Après la Françafrique : la Chinafrique ? Par Roland Pourtier.

Compte rendu du café géo albigeois du 9 avril 2013. Présentation par Roland POURTIER, Professeur émérite des Universités en géographie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre du laboratoire de géographie PRODIG. Spécialiste de l’Afrique centrale et du bassin du Congo.

Compte-rendu réalisé par Alyssia MARROU et Pauline BANQ, étudiantes en licence de géographie et d’histoire au Centre universitaire J.F.Champollion, sous la direction de Thibault COURCELLE et Mathieu VIDAL, enseignants-chercheurs, co-animateurs des Cafés Géo d’Albi.

Présentation de la problématique :

En une décennie, la Chine s’est hissée au rang de premier partenaire commercial du continent africain, longtemps resté sous la dépendance de l’héritage colonial. Forte de son dynamisme économique et de son statut de pays « en développement » militant contre le colonialisme, elle est devenue un acteur majeur de l’Afrique dont elle accélère l’insertion dans la mondialisation. Le modèle « gagnant-gagnant » a séduit les autorités politiques africaines ; grâce à la compétitivité de ses entreprises, la Chine s’est imposée comme leader dans le secteur des infrastructures ; elle inonde l’Afrique de ses produits industriels.

Mais à quel prix ? Le « troc » pétrole et minerais contre infrastructures favorise-t-il un développement durable, ou n’est-ce que la nouvelle mouture de l’exploitation d’un continent réputé « regorger » de ressources naturelles ?

Si la Françafrique a été décriée, la Chinafrique est-elle au-dessus de tout soupçon ?

Autant de questions alimentant spéculations et rumeurs, d’autant plus que l’information est incertaine, souvent opaque. La déferlante chinoise est de toute évidence portée par les besoins en énergie et matières premières de l’usine du monde.

Mais combien de Chinois se sont-ils engouffrés dans le sillage des grandes entreprises ?  500 000, un million ? Qu’en est-il des « millions d’hectares » de terre soi-disant accaparés par la Chine ? Tandis que la rumeur va bon train, « l’amitié » entre la Chine et l’Afrique commence à être écornée : grèves, manifestations anti-chinoises ternissent l’image d’une coopération proclamant l’intérêt mutuel des partenaires mais qui peine à masquer les enjeux de la realpolitik.

Alors que la Françafrique est en train de disparaître du champ des relations internationales, la Chinafrique rebat les cartes de la géopolitique au bénéfice de la deuxième puissance mondiale.

Peut-on pour autant parler d’un « impérialisme rouge » ?

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Carnet de voyage : des chercheurs français dans la pampa ? Avec Laurence Barthe et François Taulelle.

Café Géo d’Albi, animé par Laurence BARTHE, Maître de conférences en géographie et aménagement à l’Université de Toulouse le Mirail et membre de l’UMR Dynamiques rurales, et par François TAULELLE, Professeur de géographie et aménagement au Centre universitaire J.-F. Champollion d’Albi et membre du LISST-CIEU.

Le carnet de voyage n’est pas le fait de spécialistes de l’Argentine, venus livrer un exposé synthétique sur la géographie de ce pays. C’est le témoignage de deux enseignants-chercheurs engagés depuis plusieurs années dans un programme de recherche dont les terrains d’enquête sont situés dans la Pampa et plus précisément dans la province de Buenos Aires. A l’occasion de différentes missions effectuées depuis 2010, les deux chercheurs ont parcouru des milliers de kilomètres et se sont intégrés à des réseaux sociaux divers allant des collègues chercheurs jusqu’aux industriels, militants du social ou encore élus locaux et nationaux.

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Peut-on encore croire en l’Europe quand on est Grec ? animé par Michel Sivignon.

Café Géo animé par Michel SIVIGNON, Professeur émérite de géographie à l’Université de Paris-X Nanterre, spécialiste de la Grèce et des Balkans.

La Grèce et l’Europe ou comment un Grec peut-il se sentir européen aujourd’hui ?

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Transports, frontières : quelles mobilités en Afrique de l’Ouest ? avec Olivier Ninot et Jérôme Lombard.

Café Géo animé par Olivier NINOT, ingénieur au CNRS et rattaché à PRODIG (Pôle de Recherche pour l’Organisation et la Diffusion de l’Information Géographique), et par Jérôme LOMBARD, Chargé de recherche de 1e classe à PRODIG.

Présentation problématique :

En route ! À bord des trains, des camions ou des bus, … ce que les transports et les circulations révèlent des transformations des sociétés et des territoires en Afrique de l’Ouest.

Au cours des cinquante dernières années, les transports ont connu, en Afrique de l’ouest comme sur l’ensemble du continent, des évolutions remarquables, visibles dans les paysages, perceptibles dans la vie quotidienne, inscrite dans les économies. En se transformant, les systèmes de transport ont suivi et répondu à des besoins de mobilité croissants et diversifiés : en ville, entre villes et campagnes, d’une région à l’autre et de plus en plus aussi d’un pays à l’autre. Les circulations des personnes s’intensifient et l’augmentation de la consommation, portée notamment par la croissance urbaine, accélère les trafics de marchandises.

Des évolutions conjointes des transports et des circulations ressortent quelques grandes tendances qui se présentent aussi comme des défis à relever pour le sous-continent : des relations plus complexes et plus ambiguës entre transports, territoires et développement ; la multiplication de solutions alternatives aux transports collectifs en ville ; des différenciations croissantes entre circulations des « riches » et circulations des « pauvres ». À partir de quelques exemples pris dans différents pays ouest africains, il s’agira d’illustrer et de discuter de ces grandes tendances et des défis qui leur sont associés.

(Première publication le 15 janvier 2013, à l’url http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2556)

Syrie : du soulèvement pacifique à la guerre civile ? animé par Isabelle Feuerstoss.

Café Géo animé par Isabelle FEUERSTOSS, Post-doctorante en géopolitique à l’Institut Français de Géopolitique, Université Paris 8. Ce Café Géo d’Albi a eu lieu le mardi 11 décembre 2012. Compte-rendu réalisé à partir des notes d’Isabelle FEUERSTOSS par Annabelle MERMOUD et Julien MOURGUES

 

Le soulèvement qui a débuté en Syrie en mars 2011 est souvent interprété comme un effet domino du « printemps arabe. L’impact des soulèvements tunisien, égyptien, libyen et yéménite relayés, entre autres, par Al-Jazeera, sur la détermination des Syriens est indiscutable.

Pour autant, malgré la similitude de certains paramètres (chômage endémique, corruption) et revendications (démocratie, dignité), on ne saurait limiter l’analyse de la crise syrienne à un simple effet de contagion. Par son ampleur et ses modalités d’action, elle s’avère inédite. Sur le terrain, la situation ne cesse de s’aggraver. Progressivement, le soulèvement pacifique mené au nom des principes de démocratie, de liberté et de dignité a basculé en guerre civile.

Le repli des différentes communautés composant la mosaïque syrienne est patent. Les ressentiments intercommunautaires qui avaient été refoulés pendant des décennies ont fini par ressurgir. La violence, les milliers de morts (40 000 selon l’ONU mais en réalité, certainement plus) et les destructions d’infrastructures, entrainent progressivement la déstructuration des cellules familiales, à l’instar de ce qui s’est produit en Irak à partir de 2003.

Comment en est-on arrivé là? Quelles sont désormais les perspectives de sorties de crises?

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Espaces protégés : une nature sous cloche ? Par Lionel Laslaz.

Café Géo d’Albi, du 13 novembre 2012, animé par Lionel LASLAZ, Maître de conférences en géographie à l’Université de Savoie, membre du Laboratoire EDYTEM – UMR 5204 du CNRS. Compte-rendu réalisé par Zoe AMORENA, Laurene MAS et Fabio REDONDO, étudiants en licence de géographie et d’histoire au Centre universitaire J.F. Champollion, sous la direction de Thibault COURCELLE et Mathieu VIDAL, enseignants-chercheurs et co-animateurs des Cafés Géo d’Albi.

Présentation problématique :

Ce Café Géo interroge la finalité des espaces protégés. Ont-ils encore, pour certains d’entre eux tout au moins, des missions exclusives et radicales de protection de l’environnement, excluant les activités humaines ? Les pratiques de déplacements forcés et de « déguerpissement » mises en œuvre dans certains Etats des Suds sont là pour rappeler cette réalité, trop souvent évincée sous le sceau reluisant de la protection de l’environnement. Ou ont-ils, pour partie, pris le chemin des logiques intégratives apparues dans les années 1980 ? L’émergence des procédures participatives, la reconnaissance des « communautés autochtones », les modalités d’une « gouvernance nouvelle » ont en effet aussi concerné les espaces protégés.

Cette présentation propose un état des lieux de la protection dans le monde, en insistant sur les différentes formes qu’elle revêt et les diverses catégories d’espaces protégés qu’elle sous-tend. Ensuite, la politique des espaces protégés est étudiée en France, à travers la multiplicité des outils et dans une perspective diachronique traduisant une ouverture croissante vers les sociétés modelant ces espaces de « nature » préservée. Néanmoins, les deux réserves intégrales existant en France rappellent une vision plus radicale à des fins de suivi scientifique : sont-elles éthiquement et socialement satisfaisantes ?

La compatibilité entre usages des espaces protégés et finalités de conservation, que cette dernière soit réglementaire (du type « parc national ») ou contractuelle (du type « parc naturel régional »), est au cœur des inflexions enregistrées durant les dernières années (chartes des parcs nationaux, depuis la loi du 14 avril 2006). Ce paradigme ne renvoie-t-il pas à deux « polarités contraires » qui le résumeraient à concilier l’inconciliable ?
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Fukushima – Hiroshima : même combat ? avec Philippe Pelletier.

Café Géo animé par Philippe PELLETIER, Professeur de géographie à l’Université Lyon 2 Lumière.  Compte-rendu réalisé par Romain BOUSQUET, Maxime CAVAILLES et Guillaume CAUBET, étudiants en licence d’histoire au Centre universitaire J.F.Champollion, sous la direction de Thibault COURCELLE et Mathieu VIDAL, enseignants-chercheurs, co-animateurs des Cafés Géo d’Albi.

Il n’est pas excessif de penser que, au Japon comme ailleurs, rien ne sera plus comme avant la catastrophe nucléaire de Fukushima de mars 2011.

Un tel constat avait déjà été prononcé après la destruction atomique des deux villes de Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août 1945. Si les deux drames sont reliés par l’atome et les irradiations, ils ne sont pas exactement sur le même plan.

Les Japonais seraient-ils assez fous pour bâtir des centrales nucléaires dans un pays en proie aux séismes ? C’est précisément ce qu’il faut examiner, en se plongeant à la fois dans l’histoire et la géographie.
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Le printemps arabe: un an après, quel bilan? Par Olivier Pliez.

Café Géo d’Albi, du 3 avril 2012, animé par Olivier PLIEZ, Chargé de recherche au CNRS, Directeur du LISST-CIEU, (Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires – Centre Interdisciplinaire d’Etudes Urbaines) à l’Université de Toulouse-Le-Mirail.

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Quels déplacements dans la ville de demain ? Par Gabriel Dupuy.

Café Géo du 13 mars 2012 animé par Gabriel DUPUY, Professeur d’Aménagement, Université Paris I Panthéon Sorbonne et Ecole nationale des Ponts et Chaussées. Compte-rendu réalisé par Camille DUHEN, Julie FERNANDEZ et Karim LAHIANI, étudiants en licence de géographie au Centre universitaire J.F.Champollion, sous la direction de Thibault COURCELLE et Mathieu VIDAL, enseignants-chercheurs, co-animateurs des Cafés Géo d’Albi.

A court terme, le système des mobilités urbaines présente une forte inertie (structure urbaine, budget-temps, dépendance automobile…).

Cependant, à l’aide d’une « rétro-prospective » sur le cas parisien, G. DUPUY montrera que l’on peut aussi répondre à la question en l’élargissant et notamment en repoussant l’horizon considéré. Pour un « demain » plus éloigné, dans une ville recomposée, on peut imaginer les effets de plusieurs évolutions majeures : démographique, sociologique, économique, technologique, environnementale et, bien entendu, géographique.

La combinaison de ces effets pourrait conduire à une croissance modérée des déplacements (en nombre et en portée) mais avec une répartition différente (des flux et des modes).

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L’eau, ressource multiple: quels risques sociaux et environnementaux ? avec Frédérique Blot et Bénédicte Veyrac.

Café Géo animé par Frédérique BLOT, Maître de conférences en géographie & aménagement au Centre universitaire Jean-François Champollion d’Albi, membre du laboratoire GEODE, UTM; et Bénédicte VEYRAC, Chargée de cours en géographie, au Centre universitaire Jean-François Champollion d’Albi, doctorante au laboratoire GEODE, UTM;

Comme le montre Gaston Bachelard dans son essai sur l’imagination de la matière, « l’eau est l’élément le plus favorable pour illustrer les thèmes de combinaison des puissances. Elle assimile tant de substances ! Elle tire à elle tant d’essences ! Elle reçoit avec facilité les matières contraires, le sucre et le sel. Elle s’imprègne de toutes les couleurs, de toutes les saveurs, de toutes les odeurs » [1].

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