Le Brésil : entre ambitions internationales et crise interne, avec Bernard Bret.

Compte-rendu du Café-géographique de Montpellier du 21 septembre 2017 avec Bernard Bret

Les ambitions internationales du Brésil se caractérisent à plusieurs échelles : à l’échelle mondiale, continentale et subcontinentale.

À l’échelle mondiale d’abord par une franche disposition au multilatéralisme. On peut ainsi noter une nette évolution par rapport à sa position diplomatique affichée lors de la Guerre froide et du découpage bilatéral du monde, où le Brésil était alors un des pays « satellites » des États-Unis : dans cette position d’allié fidèle, l’impératif de « sécurité nationale » et la consolidation du pouvoir interne produisaient un régime dictatorial (comme dans d’autres pays latino-américains à cette période).

Cette mise en perspective historique souligne le contraste avec la situation actuelle : le pays a désormais des revendications internationales légitimes, qui se traduisent par exemple par la revendication d’un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU, d’autant plus légitime que le Conseil actuel ne dispose toujours pas de représentant du continent latino-américain. Le Brésil a par ailleurs pris des responsabilités au sein de l’ONU, par exemple lors de ses interventions à Haïti, se montrant ainsi capable d’assumer de hautes responsabilités à l’échelle mondiale.

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Contribution au souvenir du centenaire de la Première Guerre Mondiale 1917-2017 : la bataille de Monastir. Michel Sivignon.
Le dessin du géographe n° 68.

Ce dessin est issu des archives du Service Historique de l’Armée de Terre, au Château de Vincennes. Il a été réalisé après novembre 1915 date à laquelle les troupes de l’armée d’Orient du général Sarrail pénètrent dans la ville de Monastir, aujourd’hui Bitola en République de Macédoine.

Archves du ministère de la défense.

Le dessin représente une partie de la ville de Monastir, actuellement Bitola n Macédoine, et son environnement montagneux du côté nord. Le tout est dessiné à partir d’un point d’observation au sud de la ville, dit « observatoire de l’Orénoque ».La ville est située dans un bassin correspondant à un fossé d’effondrement, autrefois partiellement occupé par un lac.

Jusqu’en 1912, c’est-à-dire jusqu’au déclenchement de la Première Guerre Balkanique, Monastir est une importante ville de 50.000 habitants capitale d’un vilayet étendu au sein de l’Empire Ottoman. Sa composition est composite : Turcs, Grecs, Albanais, Macédoniens que l’on appelle alors Bulgares, sans qu’aucune nationalité ne domine. On verra à ce sujet l’excellent article de Bernard Lory dans les Cahiers Balkaniques de 2011 (Revue en ligne) «  Un poste consulaire en Macédoine, Bitola-Monastir 1851-1912 ».

Monastir a été conquise par les troupes serbes au cours de la Première Guerre Balkanique, puis intégrée en 1913 dans le Royaume de Serbie.

Mais les Serbes sont peu nombreux à Monastir beaucoup moins que les Bulgares ou Macédoniens et lorsque la Bulgarie rentre dans la Première Guerre Mondiale, en octobre 1915, aux côtés des Empires Centraux, elle envahit cette partie de la Serbie qu’elle revendiquait et les troupes serbes sont submergées.

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Vidéo : 10 ans de Cafés Géographiques

L’équipe du site des Cafés Géographiques vous invite à retrouver deux vidéos réalisées par Patrick Drevet, retraçant l’aventure des Cafés Géo.

Film « 10 ans des cafés géographiques »

À l’occasion des 10 ans des cafés géographiques (2008), Patrick Drevet a donné la parole à celles et ceux qui souhaitent faire de la géographie autrement.

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Comment faire cohabiter hommes et requins à l’île de La Réunion ? Avec François Taglioni et Emmanuelle Surmont.

A l’occasion du Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges édition 2017, François Taglioni, professeur à l’université de La Réunion, et Emmanuelle Surmont, doctorante à l’université Bordeaux-Montaigne, ont tenté de répondre à une question sensible devant un public nombreux venu les écouter au bar Thiers ce vendredi 29 septembre 2017 : « Comment faire cohabiter hommes et requins à l’île de La Réunion ? ». Compte rendu de Michèle Vignaux.

Depuis 2011, les attaques de requins sont plus fréquentes sur les côtes américaines et australiennes, mais c’est l’île de La Réunion, et particulièrement sa côte ouest, qui est relativement la plus concernée.

Pour essayer de comprendre ce phénomène, François Taglioni a constitué une base de données sur ces attaques afin d’analyser les variables environnementales, contextuelles et individuelles du jour des attaques. Certes le moustique reste l‘animal le plus dangereux pour l’homme, mais le taux de mortalité qui découle des attaques de requins (sur les 24 intervenues entre 2011 et 2017, 40% ont été mortelles) inquiète la population. Surtout que le nombre de personnes à risque est bien plus élevé face à l’aléa piqure de moustique que morsure de requin.

La zone dans laquelle se concentrent les attaques, correspond à celle des activités balnéaires. Les sports de glisse sont les premiers concernés, mais il n’y a aucune relation entre la forme de la planche du surfeur et les attaques (la planche, plus longue, du surfeur constitue, au contraire une protection plus efficace que celle du bodyboarder). Les attaques par le requin-bouledogue, causant les blessures les plus délétères, sont la principale raison de cette surmortalité à La Réunion.

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Existeront-elles encore demain ? Les îles du Pacifique face au réchauffement climatique. Rencontre avec Emilie Chevalier.

Café Géographique de Saint-Brieuc, Mardi 16 mai 2017, compte rendu de Christiane Barcellini.

 

Emilie Chevalier est agrégée de géographie. La thèse qu’elle va soutenir dans quelques mois porte sur la question des migrations climatiques au XXIème siècle dans le Pacifique Sud. Elle a écrit plusieurs articles sur le sujet et participé à des tables rondes (FIG, Cafés géo).

Le sujet de ce soir pose la question de l’éventualité de la disparition d’îles dans le Pacifique Sud dans le contexte du changement climatique.

Emilie Chevalier précise que la réflexion qu’elle se propose de mener est liée à son sujet de thèse qui porte sur les migrations et les mobilités comme facteur de production des territoires insulaires en Océanie face au changement climatique. Ses réflexions s’inscrivent également dans un projet de recherches sur les stratégies françaises dans le Pacifique Sud (Projet STRAFPACC) dans le contexte du changement climatique et qui a été financé un an avant la COP 21 de Paris où la France s’est positionnée comme un leader face au changement climatique notamment comme un leader en lien avec les Océaniens.

La réflexion de notre intervenante s’organise en trois temps :

  • les récits de disparition d’îles dans le Pacifique à travers une iconographie foisonnante largement médiatisée…
  • …en regard avec les faits, en particulier la diversité des territoires insulaires (variété des trajectoires de vulnérabilité et d’adaptation)…
  • …nous amènent à nous interroger :  la disparition est-elle la véritable question ?

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Rétrospective FIG 2016, compte rendu de Maryse Verfaillie & Joseph Viney.

Café géo du 30 septembre 2016 au K. Kiss Bar (Saint-Dié-des-Vosges)

Fast Cash, Fast Track, Fast and Furious… Comment la ville va plus vite ? avec Renaud Le Goix

A l’occasion du Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges édition 2016, Renaud Le Goix, professeur de l’Université Paris 7 Paris-Diderot, a choisi un titre peu banal pour son Café géographique : « Fast cash, Fast Track, Fast and Furious … »

Debout, devant un public nombreux réuni au K. Kiss Bar, il s’est interrogé sur « Comment la ville va plus vite ? ».

Renaud Le Goix présente d’abord son expérience américaine.

Il a vécu à Los Angeles et ironise sur le tout automobile qui a couvert l’agglomération d’autoroutes… elles-mêmes saturées de voitures… alors va-t-on vraiment plus vite à L.A. ? Le tramway du début du siècle avait laissé la place à l’automobile. Aujourd’hui, le tram est de retour (depuis 1990, light rail) dans l’agglomération et jusqu’à Santa Monica (Expo line, 2012). Et depuis 1993 il y a même le métro ! Eternel recommencement !

Renaud Le Goix s’amuse ensuite (et le public avec lui) à justifier son titre « ébouriffant ». La vision du film Speed (1994) a surdéterminé sa vision de la métropole angelenos alors qu’est mise en scène les parcours de mobilité. Le film résume bien les contradictions du rapport de la métropole de L.A. et de la vitesse. Le film raconte l’épopée d’un bus de la ville de Santa Monica (Big Blue Bus) dans lequel une bombe a été placée, bombe qui doit exploser si la vitesse du bus tombe au-dessous de 55 mph. Le bus doit rouler sur des autoroutes urbaines saturées et bouchées, conduisant le spectateur dans un tour de L.A., depuis Santa Monica jusqu’au Downtown par l’autoroute 10, puis du centre vers l’aéroport LAX (freeways 110 et 105). Au-delà du prétexte initial, cette fiction rend compte d’une réalité vécue par de nombreuses métropoles américaines, les pressions exercées par le lobby automobile (les constructeurs automobiles, les industries pétrolières, les entreprises de pneumatique…) dans les années 1930 pour y supprimer les réseaux de tramway (ces firmes sont condamnées en 1959). L’argument développé est que le transport en commun est trop lent et gêne le transport automobile… Aujourd’hui, le mouvement est inverse avec le retour des transports en commun dans les grandes métropoles américaines mais aussi dans les métropoles européennes.

Renaud Le Goix évoque ensuite Fast and Furious (dont le premier opus est dédié à la ville de Los Angeles) film qui raconte un concours de voitures entre gangs rivaux, infiltrés par des policiers. Le réalisateur du film s’est tué peu après au volant d’une Porsche … à grande vitesse.

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Etape en Bourbonnais : de Moulins à Vichy (8-10 septembre 2017)

Moulins

Qui sait que le Bourbonnais n’est autre que le département de l’Allier ? Qui connaît Moulins, préfecture somnolente, sinon par son artiste anonyme mais célèbre qui a adopté son nom : le « maître de Moulins ? Qui sait ce qu’est Vichy, derrière ses sources et son régime de si funeste mémoire ? Qui connaît enfin le fleuve Allier, le seul cours d’eau sauvage d’Europe occidentale ?

Mais le Bourbonnais a davantage à montrer et à démontrer ! Moulins s’éveille, le centre national du costume de scène étant le symbole de la renaissance de l’ancienne capitale des ducs de Bourbon. Vichy, aussi, sort d’une période difficile, mais montre qu’elle ne manque pas d’atouts urbanistiques, touristiques, culturels et sportifs. Le trait d’union entre les deux cités mérite lui aussi d’être davantage connu : un fleuve sauvage avec ses saumons, ses oiseaux migrateurs et ses méandres capricieux. Bref, vous attend tout un monde urbain et naturel insoupçonné à 300 km de Paris à peine …

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Relire un géographe : André Siegfried (1875-1959), Denis Wolff.

André Siegfried et son maître-livre (source: www.sciencespo.fr)

Dans un texte daté du 3 mars 1946, André Siegfried écrit[1] : « Trois maîtres ont exercé sur ma formation une influence décisive : Izoulet, mon professeur de philosophie, m’a donné le goût des idées générales ; Seignobos m’a enseigné le réalisme psychologique politique ; Vidal de la Blache m’a fait comprendre, du moins je l’espère, l’esprit profond de la géographie. » En effet, il fut à la fois géographe, historien, sociologue, politiste… Plusieurs disciplines revendiquent d’ailleurs son héritage. Des historiens ont travaillé dans son sillage, tel Paul Bois dans sa thèse sur les paysans de l’Ouest, soutenue en 1960[2]. Pour les professeurs de Sciences Po, notamment François Goguel et Alain Lancelot, il fait partie de leur histoire ; ils ont d’ailleurs baptisé une salle de son nom mais elle a aujourd’hui disparu. Et les géographes ? Ils l’ont longtemps caricaturé, réduisant son oeuvre à une citation d’ailleurs fausse : « le calcaire vote à gauche, le granit à droite ». Ils semblent surtout l’avoir oublié jusqu’aux années 1970. Mais ils se rattrapent ensuite en organisant un colloque à Nantes en mars 1987, puis un autre à la Sorbonne en décembre 1988, avec publication des actes dans les deux cas[3]. Et, beaucoup plus récemment, André-Louis Sanguin, puis Hugh Clout rédigent sa biographie[4]. On trouve en outre des informations sur André Siegfried dans plusieurs dictionnaires[5] et sur des encyclopédies en ligne comme Larousse, Wikipedia…

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Géographies de la nuit urbaine, par Emanuele Giordano.

La nocturnalisation de la société représente des enjeux politiques, économiques, sociaux et géographiques car elle transforme certains espaces, nécessitent des aménagements particulièrement dans les villes. Le phénomène est ancien. Il a entrainé notamment le développement de formes d’éclairages publics organisés. Aujourd’hui, la nocturnalisation de la société se traduit par des sorties nocturnes plus fréquentes qu’auparavant. En France, 4 personnes sur 10 sortent au moins un soir par semaine. 20% ne le font jamais contre 67% en 1973. Les italiens en 2008 dorment 30 minutes plus tard qu’en 1988. Parallèlement de nombreuses personnes travaillent la nuit. La proportion de travailleurs de nuit diffère selon les Etats de l’Union européenne en fonction de législations différentes (6,1 % en moyenne en 2015). En France, cette population atteint 3,6 % en 2015.

Café géographique de Montpellier, 9 mai 2017. Rencontre avec Emanuele Giordano. Compte rendu pour les Cafés Géo de Montpellier de Mélanie Vico. (suite…)

Le héron : petite disputatio sur l’image géographique et l’art, Roland Courtot, Simon Estrangin.
Le dessin du géographe n° 67

Camargue (commune des Saintes-Maries-de-la-Mer, Bouches-du-Rhône) : dans le parc ornithologique du pont de Gau, à l’heure du crépuscule, « le héron au long bec, emmanché d’un long cou » cherche sa pitance à pas comptés dans l’étang. R. Courtot : pastel et encre de chine, 1999 Revue Méditerranée, 105, 2005

Ce dessin a été publié dans une revue de Géographie parce que je l’avais proposé avec d’autres à la Rédaction de Méditerranée qui voulait les inclure dans le numéro de la revue qui m’était dédié lors de mon départ à la retraite. A côté de dessins des Calanques de Cassis, de l’embouchure du Guadalquivir, de la montagne Ste-Victoire, de Portofino ou du Vésuve, le lecteur pouvait s’interroger sur la nature « géographique » de ce dessin…Je vais essayer d’y répondre.

Précisons d’abord qu’il s’agit d’un dessin réalisé dans la petite réserve naturelle du pont de Gau, en Camargue, sur le territoire de la commune des Saintes Maries de la Mer, lors d’une excursion avec des amis, qui n’avait qu’un caractère de loisir touristique et non professionnel…Mais, sur le terrain, quand le géographe cesse-t-il vraiment d’être géographe?.

La raison générique du dessin elle-même, le besoin de faire un dessin, est simple : je suis depuis longtemps ce qu’on appellerait aujourd’hui un « carnetier », quelqu’un qui se promène avec, dans sa poche ou sa sacoche, un carnet et des crayons, disons un matériel réduit de dessin. Cela m’est venu au cours de mes recherches de thèse, quand je me suis rendu compte que la photographie n’était pas, sur le terrain géographique, la panacée pour produire des images efficaces vis à vis de la recherche, l’appareil-photo étant une sorte de « ramasse-tout », tandis que le croquis était déjà un début d’analyse et de réflexion sur l’espace observé et dessiné…un autre débat que je ne vais pas développer ici.

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