La femme audacieuse : une figure européenne, Claudie Chantre.

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En ce 7 mars 2015  à l’Odéon-Théâtre de l’Europe a lieu la quatrième rencontre/lecture d’une série de cinq consacrée au thème de l’Europe inspirée. La rencontre est animée par Martine Méheut, présidente de « Citoyennes pour l’Europe », en présence de Nathalie Loiseau, directrice de l’Ecole Nationale d’Administration.

Martine Méheut introduit la séance : « Pourquoi y a-t-il en Europe, au long des siècles, des femmes qui osent penser, écrire et dire jusqu’à l’engagement politique ce qui les scandalise et ce qu’elles espèrent ? Leur statut enviable en Europe n’a-t-il été  imposé que par leurs luttes et leurs victoires ? Ne faut-il pas plutôt reconnaître que la civilisation européenne est un espace propice au courage de la femme audacieuse ? »

Quatre textes seront lus au cours de cette séance : le « No pasaran ! » de Dolores Ibarruri, un extrait de « Une chambre à soi » de Virginia Woolf, un extrait de « Eloge de l’imperfection » de Rita Levi-Montalcini et un  extrait de « l’Enracinement » de Simone Weil.

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Promenade dans le Paris Art déco (21 mars 2015), par Sylvie Gazannois.
Près du palais de Tokyo , le groupe des Cafés géo, Tokyo très attentif aux propos éclairés de la conférencière Sylvie Gazannois (cliché de Daniel Oster)

Près du palais de Tokyo , le groupe des Cafés géo, Tokyo très attentif aux propos éclairés de la conférencière Sylvie Gazannois (cliché de Daniel Oster)

Promenade dans le Paris Art déco (samedi 21 mars 2015 après-midi). Après la journée Paris Art nouveau en 2014, les Cafés géographiques ont  proposé à leurs adhérents pour le début du printemps 2015 un après-midi Paris Art déco, sous la conduite de la même conférencière, Sylvie Gazannois.

Dans un périmètre circonscrit aux quartiers limitrophes des XVIe et VIIIe arrondissements, une promenade relativement courte a permis d’apprécier de nombreuses réalisations Art déco qui ont marqué l’urbanisation parisienne des années 1920-1930. (suite…)

L’Inde, l’autre géant asiatique, avec Frédéric Landy et Michaël Bruckert.

Compte rendu du Café Géographique du 27 janvier 2015 (Paris, Café de Flore) Compte rendu rédigé par Michèle Vignaux et  Elisabeth Bonnet-Pineau

Intervenants :

Frédéric Landy, professeur de géographie à l’université Paris Ouest-Nanterre-La Défense.

Michaël Bruckert, doctorant à la Sorbonne, chercheur en géographie culturelle de l’alimentation (travaille sur la consommation de viande en Inde).

Comment situer l’Inde à l’échelle de l’Asie ?

Frédéric Landy rappelle que certaines expressions sont discutables pour nommer la région où se trouve l’Inde. « Monde indien » peut difficilement qualifier une région incluant le Pakistan (dont les relations avec l’Inde sont conflictuelles). « Subcontinent » est un anglicisme. « Asie du sud » est la plus précise, mais encore assez peu employée en français. C’est dans ce contexte régional complexe que se situe un sous-ensemble lui aussi complexe, l’Inde, dont le nom officiel est  l’« Union Indienne ».

Le qualificatif d’ « émergent » convient-il à l’Inde ? Pour Michaël Bruckert, cette notion, créée par la Banque Mondiale pour définir un pays en décollage économique, n’est pas fausse mais elle reste trop générale, le pays ne pouvant être mis sur le même plan que la Chine ou  le Brésil. F. Landy précise que parler d’ « économie émergente », comme le font les Anglais, et non de « pays émergent » est peut-être moins ambigu.

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Ukraine, État islamique… Une multiplication de conflits non conventionnels ?, Béatrice Giblin.

Café Géo animé par Béatrice GIBLIN, Professeur émérite de géographie, Institut Français de Géopolitique de l’Université Paris 8. Co-fondatrice et directrice de la revue Hérodote. Ce Café Géo a eu lieu le mardi 13 janvier 2015. Compte-rendu réalisé par Clément Cussac et Anne-Isabelle Merlet, sous la direction de Thibault COURCELLE et Mathieu VIDAL.

Qu’entend-t-on par conflits conventionnels ? Une guerre armée officiellement déclarée à une date précise entre deux ou plusieurs Etats dont les armées professionnelles s’affrontent sur des champs de bataille bien identifiés. Dans ce type de guerre, les armées doivent respecter les règles de la convention de Genève. Tout comme il y a une date pour le début de la guerre, il y a aussi une date pour sa fin. Avec les conflits non conventionnels il en va tout autrement et le droit de la guerre est systématiquement bafoué.

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L’eau à la bouche. Les rivières, un enjeu citoyen ? Avec Marylise Cottet et Jean-Baptiste Chémery.

Le 22 octobre 2014 au Café de la Cloche, les Cafés Géo de Lyon accueillent Marylise Cottet, chargée de recherche CNRS à l’UMR 5600 Environnement Ville Société, et Jean-Baptiste Chémery, géographe de formation et fondateur du bureau d’études Contrechamp. Leur exposé questionne les cours d’eau comme des ressources qui soulèvent des enjeux de gestion. La participation citoyenne sera centrale dans leur propos. Compte-rendu réalisé par Emeline Comby.

L’eau est un enjeu de société autour de cinq grands enjeux pour Marylise Cottet.

Le premier enjeu est l’eau potable. L’eau est alors vue comme bien de consommation (peu importe son origine, eaux des rivières ou des nappes d’accompagnement). Toute une série de traitements, via les stations d’épuration notamment, rend l’eau consommable. Ensuite elle est distribuée avant d’être de nouveau retraitée. Ce processus est appelé le petit cycle de l’eau.

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La randonnée : une expérience géographique, avec Antoine de Baecque

Jean-Louis Tissier, professeur émérite de géographie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, présente brièvement Antoine de Baecque, l’intervenant de la soirée consacrée à  » la randonnée, une expérience géographique « . Antoine de Baecque, historien, professeur à l’ENS, vient de publier un ouvrage, La traversée des Alpes.Essai d’histoire marchée. (Gallimard, Bibliothèque des histoires, 2014), qui interroge le géographe intéressé par l’exercice de la randonnée. Compte rendu rédigé par Daniel Oster à partir des notes prises par Pauline Piketty,

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En septembre 2009, pendant un mois, l’historien-randonneur a marché tous les jours sur le chemin du GR5, du lac Léman jusqu’à la Méditerranée. Résultat : 650 km, 30 000 m de dénivelée, 30 cols majeurs gravis avec 17 kg sur le dos. Pour Jean-Louis Tissier, cette aventure équivaut à une véritable géographie à pied d’œuvre. Confronté à la pente, forcé d’avoir recours aux cartes pour résoudre ses problèmes d’itinéraire, obligé de se concentrer sur son orientation pour rattraper ses bifurcations malheureuses, Antoine de Baecque a fait en quelque sorte de la géographie à l’ancienne avec un goût prononcé pour les paysages alors que la géographie contemporaine préfère, elle, « traverser le monde sur coussin d’air en évitant les territoires » (dixit Jean-Louis Tissier).

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La crise des subprime, par Guilhem Boulay.

Les Cafés Géo de Lyon accueillent le 3 décembre 2014, Guilhem Boulay, maître de conférences à l’Université d’Avignon, au Café de la Cloche. Il travaille sur le marché immobilier en géographie économique. Compte-rendu réalisé par Emeline Comby.

Il ouvre ce Café Géo sur une citation de G.W. Bush : « L’économie va mal parce que nous avons construit trop de maisons ». En effet, le propos va se centrer sur la crise appelée « crise des subprime » ou « crise de 2008 » qui est la plus profonde depuis 1929. Elle se manifeste par un effondrement des prix immobiliers américains à partir de 2007 comme le montre l’indice Case-Shiller. En ce sens, cette crise mondiale mais avant tout made in USA. Ces trente dernières années, les crises étaient plutôt situées en Amérique Latine ou en Asie du Sud-Est, ou relativement cantonnées (l’éclatement de la bulle Internet n’a pas eu un impact sur tous les pays).

Comment l’éclatement de la bulle immobilière américaine a-t-il pu faire exploser l’économie mondiale, alors même que ce n’est pas aux Etats-Unis que les prix immobiliers ont le plus fortement varié lors des années 2000 ? (Ils sont montés beaucoup plus haut au Royaume-Uni, en Irlande, en France ou en Espagne…)

Cette crise a de multiples intérêts théoriques. Elle lie fortement les échelles locale (l’urbain) et globale. Elle questionne les corpus économiques dominants et l’économie mondiale. Elle permet d’interroger la performativité de l’économie qui impose des types de conduites économiques. Ce faisant, elle a aussi, au moins temporairement, réhabilité des lectures hétérodoxes des processus économiques.

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La fondation Louis Vuitton, Maryse Verfaillie.

Fondation Louis Vuitton
8 avenue du Mahatma Gandhi
75116 Paris

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Dédiée à la création contemporaine, la Fondation Louis Vuitton a ouvert ses portes en octobre 2014 à l’ouest de la capitale, dans le Jardin d’Acclimatation. L’édifice, imaginé par Frank Gehry, flotte à la lisière du bois tel un nuage de verre blanc. Qui a dit que Paris s’endormait sur ses lauriers ? Qui a dit que  « l’archi-star » Gehry, couronné par le Pritzker en 1989 n’était pas resté le maître des « constructions tordues », le maître des prouesses innovantes ?

Allez admirer ce vaisseau et ses voiles de verre et de métal. Gehry a le vent en poupe !

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Tirer parti du danger sur les volcans javanais, par Edouard de Bélizal.

Café géographique de Montpellier, 2015. Rencontre avec Edouard de Bélizal. Introduit par Frédéric Leone. Compte rendu de Annabelle Moatty.

Les ressources en milieu volcanique.

Les fortes densités de population sur les flancs des volcans javanais sont à l’origine d’une importante  exposition  aux  aléas  volcaniques.  Elles  témoignent  aussi  d’une  certaine attractivité de ces milieux. Les ressources des espaces volcaniques javanais contribuent à fixer durablement des populations capables d’en tirer parti. Le Merapi, dont les éruptions très récurrentes, pouvant menacer jusqu’à plus d’un million de personnes, en ont fait le volcan le plus surveillé d’Indonésie. Traditionnellement, les dépôts laissés dans le fond des vallées par les coulées pyroclastiques ou les laharsi sont utilisés par les populations locales qui les revendent sur l’ensemble de l’île de Java. Les blocs d’andésite et les fractions sableuses représentent des matériaux de construction très prisés. Les carrières du Merapi, aménagées dans les corridors de coulées pyroclastiques et de lahars, ont longtemps fonctionné avec les dangers et la ressource que constituent les matières premières apportées par les aléas volcaniques. Cependant, l’éruption de 2010 a induit plusieurs ruptures dans le système traditionnel mis en place sur le Merapi entre les sociétés javanaises et le volcan. L’étude sur le long terme des évolutions et tentatives d’adaptation successives de cette activité encore mal encadrée révèle combien les espaces volcaniques sont attractifs. Cela entraîne une démultiplication d’acteurs extérieurs au Merapi plus ou moins bien identifiés. Cette situation engendre  des  conflits  entre  des  populations  locales  qui  accusent  les  industriels  de confisquer leurs ressources. Les conflits portent aussi sur la dégradation économique et environnementale qui menace les moyens de subsistance traditionnels des sociétés du Merapi. Ces dernières se tournent donc de plus en plus vers d’autres modes de mises en valeur du volcan.

Les ressources qui permettaient de fixer et de protéger économiquement les sociétés sur le Merapi  sont  aujourd’hui  à  l’origine  d’une  certaine  compétition.  La  concurrence  est importante, tant dans le domaine de l’extraction que dans celui du tourisme. La question soulevée est celle de l’adéquation des mesures de gestion des risques avec les enjeux générés par l’évolution des conditions de vie sur le volcan.

Edouard de Bélizal est agrégé et docteur en géographie, rattaché à l’UMR 8591 Laboratoire de Géographie Physique Paris 1-CNRS.

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Les métamorphoses de l’autoroute urbaine, avec Cécile Féré et Olivier Roussel.

A l’occasion de la publication de l’ouvrage collectif auquel ils ont contribué, Les métamorphoses de l’autoroute urbaine (paru le 18 septembre aux éditions Alternatives Gallimard), les Cafés Géo de Lyon accueillent, le 11 mars 2015, Cécile Féré, docteur en géographie, urbaniste, chargée d’études mobilités à l’Agence d’urbanisme de Lyon et Olivier Roussel, géographe, urbaniste, directeur des missions métropolitaines à l’Agence d’urbanisme de Lyon. L’ouvrage propose un tour de France des projets de requalification en cours, éclairé par des expériences internationales. Les deux intervenants proposent aujourd’hui de revenir sur la genèse de cet ouvrage avant de s’intéresser à l’histoire des autoroutes urbaine et de livrer des exemples de réaménagement d’autoroutes urbaines en France mais aussi à l’étranger.

Compte-rendu réalisé par Silvia Flaminio.

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