Bilbao & l’effet Guggenheim

En moins de deux décennies, la vieille « citrouille industrielle » s’est muée en carrosse de services et en conservatoire d’architecture contemporaine. Depuis la fin des années 1990, les créateurs les plus célèbres y ont été convoqués, avec succès ! Le pont de la Salve, est dominé par l’arc rouge vif de Daniel Buren L’immense tour noire de César Pelli se profile à l’arrière plan de la photo Au milieu, le magnifique musée Guggenheim créé par Franck Gehry. En 1997 sort de terre, sur un ancien chantier naval un bâtiment énorme qui stupéfie le monde entier. Cette fleur de titane va sauver la ville du naufrage. D’autres villes d’Europe, sinistrées de l’industrie lourde vont suivre l’exemple de Bilbao.

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Où en sont les frontières chypriotes ?

Marie Pouillès Garonzi, doctorante en géographie à l’Université Lumière Lyon 2, ED 483, UMR 5600 EVS-IRG, analyse la division de l’île de Chypre de part et d’autre de la « Ligne Verte », pour les Cafés géo de Montpellier.

La polysémie du concept de frontière

En guise d’introduction, Marie Pouillès Garonzi souligne la polysémie du concept de frontières à travers trois définitions proposées par des géographes et politologues français :

  • Bruno Tertrais et Delphine Papin définissent la frontière comme une « limite géographique -ligne ou espace- dont le tracé reflète les relations entre deux groupes humains : rapport de force militaire ou diplomatique, mais aussi traditions ou relations de bon voisinage. C’est en quelque sorte de l’histoire inscrite dans de la géographie ou ‘temps inscrit dans l’espace’ (Michel Foucher) ». (Tertrais & Papin, 2016, p.13).
  • Jean-François Staszak met l’accent sur les divisions sociales et spatiales établies par la frontière qu’il définit comme « tout dispositif géographique qui opère une division à la fois sociale et spatiale ». (Staszak, 2017, p.25)
  • Bernard Reitel insiste pour sa part sur « le caractère ambivalent de la frontière, tantôt fixe, tantôt fluctuante ». La frontière « semble à la fois associer et dissocier, différencier et articuler ». Il explique que la « frontière instituée fonctionne grâce à un jeu de fermetures et d’ouvertures que traduisent des durcissements (bordering), des dévaluations (debordering), voire des raffermissements (rebordering) ». (Reitel, 2017, p.54-55)

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Bùn cha et pad thai : quel avenir pour la « street food » en Asie du Sud-Est ?

Les Cafés Géo de Montpellier ont reçu Gwenn Pulliat, chargée de recherches en géographie au CNRS, UMR ART-Dev pour parler de « street-food » en Asie.

La conférence porte sur la vente alimentaire de rue en Asie du Sud-Est. Le terme de « street food » est très à la mode et un élément de l’identité internationale de l’Asie du Sud-Est connue pour sa gastronomie de rue. Netflix a d’ailleurs créé une série sur la « street food », qui commence à Bangkok. Or la street food fait l’objet d’un contrôle croissant voire d’une éviction par les autorités des grandes villes sud-est asiatiques. Il y a donc une ambivalence entre d’un côté une promotion internationale et de l’autre un contrôle accru des vendeurs. La présentation porte surtout sur Hanoï et Bangkok. (suite…)

Atlantique

Nicolas Escach, Benoït Goffin. Atlantique. Collection Odyssée, villes-portraits. ENS Edition, 2021

Atlantique est le deuxième ouvrage de la « Collection Odyssée, villes-portraits » (ENS Editions) que Daniel Oster a déjà présentée sur notre site (https://cafe-geo.net/de-la-baltique-a-la-mer-noire-atlantique/). Des textes courts livrent le ressenti de géographes, d’architectes ou de journalistes sur une ville à laquelle ils sont particulièrement attachés. Ce ne sont ni des métropoles mondiales, ni des bourgades mais des villes plus ou moins grandes marquées par un long passé qui a laissé des traces dans l’imaginaire collectif, imaginaire parfois en décalage avec la situation actuelle.  Chaque article est illustré par des dessins réalisés par des étudiants de l’Ecole Estienne.  Le parti pris est celui de la simplicité : quelques couleurs primaires, des perspectives différentes (plongée, contre-plongée, horizontalité) et des symboles simples comme dans les cartes anciennes (arbre, montagne, maison). (suite…)

Des lieux religieux associant culte et tourisme, monastères grecs orthodoxes dans l’île de Chypre, marabouts soufis en Tunisie

Au début du XXIe siècle, deux phénomènes se télescopent dans le monde, le poids croissant des religions et la mondialisation spatiale du tourisme. Le développement inexorable du tourisme, comme genre commun de l’humanité, transforme les lieux sacrés, saints, religieux, en patrimoine matériel, à visiter par les touristes du monde entier.

Le tourisme international pénètre, d’une part les lieux saints et les sanctuaires, dans lesquels les cultes ne sont plus célébrés. Il s’immisce d’autre part, dans les lieux de culte en activité, mais bien souvent en perturbant le déroulement des célébrations et des rites. D’autres lieux de culte ont été désacralisés (perte de la fonction religieuse pour une activité profane). Sur l’île Chypre à Nicosie Nord (partie de la ville occupée par la Turquie), des églises, à Athènes (Froment, 2019), des mosquées, ont perdu leur fonction cultuelle première. Dans la capitale grecque, la mosquée Fethiye, édifiée au XVIIe siècle, a été restaurée et transformée en lieu d’exposition. La mosquée Tzistarakis, construite en 1759, malgré plusieurs tentatives pour la rétablir dans sa fonction cultuelle originelle, sert d’annexe au musée d’Art populaire grec (Froment, op. cit.).

Au Maghreb (Tunisie), en Méditerranée orientale (partie de l’île de Chypre occupée par la Turquie), perdurent, depuis des siècles, des lieux saints partagés, entre les fidèles des trois religions monothéistes du Livre. Ils sont de surcroît ouverts au tourisme international, de populations non-croyantes.

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Des lieux entre mémoire, géographie et imaginaire (3) : La route de Leh (Inde)

Une route. Pas une autoroute, une voie express, un périphérique, mais une route étroite, sinueuse, au bitume mal ravaudé. C’est pourtant cette route qui relie deux univers opposés, celui des jardins luxuriants des miniatures mogholes à celui des terres minérales et arides des hautes terres himalayennes. Parmi les peu nombreuses routes transhimalayennes, la NH 1D conduit de Srinagar, capitale d’été du Cachemire, à Leh au cœur du Ladakh, le « pays des hauts cols ».

L’aventure commence par un séjour paisible dans la ville qu’aurait fondée Ashoka il y a plus de 2000 ans. Située à 1760 m d’altitude, Srinagar offre une villégiature fraîche en été à ceux qui veulent fuir la touffeur de la vallée du Gange et de la plaine du Penjab. Rois bouddhistes, empereurs moghols, maharajas hindous puis colons britanniques en ont goûté l’atmosphère. (suite…)

Montpellier, du cœur et de l’audace

Les berges du Lez © maryse.verfaillie

Les Cafés géographiques ont proposé à leurs adhérents un court séjour à Montpellier, cité millénaire qui se réinvente à toute vitesse. Son cœur ancien, l’Ecusson, est presque entièrement réhabilité. Son extension, le long des berges du Lez est spectaculaire puisque les architectes les plus audacieux de la planète s’y sont donné rendez-vous.

Un dossier a été réalisé par les organisateurs : Maryse Verfaillie, responsable Voyages des Cafés géographiques. Et trois Montpelliérains : Gloria Huet-Garcia, co-organisatrice de ce séjour, Jean-Pierre Huet et Jean-Luc Pépin qui ont réalisé techniquement l’impression du dossier en version papier pour les participants et en version pdf, ci-dessous.

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Congo. Un fleuve à la puissance contrariée. Roland Pourtier, CNRS Editions, 2021

Les Editions du CNRS ont confié à Thierry Sanjuan et Marie-Pierre Lajot la direction d’une nouvelle collection baptisée « Géohistoire d’un fleuve ». Il ne s’agit pas seulement d’y étudier un fleuve dans son hydrographie, ses paysages spécifiques, ses aménagements, mais aussi de prendre en compte son histoire et les imaginaires qu’il a engendrés. (suite…)

Le Monde à l’heure chinoise

Éric Chol, Gilles Fontaine, Il est midi à Pékin, Fayard 2019

La Chine nous fascine depuis toujours. Les titres d’ouvrages qui lui sont consacrés en témoignent : Quand la Chine nous précédait, Quand la Chine s’éveillera, etc. Aujourd’hui, nul ne l’ignore, la Chine veut redevenir l’empire du Milieu. Elle veut effacer les « 150 années d’humiliations » (1799-1949) vécues sous les dominations coloniales des Occidentaux et des Japonais.
Le 1er octobre 1949, est proclamée la République Populaire de Chine. Pékin retrouve son statut de capitale et pour assurer l’unité nationale, Mao Zedong décide de supprimer les 5 fuseaux horaires en vigueur depuis 1912, au profit d’un seul, celui de Pékin. Actuellement, une même pendule règle la vie quotidienne de 1,4 milliard de Chinois sur les 5 000 km d’Est en Ouest de l’empire du Milieu.
Xi Jinping l’affirme : « Les pays qui ont tenté de poursuivre leurs objectifs de développement par l’usage de la force ont échoué. C’est ce que l’histoire nous a appris. La Chine s’est engagée à maintenir la paix et à construire une communauté de destin pour l’humanité ».
Ces paroles, brutales, illustrent la volonté du Dragon, aujourd’hui bien éveillé, de rattraper puis de dépasser la puissance des Etats-Unis. (suite…)

De la Baltique à la mer Noire
Atlantique

De la Baltique à la mer Noire + Atlantique

De la Baltique à la mer Noire et Atlantique sont les titres des deux premiers volumes de la collection « Odyssée, villes-portraits », publiés par ENS Editions sous la direction de Nicolas Escach et Benoît Goffin. Ils viennent de paraître en avril 2021 et l’éditeur annonce pour 2022 deux autres volumes : Arctique et Balkans. Disons-le d’emblée, c’est une réussite éditoriale, bâtie sur une collaboration originale entre des géographes et des artistes, pour faire dans chaque volume le portrait de dix villes entre géographie subjective et littérature de voyage.

Les auteurs (universitaires, écrivains, journalistes, architectes…) n’hésitent pas à donner leurs impressions et leurs ressentis pour mieux faire comprendre l’espace urbain décrit. Quant aux illustrateurs ils composent plusieurs types de dessin à partir de différents documents fournis par les auteurs pour rendre compte de la variété des configurations spatiales. Les dessins du volume De la Baltique à la mer Noire ont tous été réalisés par Marie Bonnin, ancienne élève de l’Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs. En revanche, les dessins du volume Atlantique ont été l’œuvre d’une dizaine d’anciens élèves de l’école Estienne (un illustrateur différent pour chacune des dix villes). (suite…)

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