Comment lire les territoires de l’eau en France : « une approche géEAUgraphique »

Stéphane GHIOTTI, Chercheur CNRS en géographie (Art-Dev, Université Paul Valéry Montpellier)
Café-géo de Montpellier du mardi 07 octobre 2014

* Qu’est-ce que l’eau?
Une divinité ? Une simple équation ?Une composante physico chimique ?Une force hydraulique ?Un élément qui tisse des liens entre les sociétés et les hommes ?

Au milieu du XIXème siècle, vision qui va réduire l’eau à sa composante physico chimique HO2==> eau moderne, et dans toutes ses fonctions (le transport, le refroidissement, l’eau potable) une eau qui est mesurable, objectivable, a-territoriale , a-historique.

L’eau est un objet hybride, à la fois une matérialité, mais aussi construction sociale autour de cette matérialité ; les usages, les modes de gestion relèvent de ces matérialités, de notre compréhension de celles-ci (connaissance de la ressource et du cycle de l’eau) ; elle est appropriée, elle est gérée, variant dans le temps et l’espace : elle ne se réduit pas à sa seule composition chimique, elle est facteur de lien entre sociétés et les hommes.

Au XIXème siècle, on apprend à lire le monde en parcourant les pages des abécédaires géographiques : nous allons utiliser ce procédé pour comprendre le fonctionnement et les enjeux des territoires de l’eau.

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Répas géo québécois

Le mercredi 11 mars 2015

C’est une fille de l’Abitibi, géographe et chercheuse en noms de lieux, qui a animé notre repas au restaurant L’Envol Québécois situé dans le Quartier latin à Paris, 30 rue Lacépède.

Avec Francine Adam on espère en apprendre sur la composition du menu : tourtière, salade et fèves au lard en plat principal, tarte au sirop d’érable au dessert. Ces plats ont été cuisinés par Françoise Vauche, l’épouse du propriétaire Antoine Larose. Les recettes sont celles de la maman d’Antoine, Rita Labelle. On l’écoute…

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Viollet-le-Duc géographe des montagnes

Dessin du géographe n°55

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Fig. 1 : Le glacier des bois et la vallée de Chamonix, Aiguille Verte et Aiguille du Dru, pendant la période glaciaire et actuellement,  Viollet-le-Duc, aquarelle et gouache, 1874 (Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont)

Fig. 1 : Le glacier des bois et la vallée de Chamonix, Aiguille Verte et Aiguille du Dru, pendant la période glaciaire et actuellement,  Viollet-le-Duc, aquarelle et gouache, 1874
(Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont)

L’exposition qui a eut lieu de novembre 2014 à mars 2015 à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine été l’occasion de découvrir ou de redécouvrir les multiples facettes de l’œuvre de Viollet-le-Duc et parmi celles-ci un grand nombre d’œuvres graphique qui permettent de l’accueillir, sans forcer les mots, dans la page web des « dessins du géographe ».  Très connu du grand public pour ses idées et ses travaux de restauration des monuments historiques au 19e siècle, il l’est certainement beaucoup moins pour ses explorations de la figuration géographique passée et présente. Or une partie de ses voyages, et de ses travaux a eu pour but d’étudier les formes du relief et leur évolution dans le temps géologique. (suite…)

La problématique du radon en Belgique

Intervenant : Boris Dehandschutter, docteur en sciences géologiques de la VUB (Vrije Universiteit Brussel) et expert en radioactivité naturelle pour l’Agence fédérale du contrôle nucléaire.

Le radon est l’élément n°86 du tableau périodique ; c’est le plus lourd des gaz nobles. Il est incolore et inodore et provient essentiellement du sous-sol. Sa principale origine est la désintégration du radium, provenant lui-même de celle de l’uranium 238; sa demi-vie est de 3,7 jours. Sa radioactivité  fait courir des risques sanitaires: il est la 1ère cause de cancer  du poumon chez les non-fumeurs, la 2ème cause chez les fumeurs (après le tabac).

Le radon se déplace dans le sous-sol et dans les constructions où il s’accumule en cas de mauvaise ventilation. Il peut aussi y former des aérosols avec les poussières avant de se fixer sur les murs.
La concentration en gaz varie très fort au cours du temps : elle dépend de l’humidité et de la pression atmosphérique. Durant l’hiver, des taux plus élevés sont enregistrés à cause d’une aération moindre et d’une ascendance d’air (chargé en radon) du sol due aux différences de températures entre maison chauffée et sol.

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Patrimonialiser la nuit : des pollutions lumineuses aux ressources environnementales nocturnes

Café géographique Toulouse le 29.04.15
avec Rémi BENOS et Samuel CHALLEAT (Géographes, UMR Dynamiques rurales, Université Jean Jaurès Toulouse 2)

Rémy BENOS, maître de conférences, a fait une thèse sur « La patrimonalisation dans les espaces protégés » et Samuel CHALLEAT, chercheur contractuel, sur « Sauver la nuit » des pollutions lumineuses. Ils partagent leurs compétences et font partie d’un collectif pluridisciplinaire de sept chercheurs (géographes, politistes, économistes, psychologues, etc.) dont la question est : Dans quelle mesure les territoires se saisissent aujourd’hui de la nuit comme ressource ?

Au départ de la recherche, une intuition au vu de panneaux vantant la qualité de la nuit des villages ou l’organisation de randonnées pédestre nocturnes. Dans un contexte d’économies d’énergie et de réduction de l’éclairage public, il ne s’agit pas de multiplier les activités comme les marchés nocturnes, mais de changer notre rapport à la nature en observant sa biodiversité. Comment cela fait-il ressource ? Où ? Pour qui ?

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Voyager au XIXème siècle

Intervenants : Sylvain VENAYRE, professeur d’histoire contemporaine  à l’Université Pierre-Mendès-France  Grenoble II et Agnès DESQUAND, conférencière à l’Institut Pasteur.
Modérateur : Daniel  OSTER

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Le « voyage », pratique aussi familière au géographe qu’au touriste moyen, a une histoire. Pour mieux l’appréhender, il faut définir le terme : qu’est-ce qui distingue le « voyage » du « trajet », du « déplacement », de la « migration »… ?

Sylvain Venayre rappelle la subjectivité du terme. Il y a plusieurs compréhensions personnelles du voyage, mais ce qui s’impose à tous, c’est qu’un voyage est avant tout une « rencontre », rencontre de soi-même et rencontre des autres. Ce mode de connaissance qui passe par l’expérience sensible  de l’espace, des lieux et des gens est la « seule connaissance qui vaille » pour les philosophes de l’impression de la fin du XVIIIème siècle, période où le voyage connaît un grand engouement.

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Peut-on toujours parler de civilisations ? Huntington, vingt ans après

Café géographique au Flore, 14 avril 2015
Avec Georges Prévélakis (Paris 1) et Christian Grataloup (Paris 7)

Michel Sivignon introduit la soirée en présentant les invités, Georges Prévélakis ambassadeur de la Grèce auprès de l’OCDE et Professeur de géographie à Paris 1 et Christian Grataloup Professeur émérite de géographie à Paris 7. Georges Prévélakis a travaillé la notion de civilisation, d’aire culturelle, appliquée au vaste ensemble à cheval sur l’Europe et l’Asie antérieure. Il a ainsi animé un numéro de la revue Anatoli « Géopolitique des civilisations. Huntington, 20 ans après » (n°4, 2013). Christian Grataloup a travaillé ces dix dernières années sur la division spatiale du monde en termes de culture, de civilisation, d’histoire, et s’est fait le promoteur de la notion de géohistoire, distinguant les métiers (géographes et historiens) et les sciences (géographie et histoire).

L’occasion qui réunit ce café est la thèse de Samuel Huntington défendue dans « The Clash of Civilizations ? » (article paru dans Foreign Affairs en 1993, puis un livre sans le point d’interrogation The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order en 1996, traduit en français par Le Choc des civilisations). A l’époque, face au libéralisme triomphant (fin de l’URSS et conversion de la Chine à l’économie de marché), il n’y a plus d’ennemi aux Etats-Unis. Le livre de Huntington apparaît comme une lecture des affrontements à venir, dépassant la logique Est-Ouest, bloc contre bloc : un affrontement multipolaire, non plus entre des idéologies issues du marxisme ou s’y opposant, mais entre des idéologies aux racines culturelles qu’il appelle civilisations. Est-ce que le terme  civilizations des anglophones est identique aux termes de civilisations et d’aires culturelles en français, de Kultur en allemand, Civiltà en italien ? Ce n’est pas qu’un problème sémantique. La question a été posée dès 1987 par F.Braudel (Grammaire des civilisations) Est-ce que le terme peut faire partie de notre outillage géographique, permettant de se situer dans l’espace ? Est-ce que véritablement le monde dans lequel nous sommes a fait une croix sur les oppositions socio-économiques pour y substituer des oppositions culturelles structurantes ? Par ailleurs la notion de civilisation est-elle cartographiable et localisable ?

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La Grèce, sortie de crise ?

Compte Rendu du café géographique de Saint-Brieuc
19 mars 2015

Michel Sivignon est géographe, professeur émérite à Paris-X Nanterre. Il est un spécialiste de la Grèce et des Balkans. Parmi les ouvrages qu’il a écrits, « La Grèce sans monuments », Hachette, 1978 ; « L’Atlas de la Grèce », travail collectif de spécialistes grecs et français, La Documentation Française, 2003 ; « Les Balkans, une géopolitique de la violence », Belin, 2009.

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Michel Sivignon se propose, pour mener à bien sa réflexion sur le sujet de ce soir « La Grèce, sortie de crise ? » et pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui, d’évoquer les héritages historiques de ce pays.

1 – L’emboîtement de trois histoires

La Grèce s’est construite à partir de trois phases historiques ou plus exactement de l’emboîtement de trois histoires.

La première, c’est celle de la longue, voire très longue durée, pour parler comme l’historien Fernand Braudel. A partir de quelques exemples, Michel Sivignon nous explique que la langue grecque actuelle est la même langue sans rupture de continuité depuis plus de treize siècles avant notre ère ; en Europe, qu’il n’y a pas d’histoire d’une langue écrite aussi longue. Pour exemple, le terme « hématome » vient du grec « hema », le sang, qui est encore le terme pour signifier le sang aujourd’hui comme on le disait, comme on l’écrivait il y a plus de treize siècles avant notre ère.  Cette extrême ancienneté de la langue fonde la nation grecque ce dont les Grecs en sont parfaitement conscients et que personne d’ailleurs ne leur conteste.

Par ailleurs, la nation grecque s’est construite à partir de deux « ancêtres », de deux histoires, la plus ancienne avec Platon, Hérodote, Aristophane, les pères de la médecine…et une plus récente que l’on oublie souvent, la période byzantine. La destruction de l’unité de l’Empire romain, sa chute en 476 et la création de deux empires, l’Empire romain d’Occident et l’empire romain d’Orient vont façonner de façon durable la Grèce.

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Icônes américaines

Icônes américaines
Chefs-d’œuvre du SFMOMA et de
La collection FISCHER
Grand Palais
8 avril-2 juin 2015

Andy Warhol, Liz # 6 [Early Colored Liz] © RMN – Grand Palais, Paris 2015

Andy Warhol, Liz # 6 [Early Colored Liz]
© RMN – Grand Palais, Paris 2015

Durant la rénovation du San Francisco Museum of Modern Art, le Grand Palais accueille les œuvres les plus emblématiques du musée ainsi que des pièces de la collection Fisher, dont le SF MOMA est dépositaire.

L’exposition présente 49 œuvres emblématiques de la peinture américaine dans la seconde moitié du XX ème siècle. Quatorze artistes, parfois très célèbres en Europe, (Calder, Lichtenstein, Warhol, Diebenkorn, Chuck Close) sont présents. Ils ont évolué entre peinture et sculpture, entre art abstrait et art figuratif, entre expressionnisme abstrait, pop art et minimalisme. San Francisco vient à vous, allez donc au Grand Palais découvrir ce que l’Amérique contemporaine propose.

Présentation du SF MOMA

SF MOMA, architecte Mario Botta

SF MOMA, architecte Mario Botta

En 1935, c’est le premier musée d’art moderne fondé sur la côte ouest des Etats-Unis, six ans après celui de New York. Tout au long de son existence, cette institution pionnière a pu compter sur la générosité des collectionneurs californiens. En 2009, Doris et Donald Fisher, fondateurs de l’enseigne de vêtements Gap, ont déposé au musée une collection de plus de mille œuvres, pour un siècle. Pour abriter ces collections, l’extension du bâtiment construit par l’architecte Mario Botta et inauguré en 1995, était devenue nécessaire. Elle ouvrira ses portes au printemps 2016. En attendant, une sélection des œuvres navigue à travers le monde et se pose au Grand Palais puis au musée Granet d’Aix-en-Provence [11 juillet au 18 octobre].

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L’identité européenne : quête incessante d’un horizon.

Pour célébrer les multiples visages de l’Europe, des personnalités issues du monde politique et du monde des arts dialoguent librement sur les origines du projet européen, de la Grèce aux Lumières, cette Europe enlevée, berceau du roman, lieu de liberté et tranquillité où les femmes tiennent une place singulière. L’Europe, un horizon qui reste à conquérir.

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En partenariat avec « Initiatives pour une Europe plurilingue »
et « Citoyennes pour l’Europe ». Sous le patronage de la Représentation en France de la Commission européenne.

En ce 28 mars 2015, à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, a lieu la dernière rencontre du cycle l’Europe inspirée sur le thème de l’identité européenne.

Rencontre animée par Martine Méheut,  présidente de « Citoyennes pour l’Europe » en présence de Julia Kristeva et d’Enrico Letta.

Julia Kristeva, animée d’un grand désir d’Europe, est philosophe, philologue, psychanalyste, écrivain, professeur émérite de l’Université Paris VII-Denis Diderot. Enrico Lettra,  européen engagé, a été ministre des affaires européennes, député au Parlement européen, Président du conseil des ministres italien. Il est actuellement professeur invité à l’Institut des études politiques de Paris.

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