Festival Relectures : Histoires, Géographies

Les Cafés Géographiques vous invitent à la 17ème édition du festival Relectures, dont le thème sera « Histoires, Géographies ».

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Relecture
s 17  — Histoires, Géographies
Festival de littérature contemporaine & performance
du 29 septembre au 8 octobre
espace khiasma & lieux partenaires

Pour sa dix-septième édition, le festival Relectures propose d’imaginer l’art du récit comme un geste cartographique, un espace où se rencontrent géographies intimes et histoires collectives, espaces physique et numérique. 

Dans un moment où les frontières se tendent, où ce qui sépare devient plus saillant que les chemins qui traversent et nouent les expériences de vie, des paroles et des textes viennent tenter de lier de nouvelles alliances. Parcourir la ville par la bande, prendre soin des chemins de traverse et des lieux sans qualité.

Les artistes et auteurs qui viendront peupler cette édition prennent acte d’un monde global et laissent leurs œuvres devenir les atlas sensibles d’un espace en mouvement – un Chaos-Monde où tous les destins sont liés et toutes les histoires appellent des corps multiples pour apparaître.

Une programmation d’Olivier Marboeuf en collaboration avec Sébastien Zaegel.

Cliquez ici pour télécharger le programme du festival en PDF !

Tout au long du festival, la librairie de Relectures accueillera l’installation de Patrick Fontana, En redevenant sauvages et féroces — série de dessins au crayon réalisés à partir de photographies des milliers de « migrants » qui marchent à travers l’Europe, sont arrêtés par des murs, des barbelés, mis dans des camps puis refoulés.

Relectures est un festival organisé par Khiasma. Il bénéficie du soutien de la Région Île-de-France, du département de la Seine-Saint-Denis et du Centre national du livre.

Comme toujours à Khiasma, tous les événements de Relectures sont en entrée libre. Réservez dès maintenant !

Retrouvez tous les détails de cet événement sur le site de l’espace Khiasma.

Un MOOC de cartographie thématique

Les Cafés Géographiques vous informent du lancement d’un MOOC, formation en ligne ouverte à tous, dédié à la cartographie thématique. Il est organisé par l’ENS, avec les enseignements d’Alexis Gonin (Maître de conférence) et de la cartographe Anne Le Fur. Les inscriptions auront lieu jusqu’au 17 octobre 2016.

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MOOC « Cartographie thématique » – Coursera.org

Présentation du MOOC

Apprendre à réaliser des cartes ? C’est ce que propose ce cours grâce à des vidéos, des exercices, un forum. A la fin de la formation, vous maîtriserez les principes de la sémiologie graphique, et vous saurez les mettre en œuvre pour construire des cartes thématiques simples et de qualité. Ces cartes personnelles donneront de la force à vos rapports, synthèses, articles, mémoires universitaires, sites web… Les participants seront guidés pas à pas pour dessiner un fond de carte, construire des cartes statistiques, avec des figurés proportionnels, des gammes de couleurs…

De multiples exercices seront proposés : quizz, QCM, entraînements sur les logiciels. Deux logiciels libres seront utilisés : Inkscape, un logiciel de dessin vectoriel, et Philcarto, un logiciel de cartographie automatique.

Ce MOOC est aussi une invitation au voyage : de nombreux exemples à toutes les échelles et de toutes les régions du monde seront présentés.

Migrations : des idées et des cartes pour aller à l’encontre des politiques, par Olivier Clochard.

Cafés géographiques de Montpellier du 26 janvier 2016 au Gazette Café. Compte-rendu rédigé par Guillaume Poinsignon.

Nous tenons à remercier avant tout Olivier Clochard pour sa venue ce soir. Docteur en géographie et chargé de recherche au CNRS (UMR Migrinter, Poitiers), il est spécialiste des migrations et à ce titre est membre de Migreurop, « réseau européen et africain de militants et de chercheurs dont l’objectif est de faire connaître et de lutter contre la généralisation de l’enfermement des étrangers et la multiplication des camps, dispositif au cœur de la politique d’externalisation de l’Union européenne » (extrait de www.migreurop.org). Après avoir rédigé Atlas des migrants en Europe. Géographie critique des politiques migratoires (éditions 2009 et 2012) sujet compliqué et sensible, brûlant d’actualité, Olivier Clochard poursuit ses recherches actuellement à Calais où il avait fait sa thèse mais aussi à Chypre et sur d’autres terrains (Bruxelles, Marseille).

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Comment peut-on être « montagnard » ? Bernard Debarbieux.

Compte rendu du Café Géographique de Chambary, animé par Bernard Debarbieux, le 13 avril 2016 à Chambéry. Compte-rendu réalisé par Lise Piquerey.

Dans ce titre, deux mots s’imposent : « montagnard » et « comment ». Le titre retenu ne l’est pas par hasard, il fait écho aux Lettres persanes de Montesquieu (1721), qui raconte sous la forme d’une fiction épistolaire la découverte de Paris par deux Persans. L’ouvrage narre ainsi une série d’expériences, racontées sur un mode humoristique. C’est une sorte de conte philosophique dont l’objectif est de soulever les absurdités de la société française du début du XVIIIe siècle et d’ironiser sur la façon dont les Parisiens ont de comprendre et de percevoir l’altérité. Bien qu’ayant près de trois siècles, l’ouvrage évoque des situations transposables dans une période plus contemporaine, comme l’exprime la Lettre 30 de Montesquieu.

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Jura, nous voilà ! (2016).

jura-01Dans la haute chaîne du Jura, entre les Rousses et le lac de Joux en Suisse,  le car glissait comme un reptile. Le paysage défile comme un cinémascope, la silhouette effilée des sommets, les barres calcaires entre les sapinières, l’ovale des lacs bleu ciel dessinant un petit pan de ciel bleu sur la campagne verte et dont l’air était jauni par le soleil. Nous étions là, à chercher ce que la montagne pouvait nous raconter de nous mêmes que nous n’aurions même pas songé à trouver, une émotion, une surprise, une certitude, une inquiétude peut-être. Dans le défilé des sapins qui nous accompagneraient au lac de Malbuisson que Courbet voyait comme un trou noir, les vaches étaient indifférentes à notre passage. Mouthe et son clocher coiffé d’un bulbe aux couleurs froides offrait la sidération d’un village ordinaire du haut-Jura, rue principale élargie pour les congères hivernales de neige, maisons protégées du vent par des tôles dessinées comme des écussons, voitures stationnées en désordre, femme secouant un tapis à la fenêtre, maquignon montant dans un camion de bestiaux. C’était donc cela, le Jura. Un canton de l’univers où des gens nés-là étaient restés sans vraiment l’avoir voulu, ouvrant les fenêtres en cette fin d’été chaude et qui allaient s’apprêter pour la saison du grand manteau blanc.

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Forêts : retours en enfance. Deux BD revisitées. Tintin et Astérix écologues ? par Paul Arnould.

Paul Arnould, professeur de géographie à l’ENS de Lyon et chercheur à l’UMR 5600, Environnement Ville Société, évoque, le 16 septembre 2015, les « Forêts : retours en enfance. Deux BD revisitées. Tintin et Astérix écologues ? », au Café de la Cloche.

Spécialiste des forêts, il a écrit dernièrement « Au Plaisir des forêts. Promenade sous les feuillages du monde », où le sixième chapitre (sur 43) porte sur les plaisirs enfantins de la BD. De l’enfance à la BD, il n’y a alors qu’un pas. Sa jeunesse en forêt est marquée par les Vosges, les cabanes et les mini-défrichements pour faire du bois de feu. Elle est occupée aussi par la lecture des albums de Tintin et par l’abonnement au journal Pilote où paraissent les aventures d’Astérix le gaulois. Ayant lu son premier Tintin Objectif Lune a un peu plus de 7 ans, Paul Arnould, approchant des 77 ans, la deuxième date fatidique utilisée par les publicitaires pour borner le lectorat de Tintin, a décidé de revisiter Tintin au prisme de l’environnement. Y ajouter des constatations et des interrogations avec un autre héros au succès phénoménal, Astérix, permet de proposer une lecture jumelle des deux bandes dessinées.

Compte-rendu réalisé par Emeline Comby.

Comment la forêt est-elle représentée par les auteurs de ces deux BD, comment les questions écologiques y sont-elles évoquées ? Tintin et Astérix peuvent-ils être considérés comme des spécialistes de l’environnement forestier ?

Tintin et Astérix sont, pour de nombreux bédéphiles, des BD un peu datées. Ces deux séries sont parmi les plus vendues dans le monde. Les chiffres sont impressionnants : 365 millions d’albums pour Astérix, plus de 230 millions pour Tintin. Le dernier Astérix « Le papyrus de César », paru en octobre 2015, a été tiré à plus de 4 millions d’exemplaires. Tintin est désormais traduit en plus de cent langues, Astérix en plus de 120.

Astérix est très lié à l’Hexagone (Le gaulois, la serpe d’or, le tour de Gaule, le combat des chefs, le bouclier arverne, le chaudron, la zizanie, le domaine des dieux, les lauriers de César, le devin, en Corse, le cadeau de César…), mais avec une forte dimension européenne (Les Goths, les Bretons, les Normands, aux jeux olympiques, en Hispanie, chez les Helvètes, chez les Belges….). Astérix est incontestablement plus européanocentré que Tintin.

Tintin s’impose au premier abord comme un chasseur non-écologue, surtout dans Tintin au Congo, livre de massacres et de tueries d’animaux ; mais d’autres représentations vont progressivement nuancer cette posture simplificatrice.

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« Iles de la Seine » au Pavillon de l’Arsenal, jusqu’au 2 octobre 2016, Michèle Vignaux.

Beaucoup rêvent d’îles… forcément lointaines, tropicales aux essences parfumées ou océaniques battues par les tempêtes. L’île est le lieu du retrait du monde, de l’Utopie (« île » et « isolement » ont la même étymologie latine : insulatus). Pourtant la Seine, si familière, nous offre l’exploration de territoires divers, sauvages ou saturés d’histoire (117 îles qui s’égrènent de Conflans Sainte Honorine à Rouen).

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La tragédie malienne: comment en est-on arrivé là ? Par Stéphanie Lima et Patrick Gonin.

Compte rendu du café géo albigeois du 10 décembre 2013. Présentation par Stéphanie Lima et Patrick Gonin, Géographes, MCF au Centre universitaire J.-F. Champollion d’Albi, LISST-CIEU, et Professeur des Universités à l’Université de Poitiers, Migrinter. Compte rendu réalisé par Clara Cozette et Floriane Hutin, sous la direction de Thibault Courcelle et Mathieu Vidal.

Depuis juillet 2013, la France se désengage militairement du Mali après une opération de plusieurs mois, mais, pour autant, le Mali est-il revenu à une situation de stabilité ?

Sur le terrain, la menace djihadiste semble contenue, et les élections présidentielles et législatives ont pu avoir lieu dans des conditions satisfaisantes pour les observateurs internationaux. Cependant, le pays est-il sur le chemin de la reconstruction ?

Ramener la tragédie malienne à la montée en puissance de l’islam radical dans cette zone de turbulences qui va de la Somalie à la Mauritanie serait réducteur. Une lecture purement internationale de la crise peut s’avérer trompeuse : le Mali est en réalité confronté à de graves défis internes, que pas un de ses gouvernements n’est jusqu’alors parvenu à résoudre (par exemple la réforme de décentralisation, la gestion des migrations).

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Lyon, porte des Alpes, Pierre-Louis Ballot.
Vue de Lyon depuis les hauteurs de Fourvière (Cliché Pierre-Louis Ballot, 24 juillet 2016)

Vue de Lyon depuis les hauteurs de Fourvière (Cliché Pierre-Louis Ballot, 24 juillet 2016)

Des Cartes postales, 2016

En ce dimanche 24 juillet 2016, la vue depuis les hauteurs de Fourvière nous offre un superbe panorama de la cité lyonnaise : la Saône, le 2ème arrondissement (où l’on distingue nettement sur la droite la couleur ocre de la place Bellecour), les bords de Rhône (dont on devine la présence grâce aux nombreux arbres qui les jalonnent) et le quartier de la Part-Dieu (symbolisé par la tour de la Part-Dieu, surnommée le « crayon » ou encore, tout à gauche, la plus haute tour de la ville, la tour Incity, récemment achevée) apparaissent ainsi successivement sur les différents plans de la photographie. Puis, la ville semble ensuite s’étendre à perte de vue jusqu’aux collines, dont on peut tout au loin distinguer les premières formes.

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Enjeux environnementaux et géopolitiques au lac Tchad, avec Roland Pourtier.

90ème Café de géographie de Mulhouse, avec Roland Pourtier, Professeur émérite, Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne, le 23 mars 2016, au Carré des associations. Notes : Françoise Dieterich

Le lac Tchad est au centre d’une région bouleversée par le terrorisme, où sévit Boko Haram qui a fait allégeance à DAECH.

Suite à un Forum du développement durable à N’Djamena, en 2010, il a été décidé de faire un atlas du lac Tchad, le premier du genre, qui regroupe toutes les problématiques sur ce lac, partagé entre 4 États. Un espace unique au sein du Sahel, le seul grand lac de la région, la seule grande zone humide.

Longtemps ignoré des Européens mais au cœur des empires Bornou et Kanem, on n’a commencé à s’y intéresser qu’au XIXème après des voyages d’exploration dont celui d’Heinrich Barth en 1851. A cette occasion, une cartographie approximative en représente les contours pour la première fois.

Sauver le lac Tchad est depuis longtemps une préoccupation majeure bien avant que les exactions de Boko Haram ne s’y déroulent car la menace sur le lac Tchad est d’abord climatique.

Face au changement climatique certains ont craint la disparition de ce lac, situé au contact entre Sahara et Sahel [un mot qui veut dire la bordure, le rivage]. Le Sahel est fragile. L’agriculture, l’élevage sont aléatoires. Les sécheresses récurrentes (1970- 1990) ont entraîné une rétraction du lac Tchad.

Entre 1963 et 2001, le lac a, d’après les images satellites, perdu une bonne partie de ses eaux. Les cartes établies à partir de ces images sont destinées à mobiliser l’opinion, les ONG, les OIG pour les pousser à agir : on veut attirer leur attention

  • En 1963, le lac présentait une surface de 25 000 km2 en eau, à l’achèvement d’un cycle humide caractérisé par des débits élevés du Chari, principal tributaire du lac.
  • En 1973, c’est le début des sécheresses larvées depuis 1969. Se cumulent des déficits pluviométriques et une baisse du débit des fleuves.
  • En 1997, l’effet des sécheresses persiste

Ce lac est marqué par des fluctuations constantes. Ses contours bougent sans arrêt. On s’interroge depuis le début du XXème sur sa disparition potentielle. Situé à une altitude de 280 mètres, il est exposé à un risque de capture par la Bénoué, le grand affluent du Niger.

Les images satellites montrent les variations des surfaces en eau mais les images indiquent l’année et non pas la saison ! Selon la période de crue ou d’étiage, cela change tout. Il faudrait que les photos soient toujours prises au même moment pour être comparables.

Surtout, il faut différencier les eaux libres où l’on circule aisément en pirogue et les eaux marécageuses, encombrées de végétation aquatique mais qui font partie du lac, la profondeur pouvant atteindre un mètre. Les représentations cartographiques qui ne tiennent pas compte de ces deux faciès du lac faussent la réalité.. C’est ainsi qu’en 2013, au moment de la crue, le lac (eaux libres et marécageuses) couvrait plus de 13 000 km2, Il était à peu près identique à ce que révèle la première cartographie dressée par la mission Tilho en 1908. Les marécages servent de frayères, de réservoir de biodiversité. Ils ont une utilité indéniable. Un lac ne se résume pas à ses seules eaux libres.

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