L’hiver au Siècle d’or hollandais, par Alexis Metzger.

Alexis Metzger au Flore. Photo M. Huvet-Martinet

Mardi 4 avril, au café de Flore, Alexis Metzger (A.M), Docteur en géohistoire, est notre invité pour une soirée originale et fort agréable de géoclimatologie culturelle autour de L’hiver hollandais au Siècle d’or, titre de son ouvrage paru en 2019, fruit de sa thèse sur le froid au Siècle d’or hollandais *. Michèle Vignaux est l’animatrice de ce café. Compte rendu rédigé par Micheline Huvet-Martinet .

Les Provinces-Unies dont l’indépendance est proclamée en 1648 sous le statut de république, à l’issue de longues guerres d’indépendance, sont alors délivrées du joug espagnol et connaissent une période de stabilité politique, de croissance démographique et de fleurissement culturel et économique grâce notamment à la prospérité de leur commerce maritime. Les peintres de la Hollande (principale province des Provinces-Unies), se mettent à représenter l’hiver comme on ne l’avait jamais vu, alors que la Hollande, connait quelques hivers froids ou ressentis comme tels. A.M interpelle les sources de l’histoire du climat derrière le grand initiateur qu’a été E. Le Roy Ladurie, pour nous proposer une lecture géohistorique des œuvres d’art des maîtres hollandais.  

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Histoires d’eau en Espagne, Daniel Oster.

Lors de mon dernier séjour en Espagne j’ai pu mesurer, assez superficiellement mais très clairement, certains effets du changement climatique perceptibles dans le paysage traversé. Pendant deux semaines à la fin de l’hiver, du 2 au 14 mars 2023, j’ai parcouru la région d’Espagne comprise entre Barcelone et Valence, son littoral mais aussi et surtout son arrière-pays du trait de côte jusqu’à une centaine de kilomètres de la Méditerranée. A moins de 100 km au nord de Barcelone, j’ai vu un des effets les plus spectaculaires de la sécheresse qui sévissait alors dans une grande partie de l’Europe.

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La forêt de Białowieża, un symbole de la Pologne actuelle, Daniel Oster.

Carte de localisation de la forêt de Białowieża, de part et d’autre de la frontière Pologne/Biélorussie (carte reproduite dans le numéro de mars 2023 du Monde diplomatique)

A cheval entre la Pologne et la Biélorussie, la forêt de Białowieża est la dernière grande forêt primaire d’Europe. Cette forêt exceptionnelle d’une beauté rare, peuplée de conifères et de feuillus sur plus de 141 000 hectares, est une forêt proche de l’état naturel, comme si l’homme n’y était jamais intervenu. Installée sur la ligne de partage des eaux entre la mer Baltique et la mer Noire, elle est protégée depuis le XIVe siècle. Aujourd’hui, ce sanctuaire de biodiversité (quelque 900 bisons y vivent en liberté) est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco et dans le réseau des espaces naturels protégés Natura 2000. Pourtant, depuis l’arrivée au pouvoir du PiS (Droit et Justice) en 2015, la forêt de Białowieża est devenue l’objet d’une pomme de discorde entre Varsovie et Bruxelles en même temps qu’un symbole du repli identitaire de la Pologne. (suite…)

Développement durable, inégalités et pauvreté dans le monde. Par Yvette Veyret.

Ce 15 février, les Cafés reçoivent Yvette Veyret. Professeur émérite à l’Université de Paris-Nanterre, auteure de très nombreuses publications concernant notre sujet dont une nouvelle édition (2022) d’un Atlas du développement durable (en collaboration avec Paul Arnould). Micheline Huvet-Martinet est la modératrice de cette rencontre.

Le développement durable, un sujet rebattu ? Il s’agit en fait d’une problématique assez difficile à traiter car certaines politiques de développement durable peuvent exacerber les inégalités socio-environnementales. Malgré la volonté de réduire la pauvreté (définie par plusieurs indices), elle est toujours présente car le volet social reste le parent pauvre du développement durable. (suite…)

L’Arctique : changements environnementaux, développements régionaux, ambitions géopolitiques, par Eric Canobbio.

Compte rendu du café géographique du jeudi 16 janvier 2020, à 18h30 à Annecy (Café librairie BD Fugue Centre Bonlieu). « L’Arctique : changements environnementaux, développements régionaux, ambitions géopolitiques » par Eric Canobbio, maître de conférences à l’université Paris-VIII Saint-Denis et chercheur spécialisé dans la régionalisation du domaine arctique canadien et ses enjeux géopolitiques. Compte rendu de Laury Barbier et Elise Behidi.

Les questions que l’on se pose aujourd’hui sont révélatrices du changement de nature et de statut de l’Arctique. Ce sujet s’est complexifié depuis 15 ans et on l’appréhende aujourd’hui à travers de grandes thématiques avec une échelle commune : l’Arctique au singulier. Or, les géographes ont surtout tendance travailler à des échelles nationales et locales qui sont signifiantes pour l’appréhension des changements sociétaux et des grandes questions environnementales.

La définition et les limites de l’Arctique sont complexes ; c’est un espace non homogène, polymorphe et polysémique historiquement. On considère que l’Arctique commence au cercle polaire 66.33°, ce qui fabrique un espace de plus de 21 millions de km². Cet espace est particulier dans la mesure où il s’agit d’abord d’un océan avec des littoraux très complexes. Ces derniers sont très découpés, très différenciés, et ce petit océan forge l’illusion d’une unité. Ainsi, on a parlé historiquement de “méditerranée arctique”, mais cette expression n’est pas exacte ; il s’agit d’une mer cloisonnée et non pas d’une mer de lien.

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L’Arctique à l’épreuve de la mondialisation et du réchauffement climatique, avec Clara Loïzzo et Camille Tiano.

Clara Loïzzo & Camille Tiano (2019), L’Arctique à l’épreuve de la mondialisation et du réchauffement climatique, Paris, Armand Colin

Ce Café Géo s’est tenu au Café de Flore (Paris 6e). Les deux intervenantes étaient Clara Loïzzo et Camille Tiano, agrégées de géographie, professeures de chaire supérieure en classes préparatoires littéraires au lycée Masséna (Nice) et au lycée Louis le Grand (Paris).

La parution récente de leur ouvrage (16 octobre 2019) L’Arctique à l’épreuve de la mondialisation et du réchauffement climatique aux éditions Armand Colin tombait à pic.

 

 

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Les militaires et le changement climatique, Daniel Oster.

Les interventions vont davantage être orientées vers des opérations de sécurité civile en lien avec les catastrophes naturelles (Source: ministère des armées)

Le changement climatique provoque partout dans le monde des analyses et des remises en question qui n’épargnent pratiquement aucun domaine. Le secteur militaire n’échappe pas à la règle. Les dirigeants politiques créent des instances de réflexion et de recherche pour mesurer l’impact du dérèglement climatique sur l’outil militaire et adapter le rôle des armées aux nouveaux défis environnementaux.  (suite…)

Le réchauffement climatique actuel influence-t-il l’activité des cyclones tropicaux extrêmes ? Par Karl Hoarau.

Café géo du 16 octobre 2018 animé par M. Karl Hoarau, Maître de Conférences à l’Université Cergy Pontoise. Compte rendu rédigé par Pierre-Félix Vautrin.

Les cyclones tropicaux extrêmes sont des phénomènes qui génèrent des vents moyens d’au moins 215km/h avec des rafales de plus de 250km/h (catégorie 4-5). En moyenne, chaque année, 18 cyclones atteignent cette intensité sur le globe. Ces dernières années, plusieurs systèmes destructeurs ont fait la une de l’actualité : Haiyan (2013) aux Philippines, et Irma (2017) et Maria (2017) aux Antilles. Le nombre des cyclones extrêmes est-il en train d’augmenter avec le réchauffement climatique actuel ? Après un rappel sur les risques cycloniques, l’activité des cyclones extrêmes est étudiée. Enfin, quelques pistes explicatives sont abordées.

Les risques cycloniques:

Les dégâts associés aux cyclones sont principalement liés aux vents violents (infrastructures, végétation), à la marée d’ouragan (invasion du littoral par l’océan sous l’effet conjugué des vents et d’une pression atmosphérique basse) mais aussi aux inondations fluviales dues aux fortes précipitations. On considère six bassins cycloniques dans le monde (68% des cyclones se forment dans l’hémisphère nord) dépendant de centres d’avertissements régionaux. Le Pacifique Ouest est le plus grand bassin cyclonique du globe. L’ensemble Pacifique Ouest et Pacifique Est concentre les 2/3 des phénomènes cycloniques. L’Asie est le continent le plus menacé par les risques cycloniques.

Les cyclones et les tempêtes sont les aléas naturels les plus coûteux. Un des phénomènes les plus catastrophiques s’est déroulé le 12 novembre 1970 au Bangladesh. Le bilan fut lourd -300 000 morts- et s’explique en partie par le fait que les habitants n’avaient jamais été prévenus de l’arrivée de ce phénomène. De ce fait, aucune mesure de sécurité n’avait été prise. Plus récemment l’ouragan Katrina (2005) qui a dévasté les États-Unis en 2005 a été l’un des plus meurtriers et des plus couteux que le pays ait connu.

Pour estimer l’intensité des phénomènes cycloniques, l’une des méthodes utilisées est l’entrée d’avions dans les cyclones mesurant la vitesse des vents à la surface de l’océan. Cette méthode est utilisée sur deux bassins cycloniques (l’Atlantique Nord et le Pacifique Est) quand les cyclones se rapprochent des terres habitées. Pour les autres bassins, l’intensité des cyclones est estimée à partir des données satellitaires. C’est l’américain Vernon Dvorak qui a publié en 1984 une technique permettant d’estimer la vitesse maximale des vents moyens dans le cœur des cyclones. Plus les nuages entourant l’œil sont développés, et ont donc des sommets très froids (parfois jusqu’à – 85°C), plus le cyclone est intense.

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Détruire ou construire ? L’aménagement des zones inondables en question. Par Sylvain Rode.

Café géographique de Montpellier, 2019. Intervenant : Sylvain Rode – Maître de conférences en aménagement de l’espace et urbanisme, Université de Perpignan Via Domitia – Unité Mixte de Recherches ART-Dev. Compte rendu rédigé par Camille Renaudin.

Selon l’Evaluation Préliminaire du Risque d’Inondation effectuée en 2011 dans le cadre de la mise en œuvre de la Directive européenne Inondation de 2007, 18,5 millions de personnes et 10 millions d’emplois seraient exposés au risque inondation en France. La vulnérabilité est donc forte compte tenu de la forte exposition des populations au risque inondation. La prévention est dès lors un enjeu important et réaffirmé qui passe, notamment, par le contrôle de l’urbanisation en zone inondable. Deux questions, antagonistes et légitimes, se posent alors : faut-il – et si oui, comment ? – construire en zone inondable ? Doit-on détruire les biens en zone inondable ?

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La prévention des désastres : quels défis ? Par Julien Rebotier.

Présentation par Julien Rebotier, Chargé de recherche au CNRS à l’Université Toulouse – Jean Jaurès, membre du laboratoire LISST. Compte-rendu réalisé par Thibault COURCELLE et Mathieu VIDAL, enseignants-chercheurs, co-animateurs des Cafés Géo d’Albi, complété par Julien REBOTIER.

Sur la base de quelques questions et définitions conceptuelles initiales destinées à établir un cadre problématique commun avec la salle sur la question des risques dits naturels et de leur gestion, la présentation va s’organiser en trois temps.

Dans un premier temps, il s’agira de montrer que les risques naturels n’existent pas, mais sont bien le produit de rapports sociaux et de dynamiques de peuplement. Dans un second temps, la « fabrique » des risques ainsi décrite sera présentée à la fois comme une marque et comme un levier de rapports sociaux et de rapports à l’espace différenciés. Un dernier point permettra d’ouvrir la discussion sur les contributions possibles de la recherche en sciences sociales, et particulièrement en géographie critique, sur l’étude et la prévention des risques de désastre.

Pour les besoins de la démonstration, on mobilisera des territoires pour la plupart urbains, et aussi variés que ceux pris au Venezuela, en Equateur, en Haïti, ou au Chili, mais aussi en France ou au Portugal. En outre, l’échange avec le public autorisera sans doute de mobiliser nombre d’exemples locaux.

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