Patrimonialisation et participation habitante : expériences en banlieue, par Anne Hertzog.

Café-Géo de Montpellier du 24 Novembre 2015. Par Anne Hertzog (MCF Université Cergy-Pontoise)

La soirée débute par des remerciements à l’intention du public présent en nombre, suivi d’une présentation de la conférencière Anne Hertzog, maître de conférences en géographie à l’Université de Cergy-Pontoise, et membre du Laboratoire MRTE. Son premier travail de thèse (2004) s’intitule Là où le passé demeure. Les musées de Picardie : étude géographique. Contribution à l’étude des lieux géographiques de mémoire. Ses recherches portent ainsi sur les lieux de mémoire, les processus de patrimonialisation des lieux et les enjeux territoriaux du patrimoine. Domaine longtemps réservé aux historiens et historiens de l’art, le patrimoine est aujourd’hui un sujet d’étude majeur pour la géographie.

Anne Hertzog précise qu’elle s’intéresse spécifiquement aux acteurs des processus de patrimonialisation que sont les habitants, et notamment dans le territoire particulier des périphéries urbaines. L’ancrage territorial périphérique de l’université de Cergy-Pontoise pousse à réfléchir avec toutes les ressources locales. En effet, on constate une effervescence sociale autour de la question du passé de la ville comme le montre l’exposition co-organisée par la Communauté d’Agglomération au Pavillon de l’Arsenal à Paris en 2015 sur l’histoire et l’urbanisme de la Ville, ou encore l’inventaire du patrimoine réalisé par le Service Patrimoine et Inventaire d’Ile de France à la demande de la même institution.

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Le panorama de Rouen, Denis Wolff.

Chers ami(e)s des Cafés géo, vous pensiez que je vous présenterais

Cette photographie ?
Or, ce sera celle-là !
 
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Panorama de Rouen depuis Bonsecours[1] (côte Sainte-Catherine) (Mai 2014, Wikipédia)

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Panorama XXL (au fond, le pont Gustave Flaubert ; Cliché Denis Wolff)

Dans l’acception courante, un panorama est une « vaste étendue de pays qu’on découvre d’une hauteur » (dictionnaire Larousse). Pourtant, le terme existe également en peinture, pour désigner une oeuvre de grande dimension développée circulairement sur le mur intérieur d’une rotonde, c’est-à-dire d’un édifice cylindrique surmonté d’une coupole (par extension on appelle aussi panorama la rotonde, le bâtiment lui-même). En effet, le spectateur, après avoir parcouru un couloir et des escaliers assombris qui le désorientent, est le plus souvent placé sur une tribune au centre ; il voit les objets représentés sur le tableau comme si, sur une hauteur, « il découvrait tout l’horizon dont il serait environné » (dictionnaire Littré). Un autre dictionnaire[2] précise : « Les tableaux de ce genre imitent exactement l’aspect d’un site vu dans toutes les directions et aussi loin que l’oeil peut distinguer. » Ce dictionnaire précise : « La lumière vient d’en haut par une zone de vitres dépolies ménagées à la partie inférieure du comble et frappe spécialement le tableau. Un vaste parasol, suspendu à la charpente au-dessus de la tribune, qu’il dépasse en diamètre, couvre le spectateur d’une pénombre et lui cache en même temps les points d’où vient la lumière. » (voir photographies ci-dessous). La réalisation d’un panorama est longue et coûteuse : plusieurs mois de travail avec une équipe de plusieurs peintres.

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Villes contestées pour une géographie critique de l’urbain : entretien avec Cécile Gintrac et Matthieu Giroud (Les Prairies Ordinaires, 2014), Olivier Milhaud
Villes contestées Pour une géographie critique de l’urbain ouvrage dirigé par Cécile Gintrac et Matthieu Giroud Les Prairies Ordinaires, 2014, 408 p.

Villes contestées. Pour une géographie critique de l’urbain Ouvrage dirigé par Cécile Gintrac et Matthieu Giroud Les Prairies Ordinaires, 2014, 408 p.

Les Cafés Géo rencontrent des auteurs

Cécile Gintrac et Matthieu Giroud, vous avez dirigé un important volume intitulé Villes contestées. Pour une géographie critique de l’urbain, qui déboulonne l’idéologie mainstream de la ville créative, compétitive, globale, écologique, sûre, ou encore multiculturelle. Quels étaient vos objectifs, à la fois scientifiques et politiques (puisque c’est l’une des originalités de l’ouvrage dans la géographie francophone de ne pas découpler les deux aspects), en faisant paraître un livre de 400 pages sur le sujet ?

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Christiania,  un quartier de Copenhague comme espace commun paradoxal, Camille Girault.
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Visiter Christiania, une pratique touristique ambivalente au sein d’un espace public communautarisé. (Cliché Camille Girault, août 2014)

Des cartes postales, 2014

Visite de quartier sous surveillance

Deux routards se font face. Celui de droite, en bleu, porte un sac à dos énorme et il semble vouloir se délester de deux sachets blancs en les donnant à son amie. Par ce geste anodin, le voyageur cherche sans doute à se libérer les mains pour une raison ou pour une autre, mais certainement pas pour prendre une photographie. Un panneau au symbole explicite le lui interdit, et la même icône est reproduite sur le bâtiment juste derrière, en rouge et d’une plus grande taille, pour que l’injonction soit évidente.

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Trap Street (Vivan Qu, 2014, Chine), Juliette Morel et Nashidil Rouiaï.

trap-street « Le système rejette certains endroits » Trap Street, 2014

Li Qiuming (Lu Yulai) est un jeune topographe – ingénieur selon sa mère, stagiaire pour ses collègues. Outre son emploi dans une compagnie de cartographie, il s’est spécialisé dans les systèmes de vidéo-surveillance : installation et détection pour des clients ne souhaitant pas passer par les circuits officiels. Il connaît la ville comme sa poche : Nanjing (Nankin), métropole de l’est chinois, au nord-ouest de Shanghai, n’a aucun secret pour lui.

Une rencontre va fragiliser l’équilibre précaire de cette vie banale. Une rencontre située. Devant l’ « allée de la forêt » (Guanglin Xiang), une femme apparaît et s’y engouffre. Une apparition sous forme de révélation. Cette allée, cette voie sans issue et son mystérieux « Laboratoire 203 » dans lequel semble travailler cette intrigante personne, deviennent dès lors des points de focalisation, des lieux obsédants et énigmatiques dont les coordonnées géographiques demeurent inconnues, introuvables, absentes des cartes topographiques et des GPS.

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Derrière la place Tahrir (Le Caire, Égypte, septembre 2014), Roman Stadnicki.
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Le Caire. Place Tahrir

Des cartes postales, 2014

La photo est de piètre qualité. La forte et intimidante présence policière à proximité de la place Tahrir au Caire, où a été prise cette dernière en septembre 2014, n’aide pas à faire les bons réglages. Suspendue à un mur de pierre, une banderole blanche dit en substance : « Aidez-nous à rouvrir nos rues » ! Cet appel au secours attire notre attention sur ce qui constitue probablement l’une des principales victimes collatérales des soubresauts de la transition politique en Égypte, à savoir l’usager du centre-ville du Caire.

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Jodhpur, une ville indienne, MaryseVerfaillie

Jodhpur est l’une des capitales princières du Rajputana, devenu Etat du Rajasthan (en sanskrit « terre des rois ») après l’indépendance de l’Union indienne. Situé au nord-ouest de l’Inde, cet Etat est grand comme les 3/4 de la France et rassemble environ 40 millions d’habitants, ce qui est peu pour l’Inde, mais s’explique par un climat semi désertique.

Situé sur les routes des grandes invasions et des caravanes, le Rajasthan a été rapidement peuplé de clans Rajput, d’origine aryenne. Ces clans, très tôt assimilés à des Ksatriyas (en sanskrit « caste des guerriers ») ont su, à travers les siècles, conserver une forte identité. Retranchés dans leurs forteresses, ils ont résisté aux invasions musulmanes. Plus tard ils se sont battus puis ralliés aux nouveaux maîtres du sous-continent : les Moghols puis les Britanniques.

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Montpellier, une métropole en projet(s?), avec Nicolas Roubieu et Jean Paul Volle.

Café Géographique de Montpellier, mardi 03 Décembre 2013, Café Riche. Intervenants : Nicolas Roubieu, Directeur adjoint de l’urbanisme et de l’habitat de la communauté d’agglomération de Montpellier, Jean Paul Volle, Professeur émérite de géographie à l’Université Paul Valéry Montpellier 3. Animateur : Alexandre Brun, Maître de conférences à l’Université Paul Valéry Montpellier 3, membre de l’unité de recherche ART-Dév.

Introduction par Alexandre Brun, qui remercie les deux intervenants, le Professeur Jean-Paul Volle  et Nicolas Roubieu. En quoi le projet urbain va contribuer à repenser la métropole ? à recréer des solidarités qui manquent peut-être l’échelle de la métropole actuelle ? Quel effet le Projet Urbain Montpellier 2040 va-t-il avoir à l’échelle régionale également ? comment va-t-il s’articuler avec l’échelle départementale ? avec l’échelle régionale ?

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Les séries TV, miroirs obscurs de la géographie urbaine ? avec Pauline Guinard, David Buxton, Amélie Flamand et Bertrand Pleven.

Café géo « Les séries TV, miroirs obscurs de la géographie urbaine ? », avec Pauline Guinard (ENS Ulm), David Buxton (Université Paris 10), Anne-Marie Paquet-Deyris (Université Paris 10, Crea), Amélie Flamand (ENSA Clermont-Ferrand, CRH-UMR Lavue) et Bertrand Pleven (IUFM Paris 4 – Paris 1), le mardi 28 mai 2013, à 19h30 au Café de Flore. Compte-rendu rédigé par Bénédicte Tratnje.

« Les séries constituent ainsi de véritables terrains d’observations des villes nord-américaines et peut-être au-delà, des miroirs tantôt déformants, tantôt grossissants où se reflète une condition urbaine, dans laquelle nous nous reconnaissons confusément. On comprend alors mieux pourquoi elles nous fascinent, à défaut de nous rassurer. » (Philippe Simay et Stéphane Tonnelat, 2011, « La ville des séries télé », Métropoliques, 7 novembre 2011).

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Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture, avec Boris Grésillon et Clotilde Berrou

Café-géo de Montpellier du mardi 29 janvier 2013 : avec Boris Grésillon (professeur de géographie à l’université d’Aix-Marseille, responsable de l’équipe « Villes, culture et grands projets » au sein du laboratoire Telemme), auteur du livre paru en 2011 Un enjeu « capitale » : Marseille-Provence 2013, Paris, Editions de l’Aube,171p., avec Clotilde Berrou (Architecte DENSAIS, Urbaniste, Mention au Prix Tony Garnier d’Urbanisme 2003 de l’académie d’Architecture, chef de projet ARM Architecture). Compte-rendu rédigé par Clément BONORA.

L’élection de Marseille comme capitale européenne de la culture a donné lieu à la création de projets audacieux, originaux et quelques fois assez fous dans tout le département des Bouches-du-Rhône, mais c’est un territoire complexe, donc difficile à fédérer. 600 évènements au total : des expositions, la construction de nouveaux musées, mais également des projets décalés comme la conception d’un « GR 2013 » qui ferait découvrir aux touristes toutes les zones de Marseille qu’ils n’auraient jamais visitées comme les quartiers « sensibles », l’aéroport ou les usines de la ville. La réputation de Marseille est aujourd’hui acquise à travers l’image qu’elle véhicule. Boris Grésillon parle de « marketing urbain et culturel » de Marseille : l’attractivité de la ville et le potentiel succès de cette opération ne peuvent s’effectuer sans l’intermédiaire des médias. Le projet Marseille-Provence 2013 peut être abordé sous l’aspect spécifique de la géographie sociale : on peut se rendre compte de nombreux dysfonctionnements qui amènent à leur tour des questions et des problèmes liés à la ségrégation sociale, à la gestion politique, ou encore aux conflits d’intérêts grandissants.

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