Le monde au pied du mur, par Delphine Papin et Frank Tétart.

Compte rendu du Café géo qui s’est tenu au Flore le mardi 8 avril 2019.

Cliché de Jean-Pierre Némirowsky

Delphine Papin est Docteur de l’Institut Français de Géopolitique, co-auteur de l’Atlas des frontières et responsable du service infographie au journal « Le Monde ».

Franck Tétart est Docteur de l’Institut Français de Géopolitique, auteur de plusieurs atlas Autrement, professeur d’histoire-géographie et responsable scientifique de l’émission d’ARTE « le dessous des cartes »

Une équipe de deux géographes donc, spécialistes de géopolitique qui par le passé ont créé les Cafés géopolitiques. L’un comme l’autre, sont de par leur métier, attachés aux cartes comme outils pédagogiques pour comprendre le monde, c’est pourquoi vous en verrez un certain nombre ce soir.

(suite…)

« Après les frontières ? » par Valéry Pratt,

« Après les frontières ? » tel était le titre café géo qui s’est déroulé le jeudi 21 Mars 2019, au café librairie BD Fugue du Centre Bonlieu d’Annecy. Valéry Pratt, professeur de Philosophie au lycée Berthollet d’Annecy, s’est attelé à la question en s’interrogeant notamment sur la manière par laquelle on pourrait penser la frontière dans un contexte de mondialisation. La transdisciplinarité était à l’œuvre lors de ce rendez-vous. Compte rendu de Valéry Pratt,

Philippe Piercy, professeur de Géographie au lycée Berthollet d’Annecy ouvre cette conférence-débat en qualifiant la frontière de « fait social total » (Mauss), qu’aucune discipline ne peut s’approprier en exclusivité, et en soulignant la précocité de l’étude géographique de la frontière. En effet, explique-t-il, la frontière a très tôt fait l’objet d’une étude géographique. La géographie académique du XIXème siècle s’est davantage intéressée à la question des frontières interétatiques particulièrement à travers l’invention de la Géopolitique par Ratzel, dont l’expression « espace vital » devient centrale chez Karl Haushofer. Selon Philippe Piercy, la Géographie adopte deux grandes directions d’étude de la frontière. La première s’intéresse à la ligne, sa genèse, ses supports, ses marquages, et traduit la conception tardive de la frontière comme ligne, qui apparaît sous la Révolution française, avec une frontière entendue comme naturelle. Dans une autre direction, les géographes s’intéressent à la zone frontalière entendue comme le terrain d’un ensemble d’effets de la proximité frontalière ; la limite de souveraineté se traduit en effet par un ensemble de différentiels (économiques, juridiques, culturels…) dans la proximité géographique, constituant la notion de « l’effet-frontière », entre porosité et étanchéité, continuité et obstacle. Avant de laisser la parole à Valéry Pratt, Philippe Piercy conclut : « Qu’elle joue comme barrière ou comme charnière, comme coupure ou comme suture, la frontière ne disparaît jamais ». La formule laisse donc entendre que la frontière est enracinée, comme une « mémoire » du territoire, tant dans l’espace que dans nos représentations, ce qui interroge sur un « après », ou un au-delà.

(suite…)

Préparer l’épreuve de géographie au concours d’entrée à l’ENS de Lyon avec les ressources des Cafés géographiques (session 2019)

Thème : Les littoraux dans le monde

 

FREMONT Antoine, « Océans, conteneurisation, mondialisation », Cafés géographiques, Rubrique Les comptes rendus, Saint-Brieuc, 13 octobre 2017.

 

  • AUGENDRE Marie, « Fukushima, six ans après : politique de retour et zone grise de l’accident nucléaire », Cafés géographiques, Rubrique Les Comptes rendus, 8 mars 2017.

http://cafe-geo.net/fukushima-6-ans-apres-politiques-de-retour-et-zone-grise/

L’ampleur des retombées radioactives sur le territoire a en partie été limitée par les vents. Fukushima se situe à l’est de l’île de Honshū, et le Japon est soumis à des vents dominants d’ouest (les westerlies), qui ont chassé l’essentiel de la contamination vers l’océan. La carte de la contamination montre certes une concentration autour de Fukushima, mais également dans le nord-ouest et le sud-est de ce département, en particulier dans la région de Tokyo. Mais on ne parle pas de cette contamination-là. Parler de la « catastrophe de Fukushima » fait le silence sur d’autres zones ce qui arrange bien ces espaces ; il faut être conscient que la contamination ne se limite pas au département de Fukushima…

 

  • AUGUSTIN Jean-Pierre, « L’océan, le surf et les territoires de l’éphémère », Cafés géographiques, Rubrique Les Comptes rendus, FIG, 2 octobre 2009.

http://cafe-geo.net/locean-le-surf-et-les-territoires-de-lephemere/

Le surf est l’épure des sports de glisse (parmi lesquels on peut citer également la planche à voile, le kayak-surf, le body surf, le body board…), apparus dans les années 1960 dans les médias. La plupart d’entre eux sont d’origine californienne. Pour ce café géo, il se propose de revenir plus particulièrement sur la question du surf, en trois points : historique des pratiques du surf, diffusion dans le monde et territoires du surf.

  (suite…)

« L’atlas des Frontières : murs, conflits, migrations » Bruno Tertrais, Delphine Papin, Xemartin Laborde (Ed. Les Arènes, 2016)

L’atlas des frontières : Murs, Conflits, Migrations. Bruno Tertrais, Delphine Papin, Xemartin Laborde, Editions Les Arènes, 2016

Trois auteurs ont additionné leurs talents pour réaliser cet ouvrage.

  • Le texte est de Bruno Tertrais, Maître en recherches stratégiques, auteur de plusieurs ouvrages et couronné par le prix Vauban, pour l’ensemble de son œuvre en 2010.
  • C’est Delphine Papin, qui a conçu les très nombreuses cartes de cet atlas. Elle dirige le service infographie au journal Le Monde. Elle est aussi membre du comité de rédaction de la revue Hérodote. C’est enfin une fidèle de l’association Les Cafés géographiques, pour laquelle elle a réalisé un voyage à Londres il y a quelques années, et plus récemment une demi-journée dans les locaux du Monde pour nous parler de son métier de cartographe.
  • La réalisation des cartes revient à Xemartin Laborde, cartographe géomaticien qui collabore entre autres au journal Le Monde, aux revues Autrement et Hérodote.

L’ouvrage, est d’un format peu courant, puisque c’est un rectangle au format A4, qui a l’avantage de pouvoir présenter des cartes de très grandes taille, présentées en double page.

Il s’ouvre sur une première page de citations, qui constitue un cocktail jubilatoire !

En riposte au slogan de Mai 1968 (les frontières, on s’en fout) Donald Trump affirme « les gens veulent des frontières ». Sont également cités, Lord Curzon, Vladimir Poutine, Victor Hugo, Samuel Huntington ou Daech (« si Dieu le veut… nous effacerons toutes les frontières »).

(suite…)

Jérusalem et ses frontières, par Emmanuel Ruben.

Compte rendu du Café géo du 25 avril 2017 au Café de Flore (Paris). Intervenant : Emmanuel Ruben. Modérateur : Daniel Oster Compte rendu de Michèle Vignaux.

Emmanuel Ruben, normalien, est géographe de formation, mais après une courte période d’enseignement en banlieue parisienne, il décide de se consacrer à une œuvre littéraire ainsi qu’à un travail de dessinateur et d’aquarelliste. Obsédé par le thème des frontières, il a vécu dans un certain nombre de villes-frontières comme Istanbul, Riga, Kiev et Novi Sad. Et il a séjourné deux fois à Jérusalem en 2010 et 2014. De cette expérience il a tiré un ouvrage Jérusalem terrestre (Editions Inculte, 2015), support privilégié de ce Café géo.

(suite…)

Frontières, front cinématographique (Revolution Zendj, Tariq Teguia, 2013), Bertrand Pleven.
Tariq Teguia, Revolution Zendj Sortie le 11 mars 2015 Algérie - France - Liban - Qatar - 2013 2h13 min.

Tariq Teguia, Revolution Zendj
Sortie le 11 mars 2015
Algérie – France – Liban – Qatar – 2013
2h13 min.

Synopsis : Film choral, Revolution Zendj suit les trajectoires croisées d’ Ibn Battutâ – journaliste dans un quotidien algérien–, de Nahla, jeune femme réfugiée palestinienne en Grèce et de Monsieur Prince, froide figure d’un consortium militaro-capitaliste occupé à reconstruire l’Irak. Tous lisent peut-être Walt Withman et partagent un horizon géographique commun, mais ils n’ont pas les mêmes mobiles. Dans ce monde en ruine mais qui bouge encore, Ibn Battutâ prétexte enquêter pour son journal sur l’état de la « Nation arabe » pour partir sur la piste d’obscurs esclaves révoltés au IXème siècle au Moyen Orient, les Zendj. Sur sa route – indécise – qui le mènera de Beyrouth à Bagdad, il rencontre – entre autres – Nahla qui quitte la Grèce pour reprendre le flambeau de la lutte laissée en chemin par son père, militant nationaliste. Tous deux frôlent, un temps, la trajectoire a priori beaucoup plus directe de Monsieur Prince. Ce cabotage au pluriel entre terre et mer illustre l’état d’un « arc de crise » en proie  à la mondialisation et aux conflagrations intestines. Loin de s’en tenir à ce terrible constat, les lignes dessinées par les corps en mouvement – eux-mêmes confrontés à divers degrés aux frontières et aux césures d’un monde fragmenté – révèlent un espace politique et lui redonnent épaisseur pour mieux mesurer la place et l’échelle des possibles.

Nahla : « Qu’est-ce que tu photographies, il n’y a rien ? »

Ibn Battutâ : « Justement, j’essaie de voir comment cela devient. »

(suite…)

Les frontières, animé par Michel Foucher.

Débat « Les frontières » animé par Michel Foucher (géographe et diplomate, ENS Ulm, Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale, auteur, entre autres, de L’obsession des frontières), lemardi 26 mars 2013, de 19h30 à 21h30, au premier étage du Café de Flore, Paris, M° Saint-Germain. Compte rendu rédigé par Judicaëlle Dietrich.

Nous vivons sur une idée fausse et dangereuse : parce que le monde est devenu plus fluide et l’économie globalisée, les frontières seraient condamnées à disparaître. Or, depuis quinze ans, plus de 26 000 kilomètres de frontières politiques ont été tracées rien qu’en Europe et en Asie centrale, et autant ont fait l’objet d’accords internationaux. Plus grave, les conflits les plus durables et les plus disputés portent sur le bornage des territoires : entre Israël et ses voisins ; entre le Pakistan, l’Inde et l’Afghanistan. Partout, on délimite l’espace, on l’équipe de caméras et de portiques, on y patrouille, on le clôture. Les frontières, terrestres et maritimes, sont devenues un marché florissant, en même temps qu’une lancinante question : à quoi servent-elles dans le monde actuel ? Michel Foucher a multiplié les analyses de terrain avec sa qualité rare d’associer vision planétaire et réalités frontalières.

(suite…)

Les frontières entre ouverture et fermeture : peut-on souhaiter la disparition des frontières ? animé par François Arnal, avec Philippe Rekacewicz et Bénédicte Tratnjek.


CafesGeo_StEtienne_Frontieres1

Le 1er février 2013 en soirée, l’établissement « le 9 bis » a accueilli le premier Café géographique stéphanois. Cette manifestation marquait la fin d’une journée d’étude dédiée à la géographie des frontières1, et invitait à une réflexion au-delà des salles de conférences et des rassemblements organisés, autour de la question suivante : peut-on souhaiter la disparition des frontières ? Animé par François Arnal (professeur en Lettres Supérieures au Lycée Claude Fauriel), ce café géo clôture un débat plus vaste consacré à la géographie et à la géopolitique des frontières : « Les frontières et les espaces frontaliers : objet d’étude géographique et géopolitique ».

 

(suite…)

« Page précédente