple), mais d’une façon générale, quand il faut relater l’actualité du jour, il faut faire vite ! Un travail bien différent de celui des cartographes de l’IGN (Institut national de l’information géographique et forestière).

A 11h30 ont lieu les réunions de service; les journalistes-cartographes y participent pour connaître le point sur l’actualité du jour dans chacun des services. Quand des sujets d’actualité se prêtent bien à une représentation cartographique, le journaliste-cartographe fait une proposition.  Ces réunions de service au sein de la rédaction préparent la grande réunion de midi.

A 12h, lors de la conférence de la rédaction, les chefs de service dessinent à grands traits le journal du lendemain (il peut y avoir des changements de dernière minute, accident d’avion, acte terroriste…). Delphine Papin, notre intervenante, qui est chef du service infographie participe à cette conférence de la rédaction pendant laquelle le choix des principaux articles sont discutés et précisés.

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L’Espagne, une nation éclatée ?

Compte rendu du café géographique de Saint-Brieuc
21 avril 2016

Cyril Trépier est géographe, il enseigne à l’université de Cergy et en classe préparatoire à Meaux. En 2011, il soutient sa thèse « Analyse géopolitique de l’indépendantisme en Catalogne ». Elle est éditée en 2015,  dans la collection Logiques politiques, L’Harmattan. Cet ouvrage ainsi que « L’Espagne en crise(s), une géopolitique au XXIe siècle » de Nacima Baron, professeure à l’université de Paris-Est, et de Barbara Loyer, professeure à l’université de Paris 8, Armand Colin, 2015, sont les deux ouvrages de référence pour ce café géographique.

Ce café géographique s’est tenu dans le cadre du projet pédagogique des lycées Renan et Rabelais sur le thème « La musique dit le monde », autour du combo barcelonais Muyayo*Rif invité en résidence. Le sujet de ce soir « L’Espagne, une nation éclatée ? » fait écho à ce groupe de musiciens au répertoire espagnol et catalan. Et en guise d’introduction, les Muyayo ont chanté pour l’auditoire l’Estaca, composé en 1968 par Lluis Llach. Chanson de résistance sous le franquisme, elle est aujourd’hui l’hymne populaire catalan.

Le groupe barcelonais MUYAYO*RIF

Le groupe barcelonais MUYAYO*RIF

Depuis 2008, l’Espagne est confrontée à une crise économique profonde qui a révélé les faiblesses du système politique mis en place en 1975, à la fin de la dictature franquiste. Entre mouvement « indignés », exacerbation des revendications indépendantistes, émergence de nouveaux partis, le pays apparaît comme un territoire fragmenté et socialement fracturé. L’État espagnol va-t-il pour autant éclater ? Pour répondre à la question posée, ce soir, par les Cafés Géographiques, Cyril Trépier prendra pour exemple le cas de la Catalogne.

(La Constitution de 1978 a permis ultérieurement, à partir de 1981, l’organisation du territoire espagnol en 17 Communautés autonomes qui disposent toutes d’un régime plus ou moins large d’autonomie par rapport à l’État central. Trois de ces Communautés autonomes sont reconnues comme des nationalités, la Catalogne, le Pays basque et la Galice, communautés « historiques » car chacune reçut un statut d’autonomie sous la II° République de 1931 à 1936).

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Une géographie des esclavages

Compte rendu café géographique de Saint-Brieuc du 25 février 2016

Marcel Dorigny, professeur à l’université de Paris 8, est l’un des spécialistes des processus d’abolition de l’esclavage et des mouvements indépendantistes. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, en particulier « Atlas des premières colonisations : XVe-début XIXe siècle », Editions Autrement, 2013 ; « Atlas des esclavages » en collaboration avec Bernard Gainot, Editions Autrement, 2013 ; « Grand Atlas des empires coloniaux » Editions Autrement, 2015.

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Marcel Dorigny rappelle que le sujet proposé par les Cafés Géographiques étant très vaste, il abordera  aujourd’hui l’esclavage colonial, celui issu de la traite.

Si le plan chronologique s’impose pour comprendre l’engrenage qui se met en place à partir du XVIe siècle, l’approche géographique est indispensable car l’esclavage colonial a modifié durablement les territoires de trois continents.

En guise d’introduction : l’esclavage, une pratique permanente

L’esclavage n’est pas une invention de l’époque coloniale, consécutive aux Grandes Découvertes. C’est une pratique permanente qui n’est attaché ni à une civilisation, ni à un espace géographique, ni à une époque donnée. L’un des fragments d’écriture les plus anciens est un décompte d’esclaves, en Mésopotamie qui date des environs de 2600 av. J.-C. Les grandes civilisations de l’Antiquité (Egypte pharaonique, Grèce antique, République romaine) étaient des sociétés esclavagistes. Le travail humain était principalement un travail servile. Captifs de guerre, les esclaves étaient vendus sur des marchés d’esclaves à Rome, à Athènes…L’esclavage a existé partout, dans les empires précolombiens, dans les empires arabes ainsi qu’en Asie du sud-est.

En Europe occidentale, à partir du Vème siècle, un grand nombre de pouvoirs locaux succèdent à l’Empire romain. Ces sociétés médiévales n’ont plus les moyens militaires de capturer des esclaves. L’esclavage va donc lentement disparaître dans le courant du Moyen Age, il sera remplacé par d’autres pratiques comme le servage. Le travailleur forcé est sur place (plus besoin de razzias), il va être asservi c’est-à-dire qu’on lui impose un ensemble de contraintes, c’est le régime féodal. Si l’esclavage antique n’existe plus entre la Loire et le Rhin, il perdure en Europe méridionale (Sud de l’Espagne, Portugal, Sicile, Chypre) ; ces formes antiques qui survivent vont rencontrer le nouvel esclavage, l’esclavage colonial.

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La planète football

Compte-rendu  café géographique de Saint-Brieuc
26 novembre 2015
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Julien Sorez est historien. Ses travaux de recherche portent sur l’histoire sociale et culturelle d’une pratique sportive, le football. Sa thèse « Football en Seine. Histoire sociale et culturelle d’une pratique sportive dans Paris et sa banlieue (fin XIXème siècle – 1940) » a été publiée en 2013 aux Presses Universitaires de France.

Pourquoi et comment peut-on parler de « Planète football » ? Julien Sorez se propose de livrer, à partir d’une approche historique et de sa dimension spatiale, quelques éclairages sur le succès d’une des pratiques les plus mondialisées.

1 – L’Angleterre, foyer du football moderne

C’est dans l’Angleterre de la RI à partir du XVIII° et XIX° siècles qu’apparait un ensemble d’activités de loisirs impliquant une dépense physique dans un cadre compétitif.

Depuis l’Antiquité, des formes d’affrontement physiques existaient mais la nouveauté, dans cette Angleterre industrialisée, c’est l’émergence d’un système sportif que l’on appelle moderne qui se caractérise par au moins quatre points singuliers qui créent une rupture par rapport aux pratiques physiques et ludiques antérieures.
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Astana, la fabrique d’une capitale

Compte-rendu Cafés Géographiques de Saint-Brieuc
23 octobre 2015

Christiane Barcellini, présidente de l’association « Les Cafés Géographiques de Saint-Brieuc » et géographe est intervenue sur le sujet « Astana, la fabrique d’une capitale » en remplacement du sujet prévu « A la recherche des protestants bretons », Laurent Theis ayant été hospitalisé d’urgence.

Astana, au coeur des steppes de l’Asie centrale, là où la température descend à -40°C en hiver, est la capitale du Kazakhstan depuis 1997. Cette ville surprenante, extravagante est née de la volonté d’un homme, Noursultan Nazarbaïev, président du Kazakhstan qui exerce, depuis 1991, une autorité absolue sur ce nouvel Etat né de l’implosion de l’URSS.

Astana accueillera l’Exposition internationale « Energie du Futur. Action pour la durabilité mondiale » du 10 juin au 10 septembre 2017.

Comment cette petite ville de province dans les années 1990, s’est-elle hissée au rang de capitale mondiale ? Il s’agit de comprendre, avec ce café géographique « Astana, la fabrique d’une capitale »,  le projet politique de Nazarbaïev.

Astana est la capitale spectaculaire d’un  pays immense (2 700 00 km2, soit cinq fois la France, 9ème au classement mondial), à la charnière de l’Europe et de l’Asie. Très enclavé, le Kazakhstan ne s’ouvre sur aucun océan. Il a des frontières communes avec deux grandes puissances, la Russie au nord (plus 6000km), la Chine à l’est (environ 1500km); au sud, il est limitrophe de trois Etats issus, comme lui, de l’ex-URSS : le Kirghizstan, l’Ouzbékistan et le Turkménistan. La population de 17 millions d’habitants, soit une densité d’à peine 5,5 habitants au km2, est située en périphérie du territoire. Les conditions naturelles rendent compte en partie de ce territoire-bracelet. Le centre du Kazakhstan est le domaine des températures extrêmes (-40°C l’hiver , +35°C l’été), des vents violents et des précipitations faibles (350 mm). La steppe d’Asie centrale, au climat continental semi-aride, qui couvre une grande partie du Kazakhstan, a longtemps été le domaine des pasteurs nomades à cheval. Pendant la guerre froide, l’URSS choisit cette steppe désertique pour ses essais et laboratoires nucléaires (polygone nucléaire de Semipalatinsk, cosmodrome de Baïkonour) ainsi que pour ses camps du Goulag.  L’aridité diminue à l’est (Altaï), au sud-est (monts Tian Shan) et au sud où quelques larges vallées ont favorisé la sédentarisation de la population; c’est là que se trouvent les principales et plus anciennes villes du Kazakhstan (Taraz, Chymkent), étapes prospères sur la route de la Soie, ainsi que l’ancienne capitale Almaty.  Les villes au nord du Kazakhstan, comme Pavlodar, reçoivent, pendant la période soviétique, une immigration massive de jeunes Russes, dans le cadre de la politique de « campagnes des terres vierges » et de russification des Républiques qui constituaient l’URSS. Les villes à l’ouest comme Aktaou doivent leur développement aux projets d’exploitation des vastes réserves de pétrole et de gaz de la mer Caspienne.

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La Grèce, sortie de crise ?

Compte Rendu du café géographique de Saint-Brieuc
19 mars 2015

Michel Sivignon est géographe, professeur émérite à Paris-X Nanterre. Il est un spécialiste de la Grèce et des Balkans. Parmi les ouvrages qu’il a écrits, « La Grèce sans monuments », Hachette, 1978 ; « L’Atlas de la Grèce », travail collectif de spécialistes grecs et français, La Documentation Française, 2003 ; « Les Balkans, une géopolitique de la violence », Belin, 2009.

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Michel Sivignon se propose, pour mener à bien sa réflexion sur le sujet de ce soir « La Grèce, sortie de crise ? » et pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui, d’évoquer les héritages historiques de ce pays.

1 – L’emboîtement de trois histoires

La Grèce s’est construite à partir de trois phases historiques ou plus exactement de l’emboîtement de trois histoires.

La première, c’est celle de la longue, voire très longue durée, pour parler comme l’historien Fernand Braudel. A partir de quelques exemples, Michel Sivignon nous explique que la langue grecque actuelle est la même langue sans rupture de continuité depuis plus de treize siècles avant notre ère ; en Europe, qu’il n’y a pas d’histoire d’une langue écrite aussi longue. Pour exemple, le terme « hématome » vient du grec « hema », le sang, qui est encore le terme pour signifier le sang aujourd’hui comme on le disait, comme on l’écrivait il y a plus de treize siècles avant notre ère.  Cette extrême ancienneté de la langue fonde la nation grecque ce dont les Grecs en sont parfaitement conscients et que personne d’ailleurs ne leur conteste.

Par ailleurs, la nation grecque s’est construite à partir de deux « ancêtres », de deux histoires, la plus ancienne avec Platon, Hérodote, Aristophane, les pères de la médecine…et une plus récente que l’on oublie souvent, la période byzantine. La destruction de l’unité de l’Empire romain, sa chute en 476 et la création de deux empires, l’Empire romain d’Occident et l’empire romain d’Orient vont façonner de façon durable la Grèce.

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Le Sahara, un enjeu du temps présent 

Compte-rendu  café géographique de Saint-Brieuc 
16 janvier 2015 

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Marcel Cassou, polytechnicien, connaît bien le Sahara qu’il parcourt régulièrement depuis de nombreuses années (1969, ascension de la Garet el Djenoun ; 1971, traversée du désert du Tanezrouft  en solitaire). De 1973 à 1980, il dirige une action humanitaire pour venir en aide aux Touaregs du Niger victimes de la sècheresse. Il a publié plusieurs livres sur le Sahara et reste un observateur vigilant de tout ce qui s’y passe.

Ce café géographique « Le Sahara, un enjeu du temps présent » est d’une brûlante actualité en ce début d’année 2015.

De l’Afrique à l’Asie, d’immenses territoires sont aujourd’hui contrôlés par l’islamisme radical déstabilisant des régions entières et ayant des répercussions dans les démocraties occidentales. C’est le cas d’une grande partie du Sahara sous contrôle de l’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique).

Notre intervenant va nous donner ce soir, quelques pistes de réflexion pour mieux comprendre la complexité de cet immense espace pris entre des intérêts contradictoires.

Il se propose de définir le Sahara, à travers ses données naturelles, son histoire et son peuple, le peuple Touareg, ce qui lui permettra  de cerner l’enjeu de cet immense désert.

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La Bretagne demain: quels enjeux, quels territoires pour agir?

Compte Rendu du café géographique de Saint-Brieuc
21 novembre 2014

 

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Florence Gourlay est maître de conférences à l’Université de Bretagne-Sud (Lorient). Elle est responsable du master « Aménagement et Développement des territoires maritimes et littoraux ». Ses travaux de recherche portent sur la recomposition des territoires dans un contexte de mondialisation. Ses territoires de recherche sont essentiellement le pays de Lorient et la Région Bretagne. Elle est l’auteur, avec Ronan Le Délézir, lui aussi maître de conférences à l’Université de Bretagne-Sud, d’un ouvrage « Atlas de la Bretagne, les dynamiques du développement durable » dans la collection autrement.

Notre intervenante se propose à partir du sujet « La Bretagne demain : quels enjeux, quels territoires pour agir ? » de mener, non pas un exercice de prospective mais une réflexion sur l’intégration par les territoires bretons des logiques de la société-monde contemporaine.

Demain, c’est une projection d’éléments présents que l’on considère aujourd’hui comme potentiellement structurant dans un avenir plus ou moins proche. Ainsi en est-il,  par exemple, du changement climatique avec pour conséquence l’élévation du niveau de la mer  et la nécessaire adaptation des sociétés. Demain, c’est un probable mais aussi un possible, une perspective qui interpelle, qui mobilise, qui suggère une possibilité d’actions. Demain est en quelque sorte un système complexe d’atouts, de contraintes et d’opportunités.

Transition énergétique, crise systémique mais aussi développement durable, termes qui nous sont familiers…reflet d’un des paradoxes de notre époque, celui d’avoir l’ambition de construire des politiques du durable dans une période de mutation, ce qu’Edgar Morin appelle des antagonismes complémentaires, c’est-à-dire des phénomènes qui pris séparément s’opposent mais qui participent à une même dynamique.

Les territoires, eux aussi peuvent relever d’antagonismes complémentaires (métropolisation/décentralisation, uniformisation/différenciation…)

Trois questions se posent alors.  Quelle société demain? Quel projet de société? Quels territoires d’action pour la Bretagne ?

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« La mémoire est-elle géographique ? »

Compte Rendu café géographique de Saint-Brieuc
17 octobre 2014

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Anne Hertzog est maître de conférences de géographie à l’Université de Cergy-Pontoise, membre du Laboratoire MRTE, associé à l’EIREST (Paris 1 – Sorbonne). Elle travaille sur les processus de patrimonialisation, le lien tourisme-mémoire et la géographie des musées. Ses recherches actuelles portent tout particulièrement sur la fabrique patrimoniale de la première Guerre mondiale et la territorialisation des constructions liées à ce conflit.

Notre intervenante se propose, dans un premier temps, de répondre à la question «La mémoire est-elle géographique ? » à partir de quelques pistes de réflexion et dans un second temps de les croiser avec ses terrains de recherche afin d’illustrer son propos.

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Partie de campagne en Chine

Compte-rendu du 2ème café géographique de Saint-Brieuc
4 avril 2014

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Emmanuel Véron, géographe et sinologue, prépare une thèse de doctorat en géographie sur les nouvelles relations ville-campagne engendrées par le tourisme rural en Chine. Il a choisi la région du grand Shanghai (delta du Yangzi) pour conduire ses recherches. Plus généralement, il s’intéresse aux mutations de la Chine contemporaine, de sa société et de son espace. Il travaille sous la direction du Professeur Sanjuan. Emmanuel Véron est rattaché à l’UMR 8586 Prodig et à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il est par ailleurs ATER au sein de cette même université.

C’est à travers le prisme du tourisme rural qu’Emmanuel Véron  analyse les mutations socio-spatiales de la Chine contemporaine.

Le choix du titre « Partie de campagne en Chine » fait en effet écho à ce qui se passe aujourd’hui en Chine notamment dans les espaces ruraux aux périphéries immédiates des grandes métropoles comme Pékin ou Shanghai. Ces « parties de campagne » signalent un changement global de la société chinoise depuis une vingtaine d’années, aux lendemains des événements de Tian’anmen de 1989 et de la relance des réformes par Deng Xiaoping.

Notre intervenant souligne l’urbanisation récente, explosive de la Chine (en 2011, le ratio population urbaine/population rurale atteint 50%) et parallèlement le recul du monde rural dans un Etat qui s’est construit depuis des millénaires sur une base rurale. Il rappelle que Pierre Gentelle qui était un spécialiste de la Chine et une grande figure des cafés géographiques parlait déjà de « déruralisation » des campagnes chinoises au début des années 2000.

C’est à partir de cette situation inédite et irréversible qu’il faut interroger les nouvelles relations  ville-campagne engendrées par le tourisme rural.
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Les mises en scène du monde

Compte rendu du 1er Café Géographique de St Brieuc,
28 février

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Christian Grataloup est professeur à l’université Paris-Diderot (Paris 7). Il enseigne également à l’Institut d’Etudes politiques de Paris et à l’université Cheik Anta Diop de Dakar. Spécialiste de géohistoire, il est l’un des fondateurs de la revue EspacesTemps en 1975. Il a publié de nombreux ouvrages, Lieux d’Histoire. Essai de géohistoire systématique (La Documentation française, 1996), Modélisation graphique (Presses de l’université de Reims, 1998), Géohistoire de la mondialisation. Le temps long du Monde (Armand Colin, 2007), L’invention des continents (Larousse, 2009), Faut-il penser autrement l’histoire du monde ? (Armand Colin, coll. « Eléments de réponse, 2011).

Le café géographique s’est tenu le vendredi 28 février 2014 à l’espace bar du théâtre La Passerelle à Saint-Brieuc.

C’est devant une centaine de personnes que Christian Grataloup lance ce 1er café géographique briochin.

Son propos  est de montrer que depuis une trentaine d’années la mondialisation, outre ses aspects économiques, modifie la perception globale et les cadres intellectuels qui ont été les nôtres.
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