Pas simple d’être Belge ? avec Clotilde Bonfiglioli.

Café géo animé par Clotilde Bonfiglioli, doctorante à l’Université Reims Champagne-Ardenne, le dimanche 2 octobre 2016 au Bar Thiers (Saint-Dié-des-Vosges). Compte rendu de Michèle Vignaux.

Photographies prises par Joseph Viney En haut : la rue Thiers, principale artère de Saint-Dié-des-Vosges aux couleurs du pays invité. En bas à droite : Clotilde Bonfiglioli au milieu des nombreuses personnes venues l’écouter ce dimanche 2 octobre au matin En bas à gauche : Clotilde Bonfiglioli interviewée par la chaîne Vosges Télévision

Photographies prises par J. Viney
En haut : la rue Thiers, principale artère de Saint-Dié-des-Vosges aux couleurs du pays invité.
En bas à droite : Clotilde Bonfiglioli au milieu des nombreuses personnes venues l’écouter ce dimanche 2 octobre au matin
En bas à gauche : Clotilde Bonfiglioli interviewée par la chaîne Vosges Télévision

Ce titre gentiment provocateur est-il la marque d’un humour français prompt à ironiser sur son voisin du Nord ou de l’autodérision dont les Belges font preuve à leur propre égard ?

Clotilde Bonfiglioli ne répond pas à cette question mais cherche à démonter dans son intervention les idées reçues trop simplistes des Français sur la Belgique.

La population du royaume n’oppose pas deux camps, Wallons et Flamands. Elle comprend aussi des gens qui se sentent avant tout Bruxellois, Liégeois, francophones de Flandre, néerlandophones de Wallonie, germanophones…et même Belges.

Première idée reçue : la Belgique serait « un Etat-tampon artificiel » créé au profit des intérêts britanniques en 1830.

Pas plus artificiel que ses voisins – notamment la France- démontre C. Bonfiglioli.

En fait c’est dès le XVIe siècle que les sujets catholiques des Habsbourg vivant dans les Pays-Bas méridionaux se révoltent contre les protestants au cri de « Un pays, une langue ». Toutes les élites sont alors francophones et les classes populaires parlent des dialectes variés.

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Exposition : « Agrandir le monde. Cartes géographiques et livres de voyages (XVe-XVIIIe siècle) » à la Bibliothèque municipale de Chambéry

Pendant quatre mois, Chambéry va vivre au rythme des voyages et des cartes anciennes. La Bibliothèque municipale a en effet eu l’heureuse idée de dévoiler une partie de ses trésors méconnus, à savoir une extraordinaire sélection de 85 cartes anciennes rentrées dans les collections au début du 20ème siècle après de multiples péripéties. Si l’on doutait encore de cette dimension maritime de la Savoie, les cartes de toutes les parties du monde, les atlas rares et anciens, les estampes exposées attestent cette curiosité pour la découverte du monde. La plupart des documents exposés sont imprimés, mais certaines cartes manuscrites (carte de la Nouvelle France en particulier) ont une valeur documentaire exceptionnelle, et l’on est tenté de s’arrêter longuement devant chaque vitrine.

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Compte tenu de l’espace disponible, les documents exposés s’arrêtent à la fin du XVIIIe siècle. Gageons que le fonds de cartes africaines du XIXe fournirait la matière d’une autre exposition d’aussi haute volée !

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Iles en Seine en aval de Paris [2016].

iles-en-seineLa journée «  îles en Seine » a été préparée par Maryse Verfaillie pour l’association Les Cafés géographiques (de Paris). Nous ignorerons Boulogne, ville dotée d’un patrimoine exceptionnel des années 30, où sont nées l’automobile et l’aviation, entre bois et fleuve, tout près de la capitale.

Nous concentrerons nos découvertes sur Billancourt, la ville que Sartre ne voulait pas désespérer, mais qui n’existe plus. Une nouvelle ville pionnière, du XXI ème siècle,  est en cours d’édification sur la ZAC- Ile Seguin – Rives de Seine. Quatre communes sont associées au projet : Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Meudon et Sèvres. Une nouvelle fois, les plus grands architectes  sont convoqués : Jean Nouvel, Norman Foster, Dominique Perrault, etc. Il suffit de passer des ponts, d’enjamber des îles  et c’est tout de suite l’aventure…

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Festival Relectures : Histoires, Géographies

Les Cafés Géographiques vous invitent à la 17ème édition du festival Relectures, dont le thème sera « Histoires, Géographies ».

relectures-17
Relecture
s 17  — Histoires, Géographies
Festival de littérature contemporaine & performance
du 29 septembre au 8 octobre
espace khiasma & lieux partenaires

Pour sa dix-septième édition, le festival Relectures propose d’imaginer l’art du récit comme un geste cartographique, un espace où se rencontrent géographies intimes et histoires collectives, espaces physique et numérique. 

Dans un moment où les frontières se tendent, où ce qui sépare devient plus saillant que les chemins qui traversent et nouent les expériences de vie, des paroles et des textes viennent tenter de lier de nouvelles alliances. Parcourir la ville par la bande, prendre soin des chemins de traverse et des lieux sans qualité.

Les artistes et auteurs qui viendront peupler cette édition prennent acte d’un monde global et laissent leurs œuvres devenir les atlas sensibles d’un espace en mouvement – un Chaos-Monde où tous les destins sont liés et toutes les histoires appellent des corps multiples pour apparaître.

Une programmation d’Olivier Marboeuf en collaboration avec Sébastien Zaegel.

Cliquez ici pour télécharger le programme du festival en PDF !

Tout au long du festival, la librairie de Relectures accueillera l’installation de Patrick Fontana, En redevenant sauvages et féroces — série de dessins au crayon réalisés à partir de photographies des milliers de « migrants » qui marchent à travers l’Europe, sont arrêtés par des murs, des barbelés, mis dans des camps puis refoulés.

Relectures est un festival organisé par Khiasma. Il bénéficie du soutien de la Région Île-de-France, du département de la Seine-Saint-Denis et du Centre national du livre.

Comme toujours à Khiasma, tous les événements de Relectures sont en entrée libre. Réservez dès maintenant !

Retrouvez tous les détails de cet événement sur le site de l’espace Khiasma.

Un MOOC de cartographie thématique

Les Cafés Géographiques vous informent du lancement d’un MOOC, formation en ligne ouverte à tous, dédié à la cartographie thématique. Il est organisé par l’ENS, avec les enseignements d’Alexis Gonin (Maître de conférence) et de la cartographe Anne Le Fur. Les inscriptions auront lieu jusqu’au 17 octobre 2016.

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MOOC « Cartographie thématique » – Coursera.org

Présentation du MOOC

Apprendre à réaliser des cartes ? C’est ce que propose ce cours grâce à des vidéos, des exercices, un forum. A la fin de la formation, vous maîtriserez les principes de la sémiologie graphique, et vous saurez les mettre en œuvre pour construire des cartes thématiques simples et de qualité. Ces cartes personnelles donneront de la force à vos rapports, synthèses, articles, mémoires universitaires, sites web… Les participants seront guidés pas à pas pour dessiner un fond de carte, construire des cartes statistiques, avec des figurés proportionnels, des gammes de couleurs…

De multiples exercices seront proposés : quizz, QCM, entraînements sur les logiciels. Deux logiciels libres seront utilisés : Inkscape, un logiciel de dessin vectoriel, et Philcarto, un logiciel de cartographie automatique.

Ce MOOC est aussi une invitation au voyage : de nombreux exemples à toutes les échelles et de toutes les régions du monde seront présentés.

Migrations : des idées et des cartes pour aller à l’encontre des politiques, par Olivier Clochard.

Cafés géographiques de Montpellier du 26 janvier 2016 au Gazette Café. Compte-rendu rédigé par Guillaume Poinsignon.

Nous tenons à remercier avant tout Olivier Clochard pour sa venue ce soir. Docteur en géographie et chargé de recherche au CNRS (UMR Migrinter, Poitiers), il est spécialiste des migrations et à ce titre est membre de Migreurop, « réseau européen et africain de militants et de chercheurs dont l’objectif est de faire connaître et de lutter contre la généralisation de l’enfermement des étrangers et la multiplication des camps, dispositif au cœur de la politique d’externalisation de l’Union européenne » (extrait de www.migreurop.org). Après avoir rédigé Atlas des migrants en Europe. Géographie critique des politiques migratoires (éditions 2009 et 2012) sujet compliqué et sensible, brûlant d’actualité, Olivier Clochard poursuit ses recherches actuellement à Calais où il avait fait sa thèse mais aussi à Chypre et sur d’autres terrains (Bruxelles, Marseille).

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Comment peut-on être « montagnard » ? Bernard Debarbieux.

Compte rendu du Café Géographique de Chambary, animé par Bernard Debarbieux, le 13 avril 2016 à Chambéry. Compte-rendu réalisé par Lise Piquerey.

Dans ce titre, deux mots s’imposent : « montagnard » et « comment ». Le titre retenu ne l’est pas par hasard, il fait écho aux Lettres persanes de Montesquieu (1721), qui raconte sous la forme d’une fiction épistolaire la découverte de Paris par deux Persans. L’ouvrage narre ainsi une série d’expériences, racontées sur un mode humoristique. C’est une sorte de conte philosophique dont l’objectif est de soulever les absurdités de la société française du début du XVIIIe siècle et d’ironiser sur la façon dont les Parisiens ont de comprendre et de percevoir l’altérité. Bien qu’ayant près de trois siècles, l’ouvrage évoque des situations transposables dans une période plus contemporaine, comme l’exprime la Lettre 30 de Montesquieu.

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Jura, nous voilà ! (2016).

jura-01Dans la haute chaîne du Jura, entre les Rousses et le lac de Joux en Suisse,  le car glissait comme un reptile. Le paysage défile comme un cinémascope, la silhouette effilée des sommets, les barres calcaires entre les sapinières, l’ovale des lacs bleu ciel dessinant un petit pan de ciel bleu sur la campagne verte et dont l’air était jauni par le soleil. Nous étions là, à chercher ce que la montagne pouvait nous raconter de nous mêmes que nous n’aurions même pas songé à trouver, une émotion, une surprise, une certitude, une inquiétude peut-être. Dans le défilé des sapins qui nous accompagneraient au lac de Malbuisson que Courbet voyait comme un trou noir, les vaches étaient indifférentes à notre passage. Mouthe et son clocher coiffé d’un bulbe aux couleurs froides offrait la sidération d’un village ordinaire du haut-Jura, rue principale élargie pour les congères hivernales de neige, maisons protégées du vent par des tôles dessinées comme des écussons, voitures stationnées en désordre, femme secouant un tapis à la fenêtre, maquignon montant dans un camion de bestiaux. C’était donc cela, le Jura. Un canton de l’univers où des gens nés-là étaient restés sans vraiment l’avoir voulu, ouvrant les fenêtres en cette fin d’été chaude et qui allaient s’apprêter pour la saison du grand manteau blanc.

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Forêts : retours en enfance. Deux BD revisitées. Tintin et Astérix écologues ? par Paul Arnould.

Paul Arnould, professeur de géographie à l’ENS de Lyon et chercheur à l’UMR 5600, Environnement Ville Société, évoque, le 16 septembre 2015, les « Forêts : retours en enfance. Deux BD revisitées. Tintin et Astérix écologues ? », au Café de la Cloche.

Spécialiste des forêts, il a écrit dernièrement « Au Plaisir des forêts. Promenade sous les feuillages du monde », où le sixième chapitre (sur 43) porte sur les plaisirs enfantins de la BD. De l’enfance à la BD, il n’y a alors qu’un pas. Sa jeunesse en forêt est marquée par les Vosges, les cabanes et les mini-défrichements pour faire du bois de feu. Elle est occupée aussi par la lecture des albums de Tintin et par l’abonnement au journal Pilote où paraissent les aventures d’Astérix le gaulois. Ayant lu son premier Tintin Objectif Lune a un peu plus de 7 ans, Paul Arnould, approchant des 77 ans, la deuxième date fatidique utilisée par les publicitaires pour borner le lectorat de Tintin, a décidé de revisiter Tintin au prisme de l’environnement. Y ajouter des constatations et des interrogations avec un autre héros au succès phénoménal, Astérix, permet de proposer une lecture jumelle des deux bandes dessinées.

Compte-rendu réalisé par Emeline Comby.

Comment la forêt est-elle représentée par les auteurs de ces deux BD, comment les questions écologiques y sont-elles évoquées ? Tintin et Astérix peuvent-ils être considérés comme des spécialistes de l’environnement forestier ?

Tintin et Astérix sont, pour de nombreux bédéphiles, des BD un peu datées. Ces deux séries sont parmi les plus vendues dans le monde. Les chiffres sont impressionnants : 365 millions d’albums pour Astérix, plus de 230 millions pour Tintin. Le dernier Astérix « Le papyrus de César », paru en octobre 2015, a été tiré à plus de 4 millions d’exemplaires. Tintin est désormais traduit en plus de cent langues, Astérix en plus de 120.

Astérix est très lié à l’Hexagone (Le gaulois, la serpe d’or, le tour de Gaulele combat des chefs, le bouclier arverne, le chaudron, la zizanie, le domaine des dieux, les lauriers de César, le devin, en Corse, le cadeau de César…), mais avec une forte dimension européenne (Les Goths, les Bretons, les Normands, aux jeux olympiques, en Hispanie, chez les Helvètes, chez les Belges….). Astérix est incontestablement plus européanocentré que Tintin.

Tintin s’impose au premier abord comme un chasseur non-écologue, surtout dans Tintin au Congo, livre de massacres et de tueries d’animaux ; mais d’autres représentations vont progressivement nuancer cette posture simplificatrice.

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« Iles de la Seine » au Pavillon de l’Arsenal, jusqu’au 2 octobre 2016, Michèle Vignaux.

Beaucoup rêvent d’îles… forcément lointaines, tropicales aux essences parfumées ou océaniques battues par les tempêtes. L’île est le lieu du retrait du monde, de l’Utopie (« île » et « isolement » ont la même étymologie latine : insulatus). Pourtant la Seine, si familière, nous offre l’exploration de territoires divers, sauvages ou saturés d’histoire (117 îles qui s’égrènent de Conflans Sainte Honorine à Rouen).

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