« Atlas des Etats-Unis. Un colosse aux pieds d’argile », Christian Montès et Pascale Nédélec (Autrement, 2016), propos recueillis par Olivier Milhaud et Naïla Thobie.

Atlas des États-Unis. Un colosse aux pieds d’argile, Christian Montès et Pascale Nédélec,, cartes Cyrille Suss, Autrement, 2016.

Les Cafés géographiques rencontrent Christian Montès et Pascale Nédélec, auteurs de l’Atlas des États-Unis. Un colosse aux pieds d’argile (Autrement, 2016) réalisé avec le cartographe Cyrille Suss.

  1. Il existait des atlas antérieurs sur les États-Unis. Comment avez-vous procédé pour essayer de renouveler la question par un atlas sur un pays déjà très étudié ?

PASCALE NÉDÉLEC : Dans un premier temps, il s’agissait de proposer une vision des États-Unis renouvelée, prenant en compte les évolutions socio-spatiales qui ont eu lieu dans les années 2000-2010. Il nous semblait ainsi essentiel de s’intéresser aux conséquences de la crise économique de 2007-2008 qui a révélé, voire accentué des tendances déjà à l’œuvre depuis la fin du XXe siècle. Plus largement, notre ambition était d’insister sur la complexité de la géographie des États-Unis, tiraillés entre hyperpuissance et fragilités internes profondes. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre le sous-titre de l’atlas : « Un colosse aux pieds d’argile ».

CHRISTIAN MONTÈS : Précisons aussi que chez Autrement, le précédent Atlas datait de 1994 et était obsolète. Il existait par ailleurs un Atlas de la puissance américaine de 2006, thématique donc, qui ne prenait pas en charge la totalité des enjeux géographiques du pays. Au moins tout autant que par les thèmes, c’est la forme « Atlas » qui permet le renouvellement, par la mise en perspectives d’infographies très variées.

  1. Vous abordez des sujets peu traités. On pense aux petites villes… ou à la géographie du jeu.

PASCALE NÉDÉLEC : C’est un choix délibéré de notre part que d’articuler des sujets très classiques au sujet des États-Unis, comme leur présence militaire à travers le monde ou leurs stratégies géopolitiques, avec des thèmes qui peuvent apparaître plus originaux, comme les petites villes ou la géographie du jeu. Ces focus thématiques s’expliquent par le fait qu’ils font écho à nos propres travaux de recherche respectifs [voir références en fin de texte]. Ceci permet également de développer des facettes moins connues des États-Unis et ainsi de démontrer au lecteur qu’il y a encore beaucoup à apprendre de cet immense pays !

CHRISTIAN MONTÈS : La carte sur les petites villes et celle sur « le reste des Etats-Unis » ont été pensées pour montrer que d’une part la métropolisation et quelques sites naturels remarquables ne font pas tout le pays, loin de là, et qu’à côté de l’extraordinaire, il y avait les Etats-Unis ordinaires, dont les paysages couvrent la majorité du pays.

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L’Afrique des routes, Maryse Verfaillie.

 

 

L’Afrique des routes, 31 janvier – 12 novembre 2017, Musée du Quai Branly -Jacques Chirac.

Si vous croyez que l’Afrique est un continent sans histoire, vous avez tout faux ! L’Afrique n’est pas entrée dans l’histoire avec l’arrivée des Européens et elle n’est pas seulement le berceau de l’humanité.

Le musée du Quai Branly – Jacques Chirac expose 300 objets qui témoignent de l’ancienneté des contacts et des échanges entre l’Afrique (surtout subsaharienne), l’Asie et l’Europe.

 

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Anatomie du chemin noir : à propos d’un récent ouvrage de Sylvain Tesson (Sur les chemins noirs, Gallimard, 2017), Antoine Vermauwt

Sylvain Tesson,Les chemins noirs, Gallimard, 2017

Un écrivain, Sylvain Tesson, vient de fouler ce qu’il baptise la France des chemins noirs. Sur les chemins d’une France en berne, il promène sa nostalgie d’un monde perdu, idéal, fait de ruines et de ronces, de parenthèses et d’interstices, perpétuellement défait par des générations d’hommes pressés. Du Mercantour au Cotentin, en passant par le Perche et l’Aubrac, la Margeride et le Bas-Vivarais, il arpente une France intérieure propice à cette « géographie de l’instant » dont il a, mieux que l’intuition, la vocation. Il est tombé, il a mûri, sa prose est devenue mature, plaisante, facile, trop facile peut-être, se révélant sommaire.

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« Istanbul, capitale régionale et ville-monde », dir. Jean-François Pérouse (CNRS, revue Anatoli, 2016), Elisabeth Bonnet-Pineau.

Istanbul, capitale régionale et ville-monde, CNRS, Revue Anatoli, Numéro 7,. Editions, de La Martinière, 2016, 316 p.

Le numéro 7 de la revue Anatoli, paru à l’automne 2016, s’interroge sur la réalité d’Istanbul comme ville-monde, annoncée comme telle dès 1996 par le maire de la ville de cette époque, Recep Tayyip Erdogan, actuellement Président de la République de Turquie.

Riches et nombreuses sont les publications scientifiques sur Istanbul dont celle incontournable de Stéphane Yerasimos, parue en 1997 et reproduite en tête du volume de la revue Anatoli. Cet article offre notamment des repères chronologiques sur les principales étapes de transformation enregistrées en moins d’un siècle par Istanbul à partir du moment où elle cesse d’être une capitale. Il précède un hommage rendu par les géographes Marcel Bazin et Jean-François Pérouse à « Stéphane Yerasimos, le Stambouliote (1942-2005) », descendant d’une famille grecque orthodoxe restée à Istanbul en étant exemptée de l’échange forcé des populations entre la Grèce et la Turquie.
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De l’utilité de la géographie pour comprendre le nouveau monde, Daniel Oster.

Les victoires électorales de Donald Trump et du Brexit en 2016 annoncent-elles la fin de la mondialisation ? (Source : lesechos.fr)

L’année 2016 a enregistré des résultats électoraux inattendus dans plusieurs grands pays développés dont les plus retentissants sont l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis et la victoire du Brexit au Royaume-Uni. Parallèlement, plusieurs ouvrages récents annoncent ou espèrent la fin de la mondialisation comme ceux de François Lenglet, Jacques Sapir et Arnaud Montebourg[1]. De son côté le journal Le Monde a cherché à y voir clair en publiant une riche enquête sur la mondialisation (6 articles) en juillet 2016. L’éditorial du même journal publié le 14 novembre 2016 préfère dénoncer le fantasme de la « démondialisation ». Toujours est-il que les réalités du monde contemporain changent vite, surtout depuis la crise financière de 2008-2009. Un « nouveau monde »[2] se met-il en place ? D’une manière plus précise, l’hebdomadaire Le un titre son numéro 136 du 4 janvier 2017 Vers la fin du monde démondialisé ? Dans ce numéro passionnant un géographe, Michel Foucher, pense que « la démondialisation qui s’amorce est en réalité une désoccidentalisation de la mondialisation » tandis que l’écrivain Erik Orsenna prescrit « la géographie comme remède au simplisme politique et aux folies mercantiles ».

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La montagne de Shining (Stanley Kubrick 1980) : légendes noires et territoire de la folie, Serge Bourgeat.

« Si la montagne et la mer étaient naturellement belles, on se demande bien pourquoi il aurait fallu attendre le XVIII° siècle pour les juger telles… » (in A. Roger. 2009)

Le but de ce texte est d’analyser les représentations spatiales de la montagne et de la neige dans le film de Stanley Kubrick, Shining (1980). Si l’hôtel Overlook dans lequel se déroule ce film a donné lieu à de multiples analyses, l’idée qui sous-tend cette analyse est que le cadre précis de cet hôtel est inséparable de celui – montagnard – qui l’entoure, que le film reprend de nombreux mythes liés à la montagne, et que la dichotomie intérieur / extérieur est un des ressorts de l’action.

Stanley Kubrick est souvent considéré comme un cinéaste de la folie (G. Deleuze 1985) : Alex d‘Orange mécanique (1972), Carl, l’ordinateur HAL de 2001, l’odyssée de l’espace (1968) ou la « grosse baleine » de Full metal jacket (1987) sont quelques-uns des personnages atteints de ce mal. De fait, tous ses films ont un profond pouvoir de déstabilisation des spectateurs. Leur accueil lors de leur sortie est un excellent révélateur de ce phénomène : hormis la réception favorable et assez unanime de Barry Lyndon (1975), notamment du fait de ses qualités esthétiques, les critiques furent souvent mitigées, par exemple lors de la sortie d’Orange mécanique, de Full metal jacket, de Shining ou d’Eyes Wide Shut (1998). Or, ces mêmes films étant aujourd’hui considérés par la critique comme des classiques, et pour certains comme des chefs d’œuvre, on peut supposer que la réaction immédiate lors de leur première vision fut le malaise, l’incompréhension, voire le vertige.

Ce qui fait par ailleurs la particularité des films de Stanley Kubrick, c’est l’omniprésence des paysages (A. Gaudin 2014, D. Ziegler 2010…), que ce soit dans Barry Lyndon (notamment les campagnes européennes au temps de la Guerre de sept ans), dans Orange mécanique (la froideur des paysages urbains), dans Docteur Folamour en 1964 (le survol des montagnes russes)… Je rappellerai que tout paysage est par essence une représentation procédant de choix plus ou moins conscients. Mais ici, au cinéma, ce fait est particulièrement porteur de sens : ce que l’on voit est imaginé, sélectionné, non par nous, mais par le réalisateur. De ce fait, tout film induit un dialogue entre ce réalisateur et le spectateur, qui répond à une « esthétique de la réception » (H. R. Jauss 1990) : pour être efficace, le film doit correspondre aux « horizons d’attente » du spectateur mais aussi provoquer ce dialogue. Le paysage diégétique est donc le produit d’une co-construction qui passe par un processus d’encodage par le réalisateur (qui nous donne des clés, des codes pour que l’on aille dans le sens du scénario) et de décodage par le spectateur. C’est ce décodage qui est ici fondamental car il est une libre réinterprétation en fonction de valeurs culturelles et de choix inconscients du spectateur (S. Bourgeat et C. Bras 2014). Ce qui n’est évidemment pas neutre si l’on veut représenter la folie à l’écran. Stanley Kubrick utiliserait ainsi l’espace de manière à ce que nous captions inconsciemment l’incohérence des comportements de ses héros et les territoires de leur folie, en jouant notamment avec nos représentations de la montagne, elles-mêmes issues de données culturelles anciennes et fortement ancrées au sein de chaque spectateur. Le malaise ressenti lors de la première vision du film serait en partie la conséquence de ce traitement de l’espace.

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Quelques croquis d’excursions géographiques au début du 19ème siècle. Charles Le Coeur.
Le dessin du géographe n° 63

Rodolphe Toepffer (1799-1846), fut le directeur d’un collège Genevois. Il est ainsi l’auteur des Voyages en Zigzag (Paris 1844) qui relatent les excursions annuelles organisées à travers les Alpes avec ses collégiens. Il s’agit de voyages de découverte menés par un pédagogue admirateur de Jean-Jacques Rousseau. Le récit du parcours par monts et par vaux est ponctué de dessins à la plume. Il fourmille d’anecdotes cocasses, de scènes curieuses, de rencontres avec des personnages pittoresques sur le chemin ou dans les auberges, et présente les paysages traversés. La marche est à la fois une épreuve physique d’initiation et le moyen de multiplier les observations naturalistes, d’herboriser, de chercher les insectes, de discuter de la carte, d’admirer les grands paysages romantiques ou de trouver les traces de l’histoire. La géographie de  l’équipe consiste principalement à suivre la carte, évaluer les distances et à identifier les points remarquables dans le paysage, à comprendre la vie des villages traversés.

Les récits sont illustrés de dessins réalisés d’une plume alerte. Ils ont été édités par Schmidt à Genève, par la technique bon marché de l’autographie (sorte de lithographie sur carton). Plus tard, les textes ont été regroupés et imprimés à Paris dans les Voyages en Zigzag, puis les Nouveaux Voyages en Zigzag (1856) assortis de quelques gravures sur bois de facture plus romantique.

L‘excursion de 1841 vers Venise,  passe par la haute vallée de l’Aar et le col de Grimsel où séjourne, à ce moment, l’équipe de Louis Agassiz, naturaliste, pionnier de l’étude des glaciers. Tœpffer fait un croquis de « l’hôtel des neuchâtelois», un énorme bloc de la moraine médiane qui sert d’abris à l’équipe de recherche.

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Croquis de « l’hôtel des neuchâtelois». Rodolphe Toepffer

Le dessin de Tœpffer représente la langue du Lauteraarglenscher, avec des trainées de blocs  alignés dans le sens de l’écoulement de la glace.  Le motif central du rocher-couvercle est placé entre les trois plans du glacier et des deux versants qui  encadrent l’espace : la nappe de glace est  dominée par de grands versants raides sous les sommets de l’Oberland Bernois A gauche, la silhouette puissante du Lauteraarhorn (4042m) prolongée par l’arête du Schrechkorn (4078m), à droite la masse aigue de l’Eiwigsheenhorn (3329 m). Les éperons, parois rocheuses et couloirs d’avalanche esquissés, contrastent avec le détail des  gros blocs de la moraine au premier plan.

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France, un voyage, de Hervé Tardy et Jean-Louis Tissier (Ed. de la Martinière, 2016), par Daniel Oster.
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Hervé Tardy, Jean-Louis Tissier,  France, un voyage, Editions de La Martinière, 311 p, 2016

Cet ouvrage n’est pas seulement un « beau livre » comme il y en a tant qui paraissent à l’approche de Noël. Trois raisons principales permettent de le distinguer au sein de cette catégorie : la qualité et l’originalité des photographies, l’intérêt des commentaires appartenant à deux registres différents, la présentation géographique à la fois « classique » et stimulante de la France. Cela fait beaucoup d’atouts d’autant plus que ceux-ci sont mis en valeur par une composition très réussie et une rare qualité d’écriture.

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Captain Fantastic (Matt Ross, 2016), Antoine Vermauwt.

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« Les excès mêmes de notre civilisation vont donner des anachorètes »

Pour être daté, le mot n’est certes pas ridé. On le doit aux Scènes de la vie future de Georges Duhamel, ouvrage publié en 1930, dans lequel ce médecin humaniste français dénonçait l’américanisation grandissante, disons la vulgarisation galopante de la France d’entre-deux-guerres. Propos daté, donc, qui cependant n’a pas vieilli. À l’occasion, le cinéma nous en rappelle l’actualité : et, dernièrement, avec Captain fantastic.

À l’heure où une écrasante majorité de citoyens américains confesse son « dégoût » pour la mascarade politique dont elle subit quotidiennement le triste spectacle, le film de Matt Ross, engagé, dérangeant forcément, est une fine remise en cause de certaines outrances de la société américaine. Outrancière au point de sombrer, cette société avance d’un pas incertain rythmé, dans une scène du film au supermarché, par les notes traînantes de la bande son de Titanic (1997). Ainsi le ton du film, politique, est-il donné : ce qui se consomme, avant tout, chaque jour davantage, c’est le naufrage américain ; ce qui se consume, peu à peu, c’est le faux rêve que d’apprentis sorciers pour elle et pour nous ont conçu.

L’intrigue est des plus simples : une famille en parfaite dissidence, depuis dix ans vivant en la forêt américaine, quelque part dans l’immensité occidentale du pays. La famille tout entière que le père, Ben, fruste gaillard barbu incarné par Viggo Mortensen, élève seul suivant une discipline physique et intellectuelle sévère, paraît vouloir répondre à l’idéal de Stevenson, pour qui mieux vaut vivre avec « moins dans les poches, [mais] plus dans le ventre ». La scène initiale du film, spectaculaire, ne doit pas faire illusion : ce recours aux forêts n’a rien d’un ensauvagement. Il ne s’apparente pas au retour d’un état de nature fantasmé. Car à défaut d’être policée, la famille est cultivée. Spirituels, rigoureusement versés dans l’étude des grands auteurs, les enfants, les plus jeunes mêmes, font preuve d’une rare culture et d’une intelligence précoce.

Pour ses six enfants, Ben, irremplaçable précepteur, a en effet imaginé une éducation alternative, mieux, une éducation totale : le modèle est spartiate, physiquement éreintant, fait de boue, de larmes, mais athénien tout autant, fondé sur la fréquentation assidue des meilleurs Anciens comme des meilleurs Modernes, sur l’égale maîtrise des arts, de tous les arts, de l’art de raisonner à l’art musical, mystique enfin, puisque la nature y est poétiquement conçue ainsi qu’un livre superbe. L’École ? Ben l’écarte résolument : elle n’enseigne rien qui vaille ; pire, l’institution serait de nature à reproduire les hiérarchies sociales, quand elle ne les consoliderait pas. La décision, on le devine, porte à conséquence : le mode de vie ici conté et mis en scène par Matt Ross se trouve en complète rupture. Sa radicalité le singularise, qui répond en fait, qui correspond proportionnellement à la radicalité du modèle rejeté, et surtout, menace à tout moment de le jeter dans l’illégalité : l’ordre public contrôle, surveille activement, et la limite est souvent poreuse entre la surveillance et la répression.

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Croquis d’Albert Demangeon en Limousin (1906-1911), Denis Wolff.
Le dessin du géographe, n°62

L’habileté d’Emmanuel de Martonne (1873-1955) en tant que dessinateur a impressionné ses collègues et des générations d’étudiants ; Gaëlle Hallair a relevé dans Le dessin du géographe un fort bon exemple en Roumanie[1] et Jean Nicod y a décortiqué ces fameux blocs-diagrammes[2]. En revanche, personne ne mentionne les dessins de son collègue Albert Demangeon (1872-1940). En effet, si des cartes, des coupes géologiques, des plans de maisons et de villages apparaissent dans ses écrits, on n’y trouve jamais de croquis de représentation de paysage. Il préfère utiliser des photographies pour appuyer son propos et dispose d’un talent indéniable dans leur réalisation (cf. par exemple, celles de la Géographie universelle sur les Iles Britanniques ou la Belgique). Serait-il un piètre dessinateur ?

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