Notre-Dame-des-Landes, Sivens, Roybon : quand l’aménagement sème la discorde en France ! Introduction de Delphine Papin, avec Philippe Subra et Marine Attané.

Compte rendu du Café géopolitique qui s’est tenu au Café de la Mairie, Paris 3e, le 1er juin 2015,

cafe-geopolitique-zad

Après avoir rappelé que l’analyse du territoire représente l’élément de base de la géopolitique, Delphine Papin précise que cette analyse peut aussi être effectuée à un niveau national voire infranational. On parle alors de géopolitique locale. Un des objectifs de cette « spécialité » développée par l’Institut Français de Géopolitique (IFG) est d’analyser les rivalités de pouvoir à l’échelle locale, et ainsi de se donner la possibilité de s’intéresser non plus seulement aux enjeux mondiaux mais aussi aux questions françaises et territoriales. Les sujets du découpage des régions, des élections, des politiques publiques, du logement, etc. sont autant de thèmes qui pourront être abordés dans le cadre des futurs cafés géopolitique locale.

(suite…)

Peut-on toujours parler de civilisations ? Huntington, vingt ans après, avec Georges Prévélakis et Christian Grataloup.

Café géographique au Flore, 14 avril 2015. Avec Georges Prévélakis (Paris 1) et Christian Grataloup (Paris 7). Animé par Michel Sivignon Compte-rendu : Olivier Milhaud.

Michel Sivignon introduit la soirée en présentant les invités, Georges Prévélakis ambassadeur de la Grèce auprès de l’OCDE et Professeur de géographie à Paris 1 et Christian Grataloup Professeur émérite de géographie à Paris 7. Georges Prévélakis a travaillé la notion de civilisation, d’aire culturelle, appliquée au vaste ensemble à cheval sur l’Europe et l’Asie antérieure. Il a ainsi animé un numéro de la revue Anatoli « Géopolitique des civilisations. Huntington, 20 ans après » (n°4, 2013). Christian Grataloup a travaillé ces dix dernières années sur la division spatiale du monde en termes de culture, de civilisation, d’histoire, et s’est fait le promoteur de la notion de géohistoire, distinguant les métiers (géographes et historiens) et les sciences (géographie et histoire).

L’occasion qui réunit ce café est la thèse de Samuel Huntington défendue dans « The Clash of Civilizations ? » (article paru dans Foreign Affairs en 1993, puis un livre sans le point d’interrogation The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order en 1996, traduit en français par Le Choc des civilisations). A l’époque, face au libéralisme triomphant (fin de l’URSS et conversion de la Chine à l’économie de marché), il n’y a plus d’ennemi aux Etats-Unis. Le livre de Huntington apparaît comme une lecture des affrontements à venir, dépassant la logique Est-Ouest, bloc contre bloc : un affrontement multipolaire, non plus entre des idéologies issues du marxisme ou s’y opposant, mais entre des idéologies aux racines culturelles qu’il appelle civilisations. Est-ce que le terme  civilizations des anglophones est identique aux termes de civilisations et d’aires culturelles en français, de Kultur en allemand, Civiltà en italien ? Ce n’est pas qu’un problème sémantique. La question a été posée dès 1987 par F.Braudel (Grammaire des civilisations) Est-ce que le terme peut faire partie de notre outillage géographique, permettant de se situer dans l’espace ? Est-ce que véritablement le monde dans lequel nous sommes a fait une croix sur les oppositions socio-économiques pour y substituer des oppositions culturelles structurantes ? Par ailleurs la notion de civilisation est-elle cartographiable et localisable ?

(suite…)

Ukraine, État islamique… Une multiplication de conflits non conventionnels ?, Béatrice Giblin.

Café Géo animé par Béatrice GIBLIN, Professeur émérite de géographie, Institut Français de Géopolitique de l’Université Paris 8. Co-fondatrice et directrice de la revue Hérodote. Ce Café Géo a eu lieu le mardi 13 janvier 2015. Compte-rendu réalisé par Clément Cussac et Anne-Isabelle Merlet, sous la direction de Thibault COURCELLE et Mathieu VIDAL.

Qu’entend-t-on par conflits conventionnels ? Une guerre armée officiellement déclarée à une date précise entre deux ou plusieurs Etats dont les armées professionnelles s’affrontent sur des champs de bataille bien identifiés. Dans ce type de guerre, les armées doivent respecter les règles de la convention de Genève. Tout comme il y a une date pour le début de la guerre, il y a aussi une date pour sa fin. Avec les conflits non conventionnels il en va tout autrement et le droit de la guerre est systématiquement bafoué.

(suite…)

« Géopolitique du Moyen-Orient », Fabrice Balanche (La Documentation photographique, 2014), Alain Cariou.
Fabrice Balanche, 2014, « Géopolitique du Moyen-Orient » La documentation photographique, n° 8102, La documentation Française, Paris.

Fabrice Balanche, Géopolitique du Moyen-Orient. La documentation photographique, n° 8102, La documentation Française, 2014.

« Vers l’Orient compliqué je volais avec des idées simples ».

Cette citation des mémoires de guerre du général de Gaulle (Mémoires de guerre, L’Appel, 1940-1942) nous rappelle à quel point le Moyen-Orient semble aujourd’hui comme hier une région insaisissable et complexe, terre de convoitises surinvestie de symboles, d’imaginaires et de fantasmes géopolitiques.

(suite…)

Le Moyen Orient : épicentre de l’arc de crise, par Fabrice Balanche.

A l’occasion de la sortie du dernier numéro de la Documentation Photographique qu’il a consacré à la « Géopolitique du Moyen-Orient », les Cafés Géo de Lyon accueillent le 5 novembre 2014 Fabrice Balanche, Maître de conférences à l’Université Lyon 2 et membre du GREMMO, qui revient sur les crises qui agitent les pays du Proche et du Moyen-Orient. Cette intervention a pour ambition d’éclairer ce sujet d’actualité, très – voire trop – médiatisé, de façon à en faire ressortir les acteurs, leurs objectifs et leurs moyens d’action. Compte-rendu réalisé par Franck Ollivon

(suite…)

Le football : un condensé d’enjeux géopolitiques ? par Jean-André L’hopitault et Gérard Buono.

Présentation par Jean-André L’HOPITAULT et Gérard BUONO, Professeurs agrégés d’histoire-géographie dans des lycées albigeois. Café géo d’Albi, compte-rendu réalisé par Anne-Isabelle Merlet et Vincent Grugeau, étudiants d’histoire et de psychologie au Centre universitaire J.F.Champollion, sous la direction de Thibault COURCELLE et Mathieu VIDAL, enseignants-chercheurs, co-animateurs des Cafés Géo d’Albi.

Professeurs agrégés d’histoire-géographie dans les lycées albigeois, Jean-André L’Hopitault et Gérard Buono font le point sur la dimension géopolitique du football aujourd’hui.

En effet, il s’agira de retracer l’évolution de ce sport dans le contexte historique contemporain, en mettant au jour les conflits, partages d’influence, ou multiples formes de contestations. Ceci en présentant les principaux acteurs de la « planète foot » et leurs stratégies respectives, en examinant les principaux enjeux politiques, économiques et identitaires soulevés.

(suite…)

« Dictionnaire géopolitique de l’Islamisme », Antoine Sfeir, dir. (Bayard Jeunesse, 2009), Benjamin Guinet.
dictionnaire_geopolitique_islam

Dictionnaire géopolitique de l’islamisme, dit. Antoine Sfeir, Bayard Jeunesse, Études et Essai, octobre 2009.

La récente intervention de la France au Mali suivie de la prise d’otages d’In Amenas et aujourd’hui les attaques des Shebab somaliens au Kenya ont ouvert le champ médiatique à une invraisemblable quantité « d’experts », psalmodiant régulièrement de non moins invraisemblables vérités, erreurs grossières aux conséquences parfois lourdes, que ces « caporaux stratégiques », chers au général Krulak[1], n’auraient assurément pas commis s’ils avaient pris la peine une fois d’ouvrir le Dictionnaire géopolitique de l’islamisme, ouvrage de référence qui conjugue synthèse et précision pour ouvrir des horizons nouveaux aux lecteurs, qu’ils soient ou non spécialistes.

(suite…)

Les frontières, animé par Michel Foucher.

Débat « Les frontières » animé par Michel Foucher (géographe et diplomate, ENS Ulm, Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale, auteur, entre autres, de L’obsession des frontières), lemardi 26 mars 2013, de 19h30 à 21h30, au premier étage du Café de Flore, Paris, M° Saint-Germain. Compte rendu rédigé par Judicaëlle Dietrich.

Nous vivons sur une idée fausse et dangereuse : parce que le monde est devenu plus fluide et l’économie globalisée, les frontières seraient condamnées à disparaître. Or, depuis quinze ans, plus de 26 000 kilomètres de frontières politiques ont été tracées rien qu’en Europe et en Asie centrale, et autant ont fait l’objet d’accords internationaux. Plus grave, les conflits les plus durables et les plus disputés portent sur le bornage des territoires : entre Israël et ses voisins ; entre le Pakistan, l’Inde et l’Afghanistan. Partout, on délimite l’espace, on l’équipe de caméras et de portiques, on y patrouille, on le clôture. Les frontières, terrestres et maritimes, sont devenues un marché florissant, en même temps qu’une lancinante question : à quoi servent-elles dans le monde actuel ? Michel Foucher a multiplié les analyses de terrain avec sa qualité rare d’associer vision planétaire et réalités frontalières.

(suite…)

Corée du Nord : la carte et la pomme (de la discorde ?), Bénédicte Tratnjek.

Avant les attentats de Boston, l’actualité médiatique était « monopolisée » par la Corée du Nord : les annonces du nouveau dirigeant, Kim Jong-Un, concernant l’escalade de menaces contre les Etats-Unis ont amené beaucoup d’articles de presse, plus ou moins éclairés, sur la possible attaque du territoire étatsunien. Parmi les commentaires, les photographies officielles dévoilées à la presse du monde entier ont fait couler beaucoup d’encre. Si certains médias ont eu la décence d’utiliser un point d’interrogation1, d’autres2 seront nettement moins prudents, et titreront, sans point d’interrogation, combien « la Corée du Nord dévoile des secrets militaires sur des photographies officielles ». Pourtant, la source commune de tous ces articles de presse, l’AFP (dont la dépêche titrait avec le point d’interrogation), avait déjà publié, deux jours plutôt, sur son blog Making-of, un décryptage des photographies nord-coréennes présentant le matériel militaire, montrant combien les dites photographies n’étaient que d’évidents montages.

(suite…)

Quels contours des provinces à la création du Royaume de Belgique en 1830 ? Le fond cartographique de la Bibliothèque nationale de France au service de notre histoire. Avec François Nawrocki, Jasmine D.Salachas

Café-géo liégeois du 19 avril 2013. Intervenants : François Nawrocki, conservateur du département des cartes de la BnF à Paris ;
Jasmine D.Salachas, cartographe.

En début de séance, Mme Salachas rappelle l’importance de la vérification des sources. Mr Nawrocki souligne quant à lui le rôle de la carte en tant que document de synthèse, notamment pour défendre un territoire ou pour éclairer la genèse de limites territoriales.

Les contours de la Belgique ont évolué au cours du temps comme le montrent les nombreuses illustrations, issues des collections de la BnF, présentées au cours de la soirée.

La carte « Leo Belgicus » (Pieter van der Keere, vers 1650) montre un territoire correspondant approximativement à la forme d’un lion assis : les Pays-Bas actuels constituent la tête et le cou, le reste du corps représente la Belgique.

A l’époque de Louis XIV, une carte des Pays-Bas présente la division géographique du territoire entre les différentes puissances qui le gouvernent. Les frontières sont soit des limites naturelles, soit une suite de places fortes participant au système de défense du territoire. Les conflits nombreux entraînent souvent l’apparition d’enclaves.

(suite…)

« Page précédente — Page suivante »