Une catastrophe naturelle frappe la France chaque année sans jamais produire une seule image. Elle ne noie pas de village, elle n’emporte pas de pont, elle n’oblige personne à partir dans la nuit. Elle se contente d’ouvrir les murs des maisons, lentement, saison après saison. Quand l’argile d’un sous-sol reçoit l’eau de l’hiver elle gonfle, quand la chaleur de l’été la lui reprend elle se rétracte, et la maison posée dessus suit ce mouvement de quelques millimètres. Une fissure apparaît au-dessus d’une fenêtre, une autre descend le long d’un angle, une porte cesse de fermer. Il n’y a rien à filmer. (suite…)

Dès la parution en 2021 des deux premiers volumes, nous avons salué l’originalité et la réussite de la collection « Odyssée, villes-portraits » publiée par ENS Editions sous la direction de Benoît Goffin et Nicolas Escach.Allemagnes, le cinquième volume de la collection, paru en 2025, garde le cap de marier de manière judicieuse la géographie, la littérature de voyage et les propositions graphiques innovantes pour faire cette fois-ci le portrait de l’Allemagne contemporaine. Une Allemagne qui reste méconnue des Français malgré la coopération institutionnelle mise en place par le couple franco-allemand depuis l’après-guerre. (Daniel Oster) (suite…)
Hormis les lecteurs du Val de Marne, certains seront surpris d’apprendre qu’en Ile-de-France, on peut maintenant (aussi) se déplacer par téléphérique… Prenez la ligne 8 du métro jusqu’à son terminus de Créteil. Vous tomberez alors sur ceci (Photo 1). Puis on s’élève rapidement (Photo 2 ; remarquer en bas la rame de métro). Vous n’êtes pas dans une station de sports d’hiver – on lit d’ailleurs île de France Mobilités sur les cabines – mais on pourrait le croire…
![]() Photo 1. Téléphérique du Val de Marne. Départ de Créteil. Photo D. Wolff. |
![]() Photo 2. . Téléphérique du Val de Marne. Au-dessus de Créteil. Photo de D. Wolff. |

De gauche à droite : B.Fuligni, Leopoldo Guardigli, Luca Saibene, au Flore, le 19 mai 2025. Photo M.Huvet-Martinet
Un coin de terre, abrité autour du Mont-Titano au cœur de l’Italie, entre l’Emilie-Romagne et les Marches abrite la plus ancienne République du monde, l’un des huit micro-Etats d’Europe. Ceci nous amène à nous interroger sur le sort des micro-Etats dans la mondialisation : sont-ils condamnés à n’être que des paradis fiscaux et/ou touristiques ?
Pour répondre à cette problématique, nous recevons au Flore le 19 mai, pour notre dernier café de la saison, Leopoldo Guardigli, ambassadeur de Saint-Marin en France, l’historien Bruno Fuligni et Luca Saibene, stagiaire à l’ambassade.
Café géographique de Paris, Le Flore, 19 mai 2025, Compte rendu de Micheline Huvet-Martinet.

Philippe Mazenc (cliché de Denis Wolff)
Invité des Cafés géo, Philippe Mazenc a un parcours original. Elève à Sciences-po Bordeaux, il passe le concours des Affaires maritimes et devient administrateur des Affaires maritimes, corps d’officiers de la Marine nationale. Puis il quitte ce corps et part dans la fonction publique civile, d’abord à la direction du Budget, puis au Secrétariat général du ministère de l’Ecologie, puis à la sous-direction de la Législation de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages, et fait partie de ceux qui mettent en place la loi ALUR (2014). Il travaille ensuite à la préfecture de l’Ile-de-France puis à celle de Bretagne. Après y avoir passé quelques années, il devient directeur de cabinet adjoint de Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires puis, depuis quelques mois, il est directeur général de l’Aménagement, du Logement et de la Nature. Il est donc fort bien placé pour exposer les principaux aspects de la question du logement en France.
Compte rendu rédigé par Denis Wolff.
Café géographique de Chambéry-Annecy, 2023, par Romane Michaux, compte rendu de Antonin Van des Straeten.
La présentation de Romane Michaux fait suite à ses travaux de Master 1 Géographies et Montagnes, réalisé en 2021 à l’Université Savoie Mont Blanc, elle aborde la mise en place du dernier parc national français, créé en 2019, et ses enjeux sociaux. Pour rappel, ce type d’espace protégé concerne un territoire sur lequel un intérêt est manifeste et où il n’est pas d’intervention artificielle susceptible d’en altérer l’aspect, le tout dans un but de préservation environnementale. Il est régi par une charte valable pour quinze années et se délimite spatialement par une aire d’adhésion et une ou plusieurs zones cœurs.
Lors de mon dernier séjour en Espagne j’ai pu mesurer, assez superficiellement mais très clairement, certains effets du changement climatique perceptibles dans le paysage traversé. Pendant deux semaines à la fin de l’hiver, du 2 au 14 mars 2023, j’ai parcouru la région d’Espagne comprise entre Barcelone et Valence, son littoral mais aussi et surtout son arrière-pays du trait de côte jusqu’à une centaine de kilomètres de la Méditerranée. A moins de 100 km au nord de Barcelone, j’ai vu un des effets les plus spectaculaires de la sécheresse qui sévissait alors dans une grande partie de l’Europe.

De droite à gauche, Marie-Claire Robic, Nicolas Ginsburger et Denis Wolff.
Cafés géographiques de Paris, Le Flore, 18 octobre 2022, animé par Denis Wolff, compte rendu rédigé par Denis Wolff.
Le 18 octobre 2022, Nicolas Ginsburger (historien), Marie-Claire Robic et Jean-Louis Tissier (géographes) furent les invités des Cafés géo au Flore afin d’évoquer le travail, l’action et la vie des géographes français pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils ont dirigé en 2021 un volumineux ouvrage composé de vingt chapitres rédigés par quinze auteurs. Ce livre, accessible en Open edition, a donné lieu à de nombreux comptes rendus (dans les Annales de géographie, Cybergeo, GéoCarrefour, Confins, The AAG, les Cahiers de géographie du Québec… ). (suite…)
Récemment je suis allée « à la ferme ». Une petite promenade d’une dizaine de minutes – je précise que j’habite Paris intra-muros – suivie d’une grimpette, non d’une colline, mais d’un escalier métallique et j’étais à pied d’œuvre.
Pour quelqu’un qui a longtemps vécu dans le monde d’avant, la « ferme » évoquait la campagne, les chemins boueux, les odeurs animales. Elle était peuplée d’agriculteurs qu’on appelait encore parfois « paysans ». Ses activités étaient étudiées par les géographes dans des Précis de géographie rurale qu’on ne pouvait confondre avec des Précis de géographie urbaine. Dans le monde d’aujourd’hui tous ces repères ont disparu. Paris, comme toutes les métropoles mondiales (la présence d’une journaliste de la BBC l’attestait), se doit de posséder ce qui était un oxymore devenu un must : une ferme urbaine.
Café Géographique de Saint-Brieuc, le 21 novembre 2019, compte rendu de Christiane Barcellini. ,
Brice Gruet, est maître de conférences à l’Université de Paris Est Créteil. Ses thèmes de recherches concernent la géographie historique et culturelle (le patrimoine sous toutes ses formes). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, le plus récent « 100 villages à couper de souffle » a été édité chez Larousse en 2019.
La définition du village en France a longtemps été, et elle l’est encore très souvent aujourd’hui, une définition statistique : au-delà de 2 000 habitants dans un habitat contigu, on quitte le rural et le village, on parle d’une ville. Or dans les études rurales, quand on adopte une perspective mondiale, ce découpage est arbitraire car le seuil varie selon le pays. Par ailleurs, ce découpage statistique, s’il est commode, est insuffisant pour comprendre à quelles réalités nous renvoient le ou plutôt les villages français. C’est la raison pour laquelle, Brice Gruet adoptera, ce soir, une approche essentiellement culturelle pour traiter le sujet de ce café géographique « A la recherche du village français ».
Le document choisi en ouverture est l’illustration de la Revue La Géographie (N°1573, 2019) consacré au thème « Ruralités françaises ». Il s’agit d’une vue du village de Saint-Cirq-Lapopie (Lot) que l’on retrouve souvent dans les classements des villages les plus beaux de France. Cette photo qui appartient à une banque d’images internationale (Shutterstock) est révélatrice de l’imaginaire collectif qui nous donne à voir un « vrai » village français. Mais le village français recouvre des réalités bien différentes.



