Santiago et le reste du territoire chilien : quelles relations ? par Fransisco Maturana.

Présentation par Fransisco Maturana, professeur de géographie à l’Université Alberto Hurtado, Chili.
Ce Café Géo a eu lieu le mardi 11 octobre 2016 au Saint-James, Place du Vigan à Albi. Compte-rendu réalisé par Marie Noël et Thomas Barraud, corrigé par Thibault Courcelle et Mathieu Vidal,

Au Chili, 85% de la population est urbaine et sur ce total, approximativement 40% des habitants vivent dans la région Métropolitaine, où se trouve la capitale du pays : Santiago. Cette concentration est un processus qui se développe depuis le début de la conquête du pays par les Espagnols et qui se concrétise aujourd’hui par une telle ampleur.

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Untaking space, philosophie nomade, les écotopies aux Etats-Unis, avec Damien Delorme.

Café géographique de Montpellier, du 4 mai 2017, avec Damien Delorme, professeur de Philosophie. Compte rendu de C. Burki.

Qu’est-ce que la philosophie nomade au travers de ce projet « Untaking space » ? Comment le fait pour un philosophe, de partir en voyage lui permet de penser l’espace ? Qu’est-ce que le voyage à vélo apprend au philosophe sur l’habitation de l’espace ?

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Un dessin systémique dans la géographie de Anton van der Wyngaerde : Zahara des thons. Roland Courtot.
Le dessin du géographe n° 65

Fig.1: El amadraba de Zahara, Anton van der Wyngaerde, 1565, 153 x 53,5 cm (papier, plume et lavis sepia), Vienne, Osterreichische Nationalbibliotek.

(La taille du dessin oblige ici à le présenter en 2 parties, la partie supérieure venant à gauche de la partie inférieure)

Ce dessin de belle taille a pour sujet la amadraba de Zahara. D’après le dictionnaire de la langue espagnole, ce terme désigne à la fois :

  • le lieu de la pêche aux thons et l’endroit où ils sont préparés après la capture,
  • le filet et/ou le cercle de filets qui servent à leur capture,
  • la saison de pêche.

L’auteur y a porté de nombreuses indications manuscrites de lieux, d’actifs et d’activités, ainsi qu’une grande légende explicitant des lettres inscrites dans l’image, faite de 2 listes des mêmes lettres (ce qui ne simplifie pas leur identification) , mais de taille différente:

  • Celle de gauche concerne les lieux et les sites géographiques :

A La tour de Mecca (Meca)

B Cap de Trafalgar

C Cap du Sportel (Espartel) , il y a 7 lieux jusqu’au cap de Trafalgar terre du duc (de Medina Sidonia) et jusqu’au Détroit ( ?)

D Alcasar segar (Tanger ?)

E Château de Barbate

F Rio de Barbate (qui vient d’Alcala)

G Salines

H Cap de Plata

K Tour de la tollar ( de l’atalaya = tour de guet) d’où les thons sont observés

+ 5 lieues de mer depuis la almadraba de Zahara jusqu’à Cera Sagar (Tanger ?)

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Jérusalem et ses frontières, par Emmanuel Ruben.

Compte rendu du Café géo du 25 avril 2017 au Café de Flore (Paris). Intervenant : Emmanuel Ruben. Modérateur : Daniel Oster Compte rendu de Michèle Vignaux.

Emmanuel Ruben, normalien, est géographe de formation, mais après une courte période d’enseignement en banlieue parisienne, il décide de se consacrer à une œuvre littéraire ainsi qu’à un travail de dessinateur et d’aquarelliste. Obsédé par le thème des frontières, il a vécu dans un certain nombre de villes-frontières comme Istanbul, Riga, Kiev et Novi Sad. Et il a séjourné deux fois à Jérusalem en 2010 et 2014. De cette expérience il a tiré un ouvrage Jérusalem terrestre (Editions Inculte, 2015), support privilégié de ce Café géo.

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Hyper-lieux, les nouvelles géographies de la mondialisation, par Michel Lussault.

Les Cafés Géo de Lyon accueillent le 5 avril 2017 Michel Lussault, professeur de géographie et d’études urbaines à l’ENS de Lyon, chercheur à l’UMR 5600 Environnement Ville Société, directeur de l’Institut français de l’Éducation. Les quatre livres L’homme spatial, De la lutte des classes à la lutte des places, L’avènement du monde et Hyper-lieux doivent être lus ensemble. Hyper-lieux clôt ce cycle. Ces livres s’inscrivent dans la continuité d’un colloque co-organisé avec J. Lévy sur les « Logiques de l’espace, esprit des lieux. Géographies à Cerisy », dont les actes ont été publiés en 2000. Compte-rendu réalisé par Emeline Comby.

Deux fils directeurs irriguent ces travaux :

  • La volonté de comprendre la mondialisation sans la réduire à la globalisation économique. Il ne s’agit pas de nier la globalisation économique. La mondialisation est rattachée à l’urbanisation généralisée du monde avec des conséquences sur l’espace et sur l’individu. Les hyper-lieux sont des « prises » de la mondialisation : la mondialisation s’y met en jeu, en scène, en exergue.
  • L’individu comme acteur spatial. L’individu agit avec l’espace, quand les sociétés organisent leur espace. Le point de départ est donc des individus à l’épreuve de l’espace. Exister c’est régler les problèmes que l’espace nous pose, dans les traces de Perec (« vivre c’est passer d’un espace à un autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner»). L’accent est souvent mis sur le temps qui nous contraint en tant qu’être fini, mais il s’agit ici de mettre la lumière sur notre relation à l’espace.

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Les États-Unis, espaces de la puissance, espaces en crises, avec Pascale Nédélec et Christian Montès.

Six mois après la parution de leur Atlas des États-Unis. Un colosse aux pieds d’argile [https://www.autrement.com/ouvrage/atlas-des-etats-unis-christian-montes-pascale-nedelec-cyrille-suss], et au lendemain de l’investiture du président Donald Trump, les cafés géo de Lyon accueillent, 1e 1er février 2017, Pascale Nédélec et Christian Montès pour une présentation à deux voix intitulée « Derrière le choc des urnes, des mutations radicales ? Le regard de l’Atlas des États-Unis 2016 ». Pascale Nédélec est docteure en géographie et AGPR à l’École normale supérieure. Sa thèse de doctorat [https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00946236/PDF/NEDELEC_DA_construire_Las_Vegas.pdf] propose une réflexion sur l’urbanité et la citadinité de Las Vegas. Elle a coordonné un dossier régional sur « les États-Unis, espaces de la puissance, espaces en crises » sur Géoconfluences [http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/dossiers-regionaux/etats-unis-espaces-de-la-puissance-espaces-en-crises].

Christian Montès est professeur des universités à l’université Lumière Lyon 2 et est rattaché à l’UMR 5600 EVS. Nous avons déjà eu le plaisir de l’accueillir pour plusieurs cafés géo dont l’un portait sur les capitales d’État aux États-Unis [https://cafe-geo.net/les-capitales-detat-des-etats-unis-small-is-powerful/] et l’autre sur les transports urbains à Lyon [http://cafe-geo.net/les-transports-dans-l-amenagement-urbain-a-lyon/]. Il a récemment publié un ouvrage en anglais sur la géohistoire des capitales d’État américaines [http://press.uchicago.edu/ucp/books/book/chicago/A/bo16720894.html].

Compte-rendu co-écrit par Silvia Flaminio et Jean-Benoît Bouron,

Introduction

La question qui guide leur présentation est ce savoir si en travaillant sur leur atlas, ils sont parvenus à voir des mutations profondes aux États-Unis qui expliqueraient le vote pour Donald Trump.

Christian Montès commence d’emblée par préciser qu’ils n’ont pas fait de pronostics dans leur atlas, mais qu’à travers les cartes et les graphiques qu’ils commenteront ce soir le public pourra mesurer le niveau de surprise des auteurs à l’égard des résultats de l’élection de novembre.

Qu’est-ce qu’un atlas et qu’y trouve-t-on ?

Pascale Nédélec et Christian Montès ont été contactés par les éditions Autrement pour faire un atlas sur les États-Unis. Pascale Nédélec explique que c’est un exercice très codifié, mais qu’ils ont bénéficié d’une très grande liberté éditoriale. Ils ont cherché un équilibre entre présenter des informations et des visuels que l’on trouve (presque) partout et insuffler des choses plus originales, notamment leurs propres centres d’intérêt pour la géographie des États-Unis et leurs propres sujets de recherche. Il s’agissait, sans négliger les passages obligés, de proposer d’autres éclairages que ceux habituels pour participer à une meilleure compréhension des États-Unis. Les atlas sont des ouvrages qui périment très vite ; la rédaction a commencé au début de l’année 2016 car les éditions Autrement souhaitaient sortir l’ouvrage avant les élections. Les auteurs ont cherché à mettre en avant des dynamiques structurelles et des éléments plus conjoncturels. Selon eux, l’élection de Donald Tump s’inscrit dans une évolution sur le temps long. Faire un atlas suppose d’utiliser un certain nombre de données. Dans le cas des États-Unis, on n’en manque pas, et la difficulté est plutôt celle des choix à faire tant les sources à utiliser sont nombreuses. Les auteurs ont donc essayé de prendre les données les plus parlantes, les plus fiables, et avec beaucoup de profondeur historique. Cet ouvrage s’adresse à des universitaires, des étudiants, mais aussi le grand public, ce qui explique l’alternance entre des pages très codifiées et des pages plus originales ou même amusantes…

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Géographie et pédagogie dans les préaux des écoles. Roland Courtot.
Le dessin du Géographe n° 64

 

 

Jean Julien (1888-1974) : Marseille, le port de commerce
Esquisse pour le préau, école de garçons, rue Saint-Martin, Paris, 3e
1933, huile sur toile

Cette aquarelle a été présentée par le peintre Jean Julien au concours, lancé par le Ministère de l’Instruction Publique, pour la décoration du préau d’une école de garçons de la rue Saint-Martin à Paris dans les années 1930. Je n’ai pas retrouvé de notice bibliographique concernant cet artiste et ignore presque tout de son parcours professionnel, sauf qu’il a travaillé pour la commande publique (tableaux à la mairie de St-Ouen), qu’il a voyagé en France méditerranéenne et en Afrique du Nord, et qu’il a créé des affiches pour le tourisme dans l’entre-deux-guerres.

Son aquarelle représente le vieux port de Marseille vu depuis le quai de la Mairie (ou aujourd’hui quai du Port  ). Le quai de Rive neuve est donc au second plan, et la colline de Notre-Dame-de-la-Garde ferme l’horizon sud du bassin.

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A propos des finisterres et sutures du globe, Jacques Béthemont, Michel Sivignon.

Jacques Bethemont, géographe, un ami très cher vient de nous quitter. Il avait fourni aux Cafés Géographiques un texte mis en ligne le 6 mars 2006 avec le titre « La grive de Montboissier » http://cafe-geo.net/wp-content/uploads/grive-montboissier.pdf . C’était, disait-il, sorti de ses « tiroirs », le récit d’une visite du château de Montboissier ou du moins de ce qu’il en reste, à la suite d’une relecture du Chateaubriand des Mémoires d’Outre-Tombe. Châteaubriand y avait vécu.

Avec « Les finisterres et les sutures du globe» Jacques Bethemont nous propose ici une réflexion géographique, sous la forme d’un récit de voyage aux Etats-Unis en 1989. Il publia, la même année avec Jean-Michel Breuil « Les Etats-Unis, une géographie régionale » (Masson 300p.), puis en 1991 chez le même éditeur « Les Etats-Unis, une géographie thématique ».

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New York City : ville globale, ville duale, par Aurélie Delage.

Une personne sans domicile fixe en train de fouiller des poubelles, une jeune femme à l’allure chic : c’est la première image que l’on peut présenter de l’extrême polarisation sociale de New York et des inégalités que l’on perçoit dans  LA ville globale.

On y retrouve les disparités spatiales et ethniques classiques aux E.U: la périphérie (suburbs) de NYC est occupée par une population blanche et aisée qui s’installe dans les nouvelles banlieues modernes laissant une population plutôt noire dans le centre-ville où le bâti se dégrade (Skid Row).

Compte rendu, Café Géo de Montpellier – 17 janvier 2017 – Aurélie Delage -Maître de conférences en aménagement et urbanisme – Université de Perpignan. Compte Rendu de  Alexis Copin.

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Alice, une géographe au pays des merveilles, par Yann Calbérac.

Compte rendu du café géographique de Saint-Brieuc – 10 mars 2017. Compte rendu de Christiane Barcellini et Alain Fargier.

Yann Calbérac est maître de conférences à l’Université de Reims Champagne-Ardenne. Il a soutenu sa thèse « Terrains de géographes, géographes de terrain. Communauté et imaginaire disciplinaires au miroir des pratiques de terrain des géographes français du XXème siècle » en 2010. Ses travaux de recherche actuels interrogent la production, la circulation et la réception des savoirs géographiques, et notamment l’émergence d’un tournant spatial dans les sciences humaines et sociales contemporaines.

« Marotte personnelle », c’est ainsi que Yann Calbérac présente Les Aventures d’Alice au pays des merveilles, son livre de chevet lorsqu’il était enfant. Ce qui l’intéresse aujourd’hui, en tant que chercheur, c’est de retrouver tous les questionnements qui sont les siens à travers les deux romans de Lewis Carroll : Qu’est-ce que la géographie comme science ? Qu’est-ce que l’espace ? Et surtout de trouver des réponses à ses questionnements. À la fin de son intervention, il précise que ces deux romans ont été une aide précieuse, durant ses études, pour comprendre la géographie anglo-saxonne et post-moderne (cf. travaux de Jean-François Staszak). Il s’agit plus d’hypothèses et d’intuitions que de thèses lourdement appuyées.

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