Les Cafés Géographiques de Chambéry – Annecy

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Une fois par mois environ, à 18h30 au O’Cardinal’s à Chambéry (place Métropole) ou à 18h au Café Terra Natura à Seynod (67 av. des Neigeos), venez découvrir la géographie autour d’une tasse ou d’un verre !

Des géographes de tout horizon, parfois accompagnés d’autres spécialistes, viennent analyser les grands enjeux de nos sociétés et de leurs espaces, nous aident à comprendre nos territoires proches ou lointains à différentes échelles. Les Cafés géographiques de Chambéry-Annecy offrent un moment convivial pour débattre des défis d’ici et d’ailleurs, d’aujourd’hui et de demain.

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L’Urbex : une exploration géographique des lieux abandonnés, par Aude Le Gallou.

Photo d’une ancienne usine en Allemagne, A. Le Gallou, 2023

Café géographique de Chambéry-Annecy, 6 décembre 2023. Par Aude Le Gallou, Maître assistante en géographie Université de Genève. Comte rendu de Yannis Nacef.

L’intervention d’Aude Le Gallou dans le cadre d’un Café Géographique qui s’est tenu à Chambéry le 6 décembre 2023 portait sur une partie de ses travaux de thèse intitulée « Géographie des lieux abandonnés. De l’urbex au tourisme de l’abandon : perspectives croisées à partir de Berlin et Détroit » et soutenue en 2021 à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

L’introduction de ce Café Géographique chambérien prend la forme d’une question adressée au public : « L’urbex qu’est-ce que c’est ? »

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Faire du tourisme avec du patrimoine : le cas de l’art rupestre alpin, avec Yoann Collange.

Par Yoann Collange, Doctorant en géographie – EDYTEM UMR 5204 – Université Savoie Mont Blanc. Compte rendu de Yannis NACEF.

Yoann Collange finalise actuellement une thèse à l’USMB au sein du laboratoire EDYTEM (Environnements, Dynamiques et Territoires de Montagne) intitulée « Ressource patrimoniale et transition touristique : la valorisation de l’art rupestre dans les alpes françaises et italiennes ». Cette intervention a eu lieu le 07 février 2024 à Chambéry dans le cadre d’un Café Géographie.

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Les stations de ski fantômes : mythes et réalité d’un angle mort de la géographie du tourisme, par Pierre-Alexandre Metral

Pierre-Alexandre Metral qui réalise actuellement une thèse à l’UGA dans le cadre du Labex Innovations et Transitions Territoriales en Montagne (ITTEM) intitulée « La montagne désarmée, une analyse des trajectoires territoriales des stations de ski abandonnées » est intervenu le 18 avril 2023 à Chambéry dans le cadre d’un Café Géographie.

En guise de préambule, l’intervenant est revenu sur ce « phénomène des stations de ski fermées qui revient de plus en plus fréquemment dans les médias à travers le mythe de la station de ski fantôme ». Selon lui, le terme de « station de ski fantôme » est une dénomination bien particulière qui fait éminemment référence à une activité ancienne qui viendrait marquer l’histoire d’un territoire vécu et qui s’ancrerait comme un traumatisme qui ne passe pas.

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La mise en œuvre des conditions de l’acceptation sociale dans un espace rural récemment protégé : le Parc National de Forêts. Par Romane Michaux.

Café géographique de Chambéry-Annecy, 2023, par Romane Michaux, compte rendu de Antonin Van des Straeten.

La présentation de Romane Michaux fait suite à ses travaux de Master 1 Géographies et Montagnes, réalisé en 2021 à l’Université Savoie Mont Blanc, elle aborde la mise en place du dernier parc national français, créé en 2019, et ses enjeux sociaux. Pour rappel, ce type d’espace protégé concerne un territoire sur lequel un intérêt est manifeste et où il n’est pas d’intervention artificielle susceptible d’en altérer l’aspect, le tout dans un but de préservation environnementale. Il est régi par une charte valable pour quinze années et se délimite spatialement par une aire d’adhésion et une ou plusieurs zones cœurs.

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Le Tour fait-il le tour de la France ? Critique(s) d’une géographie idéalisée, avec Antonin van der Straeten –
L’alimentation au Groenland : manger vert au pays blanc. Par Nina Parmantier

Café géo de Chambéry, 6 décembre 2022

Le Café Géo qui s’est déroulé à Chambéry le 6 décembre 2022 accueillait deux intervenants qui ont présenté leurs travaux de recherche conduits en master. Antonin van der Straeten, actuellement doctorant au sein du laboratoire EDYTEM à l’Université Savoie Mont Blanc, a commencé avec un regard géographique sur le Tour de France, évènement sportif qui a été au cœur de ses mémoires de Master 1 et Master 2. Ce fut ensuite à Nina Parmantier, aujourd’hui en Master 2 Géosphères (Master recherche en géographie) à l’Université Savoie Mont Blanc, d’aborder un sujet diamétralement différent : la question de l’alimentation au Groenland., une thématique qu’elle continue d’explorer cette année.

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L’Amérique latine, des territoires disputés. Par Sébastien Velut.

Le mercredi 28 septembre 2022, l’équipe des cafés géographiques de Chambéry-Annecy a reçu Sébastien Velut (Sorbonne Nouvelle, Institut des hautes études de l’Amérique latine) à La Base à Chambéry autour du thème : « l’Amérique latine, des territoires disputés ».

Afin de rendre la présentation plus interactive, Sébastien Velut a essayé de répondre aux questions de Marie Forget, dont il a été le directeur de thèse.

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Vivre ou être alpin dans la mondialisation. Une transition socioculturelle des hautes-vallées touristiques. Conférence de Jordan CHENU, géographe.

La présentation dispensée par Jordan Chenu devait se tenir à l’automne 2020, elle avait été repoussée pour les raisons que l’on connaît tous. Celle-ci retrace les grandes lignes des travaux de master du conférencier, avec une approche de géographies sociale et culturelle ; le cœur du propos réside dans les hautes-vallées de Tarentaise et de l’Arve, dans les départements de Savoie et de Haute-Savoie.

 

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Le Programme des Cafés Géographiques de Paris, saison 2022-2023

Le programme des Cafés géo de Paris, fixé en ce début de saison, marque la reprise d’un rythme de rencontres mensuelles après la crise sanitaire qui a longuement perturbé nos activités en 2020 et 2021. Il traduit la volonté des responsables de l’association de témoigner de la diversité de la géographie, une discipline qui s’avère très utile pour rendre compte des transformations du monde contemporain. Cela dit, nous n’avons pas invité des intervenants en puisant dans le seul vivier des géographes puisque nous avons obtenu le concours d’un sociologue, de plusieurs historiens et même d’une architecte devenue une importante responsable dans le domaine de l’énergie.

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Café géo de Chambéry- Annecy : programme de 2021-2022

 

Le mercredi 13 octobre à 18h00, nous accueillerons Hervé Théry (Directeur de recherche émérite au CREDA) pour un Café géo sur « Les quatre capitales du Brésil » (Le passe sanitaire sera demandé.)

 

 

 

 

 

 

Le mercredi 10 novembre, à 18h, Franck Ollivon (Docteur en géographie, AGPR à l’Ecole Normale Supérieure) nous fera découvrir le champ encore méconnu de la géographie carcérale dans son Café géo « Au bord de la liberté : éléments de réflexion pour une géographie du « milieu ouvert » pénitentiaire. »

Si la prison continue d’occuper le cœur du système pénal français, l’immédiat après-guerre a initié une longue période de réforme de l’institution judiciaire qui se prolonge encore aujourd’hui. Les alternatives à l’incarcération dites « peines en milieu ouvert » se sont ainsi développées à travers différents dispositifs – travail d’intérêt général, mise à l’épreuve, bracelet électronique… Toutefois, ces peines qui se déroulent hors de l’espace carcéral interrogent : au prix de quels ajustements les lieux ordinaires du quotidien se voient-ils investis de la double mission de punir et de réinsérer l’individu ? Que disent de nos sociétés ces modes de contrôle à l’air libre auxquels elles recourent ?

 

 

 

Et le mercredi 15 décembre, de nouveau à 18h, Emmanuelle Surmont (Docteure et agrégée de géographie, Enseignante au lycée des Lumières de Mamoudzou)s’intéressera aux enjeux de protection de la biodiversité à Mayotte dans son Café géo « Mayotte : une île à protéger. Le parc naturel marin de Mayotte : un merritoire de la protection original« .

 L’outre-mer français concentre 80 % de la biodiversité nationale et près de 10 % de la biodiversité mondiale. Mayotte, petit archipel situé dans le canal du Mozambique est un territoire à la biodiversité marine exceptionnelle : le lagon abrite plus de 200 espèces de coraux, 400 espèces de mollusques et près de 250 espèces de poissons. A cela s’ajoute une impressionnante mégafaune : baleines à bosse, dauphins, dugongs et tortues marines. Un parc naturel marin (PNM) de 69 000 km² y a été mis en place en 2010 afin de protéger la biodiversité et d’assurer un développement raisonné de l’espace et de l’île.  Deuxième PNM de France et premier en outre-mer, la mise en place de ce parc marin répond à des enjeux écologiques, mais aussi et surtout politiques. En effet, en sus de respecter ses engagements internationaux pris et réitérés lors des différentes COP et sommets, les gouvernements successifs cherchent à réaffirmer la souveraineté française sur un territoire disputé, bien que départementalisé en 2011. La biodiversité de Mayotte est également mise en avant à la fois comme une opportunité de développement économique (écotourisme, pêche durable) pour un territoire marginalisé, où 77 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté national. Dans ce café géo, je souhaite montrer l’usage politique qui est faite de ce parc marin, avec ses contradictions et ses limites. Des « merritoires » de la protection originaux et parfois concurrents se mettent en place, poussés par des acteurs aux objectifs divers.

Café géo de Chambéry-Annecy : pourquoi votre soutien régulier nous est-il si précieux ? 

L’association prend en charge les frais de transport de ses invité·es et le cas échéant leurs frais d’hébergement. Entre 2015 et 2023, le coût médian d’un Café était de 60 € et le coût moyen de 80 € (avec un coût minimum autour de 20 € et un coût maximum de plusieurs centaines d’euros). Ce coût est principalement fonction de la provenance de nos invité·es, ce qui n’est pas anodin pour une association située dans une ville universitaire de taille modeste. Entre 2015 et 2023, le vivier local (Annecy, Chambéry, Grenoble) n’a alimenté que 21 % des 58 Cafés géo que nous avons organisés tandis que que la majorité de nos invité·es provenait des universités parisiennes et franciliennes (34 %), suivi·es de collègues lyonnais·es (28 %), de géographes d’autres régions françaises (10 %) comme Limoges, Montpellier, Bordeaux ou Strasbourg, et enfin de voisin·es suisses (7 %).

Nos recettes proviennent des adhésions ainsi que des dons qui peuvent nous être faits par des particuliers comme par des entreprises. La crise sanitaire a porté un coup dur à nos finances : la diminution du nombre de Cafés (3 annulations sur 9 en 2019-2020, un unique Café en 2020-2021 et seulement 5 en 2021-2022, contre une moyenne supérieure à 7 auparavant) a entraîné la baisse des adhésions et des dons, faisant progressivement fondre nos réserves. Plus que jamais, votre soutien est donc précieux !

L’Arctique : changements environnementaux, développements régionaux, ambitions géopolitiques, par Eric Canobbio.

Compte rendu du café géographique du jeudi 16 janvier 2020, à 18h30 à Annecy (Café librairie BD Fugue Centre Bonlieu). « L’Arctique : changements environnementaux, développements régionaux, ambitions géopolitiques » par Eric Canobbio, maître de conférences à l’université Paris-VIII Saint-Denis et chercheur spécialisé dans la régionalisation du domaine arctique canadien et ses enjeux géopolitiques. Compte rendu de Laury Barbier et Elise Behidi.

Les questions que l’on se pose aujourd’hui sont révélatrices du changement de nature et de statut de l’Arctique.

Ce sujet s’est complexifié depuis 15 ans et on l’appréhende aujourd’hui à travers de grandes thématiques avec une échelle commune : l’Arctique au singulier. Or, les géographes ont surtout tendance travailler à des échelles nationales et locales qui sont signifiantes pour l’appréhension des changements sociétaux et des grandes questions environnementales.

La définition et les limites de l’Arctique sont complexes ; c’est un espace non homogène, polymorphe et polysémique historiquement. On considère que l’Arctique commence au cercle polaire 66.33°, ce qui fabrique un espace de plus de 21 millions de km². Cet espace est particulier dans la mesure où il s’agit d’abord d’un océan avec des littoraux très complexes. Ces derniers sont très découpés, très différenciés, et ce petit océan forge l’illusion d’une unité. Ainsi, on a parlé historiquement de “méditerranée arctique”, mais cette expression n’est pas exacte ; il s’agit d’une mer cloisonnée et non pas d’une mer de lien.

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Ni domestiques, ni sauvages, les relations socio-culturelles des Inuits du Nunavik (Québec) aux chiens, avec  Laine Chanteloup.

Café Géographique d’Annecy, le 14 novembre 2019 avec Laine Chanteloup (Université de Lausanne). Laine Chanteloup est actuellement professeure assistante à l’Université de Lausanne. Diplômée de l’Institut d’Études Politiques de Rennes et d’un Master de géographie de l’Institut de Géographie Alpine de Grenoble, elle a effectué sa thèse en géographie et en ethno-écologie en cotutelle entre le laboratoire EDYTEM de l’Université de Savoie et l’Université de Montréal au Canada. Après une année d’ATER de géographie à l’université Joseph Fourier de Grenoble, elle a réalisé un post-doctorat au sein de l’observatoire Hommes-Milieux du Nunavik soutenu dans le cadre du labex DRIIHM CNRS. Maître de conférences à Limoges, membre associé de l’UMR GEOLAB, elle a tout récemment pris un poste de professeure assistante à l’Institut de Géographie et Durabilité de l’Université de Lausanne, elle est rattachée au Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Montagne (CIRM) sur le site de Sion.

Compte rendu établi par C. Cubizolles, G. Coulon, L. Chardon (Kh et Hk Berthollet.

Ses travaux portent sur l’Arctique et les territoires de montagne (elle a notamment travaillé sur le massif des Bauges). Ses thèmes de recherche sont non seulement géographiques mais ethno-géographiques voire ethno-écologiques sur les questions des relations humains/animaux).

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Tou·te·s au lac ? La privatisation des rives lacustres : éclairages historiques, juridiques et géographiques, avec Alice Nikolli.

Café Géographique de Chambéry-Annecy, animé par Alice Nikolli (Annecy, 26 septembre 2019). Compte rendu de  E. Bukowski et C. Marot.

Pour ce premier café géo de la saison, Alice Nikolli, ATER en géographie à l’ENS de Lyon, nous présente les principaux résultats de sa thèse sur la privatisation des rives des lacs périalpins, qu’elle a préparée à l’Université Savoie Mont Blanc, au sein du laboratoire EDYTEM, et qu’elle soutiendra dans un mois.

Elle va aujourd’hui insister sur une tension autour de ces rives lacustres qui font l’objet d’une forte demande sociale, d’une fréquentation importante, mais qui sont également sujettes à des restrictions d’accès auxquelles on va se heurter si l’on veut accéder au bord du lac ou le longer. L’accès est selon elle une notion empirique, à l’échelle du corps, du déplacement physique. Ses terrains de thèse sont le lac d’Annecy, le lac du Bourget, le Léman et le lac de Côme, mais son propos de ce soir se focalisera principalement sur le cas du lac d’Annecy.

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Compte rendu du Café Géo « Spécial Master » Café géographique de Chambéry-Annecy du 9 octobre 2019.

Le 9 octobre 2019 les Cafés Géo de Chambéry-Annecy ont accueilli au Café Le Beaujolais de Chambéry trois étudiants de l’Université Savoie Mont Blanc venus présenter leur sujet de mémoire réalisé durant leur Master de géographie. Par ce Café Géo singulier, les travaux de recherche d’étudiants en géographie ont été mis en lumière, en suscitant le grand intérêt voire l’inspiration d’un public en grande partie étudiant.
Les trois sujets présentés ont été développés par Fabien Pouillon, Thomas Matheret et Axelle Egon qui ont respectivement traité du grindadráp aux îles Féroé, du geocaching, et des conflits liés à la ZAD de Roybon et à son projet de Center Parcs.

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L’Afrique, un continent émergent ? par Alain Dubresson.

Alain Dubresson est l’invité des Cafés géographiques de Chambéry-Annecy pour esquisser une synthèse de la situation africaine en cette fin d’année 2018. Il est notamment le co-auteur avec Géraud Magrin et Olivier Ninot de l’Atlas de l’Afrique dont une nouvelle édition vient de paraître chez Autrement, et à l’instar du sous-titre de l’ouvrage il nous propose de questionner l’émergence de ce continent.

https://cafe-geo.net/events/l-afrique-un-continent-emergent/

Il débute son intervention en soulignant d’abord l’importance du point d’interrogation dans l’intitulé du café géo « L’Afrique, un continent émergent ? ». En préambule, il rappelle que les regards sur l’Afrique ont beaucoup changé durant les dernières décennies. Alors que le regard était globalement afro-pessimiste à la fin du XXe siècle en considérant l’Afrique comme un continent en crise quasi permanente, le début du XXIe siècle fut caractérisé par un rebond économique africain entre 2000 et 2015 et, par conséquent, les regards sur ce continent changèrent au profit d’un optimisme retrouvé, voyant en l’Afrique un nouvel espace de l’émergence. Alain Dubresson rappelle que cette notion d’émergence est particulièrement floue, mais qu’elle évoque cependant l’idée d’un changement, d’une transformation profonde de la société. Il s’interroge ainsi sur cette phase de croissance économique des années 2000 pour savoir s’il s’agit d’une étape dans la transformation structurelle du continent africain contribuant à son émergence ou, au contraire, s’il s’agit simplement d’une parenthèse de croissance qui ne permet pas à l’Afrique de sortir de sa situation de dépendance qui la caractérise depuis les traites négrières. À partir de ce questionnement, Alain Dubresson propose d’examiner la situation ambivalente de l’Afrique en constatant que ce continent est caractérisé à la fois par des facteurs et des marqueurs importants du changement et, en même temps, par des freins et des processus qui limitent la transformation de la société africaine. (Lire la suite…)

« La société sherpa à l’ère du Yak Donald’s. Évolution des pratiques et paysages touristiques de la région de l’Everest », par Étienne Jacquemet

Café géo de Chambéry, 10 avril 2019. Étienne Jacquemet a récemment soutenu une thèse de géographie sur l’accès aux ressources dans la région touristique de l’Everest. Berceau du trekking et haut-lieu de l’himalayisme, cette région du Népal a évolué au gré d’une société sherpa qui cherche à profiter de l’intérêt des touristes du monde entier pour l’Everest et ses alentours.

Quel imaginaire touristique ?

Le développement touristique de la région du Khumbu est fortement en lien avec la présence de l’Everest. La majorité des touristes viennent voir ce sommet emblématique et nombreux sont ceux qui envisagent un trek jusqu’à son célèbre camp de base d’où partent les alpinistes. Le motif premier des touristes est ainsi de s’immerger dans des paysages de haute montagne où sont rassemblés de nombreux sommets spectaculaires comme le Cho Oyu, l’Ama Dablam, le Nuptse, le Lhotse, et, bien sûr, l’Everest. Chez les jeunes trekkeurs notamment, l’une des motivations est de parcourir le même territoire que celui des héros de l’himalayisme. Edmund Hillary et Tensing Norgay, mais aussi Junko Tabei et Pasang Sherpa ont contribué à forger cette mythologie de la conquête de l’Everest : les touristes d’aujourd’hui souhaitent s’inscrire dans leur sillage en portant également des valeurs comme le courage, l’endurance ou la quête d’une vie moins conventionnelle. Des lieux de mémoire sont érigés en référence à ces grands noms de l’Himalaya, ils sont marqués par des cairns ou des chortens qui deviennent des lieux de pèlerinage touristique.

Cet imaginaire de la montagne, très bien étudié par J.P. Bozonnet (Monts et mythes : l’imaginaire social de la montagne, 1992), est également renforcé par de nombreux films, récits et bandes dessinées (voir par exemple le récent film Everest de Baltasar Kormákur ou le manga Le Sommet des Dieux de Jirô Taniguchi). Alors que deux tiers des trekkeurs rencontrés par Etienne Jacquemet n’avaient jamais mis les pieds en haute altitude, les pratiques de ces touristes sont fortement influencées par un tel imaginaire : ils se mettent en scène pour des photos ou des vidéos afin d’apparaître eux-mêmes comme des héros, dans une totale logique de distinction sociale.

Le développement touristique du Khumbu relève en partie de l’attrait pour une région hétérotopique. En effet, les grandes caractéristiques des hétérotopies proposées par Michel Foucault se perçoivent dans cette région du Népal ; le Khumbu serait alors un « lieu autre » marqué par diverses discontinuités et difficultés d’accès. Cette région était interdite d’accès aux Occidentaux jusque dans les années 1950, la situation géopolitique du Népal entre l’Inde et la Chine est proche de l’isolationnisme, le petit aéroport de Lukla est une porte d’entrée dangereuse et souvent fermée à cause des intempéries et du vent, des permis de trek sont nécessaires pour entrer dans le Parc national de Sagarmatha, une population supposément autochtone et qui vivrait coupée du monde… autant d’éléments qui contribuent à l’hétérotopie du Khumbu et qui nourrissent l’imaginaire touristique.

Quelle évolution des paysages et des pratiques touristiques ?

En 2016, la région du Khumbu comptait plus de 300 lodges alors qu’ils n’étaient qu’une vingtaine à la fin des années 1970. Ces chiffres reflètent bien l’évolution du nombre de trekkeurs qui est passé de quelques milliers à près de 50 000 ces dernières années. La densification du bâti et la construction de lodges est très visible dans les villages situés sur les itinéraires de trekking, mais un tel développement marque surtout une inversion du système de valeurs associé au foncier. En effet, traditionnellement les espaces propices à l’agriculture et les lieux situés sur les itinéraires caravaniers étaient valorisés, mais aujourd’hui ce sont les terrains qui jouxtent les principaux itinéraires de randonnée et qui bénéficient d’une situation de belvédère qui sont particulièrement prisés. Sous forme de Khumbupoly, Etienne Jacquemet propose ainsi de réinterpréter la géographie du Khumbu à l’aune du célèbre jeu de société où la fortune s’acquiert par des opérations immobilières. Plus prosaïquement, il rappelle que les revenus pour un propriétaire de lodge oscillent entre 7 000 et 40 000 $/an alors que le revenu annuel moyen au Népal est de 1000 $.

Le développement touristique s’exprime aussi par une montée en gamme de l’offre de services. Aujourd’hui le confort des lodges s’aligne sur les standards de l’hôtellerie internationale avec l’apparition de chambres et salles de bain privatives, ou des moyens de télécommunication (Internet, télévisions voire vidéosurveillance). Ces aménagements supposent le développement de nombreuses infrastructures mais ils n’impliquent pas nécessairement des pressions fortes sur la ressource en eau : les enjeux sont davantage d’ordre techniques et socio-économiques dans un contexte concurrentiel entre les propriétaires de lodges appartenant à différentes communautés (sherpa, tamang, raï). Au-delà des services d’hébergement, les Sherpas les plus fortunés investissent dans les agences de trekking et de transport, dans des pubs ou des salons de thé en s’appuyant sur une fine connaissance des modes de consommation occidentaux et mondialisés.

En ce sens, le tourisme serait moins un facteur de pression sur la région du Khumbu qu’un véritable levier de développement économique et social. Etienne Jacquemet observe un basculement d’une hétérotopie de confins s’appuyant sur l’authenticité à une hétérotopie globale où s’intriquent les cultures locales et occidentales, à l’instar du célèbre Yak’Donald’s.

Le rôle des Sherpas dans la transformation du Khumbu 

Le développement touristique du Khumbu n’est pas un hasard et ne saurait s’expliquer par la seule présence de l’Everest. En plus du capital économique qu’ils ont su faire fructifier et réinvestir, les Sherpas ont aussi développé leur capital social en entretenant des contacts en Europe et aux États-Unis, notamment par le biais des touristes et guides occidentaux pour lesquels ils travaillaient dans un premier temps. Ils ont aussi acquis des compétences culturelles et linguistiques, non seulement pour échanger facilement avec les touristes mais aussi pour mieux connaître leurs goûts et leurs modes de pensée afin d’adapter l’offre touristique. Par ailleurs, les Sherpas deviennent eux-mêmes de plus en plus touristes, au Népal ou à l’étranger. Ainsi, dans les bourgs les plus touristiques, un tiers de la population s’est déjà rendue en Occident (pour étudier, travailler, rendre visite à de la famille ou des amis ou simplement pour visiter) et un quart des familles ont au moins un enfant qui vit en Occident (parfois pour étudier dans de prestigieuses universités américaines ou européennes).

Aujourd’hui, alors que les paysans ne représentent qu’à peine 20% de la population du Khumbu, la grande majorité des Sherpas vit du tourisme en étant pleinement consciente des modes de vie et des attentes de la clientèle occidentale. Cela se constate à travers de nombreux produits et services qui mobilisent un ethno-marketing sherpa et sur une identité territoriale forte, tout en étant souvent des productions délocalisées.

En somme, l’évolution des pratiques et des paysages du Khumbu relève d’une forme d’entre-deux, elle n’est ni le parfait reflet de la culture sherpa, ni pleinement issue d’une culture globale. Sur fond de mondialisation et de dialectique local/global, le développement touristique a modifié en profondeur certains territoires et une grande partie de la communauté sherpa. Mais à l’écart des principaux pôles touristiques, il reste une véritable différence en le Yak et le MacDonalds.

« Après les frontières ? » par Valéry Pratt,

« Après les frontières ? » tel était le titre café géo qui s’est déroulé le jeudi 21 Mars 2019, au café librairie BD Fugue du Centre Bonlieu d’Annecy. Valéry Pratt, professeur de Philosophie au lycée Berthollet d’Annecy, s’est attelé à la question en s’interrogeant notamment sur la manière par laquelle on pourrait penser la frontière dans un contexte de mondialisation. La transdisciplinarité était à l’œuvre lors de ce rendez-vous. Compte rendu de Valéry Pratt,

Philippe Piercy, professeur de Géographie au lycée Berthollet d’Annecy ouvre cette conférence-débat en qualifiant la frontière de « fait social total » (Mauss), qu’aucune discipline ne peut s’approprier en exclusivité, et en soulignant la précocité de l’étude géographique de la frontière. En effet, explique-t-il, la frontière a très tôt fait l’objet d’une étude géographique. La géographie académique du XIXème siècle s’est davantage intéressée à la question des frontières interétatiques particulièrement à travers l’invention de la Géopolitique par Ratzel, dont l’expression « espace vital » devient centrale chez Karl Haushofer. Selon Philippe Piercy, la Géographie adopte deux grandes directions d’étude de la frontière. La première s’intéresse à la ligne, sa genèse, ses supports, ses marquages, et traduit la conception tardive de la frontière comme ligne, qui apparaît sous la Révolution française, avec une frontière entendue comme naturelle. Dans une autre direction, les géographes s’intéressent à la zone frontalière entendue comme le terrain d’un ensemble d’effets de la proximité frontalière ; la limite de souveraineté se traduit en effet par un ensemble de différentiels (économiques, juridiques, culturels…) dans la proximité géographique, constituant la notion de « l’effet-frontière », entre porosité et étanchéité, continuité et obstacle. Avant de laisser la parole à Valéry Pratt, Philippe Piercy conclut : « Qu’elle joue comme barrière ou comme charnière, comme coupure ou comme suture, la frontière ne disparaît jamais ». La formule laisse donc entendre que la frontière est enracinée, comme une « mémoire » du territoire, tant dans l’espace que dans nos représentations, ce qui interroge sur un « après », ou un au-delà.

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Espaces et hiérarchies des ports mondiaux, quelles mutations contemporaines ? par Antoine Frémont.

Café géographique d’Annecy, jeudi 31 janvier 2019, par Antoine Frémont. Compte rendu établi par H. Martin. 

Ce café-géo nous a été présenté par Antoine Frémont, né à Caen, qui a une histoire havraise non négligeable. Il est agrégé de géographie et directeur de recherche à l’IFSTTAR.

Le transport maritime est d’abord un service puisqu’il est au service du commerce international. C’est une industrie de sous-traitance. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux facteurs, autres que le transport maritime, expliquent la croissance du commerce international, dont notamment le fait que l’on soit entré dans un monde de libre-échange, soutenu par les États-Unis jusqu’à une date très récente.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les navires sont des outils à transporter de grosses quantités de marchandises sur de grandes distances et à très bas coût. En retour de ses services rendus au commerce international, le transport maritime a une très forte influence sur celui-ci. Sans le transport maritime, il n’y aurait pas eu de mondialisation. La conteneurisation permit d’effectuer des transports sur des milliers de kilomètres avec une très grande fiabilité et à très bas coût.

Le transport maritime a permis d’internationaliser les chaînes de valeur. Un produit est conçu à un endroit, assemblé ailleurs, et distribué encore ailleurs.

Le transport maritime est un élément important de la métropolisation. Aujourd’hui, l’activité est concentrée dans les grandes villes mondiales. Pour aborder les mutations contemporaines des espaces et des hiérarchies portuaires, il faut mettre en relation le commerce international, le transport maritime et la métropolisation.

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Tintin plus marin que montagnard ? Planète bleue et monde blanc, par Paul Arnould.

Café géo du 20 septembre 2018 – Annecy. Pour ce premier café géo de la saison, Paul Arnould se fait géographe tintinophile et nous propose une sorte d’hergéographie.. Compte-rendu d’Alice Nikoll.

Il commence par retracer la manière, dont le géographe forestier qu’il est, en est venu à s’intéresser à Tintin. Tout commence avec son livre Au plaisir des forêts, pour lequel il planche sur un chapitre « Au plaisir enfantin de la BD ». Ensuite, les occasions de croiser Tintin et géographie se multiplient, dans le cadre du Labo Junior « Sciences dessinées » à l’ENS de Lyon[1], d’une conférence sur « Tintin forestier » à la Société de géographie[2], et enfin d’un colloque scientifique autour de Tintin en janvier 2017[3], qui a donné lieu à la publication des Géographies de Tintin en avril 2018[4].

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Rohingya de Birmanie : origine, enjeux, horizons

Compte-rendu du Café géo de Chambéry du mercredi 28 mars 2018. Retrouvez également ce compte-rendu en téléchargement, au format PDF.

Par Martin Michalon, Doctorant à l’EHESS/Centre d’Études d’Asie du sud-est

Alors que la crise des Rohingya est évoquée de manière plus ou moins approfondie dans les médias, par exemple lors de la visite du pape en Birmanie en novembre 2017, Martin Michalon nous propose un éclairage géographique pour mieux comprendre la genèse et l’évolution d’une telle situation, pour bien en décrypter toute la complexité.

En observant un camp de réfugiés de la ville de Sittwe, capitale de l’État d’Arakan, on constate que les familles Rohingya vivent dans des abris de fortune, dans un dénuement certain et dans un profond désespoir, comme si elles étaient dans une prison à ciel ouvert. La situation semble bloquée ; elle résulte d’une cristallisation d’enjeux divers qui dépassent le quotidien des réfugiés.

  1. Un contexte ethnique et politique complexe

La Birmanie, à la jonction entre l’Asie du Sud et l’Asie du Sud-Est, apparaît comme une zone de friction, au contact de plusieurs entités culturelles et territoriales. Il s’agit d’un pays vaste (650 000 km²) et peuplé (51 millions d’habitants), administrativement divisé en sept États, dont l’État d’Arakan qui est frontalier du Bangladesh et qui est particulièrement concerné par la crise des Rohingya. La Birmanie se caractérise aussi par sa grande diversité ethnique : 135 groupes ethniques sont officiellement reconnus par le gouvernement et ils se répartissent globalement selon une logique centre/périphérie. Au centre, dans la large vallée du fleuve Irrawaddy, se trouvent majoritairement les Bamar (environ 70% de la population birmane) et dans les périphéries montagneuses habitent une grande diversité de minorités ethniques qui entretiennent des liens souvent conflictuels avec la majorité Bamar. Une telle domination des Bamar sur les autres minorités est un héritage historique et aujourd’hui les groupes ethniques minoritaires sont toujours considérés comme des citoyens de seconde zone en situation de relégation, par exemple ils ne peuvent pas accéder à des postes à responsabilité dans l’administration ou dans l’armée. En revanche, la religion apparaît comme un facteur d’unité. En effet, environ 90% de la population birmane est bouddhiste, 6% est chrétienne et 4% musulmane. En raison de cette répartition religieuse, une assimilation un peu rapide a été faite dans les années 1990-2000 entre birmanité et bouddhisme.

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Les forêts d’exception, une labellisation inégalitaire ?

Café Géographique Annecy 1er mars 2018 avec Paul Arnould

Paul Arnould, Professeur émérite à l’ENS de Lyon, membre du Comité Scientifique de l’Office National des Forêts (ONF), a longuement étudié les questions forestières, en France et en Europe surtout, du point de vue biogéographique comme du point de vue territorial, socio-économique et politique. Il a été d’abord biogéographe, mais a aussi été président du Comité Scientifique de l’ONF, où il fut le premier à venir des Sciences sociales et non des Sciences naturelles.

Le choix du thème du café s’inscrit dans le cadre d’un intérêt plus global pour le marketing territorial, d’une réflexion sur l’ensemble des démarches de labellisation, en vue d’une promotion de produits, de territoires. L’ONF, créé en 1965 par E. Pisani mais vieille institution s’il en est, puisque héritière d’une longue histoire de l’administration étatique des eaux et forêts depuis Philippe Auguste, a donc franchi le pas de cette pratique. Il sera intéressant de comprendre quand, comment, pourquoi, avec quels enjeux locaux pour des acteurs aussi divers que les collectivités, les acteurs économiques, associatifs.

La labellisation est une pratique proliférante, pour les territoires locaux notamment, entraînant une hiérarchie (du Patrimoine Mondial aux « plus beaux villages de France »), une profusion de candidatures, souvent « retoquées », d’initiatives pour inventer des « auto-labellisations » à usage unique et local (« Villages de pierres et d’eau en Charente- Maritime »).

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Le développement durable, un concept éphémère ?

Café Géo, Annecy, jeudi 29 Mars 2018, par Marie Forget (USMB)

Dans le cadre de la « Semaine du développement durable » d’Annecy il a été demandé aux Cafés Géo une participation, qui a pris la forme d’un café où la notion de développement durable (DD) puisse être mise en perspective, interrogée dans sa …. durabilité, et sa pertinence, la genèse de son emploi, de sa généralisation, voire de son usure et de son remplacement.

Marie Forget, Maître de conférence à l’Université Savoie Mont Blanc, qui a réalisé de nombreux travaux de recherche sur des questions environnementales (sur le fleuve Paranà tout spécialement), de transition énergétique, et de construction et d’exploitation des ressources naturelles (eau et énergie principalement), était tout spécialement compétente pour une telle tentative de traiter de façon non militante, sans plaidoyer ni réquisitoire, une notion sur-utilisée.

Une expression très à la mode il y a 20 ans, en relative perte de vitesse : qu’en reste -t-il ?

Une requête sur Google images donne l’impression confortable que la notion va de soi, qu’elle recouvre plus ou moins toujours les mêmes contenus : image des trois cercles, écologique, économique, social, se recoupant en une zone qui sera celle du DD, image/échelle le plus souvent planétaire de cette notion (avenir commun, « soin » dédié à la planète unique et commune), omniprésence du vert, qui souligne la disproportion fréquente au profit du « pilier » environnemental de la notion. Pourtant, au-delà d’un apparent consensus, le DD apparaît comme une notion souvent décriée : ambigüité fréquente, voire contradiction, des emplois devenus proliférants dans des discours multiples, médiatiques, militants, mais aussi par les sciences sociales et naturelles. Mieux vaudrait donc parler DES développements durables tant il apparaît que le concept (en est-ce encore un si l’on admet qu’un concept est un outil ?) « nomadise », fluctue dans ses contenus selon les finalités poursuivies par ceux qui l’utilisent.

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Rio de toutes les crises, avec Mickaël Chétry.

Café géographique de Chambéry-Annecy, du 11 janvier 2018 avec Mickaël CHÉTRY (université fédérale fluminense, rio de janeiro, Brésil ). Compte rendu de Laetitia Quévy.

La ville de Rio est au centre des attentions aujourd’hui et connaît une situation critique : l’État est en faillite, de nombreux fonctionnaires ne sont plus payés, le chômage augmente et on assiste à une recrudescence de la violence. On ne peut comprendre la crise alarmante touchant actuellement cette métropole internationale, dont l’agglomération compte pas moins de 11 millions d’habitants, sans revenir sur sa trajectoire historique et notamment le fait que pendant plus de 200 ans elle a été la capitale de l’empire puis de la république : pourquoi la crise nationale actuelle touche-t-elle tout particulièrement Rio de Janeiro ?

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Quand le déjeuner devint petit, le Monde était devenu grand, par Christian Grataloup

Café Géo animé par Christian Grataloup (Chambéry, 31 janvier 2018)

Café géographique de Chambéry, 31 janvier 2018, animé par Christian Grataloup, compte-rendu d’Alice Nikolli.

Si des rayonnages entiers de librairies sont consacrés à l’alimentation, à l’histoire de la gastronomie, aux recettes de cuisine, ces ouvrages se focalisent sur les repas de milieu et de fin de journée, tandis que le petit-déjeuner reste un angle mort. C’est en effet un repas répétitif, modeste, qui peut sembler peu intéressant. Et pourtant, l’adjectif « petit » nous fournit un indice sur le caractère récent de ce repas, qu’on peut interroger à la fois sous l’angle de son historicité et de ce qu’il nous dit de notre rapport au monde.

Christian Grataloup part du glissement sémantique qui se joue entre le tableau de François Boucher de 1739, intitulé Le Déjeuner – tout court – et celui de Juan Gris, de 1915, intitulé Le Petit déjeuner.

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Luxe, richesse et entre-soi dans les stations de sports d’hiver, avec Lise Piquerey.

Café géographique de Chambéry-Annecy, 2018, avec Lise Picquerey, introduite par Philippe Piercy : « Lise a soutenu sa thèse à l’université de Savoir Mont Blanc et est désormais géographe « professionnelle » puisqu’elle est impliquée dans les métiers de l’aménagement. Elle a un pied sur les deux terrains de la géographie. Compte rendu de Laurence Hours,

Les stations de ski sont un vieil objet d’étude de la géographie. C’est dès les années 1970 que des thèses ont été faites sur les stations de ski. En géographie les stations de ski ont plutôt été étudiées sous l’angle de l’aménagement du territoire, de l’aménagement de la montagne, sous des angles urbanistiques. Avec le travail de Lise, ce qui nous intéressait, c’était d’aborder la question du tourisme hivernal comme question de géographie sociale. Les stations de ski comme laboratoire pour étudier plutôt les sociétés que les politiques d’aménagement.  Et ce passage géographie du tourisme-géographie sociale me semblait bien intéressant. »

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Guerre des gaz et paix des ménages : les enjeux de la pollution atmosphérique dans les vallées alpines, avec Nicolas Donner.

Les Cafés géographiques de Chambéry-Annecy recevaient le 17 novembre 2016 Nicolas Donner, géographe, chercheur associé au laboratoire PRODIG. Il a travaillé sur des terrains lointains, en Afrique centrale notamment, en lien avec des questions de pétrole. Mais il est là aujourd’hui pour nous parler d’un espace beaucoup plus proche : la vallée de l’Arve, où il a peut-être voulu chercher du pétrole… et il l’a trouvé dans l’atmosphère !

Nicolas Donner commence par dire quelques mots de sa thèse, qui portait sur le pétrole, et qui lui a permis de faire le lien avec l’air, et pas seulement pour en retrouver dans l’atmosphère. En effet, nous habitons de plus en plus exclusivement dans des environnements techniques : notre vie quotidienne entière est médiatisée par des outils techniques, des systèmes administratifs, des procédés scientifiques (pour traiter l’eau, pour faire rouler un bus, …). Il y a un « écran technique total », pour parler comme Jacques Ellul, qui s’intercale entre nous et l’environnement naturel. Dans les enclaves pétrolières par exemple, les pétroliers installent des milieux urbains en miniature, n’importe où sur la planète, que ce soit dans le Sahara ou en pleine mer : on apporte des containers, de quoi cuisiner, de quoi regarder la télé, on reconstitue le milieu urbain, tout est technicisé, tout est importé. Il y a une seule ressource qu’on consomme toujours sur place : c’est l’air. C’est la dernière ressource avec laquelle nous avons un rapport non médiatisé.

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Fukushima, six ans après : politiques de retour et zone grise de l’accident nucléaire, par Marie Augendre.

Café Géographique de Chambéry, animé par Marie Augendre (Chambéry, 8 mars 2017). Compte-rendu rédigé par Alice Nikolli. En ce mercredi 8 mars 2017, les Cafés Géographiques de Chambéry-Annecy reçoivent Marie Augendre, maîtresse de conférences à l’Université Lyon 2. En cette journée internationale des droits des femmes, elle n’est pourtant pas venue nous présenter un café sur la géographie du genre. Son intervention porte sur l’accident de Fukushima, dont on commémore le sixième anniversaire le 11 mars. Compte-rendu rédigé par Alice Nikoll.

Téléchargez l’intégralité du compte-rendu au format PDF : CR_café-géo_AUGENDRE_VF (PDF, 670ko)

Marie Augendre commence son intervention en rebondissant sur cette remarque. Certes, il ne s’agit pas d’un café genré, mais le sujet qui va être abordé l’est pourtant dans une certaine mesure. En effet, la place des femmes est considérable à Fukushima, notamment parce que ce sont souvent elles qui se sont trouvées en première ligne, et tout particulièrement pour protéger les enfants de la radioactivité. La place des femmes dans l’analyse de l’accident nucléaire n’est donc pas négligeable, quand bien même on parle du Japon, société réputée particulièrement clivée (le terme « okusan », qu’on traduit par « épouse », désigne en japonais « celle qui se tient au fond »). Toujours est-il qu’avec l’accident nucléaire, les femmes se sont découvert une capacité à agir sur la scène publique, et elles portent une bonne partie des actions citoyennes qui se mettent en place, tant concernant la mesure de la radioactivité, que l’organisation de vacances sanitaires pour les enfants ou encore la reconnaissance des droits des sinistrés.

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La friche : un espace en marge ? Abandon, usages et innovations, avec Kaduna-Eve Demailly

Café géographique de Montpellier, 2017 : La friche : un espace en marge ? Abandon, usages et innovations, avec Kaduna-Eve Demailly, LABEX Futurs Urbains. Université Paris-Est Marne-la-Vallée. Lab’URBA, chercheure associée au LADYSS. Kaduna-Eve Demailly a soutenu une thèse en 2014 sur les espaces urbains vacants jardinés[1]. Il s’agissait d’étudier les jardins partagés installés sur des friches, et de comprendre en particulier les mécanismes de réappropriation par les habitants, sur des terrains essentiellement situés en Île-de-France. Compte-rendu rédigé par Caroline Meynet.

Téléchargez l’intégralité du compte-rendu au format PDF : La friche : un espace en marge ? (PDF, 413ko)

Dans le cadre de ce café, on rentrera dans ce thème des friches par la notion de marge, au programme de l’agrégation de géographie et du CAPES d’histoire-géographie, et on se demandera dans quelle mesure les friches, comme espaces marginalisés, font aujourd’hui l’objet d’initiatives et sont en voie de réintégration ? En somme, comprendre les processus de marginalisation et de démarginalisation des friches, qui sont souvent des espaces de centralité économique, hier en marge, et aujourd’hui réinvestis, donc démarginalisés.

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Le Brésil : entre ambitions internationales et crise interne, avec Bernard Bret.

Compte-rendu du Café-géographique de Montpellier du 21 septembre 2017 avec Bernard Bret

Les ambitions internationales du Brésil se caractérisent à plusieurs échelles : à l’échelle mondiale, continentale et subcontinentale.

À l’échelle mondiale d’abord par une franche disposition au multilatéralisme. On peut ainsi noter une nette évolution par rapport à sa position diplomatique affichée lors de la Guerre froide et du découpage bilatéral du monde, où le Brésil était alors un des pays « satellites » des États-Unis : dans cette position d’allié fidèle, l’impératif de « sécurité nationale » et la consolidation du pouvoir interne produisaient un régime dictatorial (comme dans d’autres pays latino-américains à cette période).

Cette mise en perspective historique souligne le contraste avec la situation actuelle : le pays a désormais des revendications internationales légitimes, qui se traduisent par exemple par la revendication d’un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU, d’autant plus légitime que le Conseil actuel ne dispose toujours pas de représentant du continent latino-américain. Le Brésil a par ailleurs pris des responsabilités au sein de l’ONU, par exemple lors de ses interventions à Haïti, se montrant ainsi capable d’assumer de hautes responsabilités à l’échelle mondiale.

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Untaking space, philosophie nomade, les écotopies aux Etats-Unis, avec Damien Delorme.

Café géographique de Montpellier, du 4 mai 2017, avec Damien Delorme, professeur de Philosophie. Compte rendu de C. Burki.

Qu’est-ce que la philosophie nomade au travers de ce projet « Untaking space » ? Comment le fait pour un philosophe, de partir en voyage lui permet de penser l’espace ? Qu’est-ce que le voyage à vélo apprend au philosophe sur l’habitation de l’espace ?

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Castes et Inégalités en Inde, avec Virginie Chasles.

Pour ce nouveau Café Géo à Annecy, Philippe Piercy, professeur de géographie en classes préparatoires au Lycée Berthollet et organisateur des Cafés Géo d’Annecy-Chambéry, a invité Virginie Chasles, maître de conférences en géographie à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Elle a notamment soutenu une thèse en 2004 sur le sujet suivant : « Entre genre et société : les espaces de la maternité en Inde rurale : le cas du district d’Anantapur dans l’État sud-indien de l’Andhra Pradesh ». Compte-rendu de Yohanna Vauclin

Virginie Chasles est une spécialiste dans le domaine des inégalités de la santé ; ses travaux portant beaucoup sur l’Inde, mais aussi plus récemment sur la France et le Brésil. Son intervention du jour aborde le sujet des castes et des inégalités en Inde.

En guise d’introduction, Virginie Chasles rappelle que le thème des castes en Inde est incontournable dans l’évocation de ce pays et représente un fait social dont les géographes n’ont pas le monopole. En effet, les sciences sociales se sont largement approprié la question. Beaucoup de stéréotypes à propos de ces castes restent ancrés dans les représentations sociales. La confusion qui subsiste chez pléthore de gens est celle d’une abolition des castes en Inde qui n’existe pourtant pas en réalité. De plus, le mot « caste » pose lui-même problème. Les gens confondent souvent jati et varna, qui sont pourtant des réalités très différentes.

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De « yak-driver » à « taxi-driver » : les pratiques de mobilité des Sherpa du Khumbu (Népal) à New York; par Ornella Puschiasis.

Changement de lieu et d’ambiance pour le Café Géo du mercredi 12 octobre à Chambéry : c’est dans la petite salle comble du bar-restaurant Le Bruit Qui Court qu’Ornella Puschiasis guide le public d’Himalaya aux États-Unis, sur les traces des Sherpa. Postdoctorante au Centre d’Études himalayennes, la géographe évoque ses recherches actuelles avec enthousiasme et pédagogie. Dans le texte qui suit, elle livre les grandes lignes de ses travaux. Compte rendu de Ornella Puschiasis.

Retrouvez également ce compte rendu au format PDF (800 ko).

Quelques mots à propos de mes recherches conduites en thèse sont nécessaires pour mieux comprendre la problématique migratoire que j’étudie aujourd’hui. Avant de s’intéresser à la diaspora des Sherpa, il convient donc d’évoquer quelques éléments concernant le Khumbu (Népal) qui est leur territoire d’origine.

Ma thèse, soutenue en 2015, s’inscrivait dans un projet interdisciplinaire regroupant géographes, glaciologues, hydrologues, et modélisateurs du climat autour de l’analyse des conséquences des variations climatiques sur l’évolution du couvert neigeux, sur le retrait des glaciers et sur la disponibilité en eau en Himalaya. J’ai plus particulièrement mené mes recherches dans la région de l’Everest, appelée localement Khumbu, un site de haute montagne qui s’étage entre 2835 m et 8848 m d’altitude au nord-est du Népal. Cette région est incisée par trois vallées qui drainent les apports en eau et dont la confluence marque la limite sud avec la vallée du Pharak. Le Khumbu est une vallée internationalement connue et reconnue, tout d’abord grâce au plus haut sommet du monde qui la surplombe, l’Everest objet de conquête et de convoitise, qui a largement contribué à la mise en lumière de la région. Sa population est un autre élément de fascination : en effet, les trois quarts des 3 500 habitants du Khumbu appartiennent au groupe ethnolinguistique sherpa, dont le nom participe à la construction d’un mythe.

Carte topographique du Khumbu (Puschiasis, 2015)[1]

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A la recherche de l’hiver idéal, par Alexis Metzger.

Café géographique de Chambéry, Mercredi 18 janvier 2017, 18h – Café le Beaujolais, Chambéry. Par Alexis Metzger, post-doctorant en géographie à l’Université de Strasbourg. Sa thèse soutenue en 2014 s’intitulait « Le froid en Hollande au Siècle d’Or. Essai de géoclimatologie culturelle » et il est l’auteur de l’ouvrage Plaisirs de glace. Essai sur la peinture hollandaise hivernale paru en 2012.

Alors que l’actualité de cette mi-janvier est aux températures négatives, en dessous des « normales saisonnières », dans les Alpes françaises il est surtout question des stations qui attendent la neige avec impatience… Dans ce contexte, quel serait l’hiver idéal ? Et repose-t-il seulement sur des conditions météorologiques ?

Pour répondre à ces questions, Alexis Metzger nous convie à explorer l’art et la littérature pour démontrer que l’hiver n’est pas seulement une saison inscrite sur le calendrier. C’est aussi un ensemble composé de paysages et de représentations. Et pour ponctuer son intervention, le géographe a choisi plusieurs textes qui ont été lus par le public.

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Les nouveaux bourgeois des campagnes : vers une éviction rurale ? Par Samuel Depraz.

Café géographique de Chambéry-Annecy, Jeudi 19 mai 2016, 18h30, Café librairie BD Fugue, centre Bonlieu. Par Samuel Depraz, agrégé de géographie et maître de conférences à l’Université Jean Moulin / Lyon 3. Ses thèmes de recherche portent sur les espaces ruraux, le développement local et les espaces naturels protégés en France, en Allemagne et à l’échelle européenne.

Retrouvez également ce compte rendu au format PDF (600 ko).

L’intervention de ce jour a pour cadre général la « renaissance rurale », cette tendance à l’augmentation de la population et à la reprise progressive de bâtiments anciens observée dans la plupart des campagnes françaises. Une tendance qui s’accompagne d’autres signaux, plus discrets, avec la mise en place de nouveaux conseils municipaux, d’une offre commerciale et artisanale plus diversifiée, ou encore d’actions culturelles plus fréquentes. Ce renouvellement laisse parfois apparaître de nouvelles tensions entre habitants de l’espace rural, mais également des complémentarités accrues avec la ville, autour d’une effervescence globale qui nous éloigne de l’ancien « rural profond » et de toute idée d’ « exode rural » – un terme aujourd’hui révolu.

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Découvrir la géoéthique à travers le territoire brésilien : justice et injustice spatiales, par Bernard Bret.

cg-geoethique-b-bretPour ce premier café géo de la saison 2016-2017, les Cafés Géographiques de Chambéry-Annecy reçoivent M. Bernard Bret, professeur émérite à l’Université de Lyon, qui vient nous parler de la justice spatiale, une thématique qu’il a largement étudiée au cours de sa carrière. Compte-rendu d’Alice Nikolli.

Bernard Bret fait en effet figure de pionnier, en langue française, des travaux visant à rapprocher une interrogation d’ordre philosophique autour de la justice et une approche de l’inégalité telle qu’elle est inscrite dans l’espace, ou même telle qu’elle peut naître de l’espace. D’autre part, Bernard Bret a beaucoup travaillé sur le Brésil, un pays marqué par des clivages socio-spatiaux extrêmement forts. Pour ce café géo, il a donc choisi de coupler cette réflexion thématique sur la justice à son terrain de prédilection, le Brésil. Le propos sera largement d’ordre théorique, bien qu’appuyé sur des faits brésiliens, dans la mesure où la théorie doit servir à comprendre le réel.

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Comment peut-on être « montagnard » ? Bernard Debarbieux.

Compte rendu du Café Géographique de Chambary, animé par Bernard Debarbieux, le 13 avril 2016 à Chambéry. Compte-rendu réalisé par Lise Piquerey.

Dans ce titre, deux mots s’imposent : « montagnard » et « comment ». Le titre retenu ne l’est pas par hasard, il fait écho aux Lettres persanes de Montesquieu (1721), qui raconte sous la forme d’une fiction épistolaire la découverte de Paris par deux Persans. L’ouvrage narre ainsi une série d’expériences, racontées sur un mode humoristique. C’est une sorte de conte philosophique dont l’objectif est de soulever les absurdités de la société française du début du XVIIIe siècle et d’ironiser sur la façon dont les Parisiens ont de comprendre et de percevoir l’altérité. Bien qu’ayant près de trois siècles, l’ouvrage évoque des situations transposables dans une période plus contemporaine, comme l’exprime la Lettre 30 de Montesquieu.

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A l’ombre de Nanda Devi : la nature himalayenne dans le nationalisme écologique de la guerre froide, par Sarah Benabou.

Compte-rendu du Café géo du 10 février 2016, à Chambéry. Sarah Benabou, anthropologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et spécialiste de l’Inde, porte son regard sur les politiques de conservation de la nature dans une région de l’Himalaya indien. Compte rendu de Camille Girault.

À partir d’une analyse fine des nombreux enjeux géopolitiques, sociaux et culturels qui gravitent autour du sommet emblématique de la Nanda Devi, Sarah Benabou nous convie plus largement à questionner les présupposés des politiques de conservation de la nature. À la croisée de la géographie et de l’anthropologie, elle décrypte les interactions entre les parcs et les populations locales, entre les modes de gestion de l’environnement et les modes de vie.

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Le mythe de la disparition du lac Tchad, par Géraud Magrin.

Café géographique de Chambéry-Annecy, 2016, Avec Géraud Magrin, compte-rendu établi par J. Dop et Ph Piercy. Professeur de géographie à Paris 1, longtemps chercheur au CIRAD, Géraud Magrin a fait de l’Afrique subsaharienne, du Sénégal au Tchad principalement, son terrain de recherche.

Par ces temps d’alarmisme environnemental, le lac Tchad présente des enjeux particuliers : sa disparition est régulièrement annoncée, et depuis 2010, sur fond de terrorisme montant (Boko Haram), le lac Tchad devient un sujet central. Autour de ce lac, on peut étudier particulièrement les aspects politiques et institutionnels d’un jeu d’acteurs complexe entre Etats, bailleurs de fonds internationaux, ONG et médias.

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L’Allemagne aujourd’hui, 25 ans après la réunification, par Antoine Laporte.

Le mercredi 14 octobre 2015, nous avons eu le plaisir d’accueillir à Chambéry Antoine Laporte, maître de conférences à l’ENS de Lyon et spécialiste de l’Allemagne, pour un café géographique portant sur l’Allemagne aujourd’hui, 25 ans après la réunification. Compte-rendu d’Amélie Pradeau et Quentin Favr

Pour introduire son propos, A. Laporte expose deux idées. Dans l’actualité, l’Allemagne est un pays fréquemment comparé d’un point de vue socio-économique avec d’autres pays européens, et avec la France en particulier. Les médias mettent régulièrement en avant le modèle social allemand qui pourrait servir de référentiel. L’Allemagne a également une histoire riche et complexe. Sa réunification explique certaines logiques que l’on retrouve dans le monde allemand contemporain. Néanmoins, un quart de la population allemande est née après le 3 octobre 1990, date de la réunification de l’Allemagne, et, pour elle, la période antérieure appartient à l’histoire ; le changement de perspectives sociale, économique, politique et culturelle post 1990 apparaît comme une réalité.

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Cartographier la crise des réfugiés : enjeux géographiques, éthiques et politiques, par Sarah Mekdjian.
Photographie 1 : cartographie d’un réfugié (© Sarah Mekdjian)

Photographie 1 : cartographie d’un réfugié (© Sarah Mekdjian)

Compte-rendu du Café géographique de Chambéry – 2 décembre 2015 au Café Le Beaujolais, avec Sarah Mekdjian, Maître de conférences en géographie à l’Université Grenoble-Alpes. Compte-rendu d’Anne Barrioz.

Sarah Mekdjian s’intéresse particulièrement aux questions migratoires et frontalières contemporaines par le biais d’approches critiques. Dans le cadre d’un projet de recherche européen, elle a participé à une réflexion portant sur le franchissement des frontières et la production de cartes participatives et expérimentales. Grâce au collectif de chercheurs AntiAtlas des frontières, ces productions feront l’objet d’une exposition à partir du 3 février 2016 au 29 mai 2016 au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation à Lyon.

 

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Alimentation et environnement en Chine : l’équation urbaine, rencontre avec Etienne Monin.

Café géographique du 21 janvier 2016. Etienne Monin, jeune docteur en géographie, agronome de formation qui vient de soutenir sa thèse intitulée « Formation agraire, nouveaux modèles agricoles et encadrements métropolitains à Shanghai » Compte rendu de Juliette Dop

Comment prendre en considération la durabilité des espaces agricoles chinois, dans la phase présente du développement du pays ? En référence à leur fonction alimentaire et en rapport avec l’environnement ?

En Chine, il y a une dynamique incontournable aujourd’hui : la métropolisation qui s’accompagne d’une forte hiérarchisation des villes dans l’espace régional, amenant une redéfinition des rapports entre villes et campagnes. Ces rapports sont un thème de recherche récurrent en France, qu’il s’agisse de la grille de lecture par la périurbanisation ou de la « géographie des relations » décrite dans les Suds. La question des échelles en Chine est primordiale pour comprendre les nouveaux agencements ville-campagne, en particulier ceux des régions métropolitaines en formation, et interpréter les interactions des aires urbanisées avec leurs périphéries agricoles et rurales. On est amené à s’interroger sur la façon dont fonctionnent ces espaces au plan des activités et des ressources qu’elles mobilisent, comment le développement urbain rejaillit localement, et quelles spécificités supportent les activités agricoles, à l’intersection de l’alimentation et de l’environnement.
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Rhône Alpes, région atomique : transition énergétique, sortie du nucléaire, où en est-on en Rhône Alpes ? Par Romain Garcier.

Café Géographique animé par Romain Garcier (professeur à L’ENS de Lyon). Compte rendu de Juliette Dop.

A l’occasion de l’ouverture prochaine de la COP 21, ce nouveau café géographique apporte une contribution aux réflexions sur les questions environnementales. Mais aussi à l’occasion de la venue de Jean Marc Rochette et Olivier Bocquet pour la dédicace du dernier opus du Transperceneige.

Il faut rappeler que la région Rhône Alpes représente 40 % de la production française hydro-électrique ET est la première puissance nucléaire régionale en France (20% du parc, 14 des 58 réacteurs français).

Les champs abordés ici, du climat et de l’énergie, sont centraux dans la démarche géographique, avec une approche à la fois globale (avec la COP 21) et locale (la Région).

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Vie et mort du couple Nord/Sud, par Christian Grataloup.

Compte rendu du café géographique d’Annecy du 17/09/2015 à Annecy. « Vie et mort du couple Nord/Sud ». Christian Grataloup. Compte rendu établi par S. Marty, L. Hours et Ph. Piercy.

En matière d’inégalités dans le monde, les préoccupations d’aujourd’hui (cf l’ouvrage de Piketty et son succès) concernent la croissance des inégalités internes au sein des sociétés plus qu’entre pays. Cela est vrai en Europe et aux États-Unis, dans les pays émergents, les « BRIC » notamment. Alors que l’on constate par ailleurs une diminution des inégalités à l’échelle mondiale.

Or ce sont ces inégalités à l’échelle mondiale, qui sont à l’origine de la distinction « Nord Sud ». Cette distinction aussi floue que consensuelle, commode par son incertitude,  est-elle mourante, alors qu’elle procède d’une histoire déjà longue, et qu’elle survit ponctuellement ?

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Géographes et bédéphiles, géophiles et bédégraphes. La géographie et le neuvième art. Avec Bénédicte Tratnjek et Thierry Saint Solieux.

Café Géographique d’Annecy du 11 juin 2015, avec Bénédicte Tratnjek (Université de Savoie)(BT) et Thierry Saint Solieux (BD Fugue Café Annecy) (TSS). Compte-rendu établi par J. Dop. publié sans l’amendement des intervenants.

Ce café autour de la géographie et de la Bande Dessinée a donné lieu à un dialogue éclairé entre les deux intervenants : Bénédicte Tratnjek, chargée de cours à l’Université de Savoie, membre du bureau des Cafés géographiques et Thierry  Saint Solieux, libraire à BD Fugue Café Annecy. Une petite introduction d’abord sur l’intérêt que peut représenter la BD pour les géographes, alors même que la BD est encore considérée comme étant « un thème de recherche-plaisir ». Ensuite le Café, et donc son compte –rendu, sont appuyés sur des exemples d’auteurs, d’ouvrages, autour de thèmes significatifs :

  • Une gestion de l’espace, celui de la case, donc de la page.

Ex de Tintin : Pendant que notre œil descend au file de la page, on a l’impression / la sensation que le personnage monte les escaliers. Ceci constitue un aspect très technique dont Hergé est le précurseur.

  • Les géographes regardent le type d’espace représenté. Dans Lucky Luke par exemple, c’est l’espace mythifié de la conquête de l’Ouest avec des symboles qui font sens à la lecture tels que le saloon, l’enclos…
  • La BD est un art séquentiel : il y a des trous, des blancs et c’est au lecteur de faire son propre chemin suivant son imagination. Le lecteur participe par son imaginaire, et c’est cet imaginaire qui intéresse les géographes : selon l’âge, les lecteurs ne mettent pas les mêmes éléments au sein de ces blancs ni ne perçoivent l’espace représenté de la même manière.
  • La BD est un outil pédagogique incroyable pour comprendre un espace, car dans cet art, c’est l’espace qui fait le réel. C’est un outil pour comprendre les espaces, notamment dans le cas de la BD de reportage qui met en place des espaces plus ou moins réalistes, de même que certaines BD totalement fictives peuvent permettre de mieux comprendre certaines des réalités spatiales.

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Du base-jump à la randonnée, des transgressions récréatives en montagne. Avec Philippe Bourdeau.

Philippe Bourdeau – 6/05/2015. 5e café géographique d’Annecy-Chambéry, 3e à Chambéry. Philippe Bourdeau est professeur de géographie à l’Institut de Géographie Alpine de Grenoble.

Il travaille sur les activités récréatives en contexte de montagne, notamment le métier de guide. Plus largement, il s’intéresse au hors-quotidien, au rapport des individus et des sociétés à l’ailleurs … et dans ce cadre, aux « dissidences récréatives ». Par cette expression, il entend tout une myriade de pratiques à la marge, non conformes aux « standards » – si tant est qu’il y en ait – des pratiques récréatives, au-delà des deux exemples évoqués dans l’intitulé de ce café géo.

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La réforme territoriale, y-a-t-il un territoire idéal ? avec Frédéric Giraut.

Café Géographique d’Annecy du 2 avril 2015 avec Frédéric Giraut (Professeur à l’Université de Genève). Compte rendu établi par Marion Lévis et François Duclos.

Régionalisation et emboîtement des échelles : approche politico-administrative

Le re-découpage régional français -maintenant approuvé- est à mettre en relation, comme partout, avec les phénomènes d’identité (ou de rejet) et de jeu de pouvoirs entre échelons. Quelles sont alors les particularités du système français. Les régions administratives sont des collectivités territoriales avec leurs budgets, leurs compétences et leur conseil ; elles s’inscrivent au sein d’un véritable édifice territorial dans un système historiquement centralisé et se construisent comme une reproduction du système présidentiel.

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Transports maritimes et mondialisation, par Antoine Frémont.

Café géo Antoine FrémontCompte-rendu du café géographique de Chambéry-Annecy – 25 février 2015 au Café du Beaujolais, avec Antoine Frémont, agrégé de géographie et directeur de recherche à l’IFSTTAR. Compte-rendu de Julien Besson.

Les Cafés géographiques de Chambéry Annecy accueillent Antoine Frémont, en lien avec la question « Mers et Océans », inscrite aux concours externes de recrutement des professeurs du secondaire (CAPES et Agrégation). Antoine Frémont et Anne Frémont-Vanacore sont tous les deux auteurs de la Documentation photographique « Géographie des espaces maritimes », à paraître en mars 2015.

Comment aborder le thème des transports maritimes et de la mondialisation ? Antoine Frémont souhaite partir d’une anecdote vécue quelques années auparavant à la frontière entre la zone économique spéciale de Shenzhen et Hong-Kong. Le chercheur attendait avec des collègues nord-américains à la frontière pour obtenir un passeport à la journée pour accéder aux terminaux à conteneurs, en pleine émergence au sein de cette zone économique spéciale (ZES), et discutait avec un concepteur de jouets originaire de Chicago qui les faisait fabriquer dans la ZES de Shenzhen. Ce nord-américain venait observer comment ses jouets, conçus à des milliers de kilomètres de la ZES de Shenzhen, étaient expédiés vers les Etats-Unis, ou encore vers l’Europe, par le Transpacifique vers les côtes Ouest des Etats-Unis ou par les routes du Sud-Est asiatique, via le détroit de Malacca par exemple.

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Entre local et global, les banlieues américaines et la financiarisation, par Renaud Le Goix.

Le 5 février 2015, les Cafés géographiques de Chambéry-Annecy accueillent Renaud Le Goix, professeur de géographie à l’Université Paris VII Diderot. Au milieu des super-héros et dans l’ambiance chaleureuse du Café Librairie BD Fugue d’Annecy, ce géographe spécialiste des États-Unis va expliquer comment son terrain d’étude a été saisi par la finance. Compte rendu de  Juliette Dop.

Dans le cadre d’un programme de recherche qui commence en 2007 (http://www.parisgeo.cnrs.fr/spip.php?article39&lang=fr), il a rapidement constaté les transformations brutales dues à la crise financière sur les 2000 lotissements de son corpus d’étude. De manière extrêmement limpide, Renaud Le Goix va expliquer les interactions entre les acteurs privés et les acteurs publics, les jeux d’échelles et l’ensemble du processus de crise qui ont eu des répercussions majeures sur les banlieues des villes américaines. Compte rendu de

« Entre local et global, les banlieues américaines et la financiarisation » Renaud Le Goix, Café Libraire BD Fugue, Annecy, le 5 février 2015

« Entre local et global, les banlieues américaines et la financiarisation »
Renaud Le Goix, Café Libraire BD Fugue, Annecy, le 5 février 2015

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Vins, fromages et pain, un mariage à trois hautement géographique en France, par Gilles Fumey.
g-fumey-21-01-2015

Pain, vins, fromages : pourquoi la France aime ce mariage à trois ? G. Fumey Café le Beaujolais, le 21 janvier 2015

Compte rendu de Lise Piquerey, du café géographique de Chambéry-Annecy – 21 janvier 2015 au Café du Beaujolais.

Les Cafés géographiques de Chambéry-Annecy ont été inaugurés le 21 janvier avec un sujet fédérateur : « Pain, vins, fromages : pourquoi la France aime ce mariage à trois ? ». La gastronomie française est donc à l’honneur. Gilles Fumey, professeur de géographie à l’Université Paris-Sorbonne et spécialiste de l’alimentation, présente le thème de cette première soirée. Il est le fondateur des Cafés géographiques à Paris et de leur réseau internet et il lance la formule à Chambéry devant un public nombreux et passionné, dans un lieu prédestiné : le Café du Beaujolais.

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