Les déserts dans le monde, avec Ninon Blond

Les déserts couvrent 1/3 de la surfaces des terres émergées. Définir le désert préoccupe les savants ; le consensus évident c’est qu’il est difficile, voire impossible d’en donner une définition unique. L’étymologie latine deserta /desertus renvoie à des zones abandonnées (désertées), inhospitalières voire vides d’hommes, difficiles à mettre en valeur, le plus souvent en marge de l’œkoumène.

Ninon Bond, notre invitée, maitresse de conférences en géographie à l’ENS Lyon, auteur d’un Atlas des déserts (1), spécialiste des environnements secs et de leur évolution sur le temps long est l’intervenante idéale pour nous présenter ces territoires complexes aux enjeux multiples, nécessitant une approche pluridisciplinaire.

Café géographique de Paris, Le Flore, 17 mars 2026, Modératrice et autrice du compte-rendu : Micheline Huvet-Martinet

Ninon Blond (à droite) avec Micheline Huvet-Martinet (Photo Claudie Chantre)

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Volga, l’héritage de la modernité, de Pascal Marchand (CNRS Editions 2023), Michèle Vignaux.

Pascal Marchand, Volga. L’héritage de la modernité, CNRS Editions, 2023

La Volga, chère aux romanciers russes, a été transformée par les Bolcheviks au XXe siècle. Rêve ou cauchemar ? Au XXIe siècle, un nouveau destin s’ouvre devant elle, celui de devenir un fleuve d’Asie.

A tous les romantiques attachés à la « Petite Mère Volga » et à ses bateliers (en fait des haleurs) chantés par Ivan Rebrov, l’ouvrage du géographe Pascal Marchand provoquera un difficile retour à la réalité. Le majestueux fleuve de 3700 km est aujourd’hui une succession de barrages en béton et de lacs de retenue ; ses rives sont creusées par l’érosion ; son delta avance dans une mer Caspienne dont le niveau baisse ; et la pollution est un souci majeur. Qui est responsable de ce bilan ? C’est en grande partie l’homo sovieticus dont l’hubris a cru dompter les éléments naturels pour apporter en même temps et de façon massive électricité, irrigation, ressources halieutiques et voie de circulation.

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Les ciels brésiliens d’Hercule Florence (1804-1879), Martine Tabeaud.
Le dessin du géographe n°95.

En France, son visage n’est connu de personne ou presque, sa maison natale à Nice n’est pas un musée, son existence n’a intéressé que quelques Monégasques qui lui ont consacré une exposition à la Villa Paloma en 2017. Au Brésil, l’Institut Hercule Florence n’a été créé qu’en 2006 à Sao Paulo. Pourtant, c’est un génial inventeur que l’Atlantique a séparé des savants de son temps. Cet isolement l’a privé d’une quelconque notoriété. Cet héritier des Lumières n’a eu de cesse, sa vie durant, d’inventer, de chercher des procédés pour améliorer la distribution de l’eau (noria permanente), le séchage accéléré des grains de café, le filage du coton, la reproduction d’écrits et d’images (découverte de la photocopie qu’il appelle « photographie »), l’écriture du langage des oiseaux, etc. Il souffre de l’ingratitude de ses contemporains comme en témoigne son journal : « Pourquoi ma vie n’est-elle qu’adversité ? Comment briser l’étau de l’isolement de cette lointaine province de l’empire sud-américain ? Parmi les milliers de documents, dont il est l’auteur, accessibles seulement depuis la fin du XXe siècle, figurent des dessins zoologiques, botaniques, ethnologiques et cartographiques. Dans cette œuvre graphique, nous avons choisi d’étudier les dessins de paysages célestes. (suite…)

La mise en œuvre des conditions de l’acceptation sociale dans un espace rural récemment protégé : le Parc National de Forêts. Par Romane Michaux.

Café géographique de Chambéry-Annecy, 2023, par Romane Michaux, compte rendu de Antonin Van des Straeten.

La présentation de Romane Michaux fait suite à ses travaux de Master 1 Géographies et Montagnes, réalisé en 2021 à l’Université Savoie Mont Blanc, elle aborde la mise en place du dernier parc national français, créé en 2019, et ses enjeux sociaux. Pour rappel, ce type d’espace protégé concerne un territoire sur lequel un intérêt est manifeste et où il n’est pas d’intervention artificielle susceptible d’en altérer l’aspect, le tout dans un but de préservation environnementale. Il est régi par une charte valable pour quinze années et se délimite spatialement par une aire d’adhésion et une ou plusieurs zones cœurs.

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Déserts : Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges 2022, Maryse Verfaillie

Affiche du FIG 2022. http://fig.saint-die-des-vosges.fr

Au Festival de géographie de Saint-Dié, qui fêtait sa 33e édition, je suis allée, par la thématique des déserts attirée. L’infinie complexité des espaces désertiques a été décortiquée par des intervenants passionnés. Le Portugal était le pays invité.

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Découverte d’un territoire du sel Atlantique : le pays de Guérande (7-8 septembre 2019), Micheline Huvet-Martinet.

Le Pays de Guérande © M. Huvet-Martinet d’après cartographie AFDEC

Week-end (7 et 8 septembre 2019) organisé pour les Cafés Géographiques par Micheline Huvet-Martinet en prolongement du café géo du 14 décembre 2017 (voir https://cafe-geo.net/tag/micheline-huvet-martinet/).

Le sel, généreusement dispensé à l’état naturel, a joué un rôle essentiel dans les diverses cultures humaines. Indispensable aux êtres vivants, présent dans chaque foyer, il est le condiment par excellence ; il permet de conserver les aliments tout en jouant un rôle biologique essentiel dans l’équilibre de l’organisme. Consommé par tous quotidiennement, il a aussi une valeur rituelle, symbolique, voire magique.

Le sel est devenu tellement banal de nos jours que le consommateur ne se préoccupe guère de sa provenance alors qu’il fut autrefois très recherché : notons que les grandes civilisations antiques (Mésopotamie, Egypte, Chine) se sont épanouies à proximité de régions où le sel abondait. (suite…)

Sur les bancs du paysage. Enjeux didactiques, démarches et outils, dir. Anne Sgard et Sylvie Paradis (Ed. Metis Presses, 2019), Claudie Chantre

Anne Sgard, Sylvie Paradis, dir. » Sur les bancs du paysage. Enjeux didactiques, démarches et outils », Editions MetisPresses, 2019

En avril 2019, Anne Sgard et Sylvie Paradis ont dirigé et publié aux Editions MetisPresses, un ouvrage intitulé « Sur les bancs du paysage. Enjeux didactiques, démarches et outils ».

Anne Sgard est géographe, professeure conjointement au Département de géographie et environnement et à l’Institut de formation des enseignants de l’Université de Genève. Sylvie Paradis est géographe, architecte-urbaniste et chercheure associée à l’UMR (Unité mixte de recherche) Territoires de l’Université de Clermont-Ferrand.

Ainsi que le définissent les auteures, « Cette recherche est née de la volonté d’une dizaine d’enseignants-chercheurs de réfléchir à leurs pratiques pédagogiques, d’échanger sur leurs outils et leurs terrains et d’identifier ce qui peut nourrir une didactique du paysage afin de renouveler les formations au et par le paysage. »

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Paysages et territoires du sel, par Micheline Huvet-Martinet.

Café de géo Paris, le 14 décembre 2016. Paysages et territoires du sel par Micheline Huvet-Martinet, Agrégée d’Histoire, Docteure ès Lettres, ex prof CPGE au  Lycée Claude Monet Paris. Ses thèmes de recherche initiaux ont porté sur le Faux-saunage en France sous l’Ancien Régime, élargis à la fiscalité et l’histoire du sel. Gildas Buron qui devait intervenir a malheureusement été empêché.

Michèle Vignaux  se charge d’ouvrir la séance en rappelant l’originalité du produit : vital, abondant dans la nature, devenu le condiment par excellence aux usages multiples, mais aussi  produit mythique à haute valeur symbolique très tôt associé au divin.

Le café de géo de ce jour  s’intéresse aux  différents paysages correspondant aux territoires actuels du sel. Il est rappelé le caractère indispensable mais surtout insubstituable du sel qui explique son poids dans les économies et les sociétés pré-industrielles quand  la chaîne du froid n’était pas maîtrisée. Le sel, là où il existe, a été un facteur d’appropriation d’espaces devenus des territoires identifiables, structurés par des sociétés organisées autour de sa recherche, sa production, sa transformation, son raffinage, son conditionnement, son transport, sa distribution et son commerce. L’industrie du sel était dans les salines continentales une entreprise complexe et double, constituée à la fois  d’installations de surfaces et d’équipements souterrains. C’était une industrie  industrialisante générant de multiples activités et des emplois induits. Les salins littoraux ont été dévoreurs d’espaces qu’ils ont structurés tout en  organisant des sociétés humaines.

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