La géographie des inégalités scolaires, enjeu politique majeur dans l’Amérique de Trump ? Animé par David Giband et Nora Nafaa.

Ces dernières années, l’accès à l’enseignement supérieur aux États- Unis, et plus largement au système éducatif dans les métropoles états-uniennes, a subi des mutations radicales. Les États-Uniens sont de plus en plus nombreux à dénoncer le coût aberrant de l’enseignement et ses inégalités toujours plus présentes. Betsy Devos, ministre de l’éducation de Donald Trump, parle de l’éducation américaine comme « un système fermé, une industrie fermée, un marché fermé. C’est un monopole, une impasse. »

Café géographique de Montpellier, animé par David Giband, Professeur des Universités à l’Université de Perpignan Via Domitia et Nora Nafaa, doctorante à l’Université de Perpignan Via Domitia. Compte rendu rédigé par Emma Berger

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« Les Forêts de la Grande Guerre » (2015), par Jean-Paul Amat.

Café géo (Paris, Café de Flore) du 9 décembre 2017. Animé par Claudie Chantre. Compte rendu de Michèle Vignaux.

Le 19 décembre Claudie Chantre recevait au Flore Jean-Paul Amat, professeur émérite de géographie à l’Université Paris-Sorbonne, pour son ouvrage Les Forêts de la Grande Guerre, paru en 2015 et détenteur des prix Georges Hachette 2016 de la Société de Géographie et Edouard Bonnefous 2017 de l’académies des Sciences morales et politiques

Spécialiste de biogéographie historique, J-P Amat est aussi président de la société des Amis du Musée de l’Armée, membre de la mission du centenaire de la Grande Guerre. C’est donc un homme de terrain mais aussi un homme d’archives, soucieux d’analyser des paysages disparus comme de comprendre les regards que portent sur eux nos contemporains.

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Luxe, richesse et entre-soi dans les stations de sports d’hiver, avec Lise Piquerey.

Café géographique de Chambéry-Annecy, 2018, avec Lise Picquerey, introduite par Philippe Piercy : « Lise a soutenu sa thèse à l’université de Savoir Mont Blanc et est désormais géographe « professionnelle » puisqu’elle est impliquée dans les métiers de l’aménagement. Elle a un pied sur les deux terrains de la géographie. Compte rendu de Laurence Hours,

Les stations de ski sont un vieil objet d’étude de la géographie. C’est dès les années 1970 que des thèses ont été faites sur les stations de ski. En géographie les stations de ski ont plutôt été étudiées sous l’angle de l’aménagement du territoire, de l’aménagement de la montagne, sous des angles urbanistiques. Avec le travail de Lise, ce qui nous intéressait, c’était d’aborder la question du tourisme hivernal comme question de géographie sociale. Les stations de ski comme laboratoire pour étudier plutôt les sociétés que les politiques d’aménagement.  Et ce passage géographie du tourisme-géographie sociale me semblait bien intéressant. »

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Art et géographie dans deux paysages de David Hockney, Roland Courtot.

Outpost Drive, Hollywood, 1980 (152 x 152 cm) © David Hockney

 

Mulholland Drive, the road to studio, 1980 (218 x 617 cm) ©Museum of arts LA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sahel / Sahara, quelques clés de lecture de multiples interfaces, avec Anne-Marie Frérot.

Café géographique de Toulouse, le 18 octobre 2017, avec Anne-Marie FREROT (Professeur de géographie, Université de Tours)

Il s’agit de déconstruire les clichés véhiculés par les médias, les oppositions trop faciles, les images fausses, bref les représentations erronées de ce territoire.

NOIRS/BLANCS

Un Targui ou un Toubou ont une couleur de peau bien noire, mais ils se définissent eux-mêmes comme « blancs ». Sahel et Sahara sont à la charnière du « Pays blanc » (Trab al Beydan) et du « Pays noir » (Trab as-Soudan).

Figure 1 Enfants

SAHEL/SAHARA

Ce sont deux ensembles territoriaux en continuité, situés entre les isohyètes 0 mm par an au Sahara et 600 mm au sud du Sahel. Il n’y a pas de rupture, mais un passage progressif, variable en latitude selon la pluviosité annuelle.

Sahel signifie « rivage », car le Sahara était représenté comme une mer par les voyageurs arabes ou portugais. Il s’étend sur 5500 km de l’est à l’ouest et 400 km du nord au sud. Comment le situer géographiquement : fait-il partie de l’Afrique du Nord, de l’Afrique occidentale, de l’Afrique subsaharienne, de l’Afrique tropicale ? Ces catégories ne sont pas adéquates pour le Sahel. De même, il ne tient pas compte des frontières des 14 pays qu’il traverse.

Sahara signifie « vide » en arabe, mais les Touareg l’appellent Ténéré quand il s’agit d’un erg (sableux) ou Tanezrouf quand il s’agit d’un reg (rocailleux) : pour un Saharien, c’est un grand pays mystérieux, dangereux, sans eau et peuplé de djinns. Aujourd’hui un espace de prédilection pour se cacher : bandits, terroristes. Rien à voir avec les représentations touristiques des Européens.

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Itinéraires des réfugiés de la Première Guerre mondiale : rencontre avec Claudie Lefrère-Chantre. 

Conférence-débat du 18 novembre 2017 à l’Institut de Géographie de Paris avec Claudie Lefrère-Chantre autour de son livre Emilienne, 1917. Itinéraire d’une jeune Française réfugiée de la Première guerre mondiale, paru en 2017 aux Editions Fauves.

Samedi 18 novembre 2017, de 10h à 12h30. Le nouvel amphi de l’Institut de Géographie fait pratiquement  salle comble pour accueillir « Emilienne 1917 » et son auteur Claudie Lefrère-Chantre. Animé par Daniel Oster. Compte rendu de Claudie Lefrère-Chantre

Les extraits du livre « Emilienne 1917 » seront cités entre guillemets ; les extraits du journal d’Emilienne, eux, seront cités en italiques et dans leur orthographe d’origine. Cet entretien a été accompagné de documents projetés (cartes, photos, textes.) Les questions et témoignages de la salle  ont enrichi cette rencontre.

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Que peut apprendre l’Inde à la France en matière de gestion des bidonvilles ? Frédéric Landy.

Assurément la situation française en matière de bidonvilles diffère beaucoup de l’Inde, où un citadin sur cinq vit en habitat précaire – et presque la moitié des habitants de Bombay. Mais les polémiques sur la destruction des campements de la Chapelle ou d’autres bidonvilles d’Ile-de-France, les expulsions de « la jungle » de Calais, ne sont pas sans évoquer les processus encore dominants en Inde et les outils d’une politique urbaine que New Delhi, et les gouvernements des 29 Etats fédérés de l’Union indienne, continuent de pratiquer.

Dharavi, bidonville à Bombay, en Inde, le plus grand bidonville d’Asie avec plus de 700 000 habitants (Photo © lecercle, www.franceinter.fr)

Une comparaison permet à mon sens de souligner les trois mêmes erreurs que font les politiques de France et d’Inde, mais aussi de proposer deux solutions.

Erreur n°1 : Pratiquer la politique du pire. La France propose un relogement pour les expulsés de Sangatte ou certains campements franciliens, mais il s’agit d’un nombre limité de places, et souvent du précaire amélioré (conteneurs aménagés à Calais, camp « aux normes internationales » avec tentes chauffées (!) à Grande Synthe…). Le gouvernement ne s’en cache pas : il s’agit de rendre la France aussi peu attractive que possible, afin de ne pas créer d’effet d’aubaine et d’éviter l’enracinement des migrants. Ceci n’est pas sans rappeler la politique urbaine menée dans les premières décennies de l’Inde indépendante : Nehru et ses successeurs avaient peur de l’exode rural, et pour le décourager se refusaient à une véritable politique de logements en ville – encore moins de logements sociaux. Faute de toit en perspective, les ruraux resteraient dans leurs campagnes, espérait-on. De fait, l’Etat et encore moins les promoteurs privés n’ont guère construit de logements. Mais les ruraux ont quand même émigré… Conjugué à la fécondité des citadins, le résultat dans les villes indiennes est patent : dans le meilleur des cas, des quartiers illégaux, que les pouvoirs publics ont laissé se développer faute de pouvoir les résorber, sont dotés de certains services publics (eau, école…) mais toujours sous une épée de Damoclès  : ainsi du projet de destruction de Dharavi, quartier de plus de 700 000 habitants à Bombay, qui a le tort de se trouver dans une zone désormais très convoitée par les acteurs de l’immobilier. Dans le pire des cas, des quartiers de cahutes faites de matériaux de récupération, établis dans des zones vacantes donc par définition souvent non constructibles (lit d’inondation des rivières) et dangereuses (la jungle de Calais n’est-elle pas elle aussi dans une zone en partie classée Seveso ?).

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Les noms de lieux de la France, par Roger Brunet.

Café géographique de Paris, Mardi 28 novembre 2017, Café de Flore, Paris. Intervenant : Roger Brunet. Modérateur : Daniel Oster

Roger Brunet, l’un des meilleurs géographes français, a consacré ses travaux aux formes, à la production et à l’aménagement des territoires et des paysages par les sociétés humaines, aux régions de France, au vocabulaire scientifique et aux noms de lieux, aux cartes et aux atlas. Son dernier livre, Trésor du terroir. Les noms de lieux de la France (CNRS Editions, 2016), sert de support à ce café géographique. Autrement que par la lecture traditionnelle des toponymes proposée par les linguistes, R. Brunet a choisi de partir des lieux et non des langues. Cela nous donne une synthèse très riche et soucieuse de mettre en avant les exigences des sociétés humaines sur leurs territoires.

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Guerre des gaz et paix des ménages : les enjeux de la pollution atmosphérique dans les vallées alpines, avec Nicolas Donner.

Les Cafés géographiques de Chambéry-Annecy recevaient le 17 novembre 2016 Nicolas Donner, géographe, chercheur associé au laboratoire PRODIG. Il a travaillé sur des terrains lointains, en Afrique centrale notamment, en lien avec des questions de pétrole. Mais il est là aujourd’hui pour nous parler d’un espace beaucoup plus proche : la vallée de l’Arve, où il a peut-être voulu chercher du pétrole… et il l’a trouvé dans l’atmosphère !

Nicolas Donner commence par dire quelques mots de sa thèse, qui portait sur le pétrole, et qui lui a permis de faire le lien avec l’air, et pas seulement pour en retrouver dans l’atmosphère. En effet, nous habitons de plus en plus exclusivement dans des environnements techniques : notre vie quotidienne entière est médiatisée par des outils techniques, des systèmes administratifs, des procédés scientifiques (pour traiter l’eau, pour faire rouler un bus, …). Il y a un « écran technique total », pour parler comme Jacques Ellul, qui s’intercale entre nous et l’environnement naturel. Dans les enclaves pétrolières par exemple, les pétroliers installent des milieux urbains en miniature, n’importe où sur la planète, que ce soit dans le Sahara ou en pleine mer : on apporte des containers, de quoi cuisiner, de quoi regarder la télé, on reconstitue le milieu urbain, tout est technicisé, tout est importé. Il y a une seule ressource qu’on consomme toujours sur place : c’est l’air. C’est la dernière ressource avec laquelle nous avons un rapport non médiatisé.

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La pax sinisensa, Michèle Vignaux.

Le mercredi 29 novembre 2017, s’est tenu à la Maison de la Mutualité un colloque intitulé « Les Nouvelles Routes de la Soie ». Il était organisé par l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) et l’Ambassade de Chine. Le petit texte ci-dessous n’est pas un compte rendu des communications qui y ont été données, mais une réaction subjective à quelques propos entendus.

Détail d’une carte nautique catalane représentant l’Asie du XIIIe siècle, Majorque, 1375, Bibliothèque Nationale de France, Paris (www.lemonde.fr)

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