Le MuCem, un phare pour Marseille, Maryse Verfaillie.

Inauguré en juin 2013, dans le cadre de l’évènement MP 13 (Marseille Provence, capitale de la culture européenne), le MuCEM (Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) est le premier musée national délocalisé en région.

Le MuCEM a l’ambition d’être une cité culturelle, un endroit qui n’accueille pas que des expositions mais aussi des débats, des rencontres, des spectacles. Bref, qu’il soit un lieu de vie, ouvert aux vents et aux idées,  une sorte de Centre Pompidou marseillais.

Son succès a été immédiat et enthousiaste. Cela suffira-t-il à changer l’image quelque peu ternie de l’antique cité phocéenne ?

Le J4, navire amiral du MuCEM, dessiné par Rudy Ricciotti.

Le J4, navire amiral du MuCEM, dessiné par Rudy Ricciotti.

Le MuCEM, côté mer : un joyau architectural

Ouvert à l’ensemble des expressions artistiques et culturelles  il se veut rassembleur des    pays riverains de la mer Méditerranée, ouvert au dialogue des civilisations. Il est constitué de trois sites répartis sur 40 000 m2, du port à la Belle de Mai, en plein centre de Marseille. Côté mer : le bâtiment moderne réalisé par Rudy Ricciotti et le Fort Saint Jean réhabilité par Roland Carta. Côté terre : le CCR (Centre de Conservation et de Ressources) situé à la caserne du Muy réhabilitée par Corinne Vezzoni.

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Mais où est donc passé l’espace rural ? Par Samuel Depraz.

Café géographique « Mais où est donc passé l’espace rural ? », animé par Bénédicte Tratnjek, avec Samuel DEPRAZ (géographe, maître de conférences à l’Université Jean Moulin Lyon 3, chercheur à l’UMR 5600 Environnement Ville et Société), le mercredi 25 septembre 2013 au Café de La Cloche (Lyon). Compte-rendu réalisé par Elsa Sanial.

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Le Café Géo du 25 septembre 2013 accueille Samuel Depraz, maître de conférences à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Sa thèse soutenue en 2005 a pour titre Recompositions territoriales, développement rural et protection de la nature dans les campagnes d’Europe centrale post-socialiste. Ses travaux au sein de l’UMR 5600 EVS portent notamment sur les espaces protégés, les politiques régionales de l’Union européenne, le développement local et la gouvernance en particulier dans des communes rurales. Le thème de ce soir, l’espace rural, a été proposé en relation avec le site Géoconfluences pour lequel se prépare un débat « A la une » sur la même question. Il part d’une interrogation de fond, suscitée notamment par les travaux de Jacques Lévy, selon laquelle « tout est urbain », tandis que le rural n’existerait plus.

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L’Italie de la crise, avec Dominique Rivière et Aurélien Delpirou.

Café Géo, mardi 17 décembre 2013 de 19h30 à 21h30 au Café de Flore (Paris). Invités : Dominique Rivière, géographe, Professeure à l’Université Paris Diderot – Paris 7, Aurélien Delpirou, urbaniste et géographe, Maître de conférences à l’Université Paris-Est Créteil. Introduit et animé par Daniel Oster, compte rendu d’Olivier Milhaud et d’Elisabeth Bonnet-Pineau.

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Manifestation contre l’austérité budgétaire le 6 septembre 2011 à Rome (photo de Remo Casilli, source : RFI.fr )

L’Italie apparaît comme l’un des « pays malades » de l’Europe du Sud, dans une zone euro durement affectée par ce que l’on appelle « la crise ». Aux problèmes structurels plus ou moins anciens tels que les problèmes de compétitivité de l’économie, le niveau très élevé de l’endettement ou l’instabilité politique, s’est ajoutée la crise de la dette souveraine. Tout cela se traduit par différentes formes de crise, notamment socio-économiques et politiques. Comment  l’Italie se recompose-t-elle sous l’effet de ces crises ? Peut-on y déceler un effet-miroir pour la France ? Deux géographes viennent traiter le sujet analysant les mutations spatiales de la Botte à différentes échelles.

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Les glaciers pyrénéens, miroirs du climat régional, par Pierre René.

Café géographique à Toulouse – 27.11.2013 :  Les Glaciers Pyrénéens miroirs du climat régional,  par Pierre René. Compte-rendu établi par Jean-Marc PINET

 Pierre René, glaciologue, a fondé en 2001 l’Association Moraine (http://asso.moraine.free.fr, siège social : mairie de Luchon 31110)  pour étudier l’évolution des glaciers pyrénéens. Il a publié en 2013 « Glaciers des Pyrénées, le réchauffement climatique en images », aux éditions Cairn.

La glace est un indicateur climatique exceptionnel car elle est hyper sensible aux variations climatiques. Les glaciers pyrénéens reflètent l’évolution climatique du Sud-Ouest de la France : si le recul des glaciers est général dans le monde, les disparités régionales sont très importantes et il est particulièrement intéressant d’en faire une observation fine pour avoir un maillage complet des glaciers de la planète

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Le désert de J.M.G. Le Clézio, Natacha Cousy.
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Le désert est longtemps resté un espace répulsif. Seuls quelques guerriers et quelques explorateurs osèrent, pendant des siècles, s’aventurer dans ces étendues vides et inhospitalières. Pourtant, le désert est désormais devenu un espace attractif, source d’inspiration et de fascination pour les touristes, les scientifiques, et tous ceux qui – pour une raison ou pour une autre – attachent un intérêt particulier à ces espaces quasi vierges susceptibles d’être exploités (parfois de manière particulièrement lucrative, si l’on en croit les projets sahariens menés par plusieurs firmes pétrolières).

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De l’écologie à l’équilibre ? par Emmanuël Sérusiaux.

Café-géo liégeois du 15 novembre 2013. Intervenant : Emmanuël Sérusiaux, président de Natagora, professeur à l’Université de Liège. Compte rendu de Claude Richardeau.

Les débuts de la politique de l’Environnement remontent à 1970 quand le Conseil de l’Europe décrète une « Année de la Conservation de la Nature ». Sont alors fixées les références en matière de protection de l’environnement :

  • l’Ecologie est une et indivisible
  • l’Ecosystème, local comme global, doit être à l’équilibre
  • l’Etat est responsable des procédures et actions
  • le Public doit être sensibilisé.

Les problèmes envisagés sont notamment l’énergie nucléaire (sécurité, déchets, usages civils et militaires), l’accroissement de la population humaine et sa pression sur l’environnement, l’usage du plastique, matériau non biodégradable.
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Traversée des monts Tezoulaig (Sahara), Marcel Cassou et Michel Sivignon.
Le dessin du géographe n° 42.

Ce dessin de Michel Vallet, ancien officier méhariste, est extrait d’un compte-rendu d’un voyage effectué en 2009 sous la direction de Marcel Cassou[1]. Ce dernier se proposait de suivre  une partie de l’itinéraire de la première mission qui traversa le Sahara, celle de Foureau et Lamy, et qui en 1899 rejoignit l’Afrique sub-saharienne à partir de l’Algérie.

Les participants de l’expédition de 1899 s’étaient détournés pour traverser le massif d’Obbazer. Ils voulaient rejoindre le puits où le colonel Flatters fut  assailli et tué, en 1881, par les Touaregs avec presque toute son expédition[2]. Flatters se proposait de traverser le premier le Sahara.

Le dessin représente un guide touareg et, à l’arrière plan, les monts Tezoulaig, difficilement accessibles et dont la silhouette resemble étrangement à celle du guide.

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Le Far West selon John Ford : une géographie épique, Manouk Borzakian.

« My name is John Ford. I make westerns ». Les westerns représentent une part importante des près de cent quarante films de la carrière aussi inégale qu’éclectique de John Ford. Plusieurs sont des chefs-d’œuvre et ont participé à donner une certaine légitimité à un genre largement relégué, dans les années 1930, au rang de complément dans les doubles programmes, devenus la règle après 1929 – les fameuses « séries B ». L’œuvre de Ford donne ainsi quelque valeur à la fameuse formule d’André Bazin et Jean-Louis Rieupeyrout, selon laquelle le western est « le cinéma américain par excellence » (Rieupeyrout, 1953). Affirmation qui, à son tour, soutient l’idée que les westerns sont un objet d’investigation incontournable pour qui s’intéresse aux représentations de l’espace nord-américain.

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Un abécédaire géolittéraire (3/26) : C comme Campagne, de Daniel Oster.
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La vallée de la Santoire (Cantal), le « pays premier » de Marie-Hélène Lafon

Il y a près d’un demi-siècle, le sociologue Henri Mendras annonçait la « fin des paysans », sous l’effet de la mécanisation inexorable et de l’urbanisation conquérante (La fin des paysans, Gallimard, 1967). A peine plus tard, le géographe Armand Frémont proposait un beau portrait des paysans de Normandie en combinant remarquablement la rigueur des analyses scientifiques et l’évocation de la vie paysanne avec un indéniable talent d’écriture (Paysans de Normandie, Flammarion, 1982). Aujourd’hui, plusieurs décennies après le « grand chambardement des campagnes », selon l’expression de Fernand Braudel, la notion de « ruralité » tend à prendre le pas sur le mot  « campagne » comme si celui-ci s’avérait incapable de rendre compte d’une réalité devenue complexe et de plus en plus liée aux dynamiques urbaines.

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Repas russe

Association Café Géo de Paris, Repas russe du 3 décembre 2013, au Da-Niet, Bistrot russe (5, rue de Lancry à  Paris 10ème). Repas animé et commenté par Jean Radvanyi. Compte rendu de Michel et Michèle Sivignon.

Jean Radvanyi, professeur à l’INALCO, vient d’assurer pendant 4 ans  la direction du Centre franco-russe en Sciences Sociales, à Moscou. Son dernier ouvrage : « Retour d’une autre Russie, plongée dans  la Russie de Poutine ». Editions Le Bord de l’Eau. 2013

La cuisine russe dont on parle ici est une cuisine familiale, faite le plus souvent par les femmes, même si bien sur certains hommes se mettent aussi au fourneau. On mange quotidiennement dans la cuisine, pièce petite où on se serre, mais s’il y a une fête le repas peut être plus élaboré dans une salle à manger où très souvent, à l’époque soviétique, quelqu’un dormait. Les appartements collectifs ont à peu près disparu (sauf pour les migrants). Ils comportaient une cuisine commune à plusieurs familles (parfois même plusieurs cuisines) et chaque famille s’entassait dans une pièce.

En Russie quand on arrive, la table est festive, déjà chargée de victuailles (les « zakouski » ou hors d’œuvre) et de boissons. Jean Radvanyi nous lit un texte de Constantin Véréguine du début du XX° siècle où il est question du repas de rupture du carême dans une famille noble et fortunée de Yalta. Au centre un énorme koulitch aux quatre coins une paskha, pyramide de fromage blanc. Et puis, des jambons, des viandes, des poissons. Vins et vodka.
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