Les Cafés Géographiques de Paris

Les cafés géographiques  de Paris se déroulent au premier étage du Café de Flore, 172 boulevard Saint-Germain, Paris 6e, Métro Saint-Germain-des-Prés, horaire : de 19h à 21h.

Les cafés géo sont ouverts à tous et à toutes sans inscription. Le café de Flore demande juste que chacun consomme et règle sa consommation.

Contact : Daniel Oster

 

Programme 2025-2026

 

Mardi 30/9/2025 : Le nouveau désordre mondial (avec Frédéric Encel, géopolitologue)

Lundi 13/10/2025 : La Moldavie, entre l’Union européenne et la Russie (avec Florent Parmentier, politologue)

Mardi 28/10/2025 : Les enjeux de l’Arctique (avec Camille Escudé, géographe, et Rémy Marion, spécialiste des régions polaires)

Mardi 25/11/2025 : Les capitales déplacées (avec Frank Tétart, géopolitologue, et Pierre-Alexandre Mounier, historien)

Mardi 16/12/2025 : Géopolitique des Jeux olympiques (avec Patrick Clastres, historien)

Mardi 13/1/2026 : Les zoos, révélateurs de notre rapport aux animaux (avec Jean Estebanez, géographe)

Mardi 27/1/2026 : Où en est l’Afrique du Sud aujourd’hui ? (avec Alain Dubresson et Philippe Gervais-Lambony, géographes)

Mardi 17/2/2026 : La Pologne, nouvelle puissance européenne (avec Pierre Buhler, diplomate)

Mardi 17/3/2026 : Les déserts dans le monde (avec Ninon Blond, géographe).

Mardi 14/4/2026 : Le Japon et le nucléaire : de Hiroshima à Fukushima (avec Philippe Pelletier, géographe)

Mardi 12/5/2026 : La chasse, une passion humaine controversée (avec Charles Stépanoff, sociologue) – sous réserve

Café géo de Paris, mardi 14 avril 2026 : Le Japon et le nucléaire : de Hiroshima à Fukushima, avec Philippe Pelletier

Mardi 14 avril 2026, de 19h à 21h, Café de Flore, salle du premier étage, 172 boulevard Saint-Germain, 75006 Paris

Hiroshima et Fukushima sont deux lieux intimement marqués par le nucléaire, deux lieux emblématiques aussi de la relation singulière du Japon au nucléaire, qu’il soit militaire ou civil. Pour traiter de cette question, nous avons le privilège d’accueillir au Café de Flore Philippe Pelletier, l’un des plus grands géographes français actuels, qui vient de publier De Hiroshima à Fukushima. Guerre, nucléaire et politique au Japon, Presses universitaires de Lyon.

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Les déserts dans le monde, avec Ninon Blond

Les déserts couvrent 1/3 de la surfaces des terres émergées. Définir le désert préoccupe les savants ; le consensus évident c’est qu’il est difficile, voire impossible d’en donner une définition unique. L’étymologie latine deserta /desertus renvoie à des zones abandonnées (désertées), inhospitalières voire vides d’hommes, difficiles à mettre en valeur, le plus souvent en marge de l’œkoumène.

Ninon Bond, notre invitée, maitresse de conférences en géographie à l’ENS Lyon, auteur d’un Atlas des déserts (1), spécialiste des environnements secs et de leur évolution sur le temps long est l’intervenante idéale pour nous présenter ces territoires complexes aux enjeux multiples, nécessitant une approche pluridisciplinaire.

Café géographique de Paris, Le Flore, 17 mars 2026, Modératrice et autrice du compte-rendu : Micheline Huvet-Martinet

Ninon Blond (à droite) avec Micheline Huvet-Martinet (Photo Claudie Chantre)

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La Pologne, nouvelle puissance européenne, avec Pierre Buhler

Alors que l’Europe se trouve face à son défi le plus existentiel depuis la fin de la guerre froide, la Pologne consolide son statut de puissance européenne grâce à sa position géographique, son poids démographique et économique, et sa puissance militaire en construction rapide.
Pour mieux comprendre le rôle de la Pologne au sein de l’Europe, dans un moment géopolitique crucial, nous avons le privilège d’accueillir ce soir au Café de Flore (mardi 17 février 2026) Pierre Buhler, qui fut ambassadeur de France en Pologne de 2012 à 2016. Pierre Buhler a publié récemment une remarquable synthèse sur l’histoire de la Pologne sous le titre Pologne, histoire d’une ambition. Comprendre le moment polonais (Tallandier, 2025).

De gauche à droite : Pierre Buhler (PB) et Daniel Oster (DO) au Café de Flore. Photo de Micheline Huvet-Martinet

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Café géo de Paris, mardi 17 mars 2026 : Les déserts dans le monde, avec Ninon Blond

Mardi 17 mars 2026, de 19h à 21h, Café de Flore, salle du premier étage, 172 boulevard Saint-Germain, 75006 Paris

Les déserts sont des espaces stratégiques qui fascinent.  Leur grande diversité (déserts chauds et froids, déserts littoraux et continentaux…) se déploie sur 1/5 de la surface du globe. Ces territoires complexes aux enjeux multiples (économiques, environnementaux, migratoires, géopolitiques…) nécessitent une approche pluridisciplinaire, bien au-delà de la seule géographie.

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L’Afrique du Sud, plus de trois décennies après l’apartheid, avec Alain Dubresson et Philippe Gervais-Lambony.

Professeurs émérites à l’université de Nanterre, Alain Dubresson et Philippe Gervais-Lambony sont les invités de ce Café géographique animé par Denis Wolff pour évoquer l’Afrique du Sud (Café géo de Paris au Flore, mardi 27 janvier 2026).

Alain Dubresson rappelle que c’est en 1991 que l’arsenal juridique de l’apartheid a été démantelé et aboli, c’est-à-dire un an après la libération de Nelson Mandela (11 février 1990) qui devient président le 10 mai 1994. Quelles sont les idées dominantes, les expressions qui caractérisent l’Afrique du Sud ?

De gauche à droite : Alain Dubresson, Denis Wolff, Philippe Gervais-Lambony au Flore. Photo de Micheline Huvet-Martinet

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Les zoos, révélateurs de notre rapport aux animaux, par Jean Estebanez

Ce mardi 13 janvier 2026, Jean Estebanez, géographe à l’Université de Paris Est-Créteil, est venu nous parler d’un lieu qui nous est à la fois familier et étranger, le zoo. Les cafés de géo avaient déjà eu le plaisir d’accueillir J.Estebanez (1.).  Il y a consacré une thèse qui a été la source d’un ouvrage destiné à un plus large public, Zoos. Aux lisières du domestique (1). Cette étude pose de nombreuses questions : comment capter la vie animale ? Comment présenter le « sauvage » sans l’absorber ? Comment le sauvegarder ? C’est Micheline Huvet-Martinet qui conduit la discussion. 

Compte rendu de Michèle Vignaux.

Micheline Huvet-Martinet et Jean Estebanez (à droite) au Café de Flore. Photo de M. Vignaux.

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L’Afrique du Sud, plus de trois décennies après l’apartheid, avec Alain Dubresson et Philippe Gervais-Lambony

Mardi 27 janvier 2026, de 19h à 21h, Café de Flore, salle du premier étage, 172 boulevard Saint-Germain, 75006 Paris

Plus de trois décennies après la fin du régime d’apartheid, l’Afrique du Sud est considérée comme le pays le plus inégalitaire du monde. Des tensions très fortes fracturent la société autant que le territoire et menacent la stabilité politique dans un contexte économique dégradé. Pourtant le rêve des années 1990 semblait si puissant, celui du « miracle sud-africain », de la « nation arc-en ciel » et de la réparation. Qu’est-ce qui a mal tourné ?

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Géopolitique de la « planète olympique »,
avec Patrick Clastres

Au XIXe siècle Pierre de Coubertin, aristocrate pacifiste libéral, a voulu contribuer à la paix des nations par la compétition sportive et a théorisé la « neutralité du sport » à travers l’olympisme. Comment le CIO (Comité international olympique) a-t-il pris le contrôle du sport international ? Comment le sport est-il devenu le lieu de la projection des puissances et un outil stratégique diplomatique de la géopolitique ?

Pour traiter ce vaste sujet, Patrick Clastres, historien du sport et des jeux olympiques*, Professeur à l’Université de Lausanne (ISSUL/CRHIM), directeur du Centre d’études olympiques et de la globalisation du sport, s’entretient pour ce dernier café de l’année 2025 au Café de Flore avec Micheline Huvet-Martinet.

P. Clastres (à droite) et M. Huvet-Martinet (photo M Vignaux)

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Le déplacement des capitales dans le monde, avec Frank Tétart et Pierre-Alexandre Mounier

Changer de capitale ? Une idée bien étrange pour la plupart des Français concevant Paris comme leur capitale intangible. C’est pourtant 70 exemples de changement de capitale (et la liste n’est pas exhaustive) que Frank Tétart, géopolitologue, et Pierre-Alexandre Mounier, historien, ont répertoriés dans leur dernier ouvrage, Atlas historique des capitales déplacées (1). C’est un sujet entièrement nouveau que nos deux intervenants ont exploré et sont venus nous présenter au Flore mardi 25 novembre 2025.

Frank Tétart (à gauche) et Pierre-Alexandre Mounier au Flore le 25 novembre 2025. Photo de Micheline Huvet-Martinet

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Les enjeux de l’Arctique, avec Camille Escudé et Rémy Marion.

L’Arctique se trouve au cœur des défis du XXIe siècle.  Le changement climatique et la mondialisation changent la donne relative à ces régions qui sont devenues l’objet de toutes les convoitises, notamment celles liées aux ressources et aux accès. Défis environnementaux, politiques et culturels sont ici particulièrement mêlés, ils concernent autant les Etats riverains que le reste du monde.

Compte rendu du Café géographique du 28 octobre 2025, animé par Michèle Vignaux, rédigé par Daniel Oster.

Pour traiter de ce vaste sujet ce mardi 28 octobre nous avons invité deux spécialistes des régions polaires : Camille Escudé, géographe, docteure en relations internationales, membre du CERI de Sciences Po, et Rémy Marion, photographe, réalisateur et conférencier, grand connaisseur des régions polaires. L’animation de ce café géo est assurée par Michèle Vignaux.

Camille Escudé (à gauche) et Rémy Marion (à droite) lors du café géo sur l’Arctique qui s’est tenu au Café de Flore (Paris 6ème) mardi 28 octobre 2025 (Photo de Micheline Huvet-Martinet)

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La Moldavie : angle mort de la géopolitique ? Par Florent Parmentier

L’espace actuellement constitué par la Moldavie, ancienne République socialiste soviétique, devenue indépendante en août 1991, prise en étau entre la Roumanie et l’Ukraine a toujours été depuis l’empire romain une zone stratégique à la limite de grands Etats. La Moldavie est actuellement tiraillée entre la Russie et l’U.E.

Florent Parmentier, notre invité ce 13 octobre au café de Flore, actuellement secrétaire général du CEVIPOF et chercheur associé au Centre de géopolitique d’HEC a commencé à s’intéresser à ce petit Etat de 2,4 M° d’habitants, à peine plus grand que la Belgique, alors qu’il était stagiaire à l’ambassade de France à Chisinau. Il répond aux questions d’Henry Jacolin et de Gilles Fumey. Compte rendu de Micheline Huvet-Martinet. Cafés géographiques de Paris, Le Flore, 12 octobre 2025.

Florent Parmentier (Photo Denis Wolf)

Florent Parmentier (Photo Denis Wolf)

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le nouveau désordre mondial, par Frédéric Encel.

Frédéric Encel. Photo de Micheline Huvet-Martinet

Pour traiter cette question, nous avons reçu Frédéric Encel au Café de Flore ce mardi 30 septembre 2025.  Docteur HDR en géopolitique de l’Institut français de géopolitique de l’université Paris VIII, Frédéric Encel est maître de conférences à Sciences Po Paris et professeur à la Paris School of Business. Il est l’auteur de La guerre mondiale n’aura pas lieu paru chez Odile Jacob en 2025.

Café géographique de Paris, Le Flore, 30 septembre 2025, animé par Daniel Oster, compte rendu de Claudie Lefrère-Chantre (Lire la suite…)

Un micro-Etat : la république de Saint-Marin, avec Leopoldo Guardigli, Bruno Fuligni et Luca Saibene.

De gauche à droite : B.Fuligni, Leopoldo Guardigli, Luca Saibene, au Flore, le 19 mai 2025. Photo M.Huvet-Martinet

Un coin de terre, abrité autour du Mont-Titano au cœur de l’Italie, entre l’Emilie-Romagne et les Marches abrite la plus ancienne République du monde, l’un des huit micro-Etats d’Europe.  Ceci nous amène à nous interroger sur le sort des micro-Etats dans la mondialisation : sont-ils condamnés à n’être que des paradis fiscaux et/ou touristiques ?

Pour répondre à cette problématique, nous recevons au Flore le 19 mai, pour notre dernier café de la saison, Leopoldo Guardigli, ambassadeur de Saint-Marin en France, l’historien Bruno Fuligni et Luca Saibene, stagiaire à l’ambassade.

Café géographique de Paris, Le Flore, 19 mai 2025, Compte rendu de Micheline Huvet-Martinet

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Géographie et littérature, avec Emmanuelle Loyer et Jean-Louis Tissier.

Daniel Oster, Emmanuelle Loyer, Jean-Louis Tissier (Photo de Denis Wolff)

Pour traiter ce vaste sujet, « Géographie et littérature », nous avons reçu au Café de Flore ce mardi 29 avril une historienne, Emmanuelle Loyer, spécialiste d’histoire culturelle à Sciences Po Paris, et un géographe, Jean-Louis Tissier, professeur émérite à Paris1 Panthéon-Sorbonne, qui a notamment beaucoup travaillé sur l’œuvre littéraire de Julien Gracq. Ce Café a porté plus particulièrement sur L’impitoyable aujourd’hui, essai écrit par E. Loyer pendant le confinement. (Lire la suite…)

Nous aurons toujours besoin des forêts, avec Laurent Testot.

Laurent Testot (à droite) interviewé par Gilles Fumey (à gauche) Photo M. Huvet-Martinet

 

Café géographique de Paris, Le Flore, 25 mars 2025, animé par Gilles Fumey, compte rendu de Micheline Huvet-Martinet

Gigantesques incendies de forêts en Californie, déforestation en Amazonie, développement de la filière bois dans de nombreux pays… autant d’aspects qui soulignent l’importance des forêts dans le monde actuel. A l’heure de l’anthropocène, les écosystèmes forestiers présentent des enjeux environnementaux majeurs dans la mesure où leur rétraction spatiale contribue à l’accélération du changement climatique. (Lire la suite…)

L’Afghanistan, un trou noir entre les empires, rencontre avec Régis Koetschet.

Régis Koetschet au Café de Flore lundi 10 mars 2025 (photo de J.-P. Némirowsky)

 

Beaucoup de monde ce mardi 10 mars 2025 au Flore pour écouter parler d’un pays, l’Afghanistan, dont le comportement extravagant des dirigeants suscite toujours beaucoup d’émotion. L’intervenant, Régis Koetschet, est doublement engagé comme homme de terrain et de réflexion. Ambassadeur de France à Kaboul de 2005 à 2008, il travaille aujourd’hui dans des organisations humanitaires auprès de la diaspora afghane en France.

Café géographique de Paris, Le Flore, 10 mars 2025, animé par Henry Jacolin, compte rendu de Michèle Vignaux. (Lire la suite…)

Géographie des pandémies, avec Guillaume Lachenal.

Guillaume Lachenal (à droite) et Gilles Fumey (photo J.-P. Némirowsky)

Les grandes pandémies ponctuent l’histoire du monde. Chacune est à replacer dans son contexte pour restituer la complexité des interactions et des interdépendances entre l’homme et son milieu naturel.

Mercredi soir 12 février, nous avons reçu Guillaume Lachenal, un scientifique agrégé de sciences de la vie et de la terre devenu historien des sciences et de la médecine, professeur des universités à Sciences Po et chercheur au laboratoire médialab de Sciences Po. Il répond aux questions de Gilles Fumey dans le cadre d’un entretien interactif qui s’appuie sur la récente publication de son atlas des épidémies (1).

Café géographique de Paris, 12 février, Le Flore, animé par Gilles Fumey, comptes rendu de Micheline Huvet-Martinet.

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Vivre au bord de la mer, avec Annaig Oiry.

A.Oiry(à droite) et M.Huvet-Martinet au Flore le 19/01/2025. Photo. JP.Némirowsky.

90% des échanges (en tonnage) à l’échelle mondiale se font par voie maritime et atterrissent donc dans un port souvent industrialisé en bord de mer.  Plus de 60% de la pop. mondiale habite à moins de 100km de la côte. Ces deux chiffres clés légitiment l’intérêt pour les littoraux qui ont longtemps été des lieux autant rêvés qu’effrayants et répulsifs mais qui sont aujourd’hui des espaces intégrés, attractifs, convoités et stratégiques

C’est devant un public nombreux que nous avons accueilli au Flore Annaig Oiry (A.O) pour nous faire « Vivre au bord de la mer ». Maître de conférences à l’Université Gustave Eiffel, Annaig Oiry, est l’auteur d’une thèse de géographie sur l’éolien en mer. Elle est rattachée au laboratoire « analyse comparée des pouvoirs » et travaille sur le déploiement des énergies marines renouvelables ainsi que sur les questions nucléaires notamment en Bretagne.

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Géohistoire des humains sur la Terre, avec Chrisitan Grapaloup.

Café de Flore, Paris, mardi 17 décembre 2024, C. Grataloup et D. Oster (de droite à gauche, photo de M. Huvet-Martinet)

Ce mardi soir, un public nombreux assiste au Café géo dont le sujet porte sur la « géohistoire des humains sur la Terre ». Pour aborder cette question un unique intervenant : Christian Grataloup, le géohistorien bien connu qui incarne largement la réflexion géohistorique depuis de nombreuses années. Auteur d’un livre d’une ambition rare (Géohistoire. Une autre histoire des humains sur la Terre, Les Arènes, 2023), C. Grataloup se propose durant cette soirée d’éclairer ce que l’histoire des sociétés doit à leur espace. Rien que cela !

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Qu’est-devenue la Yougoslavie ? Avec Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin

De gauche à droite, Jean-Arnault Dérens, Laurent Geslin et Daniel Oster, mardi 26 novembre 2024, au Café de la Mairie (Paris 3ème) (Photo Denis Wolff)

La salle du premier étage du Café de la Mairie (Paris 3ème) était comble mardi soir 26 novembre pour écouter deux éminents spécialistes des Balkans, Jean-Arnault Dérens (JAD) et Laurent Geslin (LG). Les intervenants, tous deux journalistes, notamment au Courrier des Balkans et pour de nombreux organes de presse (Le Monde diplomatique, Mediapart, etc.), auteurs de plusieurs livres sur la région des Balkans, étaient présents pour faire le point sur la situation de l’espace ex-yougoslave, trente ans après la dislocation de la Yougoslavie socialiste de Tito.

Café géopolitique Paris, 26 novembre 2024. Compte rendu rédigé par Daniel Oster

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L’Europe et les Etats-Unis, avec Philippe Etienne.

P. Etienne au Café de Flore (octobre 2024)

Les Cafés géographiques reçoivent, ce mardi 15 octobre, Philippe Etienne, diplomate qui a exercé sa carrière dans plusieurs villes européennes (Belgrade, Bonn, Moscou, Bruxelles, Bucarest) avant d’être nommé ambassadeur de France aux Etats-Unis de 2019 à 2023. Il a donc une bonne connaissance des deux mondes qui se font face de part et d’autre de l’Atlantique nord et de l’évolution de leurs relations, dans un contexte international dangereux et complexe (terrorisme, transition climatique…). 80 ans après la Libération, la guerre en Ukraine a ramené l’Europe dans un monde brutal alors que l’U.E., fille de la IIe Guerre mondiale, était censée lui apporter paix et prospérité « éternellement ». Comment aujourd’hui nos démocraties peuvent-elles défendre nos valeurs ? (Lire la suite…)

Les territoires de l’extrême droite en France et en Europe, avec Béatrice Giblin.

La forte poussée de l’extrême droite en Europe conduit à s’interroger sur les ressorts communs à la montée de ces partis.

C’est devant une assistance nombreuse que Béatrice Giblin (BG), une habituée de nos cafés, a inauguré la nouvelle saison 2024-25 ce 24 septembre. Professeure émérite des Universités, géographe et géopolitologue, BG a fondé l’Institut francais de géopolitique (IFG). Elle dirige depuis 2006 la revue Hérodote, succédant à son maître Y.Lacoste avec qui elle s’est intéressée dès 1986 au Front National (FN) devenu en 2018 Rassemblement National (RN) non pas du point de vue sociologique ou politique mais du point de vue de son implantation géographique, en s’efforçant de faire varier le niveau d’analyse par différentes échelles. Le premier canton à élire un candidat du Front national (FN) était dans les environs de Marseille en 1982.

Compte-rendu de Micheline Huvet-Martinet

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Programme des Cafés géographiques de Paris : saison 2024-2025

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Toujours plus vite et plus loin ? Mobilités et transports dans le monde. avec Xavier Bernier.

Xavier Bernier au Flore. Photo de Micheline Huvet-Martinet

En ce 30 avril, c’est un géographe « en mouvement », auteur d’un récent Atlas des mobilités et des transports (1), que les Cafés géo accueillent au Flore. Présenté par Gilles Fumey, Xavier Bernier est professeur de géographie à Sorbonne Université où il dirige le Master TLTE (transports). Notre invité qui a gardé de son expérience de montagnard dans les Alpes, le goût des cordages pour assurer sa progression, nous propose un café collectif et participatif pour traiter des mobilités. Pas de micro pour pouvoir mieux bouger et des cordes pour symboliser les déplacements.

Café géographique de Paris, Le Flore, 30 avril 2024, animé par Gilles Fumey, compte rendu de Michèle Vignaux.

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Humains et animaux, une géographie de relations, avec Jean Estebanez.

D. Oster et J. Estebanez (Photo M.Huvet-Martinet)

 

De l’élevage aux productions industrielles, de l’abattage rituel au bien-être animal, des animaux de laboratoire aux antispécistes, de la zoophilie à l’extermination, les relations des humains avec les animaux nourrissent de nombreux débats parfois polémiques, souvent violents qui trouvent des réponses différentes en fonction des contextes et stimulent l’enquête géographique.

Animé par Daniel Oster. Compte rendu de Micheline Huvet-Martine

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Taïwan : une île en état d’alerte ? avec Jacques Gravereau.

Jacques Gravereau (Photo de J.-P. Némirowsky)

Café géopolitique, Paris,  2024, compte rendu de Michèle Vignaux.

L’agression de l’Ukraine par la Russie a ravivé les inquiétudes sur la sécurité de Taïwan. La petite île doit-elle redouter une prochaine invasion de son grand voisin chinois ?

Le Café de la Mairie était bondé pour écouter Jacques Gravereau nous parler de Taïwan, de sa société, de sa géographie particulière et surtout de ses relations avec la Chine. Grand expert des questions économiques et politiques liées à l’Asie, notre intervenant, président pendant 25 ans de l’Institut HEC-Eurasia, a une connaissance approfondie de la deuxième puissance mondiale dans laquelle il a fait 70 séjours. Et c’est sur un ton combinant humour et érudition qu’il analyse la situation d’une zone très sensible de notre monde.

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La crise de l’eau en France, avec David Blanchon.

 

Daniel Oster présente David Blanchon (photo Micheline Huvet-Martinet)

Café géographique de Paris, Le Flore, 6 février 2024, animé par Daniel Oster, Compte rendu de de Micheline Huvet-Martinet.

L’actualité de ces dernières années est marquée en France mais aussi partout dans le monde par la multiplication de crises de l’eau auxquelles nous étions peu habitués : sécheresses prolongées même dans des régions inhabituelles comme la Bretagne, inondations catastrophiques récurrentes (Pas de Calais, La Roya), pénuries d’eau potable généralisées à Mayotte, et surtout affrontements violents autour des ressources en eau et de projets hydrauliques (Sivens, Sainte-Soline). En général la DCE (Directive Cadre sur l’Eau) qui visait à atteindre le bon état écologique des masses d’eau a échoué.
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La Birmanie, pivot stratégique entre la Chine et l’Inde, par Amaury Lorin.

Amaury Lorin (à droite) et Michèle Vignaux (à gauche)

Café géographique de Paris, Le Flore, 2024, animé par Michèle Vignaux, Compte rendu rédigé par Daniel Oster.

L’historien Amaury Lorin s’est spécialement déplacé depuis Dunkerque pour ce café géo consacré à la situation géopolitique de la Birmanie, sujet trop peu abordé en France alors qu’il représente un enjeu important du monde d’aujourd’hui.

Amaury Lorin a récemment écrit un livre, Variations birmanes (Samsa éditions, Bruxelles, 2022, sélection Prix Pierre Loti 2023), où il donne quelques clés de compréhension de cette situation qu’il va évoquer. (Lire la suite…)

La France, l’Allemagne et l’Europe : le regard d’un ambassadeur, Claude Martin.

Claude Martin et Henry Jacolin au Flore (photo de Micheline Huvet Martinet)

Les relations internationales sont l’objet de nombreuses études de journalistes, de politologues et d’historiens. Mais le témoignage des diplomates, participants discrets aux négociations entre les Grands, est précieux. Claude Martin, notre intervenant, a œuvré à la tête de deux ambassades prestigieuses à Pékin et à Berlin.

Mardi 19 décembre Claude Martin (C.M) qui fut ambassadeur de France en Chine (1990-93) puis ambassadeur de France en Allemagne (1999 – 2008) est venu au Flore faire part de sa vision personnelle du rapport entre la France, l’Allemagne et l’Europe.

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Géopolitique du rail, avec Antoine Pecqueur.

Antoine Pecqueur et Henry Jacolin au Café de la Mairie (cliché de Denis Wolff)

Café géopolitique, 15 février 2023, Paris, animé par Henry Jacolin, compte rendu de Michèle Vignaux.

Antoine Pecqueur qui nous présente son ouvrage, Géopolitique du rail (1), ce lundi 15 février au Café de la Mairie fait partie de ces amoureux des trains dont la passion remonte à l’enfance.  Aujourd’hui journaliste, spécialiste des questions culturelles et économiques, il a écrit ce livre pendant la crise sanitaire alors qu’on ressentait la nécessité de repenser les mobilités. Les « beaux livres » sur les chemins de fer ne manquent pas, mais peu en ont étudié la géographie et la géopolitique.

A. Pecqueur a donc voulu faire un travail documenté analysant les enjeux du ferroviaire à plusieurs échelles, tout en faisant part de son expérience personnelle, celle d’un homme pour qui le train est non seulement un moyen de déplacement mais aussi un moyen de rencontre. Nous allons donc faire avec lui un tour du monde de deux heures en chemin de fer, nous posant à chaque étape une question récurrente : y a-t-il actuellement une renaissance du train ?

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La rue : évolution d’un espace public en France, avec Claude Gauvard et Danielle Tartakowsky.

Michèle Vignaux présente Claude Gauvard (au centre) et Danielle Tartakowsky (droite), cliché M.Huvet-Martinet

Café géographique de Paris, Le Flore, animé par Michèle Vignaux, Compte rendu de Micheline Huvet-Martinet.

Les Cafés Géo ont eu le plaisir d’accueillir au Flore à l’occasion de la sortie récente de l’Histoire de la rue, de l’antiquité à nos jours * deux éminentes historiennes intéressées par la géographie urbaine. Claude Gauvard (C. G) est professeure émérite d’histoire médiévale à Paris I-Panthéon Sorbonne, spécialiste de la société et de la justice du Moyen Âge.  Danielle Tartakowsky (D.T) est professeure émérite d’histoire contemporaine à Paris 8, spécialiste des mouvements sociaux.

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Le Haut-Karabakh : la question des frontières dans le Caucase, rencontre avec Henry Jacolin.

Henry Jacolin et Micheline Huvet-Martinet (modératrice) Photo J.P.Némirowsky.

L’Institut de géographie accueillait le 18 novembre 2023 Henry Jacolin (H.J), ancien diplomate, ambassadeur de France à Sarajevo pendant le siège (https://cafe-geo.net/henry-jacolin-lambassadeur-et-le-siege-sarajevo-1993-1995-paris-fauves-editions-2018/), fin connaisseur de la géopolitique du Caucase puisqu’il a assuré, de 2002 à 2005, la médiation du conflit du Haut-Karabakh en tant que co-président  groupe de Minsk.

Café géographique de Paris, Institut de géographique, 18 novembre 2023, compte rendu rédigé par Micheline Huvet-Martinet.

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Aménager le territoire en France : la question du logement avec Philippe Mazenc, 14 octobre 2023

Philippe Mazenc (cliché de Denis Wolff)

Invité des Cafés géo, Philippe Mazenc a un parcours original. Elève à Sciences-po Bordeaux, il passe le concours des Affaires maritimes et devient administrateur des Affaires maritimes, corps d’officiers de la Marine nationale. Puis il quitte ce corps et part dans la fonction publique civile, d’abord à la direction du Budget, puis au Secrétariat général du ministère de l’Ecologie, puis à la sous-direction de la Législation de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Paysages, et fait partie de ceux qui mettent en place la loi ALUR (2014). Il travaille ensuite à la préfecture de l’Ile-de-France puis à celle de Bretagne. Après y avoir passé quelques années, il devient directeur de cabinet adjoint de Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires puis, depuis quelques mois, il est directeur général de l’Aménagement, du Logement et de la Nature. Il est donc fort bien placé pour exposer les principaux aspects de la question du logement en France.

Compte rendu rédigé par Denis Wolff.

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Dans quel monde vivons-nous ? Avec Delphine Papin et Frank Tétart.

Delphine Papin, Frank Tétart et Daniel Oster (modérateur)
(photo de Micheline Martinet)

Café géographique de Paris, Le Flore, animé par Daniel Oster, compte rendu de Michèle Vignaux et Daniel Oster.

Pour fêter le 25ème anniversaire de la création de l’association, Les Cafés géographiques ont invité Frank Tétart, docteur en géopolitique, à présenter une question d’actualité sous le titre : « Dans quel monde vivons-nous ? ». Quel meilleur choix que cet ancien co-auteur de l’émission Le Dessous des cartes et coordinateur du Grand Atlas 2024 (1) pour analyser les crises qui affectent la planète ? Delphine Papin, responsable du service Infographie et Cartographie du journal Le Monde, complète son intervention.

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Haïti, un Etat en faillite, avec Jean-Marie Théodat.

Jean-Marie Théodat au Café de la Mairie, le 9 octobre 2023 (photo de Michèle Sivignon)

Café géopolitique, 9 octobre 2023, Paris, compte rendu de Michèle Vignaux.

Le Café de la Mairie (Paris 3e) recevait en cette soirée du 9 octobre le géographe Jean-Marie Théodat pour un café géo consacré à Haïti. La double appartenance, haïtienne et française, conditionne non seulement la vie personnelle mais aussi le travail de recherche de cet universitaire qui a enseigné aussi bien à Paris 1 Panthéon-Sorbonne qu’à Port-au -Prince. Aussi est-ce sa position personnelle qu’il nous donne lorsqu’il analyse la situation catastrophique de son pays natal. Cette situation est pourtant contradictoire car elle comporte deux faces. Un inventaire de mots-clés, de mots-clichés qui sautent à la mémoire à l’évocation du vocable Haïti.

 

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Une rencontre avec Hervé Le Bras sur les « inégalités en France »

Daniel Oster, modérateur, et Hervé Le Bras

Les Cafés Géo ont eu le plaisir d’accueillir au Flore Hervé Le Bras dont L’Atlas des inégalités. Les Français face à la crise (1) est sorti récemment.

Hervé Le Bras a un parcours universitaire et professionnel original car il a acquis autant de compétences dans les sciences dites « dures » que dans les sciences humaines. Jeune polytechnicien, il est parti au Tchad en tant qu’anthropologue, puis a fait des études de démographie et de mathématiques économiques. Mais c’est comme démographe qu’il est surtout connu du grand public grâce à de nombreux travaux et de fréquentes interventions dans les médias. Son intérêt pour l’espace et les localisations précises a enrichi des travaux que la plupart des démographes ne fondaient que sur des données statistiques.

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La mémoire coloniale dans l’espace public parisien, par Jean Rieucau.

Jean Rieucau au café de Flore le 18 avril 2023 (photo de Micheline Huvet-Martinet)

 

Mardi 18 avril au café de Flore l’intervention de Jean Rieucau (J.R), a clôturé notre saison 2022-23. Daniel Oster présente notre invité, Professeur émérite de géographie à l’Université de Lyon 2, spécialiste de géographie culturelle, intéressé plus particulièrement par le patrimoine, le tourisme et aussi, par ce qui va être le sujet de ce café, les odonymes, c’est-à-dire les noms donnés aux espaces publics. (Lire la suite…)

L’hiver au Siècle d’or hollandais, par Alexis Metzger.

Alexis Metzger au Flore. Photo M Huvet-Martinet

Mardi 4 avril, au café de Flore, Alexis Metzger (A.M), Docteur en géohistoire, est notre invité pour une soirée originale et fort agréable de géoclimatologie culturelle autour de L’hiver hollandais au Siècle d’or, titre de son ouvrage paru en 2019, fruit de sa thèse sur le froid au Siècle d’or hollandais *. Michèle Vignaux est l’animatrice de ce café. Compte rendu rédigé par Micheline Huvet-Martinet .

Les Provinces-Unies dont l’indépendance est proclamée en 1648 sous le statut de république, à l’issue de longues guerres d’indépendance, sont alors délivrées du joug espagnol et connaissent une période de stabilité politique, de croissance démographique et de fleurissement culturel et économique grâce notamment à la prospérité de leur commerce maritime. Les peintres de la Hollande (principale province des Provinces-Unies), se mettent à représenter l’hiver comme on ne l’avait jamais vu, alors que la Hollande, connait quelques hivers froids ou ressentis comme tels. A.M interpelle les sources de l’histoire du climat derrière le grand initiateur qu’a été E. Le Roy Ladurie, pour nous proposer une lecture géohistorique des œuvres d’art des maîtres hollandais.  

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Programme 2022-2023 des Cafés Géopolitiques (Paris)

Programme 2022-2023 des Cafés Géopolitiques (Paris)

 

Lundi 3 octobre 2022 : Que serions-nous sans nos fleuves ? (avec Elisabeth Ayrault, ancienne présidente de la Compagnie Nationale du Rhône)

Lundi 5 décembre 2022 : “Géopolitique des migrations internationales” (avec François Héran, sociologue, démographe, est professeur au Collège de France)

Mardi 10 janvier 2023 : « Géopolitique de la Turquie » (avec Pierre Raffard).

Mardi 14 mars 2023 (Café de Flore) : « La forêt vierge d’Amazonie n’existe pas » (avec Stéphen Rostain).

Qu’est-ce que la géographie militaire ? Par Philippe Boulanger.

Philippe Boulanger au Café de Flore, intervenant du café géo du 21 mars 2023

 

Ce mardi 21 mars 2023, au Café de Flore, le géographe Philippe Boulanger (PB) tente de répondre à la question : qu’est-ce que la géographie militaire ?

Professeur des universités, l’intervenant de la soirée s’est spécialisé dans la géographie militaire, la géostratégie et la géopolitique depuis de nombreuses années, il enseigne dans différents établissements universitaires et académies militaires. Elisabeth Bonnet-Pineau (EBP) est l’animatrice de ce café géo.

 

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« La forêt vierge d’Amazonie n’existe pas » nous dit Stéphen Rostain.

Stéphen Rostain et Henry Jacolin au Flore (photo M. Huvet-Martinet)

Beaucoup de monde au Café de Flore ce 22 mars. Il faut dire que le sujet, « l’Amazonie », est attractif et que son énoncé suscite la curiosité : « La forêt vierge d’Amazonie n’existe pas ». Membre du laboratoire Archéologie des Amériques du CNRS et de l’Université Panthéon-Sorbonne et Directeur de recherche au CNRS, Stéphen Rostain, notre invité, va déconstruire nos préjugés avec science et humour. Compte rendu de Michèle Vignaux

Pour en finir avec les idées toutes faites, notre conférencier rappelle que, bien que sillonnée par de nombreux scientifiques, l’Amazonie offre toujours des surprises (la découverte récente d’une rivière souterraine, par exemple). C’est en fait une forêt très mal connue que l’on croit bien connaitre comme les premiers explorateurs à qui on doit de nombreux préjugés. La seule certitude actuelle est sa progressive disparition. (Lire la suite…)

Géopolitique du cyberespace russophone, par Kévin Limonier.

Kévin Limonier au Café de Flore lors du café géo du 31 janvier 2023

C’est devant une audience nombreuse et curieuse d’aborder un nouveau champ d’étude de la géographie que Kévin Limonier est intervenu au café de Flore le 30 janvier 2023. Kévin Limonier, maître de conférences en géographie et en études slaves à l’Institut Français de Géopolitique (Université Paris 8) est également directeur adjoint de GEODE (Géopolitique de la dataspère), centre de recherches disciplinaires qui est l’un des deux Centres d’Excellence choisis en 2020 par le Ministère des Armées afin de promouvoir la relève stratégique de la France. Compte rendu rédigé par Micheline Huvet-Martinet,

Quels sont les enjeux géopolitiques de la révolution numérique ? En quoi le cyberespace est-il un objet géographique et géopolitique ? Est-il possible de le cartographier ? Comment ? Ce sont les questions qui ont été abordées à travers l’exemple du cyberespace russe et russophone.

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Pasteur, la France et le monde, avec Maxime Schwartz et Annick Perrot.

Maxime Schwartz et Annick Perrot (photographie de Denis Wolff)

Le 21 janvier 2023, les Cafés géo ont accueilli à l’Institut de géographie Annick Perrot, Maxime Schwartz et Agnès Desquand. 

Animé par Isabelle Mazenc, compte rendu rédigé par Denis Wolff

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Le succès actuel des cartes, par Delphine Papin et Juliette Morel.

Delphine Papin, Juliette Morel et Daniel Oster

Café géographique de Paris, Le Flore, animé par Daniel Oster, compte rendu rédigé par Michèle Vignaux.

Le désir de comprendre l’évolution du conflit en Ukraine a donné au grand public un regain d’intérêt pour les cartes. C’est pourquoi nous étions particulièrement heureux de recevoir au Flore deux spécialistes de la cartographie utilisant les ressources informatiques, Juliette Morel, universitaire (1), et Delphine Papin, directrice du service Cartographie et Infographie du journal Le Monde (2).

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Géopolitique de la Turquie, par Pierre Raffard.

Pierre Raffard au Café de la Mairie (Paris 3ème)

Café géopolitique, 10 janvier 2023, Paris, animé par Michel Sivignon,  compte rendu de M. Sivignon.

Ce mardi 10 janvier, Pierre Raffard est l’unique intervenant d’un café géopolitique se tenant dans la salle, bien remplie, du premier étage du Café de la Mairie (Paris 3ème). Pierre Raffard a soutenu sa thèse de géographie en 2014. Cette thèse porte sur la géographie de l’alimentation ou plus exactement sur une approche culturelle de la  cuisine turque en liaison avec l’agriculture du pays.

 

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Géopolitique des migrations internationales, par François Héran.

François Héran entouré de Gilles Fumey, Michel Sivignon, Henry Jacolin © B. Verfaillie

Café géopolitique, 5 décembre 2022, Paris, animé par Michel Sivignon, Gilles Fumey et Henry Jacolin, compte rendu du Maryse Verfaillie.

Lundi 5 décembre 2022, les Cafés géographiques ont eu le privilège d’accueillir François Héran, sociologue et démographe, professeur au Collège de France titulaire de la chaire « Migrations et sociétés ». La salle du premier étage du Café de la Mairie (Paris 3e) est entièrement remplie pour assister à ce café géo consacré à la géopolitique des migrations internationales. Un dossier de 9 tableaux a été distribué aux participants afin d’étayer le propos de l’intervenant déclarant d’entrée que le débat public en France sur l’immigration est sans rapport avec la réalité. François Héran entend le démontrer en se référant aux seules statistiques.

 

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L’Union européenne dans le monde, par Michel Foucher

Michel Foucher (MF) et Daniel Oster (DO)

Mardi 13 décembre, devant une audience nombreuse et attentive, les Cafés géographiques ont reçu au Flore Michel Foucher, géographe et diplomate, qui a dirigé le Centre d’Analyse et de Prévision du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (1999-2002) et a servi comme Ambassadeur de France en Lettonie de 2002 à 2006. (Lire la suite…)

Russes et Ukrainiens, les frères inégaux, avec Denis Eckert

Andreas Kappeler, Russes et ukrainiens, les frères inégaux, du Moyen Age à nos jours, CNRS Editions, 2022

Café géopolitique, 15 novembre 2022, Paris, compte rendu rédigé par Daniel Oster.

Depuis le 24 février 2022 la guerre en Ukraine a bouleversé l’échiquier géopolitique mondial. L’émotion suscitée par cet événement a été considérable, notamment dans les pays de l’Union européenne, entraînant dans le même temps un besoin de mieux comprendre les relations entre les deux protagonistes principaux (Russes et Ukrainiens).

 

 

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Les géographes français en 1939-1945, rencontre avec Marie-Claire Robic et Nicolas Ginsburger.

De droite à gauche, Marie-Claire Robic, Nicolas Ginsburger et Denis Wolff.

Cafés géographiques de Paris, Le Flore, 18 octobre 2022, animé par Denis Wolff, ompte rendu rédigé par Denis Wolff.

Le 18 octobre 2022, Nicolas Ginsburger (historien), Marie-Claire Robic et Jean-Louis Tissier (géographes) furent les invités des Cafés géo au Flore afin d’évoquer le travail, l’action et la vie des géographes français pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils ont dirigé en 2021 un volumineux ouvrage composé de vingt chapitres rédigés par quinze auteurs. Ce livre, accessible en Open edition, a donné lieu à de nombreux comptes rendus (dans les Annales de géographie, Cybergeo, GéoCarrefour, Confins, The AAG, les Cahiers de géographie du Québec… ). (Lire la suite…)

Que serions-nous sans nos fleuves ? Par Elisabeth Ayrault.

Henry Jacolin et er , Paris, Café de la Mairie, le 3 octobre 2022

Cafés géopolitiques, Paris, 3 octobre 2022, animé par Henry Jacolin, compte rendu de Michèle Vignaux.

Ce lundi 3 octobre, les Cafés géopolitiques recevaient Elisabeth Ayrault pour nous parler des fleuves. Avant d’assurer la présidence de la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) pendant huit ans, notre intervenante a eu une vie professionnelle riche et très diverse. Architecte de formation, elle a travaillé dans les économies d’énergie et la transformation des déchets, ce qui lui a permis d’appréhender toute la variété des tâches liées à la gestion d’un fleuve. Aussi est-ce avec une belle énergie qu’elle nous a parlé du potentiel et des problèmes actuels, non seulement du Rhône mais aussi de quelques grands fleuves d’Asie, d’Afrique et d’Amérique, ce qui a passionné l’auditoire.

 

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L’Ukraine : de la Nation à l’Etat, avec Philippe de Suremain, Jean-Paul Véziant, Jacques Faure.

De gauche à droite : J.Faure, J.P Véziant, Ph.de Suremain, H.Jacolin.

Lundi 7 juin, alors que la guerre russe en Ukraine se poursuit depuis plus de trois mois, nous recevons devant une audience attentive, au café de la mairie (75003), dans le prolongement de la présentation de Jean Radvanyi et Cédric Gras (https://cafe-geo.net/une-guerre-russe-en-ukraine-quelques-cles-pour-comprendre), trois anciens ambassadeurs de France qui se sont succédé en Ukraine pendant une période cruciale : Philippe de Suremain (2001-05), Jean-Paul Véziant (2004-08), Jacques Faure (2008-2011). Henry Jacolin, organisateur des cafés de géopolitique, lui-même ancien ambassadeur, est le modérateur.

Nos invités ont successivement témoigné de l’état et de l’évolution de l’Ukraine pendant leur mandat, en évoquant leur expérience et quelques souvenirs.

Cafés géographiques,Paris,7 juin2022, animé par Henry Jacolin, compte rendu de Micheline Huvet Martinet. (Lire la suite…)

L’état de la France à la veille de l’élection présidentielle de 2022, par Frédéric Gilli.

A quelques jours du second tour de l’élection présidentielle française, nous avons reçu au Café de Flore l’économiste-statisticien Frédéric Gilli pour présenter quelques aspects saillants de l’état de la France d’aujourd’hui. Ce café géo a largement exploité l’ouvrage 50 cartes à voir avant d’aller voter publié en janvier 2022 aux éditions Autrement, un ouvrage construit et rédigé par Frédéric Gilli et le géographe Aurélien Delpirou. Plusieurs cartes extraites de cet atlas ont été projetées pendant l’exposé préliminaire de l’intervenant. Elisabeth Bonnet-Pineau a été l’animatrice de la soirée. (Lire la suite…)

Une guerre russe en Ukraine : quelques clés pour comprendre, avec Jean Radvanyi et Cédric Gras.

Ce lundi soir, nous avons reçu au Café de la Mairie (Paris 3e) Jean Radvanyi et Cédric Gras à l’occasion d’un café géopolitique sur la guerre en Ukraine. Jean Radvanyi est géographe, spécialiste de la Russie et professeur émérite à l’Institut national des langues et civilisations orientales. Cédric Gras, géographe de formation, est écrivain et voyageur, il a dirigé plusieurs Alliances françaises dans l’espace post-soviétique, notamment celle de Donetsk en Ukraine de 2010 à 2014. La salle était comble pour ce sujet d’une actualité brûlante.

Cafés géographiques, Paris, avril 2022, compte rendu de Daniel Oster.

Mchèle Vignaux, Cédric Gras, Jean Radvany, 2022

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Les territoires de la pauvreté dans le monde, par Yves Colombel.

Dans le cadre de nos rencontres régulières au Café de Flore, Daniel Oster a reçu le 29 mars Yves Colombel, professeur en classes préparatoires au lycée Henri IV, pour nous parler des territoires de la pauvreté dans le monde à différentes échelles, métropolitaine, régionale et internationale.

En préalable à toute étude géographique, il faut mesurer la pauvreté selon des critères chiffrés précis. Les « personnes se sentant pauvres » et les « gens aidés » sont une première définition de la catégorie sociale des pauvres. Mais les politiques de lutte contre la pauvreté cherchent à établir des critères « objectifs et chiffrables ». Pour être un outil au service des politiques publiques qui luttent contre elle, une bonne connaissance de la pauvreté est indispensable.

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Développement durable, inégalités et pauvreté dans le monde. Par Yvette Veyret.

Ce 15 février, les Cafés reçoivent Yvette Veyret. Professeur émérite à l’Université de Paris-Nanterre, auteure de très nombreuses publications concernant notre sujet dont une nouvelle édition (2022) d’un Atlas du développement durable (en collaboration avec Paul Arnould). Micheline Martinet est la modératrice de cette rencontre.

Le développement durable, un sujet rebattu ? Il s’agit en fait d’une problématique assez difficile à traiter car certaines politiques de développement durable peuvent exacerber les inégalités socio-environnementales. Malgré la volonté de réduire la pauvreté (définie par plusieurs indices), elle est toujours présente car le volet social reste le parent pauvre du développement durable. (Lire la suite…)

Covid-19, géopolitique d’une pandémie, par Béatrice Giblin

Lundi 17 février 2022, nous avons accueilli au Café de la Mairie (Paris 3e) Béatrice Giblin, géographe, professeure émérite des Universités, directrice de la revue Hérodote, pour un café géopolitique consacré à la géopolitique de la pandémie du Covid-19, sujet du dernier numéro de la revue Hérodote (2021/4, n°183).Compte rendu rédigé par Daniel Oster. (Lire la suite…)

Quand la géographie explique le monde, par Thibaut Sardier.

Thibaut Sardier. Quand la géo explique le monde : 30 phénomènes que vous ne connaissez pas encore. Ed. Autrement, 2020

L’invité de ce mardi 25 janvier au Café de Flore est Thibaut Sardier, actuellement journaliste à Libération. C’est avec un double questionnement que Daniel Oster le reçoit : celui qui porte sur le titre de son dernier ouvrage Quand la géo explique le monde, mais aussi celui qui porte sur son propre parcours intellectuel et professionnel, comment la géographie façonne une personnalité..

Compte rendu de Michèle Vignaux.

 

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L’Eurasie, un ensemble continental de plus en plus signifiant ? Par Michel Bruneau.

Michel Bruneau. L’Eurasie. Continent, empire, idéologie ou projet. CNRS Editions, 2018

Lundi 17 novembre, nous accueillions au Café de Flore le géographe Michel Bruneau pour un café géo consacré à l’Eurasie. Michel Bruneau, directeur de recherche émérite au CNRS, a publié en 2018 un ouvrage passionnant sur cet immense espace continental. C’était l’occasion idéale d’appréhender ce vaste continent qui s’étend de l’Europe à l’Extrême-Orient, surtout connu pour ses Routes de la soie et sa Route de épices, même si celles-ci n’ont jamais unifié cet espace. Aujourd’hui, les projets russe d’Union économique eurasiatique (UEE) et chinois des « nouvelles Routes de la soie », des projets à la fois économiques et politiques, modifient notre manière de considérer l’Eurasie. Celle-ci n’est-elle pas en train de devenir un espace de plus en plus signifiant ?

Café géographique de Paris, 17 novembre 2021. Compte rendu rédigé par Daniel Oster, (Lire la suite…)

La géopolitique : effet de mode ou nouveau champ disciplinaire ? Par Stéphanie Beucher et Annette Ciattoni.


A l’occasion de la parution du Dictionnaire de Géopolitique dans la collection Initial des éditions Hatier (voir l’article sur le  Dictionnaire de géopolitique, Hatier, 2021)), nous avons invité les deux géographes qui ont dirigé l’ouvrage, Stéphanie Beucher, professeur de chaire supérieure au lycée Montaigne de Bordeaux, et Annette Ciattoni, professeur honoraire de chaire supérieure au lycée Louis-le-Grand à Paris. Le but de ce café géo était de faire une mise au point sur la géopolitique, d’expliquer sa nature comme sa grande attractivité depuis plusieurs décennies. L’effet de mode est incontestable mais en même temps le succès actuel de la géopolitique n’est-il pas lié à notre désir de comprendre les enjeux très complexes présents sur l’ensemble de la planète ? Micheline Huvet-Martinet a été la modératrice de ce café. (Lire la suite…)

200 ans d’indépendance de la Grèce moderne, par Michel Sivignon.

Le 25 mars dernier, on a commémoré le bicentenaire du début de l’insurrection qui a abouti à la création d’un Etat grec en 1832. Cet événement ne pouvait qu’intéresser les Cafés géo qui ont confié à Michel Sivignon, professeur honoraire de géographie, spécialiste des Balkans et particulièrement de la Grèce, le soin de nous en révéler l’histoire complexe. Cette curiosité pour le passé grec est largement partagée en France, comme l’attestent plusieurs manifestations, parmi lesquelles l’exposition du Louvre Paris-Athènes. Naissance de la Grèce moderne.1675-1919 est sans doute la plus remarquable.

Café géographique de Paris, 25 mars 2021. Daniel Oster a été le modérateur de ce café. Compte rendu rédigé par Michèle Vignaux (Lire la suite…)

Voyager le long du fleuve Congo, par Roland Pourtier.

 

Roland Pourtier, Professeur émérite de géographie à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, était l’unique intervenant de ce premier café géo post-covid au Café de Flore (Paris, 6e arrondissement) qui s’est tenu mardi 19 octobre 2021 de 19h à 21h. Pour cette reprise, la salle était bien remplie et a clairement exprimé sa satisfaction à l’issue des dernières questions ayant suivi l’exposé de Roland Pourtier, animé par les questions de Michèle Vignaux, modératrice de la soirée. Compte rendu rédigé par Daniel Oster.

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Programme des Cafés géographiques de Paris 2021-2022

au premier étage du Café de Flore, 172 boulevard Saint-Germain, Paris 6e, Métro Saint-Germain-des-Prés, nouvel horaire : de 19h à 21h.

 

Mardi 19 octobre 2021 : Voyager le long du fleuve Congo (avec Roland Pourtier)

Lundi 29 novembre 2021 : Les 200 ans de l’indépendance de la Grèce contemporaine (avec Michel Sivignon)

Mardi 14 décembre 2021 : La géopolitique : effet de mode ou nouveau champ disciplinaire ? (avec Stéphanie Beucher)

Mardi 25 janvier 2022 : Quand la géographie explique le Monde (avec Thibaut Sardier)

Mardi 15 février 2022 : L’environnement : du développement durable aux inégalités environnementales (avec Yvette Veyret)

[ANNULÉ] Mardi 8 mars 2022 : Voyage et géographie à cause du départ de Cédric Gras en Ukraine pour un reportage sur le terrain de la guerre

Mardi 29 mars 2022 : Les territoires de la pauvreté dans le monde (avec Yves Colombel)

Mardi 19 avril 2022 : l’état de la France à la veille de  l’élection présidentielle  (avec Aurélien Delpirou et Frédéric Gilli).

Visioconférence n°6 : Mathieu Jacolin parle de Hong Kong.

Visioconférence n°5 : visitez le Paris des cafés ! par Sylvie Gazannois.

Boire un petit noir sur le coin d’un zinc ou siroter un verre, attablé à une terrasse au soleil n’a pas toujours été chose naturelle et banale à Paris : Sylvie Gazannois, guide conférencière de métier, vous propose de visiter le Paris des cafés depuis votre salon.

 

Visioconférence n°4 : Camille Schmoll parle des migrations féminines en Méditerranée

Où va l’Europe de l’Est ? Par Jacques Rupnik

Cafés géopolitiques du 9 mars 2020, Paris, animé par Henry Jacolin et Michel Sivignon, Compte rendu de 

De gauche à droite, Henry Jacolin, Jacques Rupnik et Michel Sivignon, au Café de la Mairie (Paris 3ème), lundi 9 mars 2020 (Photo de Jean-Pierre Némirowsky).

Une conférence remarquable par la qualité de l’information et par l’aisance pédagogique de Jacques Rupnik. Une des meilleures des cafés géopolitiques.

Jacques Rupnik, historien et politologue, est né à Prague. Il est titulaire d’un doctorat de l’Université Paris 1 en histoire des relations internationales et diplômé de russe à l’INALCO. Professeur à Sciences Po, il est directeur de recherches au CERI (Centre d’Etudes et de Recherches Internationales) Il a été conseiller du président de la République tchèque Vaclav Havel.

Ses derniers ouvrages parus :

Dans son introduction, JR remet en question le terme d’élargissement, car il ne s’agit pas d’un élargissement, terme mal accepté en Europe de l’Est, mais d’une unification. Autrement dit l’Europe de l’Est accepte mal d’être réduite à un rôle d’accessoire dont on va combler le retard.

2020 est un bon moment pour dresser un bilan de la période qui vient de s’écouler depuis 1989.

En effet c’est le moment où les certitudes communément admises à l’Ouest sont remises en question : l’élargissement est-il un bien en soi ? N’a-t-on pas péché par ignorance ou méconnaissance de la situation réelle des systèmes politiques de l’Est ?

J.R. se propose d’aborder les thèmes suivants :

  1. La question de la démocratie ou de la dérive antilibérale.
  2. La crise des migrants, occasion d’une divergence majeure
  3. Le clivage sur la libéralisation sociétale (Statut des femmes, LGBT, multiculturalisme). Débat sur ce que sont les valeurs européennes.

Sur tous ces points, JR propose d’utiliser la métaphore du verre à moitié plein ou à moitié vide, pour juger d’une situation. Autrement dit d’éviter les réponses simplistes.

Les aspects positifs

Pendant 15 ans, l’UE (au début la CEE) a été la référence pour les pays de l’Est, qui n’avaient qu’un objectif : adopter son modèle.

Mais, pour en juger, un rapide retour historique est nécessaire

a) la transformation politique

1989 met fin à la formidable expansion de l’URSS après 1945. En 1991, dissolution du Pacte de Varsovie, créé en 1955 qui unit militairement tous les pays de l’Europe de l’Est sous l’égide de l’URSS. Cette dissolution crée un grand no man’s land. Personne n’aime être dans un no man’s land. L’UE et l’OTAN ont fourni conjointement le cadre de substitution, car les pays de l’Est vivent dans l’obsession de la sécurité militaire : crainte de la Russie commune à la plupart des sociétés, facteur de consensus. Tout comme la transformation démocratique.

Il s’agit là pour l’UE d’un succès spectaculaire que l’on a aujourd’hui oublié.

b) la transformation économique

Depuis le début du XIXe siècle il n’y a jamais eu dans l’histoire de convergence aussi rapide. La plupart de ces pays étaient situés à l’intérieur d’Empires (Prusse puis Allemagne, Autriche-Hongrie, Russie, Empire ottoman).  Dans cet espace qui sera divisé en Etats-Nations domine une paysannerie archaïque par ses techniques et ses structures sociales, avec une seule exception, la Bohème qui concentre les 2/3 de l’industrie de la Double Monarchie. Et aussi les régions allemandes qui constitueront la D.D.R. La modernité est venue avec le Kulturkampf allemand.

En 1917 le communisme s’installe en Russie puis après 1945 dans l’Europe de l’Est. Il se présente comme un projet de modernisation économique et sociale. Il est fondé sur l’industrie lourde, charbon et acier. Du point de vue technique cela ressemble à ce qui se fait à l’Ouest (la CECA, Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier après 1945).

La croissance est forte dans les années cinquante et l’exemple fonde les progrès des partis communistes de l’Ouest. Mais cette économie dirigée par un appareil d’Etat connaît des limites et même des blocages.

La perestroïka de Gorbatchev enregistre cet échec.

Le projet européen constitue la troisième modernisation. Il a enregistré des succès extraordinaires du moins dans un certain nombre d’Etats. En Slovaquie par exemple la croissance a dans les années 2000 a parfois dépassé10% par an. En 25 ans, les convergences sont spectaculaires : le PIB par habitant de la Pologne dépasse désormais celui de la Grèce ou du Portugal.

Il s’agit donc d’une formidable transformation de ces pays, politique, sociale, économique.

Les aspects négatifs

Thème n° I : celui de la démocratie,

Le problème est celui de l’état de droit, surtout en Hongrie et Pologne, où des partis politiques conservateurs et antidémocratiques arrivent au pouvoir.

Le moyen de détruire le système démocratique prôné par l’Ouest : modifier la constitution. En Pologne, attaque en règle contre l’indépendance de la justice. Nouvelle loi en février 2020, qui remet en cause la procédure de nomination des juges. Nouvelle constitution en Hongrie. « L’état de droit a cessé d’exister en Hongrie » dit le président de la cour constitutionnelle. Sans compter la mise au pas des médias. On peut dès lors se poser des questions historiques : à l’Ouest les droits civiques sont acquis dès la fin du XVIIIe siècle, du moins dans certains pays. Pour faire vite, les droits politiques viennent au XIXe siècle puis les droits sociaux au XXe siècle.

La situation est très différente à l’Est. Est-ce un élément important d’explication ?

Thème n° 2 : de la crise migratoire à la question de la nation.

Le groupe de Višegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie) fait référence à une union du XIV° siècle des royaumes de Pologne, Bohême, Hongrie contre les Habsbourg. Sa finalité initiale est de faciliter l’intégration de ces pays à la fois dans l’Union Européenne et dans l’OTAN. Ce qui fut fait.

Toutefois, depuis 2015 un fossé s’est creusé entre le groupe de Višegrad et les institutions européennes à propos du statut des migrants et de la décision de Bruxelles d’imposer à chaque pays de l’UE un quota de migrants, ce que le groupe refuse absolument. Dès lors le groupe s’est transformé en groupe d‘obstruction. Hostilité absolue à la politique d’accueil d’Angela Merkel. Ce qui s’est traduit par la construction d’obstacles physiques impossibles à franchir pour les migrants venant des Balkans : murs ou barbelés autour de la Hongrie.

Un élément d’explication tient au fait que les Etats de l’Europe de l’Est ont vu leurs frontières modifiées brutalement plusieurs fois, à l’issue des deux guerres mondiales, par exemple .la Hongrie et la Pologne. La politique migratoire leur apparaît comme une remise en cause de la légitimité de leurs frontières et de la nécessité de les contrôler. Les Hongrois : « Sans le mur que nous avons construit nous serions devenus comme Marseille ! »

Un exemple des incertitudes : le statut de Czernowitz, actuellement en Ukraine occidentale : capitale de la province autrichienne de Bucovine à l’intérieur de l’Autriche-Hongrie jusqu’en 1919, avec une importante minorité juive de forte culture allemande. En Roumanie de 1919 à1940.

De 1940 à 1944, occupation roumaine et allemande. Annexée à l’URSS en 1945. Puis dans l’Ukraine indépendante après 1989. Que signifie ici l’identité nationale ?

Thème n° 3 :   Divergence sur les questions sociales et sur la question de la civilisation.

Vaclav Havel parle de « civilisation européenne ». Mais le contenu est-il le même à l’Est et à l’Ouest ? Il y a une divergence sur le multiculturalisme, dont l’Est ne veut pas.

L’Europe de l’Est est en porte-à-faux sur la question féministe, sur le statut du genre (LGBT).

Pour beaucoup de questions, il y a une dissonance Est-Ouest. Par exemple sur l’antisémitisme, dont on ne parle pas en Pologne. Ne pas oublier que les frontières ont été fermées pendant 45 ans et que les débats que nous avons connus à l’Ouest n’ont pas eu leur équivalent à l’Est.

1989 marque l’arrivée d’une forme de mondialisation.

Mais le fond politique est profondément conservateur. Ce qui provoque une division politique majeure en Pologne, Hongrie, Roumanie, République tchèque.

En revanche, l’opinion publique est profondément pro-européenne : tous les sondages le montrent. Les ¾ des Polonais font confiance à l’UE. Elle est un garde-fou. Le Brexit sert de repoussoir : c’est ce qu’il ne faut surtout pas faire.

Mais en même temps constitution d’un front nationaliste en Europe où beaucoup à l’Est se retrouvent, qui s’appuient sur un vent favorable à l’extrême droite.

 Questions des auditeurs de la conférence :

Plusieurs questions sur la démographie, sur la corruption (qui ne sera pas traitée ici), sur la réaction au réchauffement climatique ;

La démographie

 Baisse considérable de la natalité, qui est globalement plus faible qu’à l’Ouest (avec des nuances) Surtout migration des jeunes ; La Bulgarie se retrouve avec 7 millions d’habitants au lieu de 9 en 1990. Très faible population des Etats baltes. Migration des Polonais en Grande-Bretagne. En même temps, le manque de main d’œuvre, compte tenu de la surchauffe économique, aboutit à une forte immigration surtout en provenance d’Ukraine de Biélorussie, de Russie. Sait-on qu’en 2018 le nombre de permis de séjour accordés aux immigrants extérieurs à l’UE a été plus élevé en Pologne (635.000) qu’en Allemagne (543.000) ?

Le réchauffement climatique n’est pas perçu avec la même urgence à l’Est. La Pologne continue à compter sur la houille et le lignite pour accroître sa production d’électricité.

Ces notes ne sont pas exhaustives, tant le contenu de la conférence a été riche.

Michel Sivignon et Henry Jacolin pour les cafés géopolitiques, 22 Mars 2020.

 

 

 

 

Un siècle de géographie française, avec Christian Grataloup et Pascal Clerc.

Café géo de Paris, mardi 25 février 2020, Café de Flore, Paris, animé par Denis Wolff, compte rendu rédigé par Daniel Oster.

A gauche, la façade de l’Institut de Géographie à Paris (inauguré en 1926). A droite, la couverture de la deuxième partie du tome VI de la Géographie Universelle, consacrée à la « France économique et humaine » et rédigée par Albert Demangeon (la première partie, consacrée à la « France physique », faisant l’objet d’un autre volume rédigé par Emmanuel de Martonne).

Denis Wolff présente le sujet du café géo en évoquant l’importance des années 1920 dans l’histoire de la géographie française car, en ces lendemains de Grande guerre, la géographie française se réorganise. La mort de Paul Vidal de la Blache en 1918 y contribue fortement. Emmanuel de Martonne fonde en 1920 l’AGF (Association de géographes français) ; les Annales de géographie sont restructurées ; l’UGI (Union géographique internationale) est fondée en 1922 ; la Géographie universelle, initiée par Vidal de la Blache, est remise en route sous la direction de Lucien Gallois. En réalité, les transformations de la géographie française ont été décisives dès la fin du XIXe siècle, sous la houlette de Vidal de la Blache et de ses élèves, ce qui conduira ce café géo à dépasser les limites chronologiques annoncées par son titre afin d’explorer les bouleversements de la géographie française dans les années antérieures à la guerre de 14-18. (Lire la suite…)

Discussions autour du Sacre de la nature, avec Jean-Paul Amat, Étienne Grésillon, Vincent Moriniaux et Bertrand Sajaloli

Samedi 1er février 2020, Institut de Géographie, compte rendu rédigé par Mélanie Le Guen.

 

Vincent Moriniaux, Jean-Paul Amat, Bertrand Sajaloli, Étienne Grésillon et Mélanie Le Guen. Photo de Jean-Pierre Némirowsky

Peu après sa sortie, l’ouvrage collectif Le Sacre de la nature (1) avait fait l’objet d’un compte rendu de Michèle Vignaux. Le samedi 1er février 2020, ses deux directeurs et deux de ses contributeurs sont venus discuter avec les participants invités par les Cafés géographiques, dont plusieurs agrégatifs de géographie travaillant la question « La nature, objet géographique » de leur programme. La séance a cependant suscité l’enthousiasme général, au-delà des seuls candidats au concours : chez chacun, le terme et le thème de la nature réveillent des souvenirs, imprègnent des représentations, posent des questions ou recèlent, au contraire, des réponses. La nature touche aussi les géographes de toutes ces façons, en plus de faire l’objet de réflexions et de débats dans plusieurs champs de la discipline, que les quatre intervenants partagent ce matin.

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La nouvelle ruralité française, par Monique Poulot-Moreau et Pierre Pistre.

Élisabeth Bonnet-Pineau reçoit ce mardi 28 janvier, au nom des Cafés géo, deux universitaires géographes, Monique Poulot-Moreau, professeure à l’université de Paris Nanterre, et Pierre Pistre, maître de conférences à l’université de Paris Diderot. Ils sont conviés pour traiter d’un sujet à première vue traditionnel, mais en fait en plein renouvellement : la ruralité française. La première s’est particulièrement intéressée, depuis une dizaine d’années, à la périurbanisation et à l’évolution des relations villes-campagnes sous l’angle de la transformation des pratiques agricoles ; le second a étudié la diversité des campagnes en France métropolitaine, de l’influence des manières de les définir à leurs transformations sociodémographiques. Compte rendu rédigé par Michèle Vignaux.

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L’esprit géographique de l’œuvre de Jean-Paul Kauffmann.

Les Cafés géographiques reçoivent ce samedi 18 janvier à l’Institut de géographie Jean-Paul Kauffmann, journaliste et écrivain, pour dialoguer sur la thématique de l’esprit géographique de son œuvre d’écrivain. Une matinée particulièrement réussie autour d’un invité exceptionnel par son histoire personnelle, sa riche personnalité et la qualité de sa production littéraire.

Jean-Paul Kauffmann au milieu de ses « interviewers » (Photo de Jean-Pierre Némirowsky)

Cette rencontre se présente sous forme d’une conversation avec l’invité (JPK) animée par le trio Claudie Chantre (CC), Daniel Oster (DO), Michèle Vignaux (MV). Compte rendu rédigé par Micheline Huvet-Martinet.

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Comment sauver l’Amazonie ? par François-Michel Le Tourneau.

François-Michel Le Tourneau et Daniel Oster, le 17 décembre 2019 au Café de Flore (Paris)

Ce mardi 17 décembre, les Cafés Géo reçoivent au Flore François-Michel Le Tourneau, géographe, directeur de recherche au CNRS, pour faire le point sur une question qui a été fortement médiatisée : les menaces qui pèsent sur l’Amazonie.

Homme de terrain qui a « baroudé » avec la Légion étrangère en Guyane à l’occasion d’expéditions qui ont donné lieu à des documentaires TV, notre invité refuse d’emblée d’être qualifié « d’explorateur », terme inventé par les Européens dans la conquête d’un monde déjà habité. Daniel Oster (DO) est l’interviewer. Compte rendu rédigé par Michèle Vignaux. (Lire la suite…)

Voyage à travers la banlieue parisienne, par Marie Hélène Bacqué

Café géographique de Paris, 19 décembre 2019,  animé par Daniel Oster, compte rendu de Daniel Oster.

Mardi 26 novembre 2019, au Café de Flore à Paris. C’est un voyage à travers la banlieue parisienne que le Café géo de cette soirée se propose de faire en compagnie de l’unique intervenante, Marie-Hélène Bacqué, sociologue, professeur d’études urbaines à l’Université de Paris-Nanterre, et auteur du livre « Retour à Roissy. Un voyage sur le RER B » (Éditions du Seuil, 2019). Ce livre relate un voyage de près d’un mois, en mai-juin 2017, dans la banlieue parisienne en suivant la ligne B du RER, presque trente ans après le livre de l’écrivain-éditeur François Maspero qui était accompagné de la photographe Anaïk Frantz. Dans les deux cas, un voyage à deux (Marie-Hélène Bacqué était accompagnée du photographe André Mérian) et un livre à deux voix (un texte et des photos en noir et blanc).

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Océanie, l’envers de la carte postale, par Henry Jacolin.

Henry Jacolin, Michel Sivignon. Cliché de Jean-Pierre Némirowsky

Cafés géographiques, Paris, Café de la Mairie – 3ème – Lundi 18 novembre 2019, animé par Michel Sivignon, compte rendu de Maryse VerFaillie.

Henry Jacolin, notre intervenant ce soir, est géographe de formation et aussi ancien ambassadeur à Fidji, Tonga, Tuvalu, Kiribati et Nauru. C’est donc une double vision (du géographe et du diplomate) qu’il nous propose du Pacifique Sud, qu’il a habité et exploré. Il a mis cinq documents à notre disposition.

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Un monde d’îles, par Marie Redon.

Marie Redon, Géopolitique des îles, Le Cavalier Bleu, 2019

Marie Redon, maître de conférences HDR en géographie à l’Université Paris 13, poursuit ses recherches au sein du laboratoire Pléiade où elle co-dirige l’axe « Marges, inégalités, vulnérabilités » ; elle est membre du Comité de rédaction d’EchoGéo et des Cahiers d’Outre-Mer. Sa thèse, soutenue en 2007, portait sur l’étude d’îles traversées par une frontière internationale (Haïti/République Dominicaine, Saint-Martin/Sint-Maarten et Timor Leste/Indonésie) et a été éditée en 2010 par les Presses de l’Université du Mirail. Son habilitation à diriger des recherche, soutenue en 2017, porte sur la géographie des jeux d’argent ; un ouvrage sur ce thème est en préparation. En mai 2019, Marie Redon a publié un ouvrage édité aux Éditions du Cavalier bleu s’intitulant : « Géopolitique des îles »

En ce mardi 24 septembre 2019, elle est l’intervenante du Café Géo de rentrée dont le titre « Un monde d’îles » laisse entrevoir un monde à l’écart du reste du monde comme si les îles échappaient aux problématiques d’aujourd’hui.

Café géographique de Paris, 24 septembre 2019, animé par Elisabeth Bonnet Pineau. Compte rendu rédigé par Élisabeth Bonnet-Pineau et Mélanie Le Guen

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L’Arctique à l’épreuve de la mondialisation et du réchauffement climatique, avec Clara Loïzzo et Camille Tiano.

Clara Loïzzo & Camille Tiano (2019), L’Arctique à l’épreuve de la mondialisation et du réchauffement climatique, Paris, Armand Colin

Ce Café Géo s’est tenu au Café de Flore (Paris 6e). Les deux intervenantes étaient Clara Loïzzo et Camille Tiano, agrégées de géographie, professeures de chaire supérieure en classes préparatoires littéraires au lycée Masséna (Nice) et au lycée Louis le Grand (Paris).

La parution récente de leur ouvrage (16 octobre 2019) L’Arctique à l’épreuve de la mondialisation et du réchauffement climatique aux éditions Armand Colin tombait à pic.

 

 

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Les outre-mers européens, par Jean-Christophe Gay

Le dernier Café de la saison est assuré par Jean-Christophe Gay. Ses thèmes de prédilection sont bien connus des géographes : aussi comprendrons-nous qu’il conclue l’année en proposant une immersion dans les proches, mais exotiques outre-mers européens. L’occasion, pour lui, de présenter un numéro de la Documentation Photographique sorti l’an dernier sur cette question « difficile », car très peu traitée, au regret du géographe qui y a consacré une grande partie de sa carrière. A la Nouvelle-Calédonie il a dédié un Atlas, comme à la Polynésie ; Jean-Christophe Gay a également enseigné à la Réunion. Son parcours et ses publications sont récapitulés à cette adresse. Compte-rendu réalisé par Mélanie Le Guen.

Ce compte-rendu présente une réflexion balayant un large spectre de thématiques, et appuyée sur un grand nombre d’exemples. La plupart d’entre eux sont développés et richement illustrés dans le numéro de la Documentation Photographique susmentionné.

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Le monde au pied du mur, par Delphine Papin et Frank Tétart.

Compte rendu du Café géo qui s’est tenu au Flore le mardi 8 avril 2019.

Cliché de Jean-Pierre Némirowsky

Delphine Papin est Docteur de l’Institut Français de Géopolitique, co-auteur de l’Atlas des frontières et responsable du service infographie au journal « Le Monde ».

Franck Tétart est Docteur de l’Institut Français de Géopolitique, auteur de plusieurs atlas Autrement, professeur d’histoire-géographie et responsable scientifique de l’émission d’ARTE « le dessous des cartes »

Une équipe de deux géographes donc, spécialistes de géopolitique qui par le passé ont créé les Cafés géopolitiques. L’un comme l’autre, sont de par leur métier, attachés aux cartes comme outils pédagogiques pour comprendre le monde, c’est pourquoi vous en verrez un certain nombre ce soir.

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La mondialisation des pauvres, avec Olivier Pliez et Armelle Choplin.

Les deux invités du Café Géo du jour sont aussi les auteurs d’un ouvrage titré La mondialisation des pauvres, paru en 2018 au Seuil (collection La République des idées) avec en sous-titre : « Loin de Wall Street et de Davos ». Olivier Pliez, du CNRS, est directeur d’une unité de recherche interdisciplinaire de l’Université Toulouse Jean-Jaurès, Armelle Choplin vient de quitter l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée pour prendre un poste de professeure associée au département de géographie de l’Université de Genève, après avoir passé 3 ans en affectation à l’Institut de Recherche pour le Développement au Bénin.

Les présentations faites, Élisabeth Bonnet-Pineau décrit, en guise de sommaire, une situation à la fois transcontinentale et bien ciblée sur la Méditerranée qui offre un exemple historique d’une économie de comptoirs et d’échanges qui fera l’objet de la première partie en soulignant le glissement qui s’est opéré de la Méditerranée occidentale vers le Méditerranée orientale. Dans un second temps, ce sont les « pauvres » dont on étudiera les routes qu’ils parcourent avec une forte intensité de circulation et d’échanges en Afrique occidentale. Puis on accordera une attention particulière au « miracle Yiwu », le plus grand marché de gros du monde situé à 2h de train de Shanghai. Enfin le corridor urbain du Golfe de Guinée en Afrique occidentale entre Accra et Lagos concentrant pas moins de 30 millions d’habitants est le théâtre d’échanges multiples. L’exemple du ciment, véritable or gris, symbole de modernité et de réussite sera pris comme exemple significatif d’une stratégie de filière à la tête de laquelle se trouvent de riches hommes d’affaires.

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Être jeune et périurbain : la double peine ? Par Catherine Didier-Fèvre.

Café de Flore (Paris 6e), le 29 janvier 2019, animé par Denis Wolff, compte rendu de Mélanie Le Guen.

Depuis sa thèse soutenue en septembre 2015 à l’Université Paris-Ouest Nanterre, Catherine Didier-Fèvre a quitté son terrain de recherche et d’enseignement à Sens (Yonne) pour Lyon, où elle continue de s’adonner à deux activités en lien avec la géographie : transmission, d’une part, puisqu’elle continue d’enseigner en CPGE Littéraires et vulgarisation, d’autre part. Elle est en effet fidèle aux Cafés géographiques où elle intervient ce 29 janvier 2019 pour une deuxième fois cette année, après un passage par les Cafés géographiques de Lyon en septembre 2018 consacré au thème de la culture dans ces espaces. Si les deux intitulés des Cafés (Se cultiver dans les espaces périurbains : une mission impossible ?, Être jeune et périurbain : la double peine ?) peuvent laisser à penser le périurbain comme un espace en négatif, l’approche de celui-ci par les jeunes habitants montre une vision positive faite de pragmatisme et de débrouille.

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Le Grand Paris, dix ans après : et pourtant, il tourne ! Par Aurélien Delpirou et Cédrick Allman;g

Café de Flore, le 19 février 2019, animé par Elisabeth Bonnet-Pineau, compte rendu de Mélanie Le Guen.

Le Grand Paris n’est pas un sujet nouveau pour les Cafés géographiques. Plusieurs personnalités sont intervenues sur ce sujet au cours des dix dernières années : Frédéric Gilli en 2010, puis Simon Ronai et Nicole Sergent en 2015 ont été invités au café de la Mairie, avant les élections régionales pour exposer les enjeux d’attribution et de répartition des compétences entre la Métropole du Grand Paris et le Conseil Régional.

Ce 19 février 2019, le propos est de dresser un bilan d’étape, une vue d’ensemble d’une construction du Grand Paris que Pierre Veltz qualifie de « coquille vide ». Le Grand Paris mérite-t-il vraiment qu’on organise pour lui les « Journées du Grand Paris » à l’École d’Urbanisme de Paris, installée depuis 2015 à Champs-sur-Marne ?

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La rivalité irano-saoudienne : focus sur le Hezbollah libanais, par Didier Leroy.

Café géographique de Paris, Institut de Géographie de Paris, le 9 février 2019, animé par Maryse Verfaillie, compte rendu de Mélanie Le Guen.

Notre conférencier (chercheur à l’Institut Royal Supérieur de Défense Professeur assistant à l’Université Libre de Bruxelles) de ce matin tient à se présenter avec honnêteté : ni géographe, ni cartographe, ni géopolitologue, l’homme est de formation assyriologue, « le dernier de l’ULB », précise-t-il avec humour, la section ayant fermé l’année de sa diplomation. Pour s’assurer des débouchés, Didier Leroy se réoriente alors vers l’islamologie et le Moyen-Orient contemporain. En Master, d’abord, puis en doctorat, qu’il poursuit sous la cotutelle de l’Ecole Royale Militaire où il officie toujours et qui le donne, à l’heure où il nous parle, en « mission OTAN ». (Lire la suite…)

Marins sur toutes les mers du monde, par le capitaine de vaisseau Hamelin.

Conférence à l’École Militaire, le mercredi 16 janvier 2019

 

Le capitaine de vaisseau Hamelin pendant sa conférence du 16 janvier 2019

Les Cafés géographiques ont eu le grand honneur d’être invités au centre d’études stratégiques de la marine, à l’École militaire pour écouter une conférence du capitaine de vaisseau Hamelin, chef du bureau stratégie politique de l’état-major de la marine. A ce titre, il conseille le cef d’état-major de la marine.

Le sujet de l’intervention était : notre défense commence au large.

A l’aide d’un PowerPoint (voir le lien: Café Géo – Enjeux maritimes – 16.01.2019) riche de très nombreuses cartes et de non moins nombreuses photographies, il nous a expliqué, de façon très synthétique, comment la marine gère un monde de flux, de stocks et de paradoxes. Il insiste sur le fait que, si la liberté de navigation existe et qu’elle est fondamentale, il n’en demeure pas moins de nombreux étranglements, physiques et autres.

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Israël, l’obsession du territoire, avec Julieta Fuentes-Carrera, Philippe Subra.

Café géographique de Paris, 18 décembre 2018, animé par Daniel Oster, compte rendu de Mélanie Le Guen

Tout droit venue de Mexico où elle enseigne, Julieta Fuentes-Carrera est accueillie par Daniel Oster, qui, en guise de présentation, brandit haut son livre, qui donne son titre au Café de ce mardi 18 décembre : Israël, l’obsession du territoire, publié chez Armand Colin en 2018. Sous-titré Aménagement et géopolitique en Israël et en Cisjordanie, il s’agit de la version grand public de sa thèse préparée et soutenue en 2013 à l’Institut Français de Géopolitique de l’Université Paris 8. Philippe Subra, qui a collaboré à l’ouvrage, y travaille également. Spécialiste de la géopolitique de l’aménagement du territoire, il apportera à l’intervention un regard nourri de ses propres exemples français et européens, et une mise en perspective de cette somme à la fois récente et colossale.

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Se nourrir avec toute la géographie du monde, par Gilles Fumey.

Ce café est, pour ainsi dire, une mise en abîme : il s’agit de se nourrir intellectuellement en parlant de… se nourrir. C’est ce à quoi Gilles Fumey, habitué des Cafés qu’il a créés avec ses étudiants de prépa il y a vingt ans, s’adonne au soir du 27 novembre 2018 au Café de Flore. Ce professeur à la Sorbonne, actif dans la diffusion de la géographie au grand public (blog Géographies en mouvement sur Libération.fr, président de l’Association pour le développement du Festival international de géographie de Saint-Dié), a pour spécialité la géographie de l’alimentation, à laquelle il a consacré plusieurs de ses ouvrages (voir en fin de compte rendu). Elle tombe cette année au programme du concours de l’ENS, rappelle Daniel Oster, qui présente l’intervenant : de quoi attirer les plus jeunes à cette thématique riche, en renouveler les réflexions et en faire bouger les lignes de force alors que de nouvelles pratiques alimentaires sont mises au jour (et mises à jour, dans le tout nouvel Atlas de l’alimentation, CNRS-Editions, dont il est l’auteur).

Café géographique de Paris, Le Flore, 27 novembre 2018, animé par Daniel Oster compte rendu réalisé par Mélanie Le Guen.

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La quadrature de l’hexagone : peut-on encore faire une géographie de la France ? par Eloïse Libourel.

Café Géo du 25 septembre 2018 – Paris, Café de Flore, animé par et compte rendu de Daniel Oster.

Du programme du FIG sur « La France demain » à la réforme des programmes scolaires en passant par les interrogations récentes sur la Réforme territoriale, la « géographie de la France », classiquement hexagonale, est nécessairement questionnée. Pour ce premier Café Géo de la saison 2018-2019, Eloïse Libourel, professeur de géographie en CPGE au lycée Léon Blum (Créteil), se propose d’interroger la géographie de la France au prisme du renouvellement des problématiques de la recherche. 

 

Ce Café Géo aborde en fait deux questions, d’une part, celle des mutations du territoire français dans le cadre de l’intégration européenne et d’une mondialisation croissante, d’autre part, celle du renouvellement de la réflexion géographique avec de nouveaux concepts pour mieux prendre en compte la complexité des processus territoriaux.

NB : Pour faciliter la rédaction du compte rendu, les questions sont notées DO (Daniel Oster) et les réponses sont notées EL (Eloïse Libourel).

DO : Pourquoi avoir choisi un tel titre (« La quadrature de l’hexagone : peut-on encore faire une géographie de la France ? ») ?

EL : Un premier titre avait été envisagé : « Doit-on repenser la géographie de la France ? ». Finalement, j’ai proposé ce titre un peu plus percutant, qui reflète également une certaine perplexité face à l’idée de repenser la géographie de la France. En tout cas, je préfère évoquer quelques pistes de réflexion sur le sujet plutôt que des réponses à propos de ce qu’il conviendrait de faire pour une géographie de la France.

DO : Quel est l’intérêt scientifique pour la France et son devenir territorial ?

EL : La question de la prospective territoriale est très présente dans les publications récentes et le choix du thème du FIG 2018 (« La France de demain »). Un premier questionnement porte sur la validité des cadres conceptuels par lesquels on approche la géographie de la France aujourd’hui. Un autre point de départ concerne l’intérêt du grand public pour celle-ci qui est nourri par le discours politique (thème de l’identité nationale par exemple) et aussi par certaines formes de littérature empreintes d’une réflexion géographique (Le tour de la France par deux enfants d’aujourd’hui, nouvelle mouture du mythique manuel de lecture de G. Bruno). Enfin, un dernier point se rapporte à la réforme des programmes scolaires (et en particulier ceux du lycée) qui va inviter à se reposer la question de la place qui sera donnée au cadre hexagonal. Tous ces éléments m’amènent à tenter d’expliquer l’intérêt porté par les chercheurs, les enseignants et le grand public à la géographie de la France. Pour cela il faut se placer dans un triple contexte, celui de la mondialisation des flux et des échanges, celui de l’européanisation, et celui de la définition d’une identité économique, sociale et territoriale.

En consultant de manière non exhaustive un certain nombre de manuels consacrés à la géographie de la France, j’ai constaté que l’entrée purement régionale a été remplacée par une entrée thématique. L’entrée régionale est héritée des ouvrages anciens du XVIIIe et du XIXe siècle qui cherchaient à décrire les différents territoires de manière un peu encyclopédique, avec des chapitres reproduisant à peu près le même plan (géographie physique, démographie, activités humaines, mise en valeur du territoire). Le dernier avatar de cette géographie dite régionale de la France est très récent : La France des 13 régions (dir. Laurent Carroué, Armand Colin, 2017) et s’inscrit dans le contexte de la réforme régionale. Aujourd’hui l’entrée est très majoritairement thématique, à vocation beaucoup plus analytique et avec une démarche multiscalaire. Malgré des plans différents les mêmes axes de réflexion s’y retrouvent : population, économie, aménagement du territoire, villes et campagnes.

Quant aux grandes lignes de partage du territoire français, on retrouve dans les manuels du secondaire comme du supérieur certains schémas anciens qu’on aurait pu croire révolus : schémas montrant un hexagone dont l’organisation serait agencée selon des éléments de géographie physique (montagnes, grandes vallées, seuils, etc.), schémas bâtis autour de données démographiques (densités de population, principales agglomérations, littoralisation des hommes et des activités), schémas réalisés à partir des espaces productifs (reproduisant une réalité territoriale mais souvent trop figée). De tels schémas sont finalement rassurants par leur objectif de traduire une réalité perceptible par la communauté des géographes et communicable de manière simple à un public assez large. Mais les concepts véhiculés (bassins industriels en reconversion, « diagonale du vide », littoraux innovants, etc.) sont tous remis en question par les études scientifiques en géographie (exemple de la « diagonale du vide » qui contient des territoires dynamiques).

DO : Peut-on encore faire une géographie de la France ?

EL : La question, c’est plutôt comment on étudie la géographie de la France ? pourquoi on l’étudie ? est-ce pertinent d’étudier le territoire français en tant que territoire français ou ne faut-il pas appréhender de manière différente le territoire français ?

La « banane bleue » a-t-elle déstructuré l’hexagone ? En tout cas, il est sûr que le territoire français ne se comprend plus s’il n’est pas fait mention de son ouverture vers les autres pays européens. Son européanisation s’est traduite par exemple par la création d’Eurorégions et aujourd’hui par la métropolisation et par des points d’ancrage liés aux grands nœuds de transport.

Projection de plusieurs représentations cartographiques (pour continuer à déstructurer la vision de la géographie de la France que l’on a). Ces figures remettent en cause la vision hexagonale et centrée sur le territoire national qui a été présentée précédemment. Malgré leur caractère schématique elles mettent en scène un espace dans lequel le périmètre national n’aurait plus vraiment de sens.

En-dehors de l’Europe, l’autre grande dynamique dans laquelle la lecture du territoire français peut s’inclure, c’est la France dans le monde ou bien la France dans la mondialisation (projection de nouvelles représentations cartographiques illustrant cette dynamique). Dans ce cas le territoire français est pensé comme un élément d’un système à une échelle beaucoup plus vaste (c’est-à-dire mondiale).

DO : Après avoir déstructuré la vision traditionnelle de la géographie de la France, comment la restructurer ?

EL : Pour cela je propose 4 pistes de réflexion.

D’abord doit-on faire de la France un terrain ? En examinant les intitulés de thèse portant sur la géographie de la France, le milieu des années 1980 marque une césure claire avec les dernières thèses de géographie régionale en dehors des territoires d’Outre-mer qui suscitent encore aujourd’hui des travaux s’inscrivant dans cette démarche régionale. Depuis le milieu des années 1980, les thèses portant sur la France ou une partie importance de la France abordent une question thématique d’intérêt européen ou mondial, d’autant plus que désormais le secteur privé participe également au financement des travaux de recherche universitaire (sur les énergies, la gestion de l’eau, les transports, l’aménagement du territoire, etc.).

Dans le domaine de l’enseignement l’évolution est identique : l’étude régionale laisse la place essentielle aux grandes thématiques que l’on étudie dans le cadre de la géographie de la France mais que l’on pourrait aussi bien étudier dans un autre cadre géographique. Ces grandes thématiques sont : la mondialisation, les systèmes productifs, l’urbanisation, l’aménagement, l’ultra-périphéricité ou la marginalité, l’européanisation du territoire. Les futurs programmes scolaires pourraient encore accentuer la place de ces thématiques aux dépens de la géographie régionale de la France, aujourd’hui réduite à peu de chose de toute façon.

Le deuxième axe de réflexion aborde ce qui subsiste de la géographie régionale. En fait, il reste principalement deux aspects, l’étude des territoires de proximité (notamment ceux qui sont proches de l’établissement scolaire) et la géographie régionale de l’Europe dans laquelle s’insère le territoire français.

Un troisième axe de réflexion pose la question de savoir si l’on peut faire de l’hexagone un prisme pour lire autre chose. Dans les programmes actuels de lycée (qui seront remplacés à la rentrée 2019), la géographie de la France est étudiée en classe de première alors que le fil directeur de la classe de seconde est le développement durable et celui de la classe terminale est la mondialisation. La France apparaît comme une manière de passer de l’un à l’autre (du thème au développement durable à celui de la mondialisation), une façon de cristalliser différents enjeux de géographie qu’on veut faire étudier aux élèves.

Enfin, une dernière question : les dynamiques hexagonales existent-elles ? Les grandes thématiques évoquées plus haut invitent à réfléchir aux périmètres les mieux adaptés pour l’étude de chacune de ces thématiques ou dynamiques, des périmètres qui coïncident rarement avec celui du territoire français ou celui d’une région française. Parmi ces grandes thématiques, non seulement l’européanisation et la mondialisation, mais aussi l’intégration, la transition, l’adaptation, la recomposition, qui apparaissent de plus en plus souvent et qui posent des problèmes aux élèves car elles les obligent à avoir une pensée plus conceptuelle. De même, l’idée de prospective territoriale est peu explorée, aussi le thème de l’aménagement est-il vu de manière très historique avec ce qui a été fait précédemment en oubliant de réfléchir à l’avenir (voir le thème du FIG 2018 : « la France de demain »).

Questions de la salle :

DO : Quelques observations. La première concernant les liens entre la recherche universitaire et l’enseignement au collège et au lycée. Certains aspects de la recherche « ancienne » (les chorèmes ou les schémas inspirés de Roger Brunet) perdurent longtemps dans les manuels de géographie, parfois sans trop de précautions « pédagogiques », tandis que des aspects plus récents (exemple de la notion « habiter », fil directeur du programme de sixième), ont été intégrés peut-être de façon imprudente.

Quant à l’élaboration de cartes de synthèse à l’échelle du territoire français, elle répond sans doute à l’utilité de la généralisation ou de la simplification mais il faut insister sur l’intérêt de la réflexion multiscalaire pour appréhender valablement la réalité géographique d’un phénomène ou d’un territoire.

Autre chose encore. Les questions au programme des concours d’enseignement (CAPES, agrégation) et le contenu des principaux manuels de l’enseignement supérieur abordent le plus souvent les thèmes classiques de la géographie de la France (tourisme, espaces ruraux, espaces productifs, etc.), beaucoup plus rarement, ils tentent de réfléchir à des thèmes plus novateurs comme la « nature » ou la « France des marges ».

Et si l’on n’ose plus trop faire aujourd’hui de la géographie régionale à cause des processus d’européanisation et de mondialisation, ne va-t-on pas vers de nouveaux découpages territoriaux simplificateurs tels que la division binaire France des métropoles/France « périphérique » ou encore le clivage territoires « gagnants » de la mondialisation/territoires « perdants » de la mondialisation.

Peut-on encore faire une géographie de la France ? On doit la faire car il y a des programmes, il y a une nécessité citoyenne, mais c’est de plus en plus difficile à faire car les processus et les dynamiques au sein du territoire français sont de plus de plus complexes du fait de la mondialisation, sans compter l’obligation de réfléchir à plusieurs échelles.

EL : Mon intérêt pour les croquis à des échelles variées plutôt que pour les cartes de synthèse se heurte à la difficulté de représenter des thèmes des programmes tels que l’adaptation, la transition ou la recomposition. Un croquis représente par nature une situation figée à un moment donné. Plusieurs croquis sont nécessaires pour représenter une évolution. Apparaissent dans les manuels les schémas heuristiques (schémas permettant de représenter visuellement et de suivre le cheminement de la pensée) qui ont leur intérêt mais qui sont mal adaptés à une réflexion géographique.

A propos des difficultés de l’intégration des apports scientifiques récents dans les programmes l’exemple de la notion d’habiter est intéressant. En fait celle-ci sert surtout de prétexte à l’enseignement de différents chapitres (les espaces de faibles densités, les métropoles, le peuplement du monde, etc.). D’une façon plus générale, le contenu de l’enseignement universitaire évolue avec pas mal de retard sur le champ scientifique tandis que les programmes scolaires sont eux-mêmes influencés avec retard par l’enseignement universitaire tout en conservant une part importante de leur contenu antérieur.

Question : Si le contenu de l’enseignement de la géographie a connu un bouleversement ces dernières décennies, il semble que la formation des enseignants n’ait pas « suivi » de bouleversement. Qu’en est-il plus précisément ?

EL : Une grande part du problème réside dans le fait que 80 à 90% des candidats au CAPES sont des historiens qui ont eu une formation réduite en géographie au cours de leurs années de licence.

Question : Les chercheurs en prospective territoriales n’exploitent suffisamment les données statistiques. D’un autre côté, les statistiques démographiques appréhendent très mal les mobilités. Pouvez-vous réagir à cet aspect ?

EL : La plupart des objets géographiques sont mesurés avec un degré d’incertitude, souvent à partir d’estimations. Pour les élèves il existe une sorte de fétichisme des chiffres, des données statistiques. De toute façon, il est nécessaire de s’interroger sur d’autres manières de représenter les données dont on dispose.

Question : Que penser des travaux du géographe Christophe Guilluy sur la « France périphérique » ?

EL : Je pense que C. Guilluy a écrit un ouvrage polémique pour faire débat social et politique. En tant qu’enseignante ou chercheuse je ne sais pas trop ce que serait une « France périphérique » qui perd contrairement à des métropoles qui gagnent. Sans doute des données incluses dans les travaux de cet auteur sont pertinentes mais personnellement je n’ai pas approfondi la réflexion sur tout cela.

Intervention dans la salle : La géographie de la France est un objet saturé de représentations, saturé de méthodes, saturé de manières de faire. Une première difficulté réside dans le paradigme du territoire alors que les mutations deviennent de plus en plus complexes. Une deuxième difficulté tient au paradigme de la région.

EL : Le périmètre régional reste quelque chose d’infiniment flou et mouvant, variable et non comparable.

Question : La cartographie est-elle encore valide ?

EL : Bien sûr ! J’évoquais seulement tout à l’heure la difficulté de cartographier des dynamiques territoriales. D’autres thèmes sont mal cartographiables. Si l’on prend l’exemple de la fracture numérique, de territoriale celle-ci est devenue socio-économique et là cela devient problématique à cartographier.

Intervention dans la salle : Il reste quelques cartes très parlantes comme la carte des densités de population qui fait émerger la « dorsale européenne » ou la carte de l’évolution démographique en France qui montre un gonflement de la population du littoral pendant que le Nord-Est se vide.

EL : Une autre représentation permet de bien visualiser la « dorsale européenne », les principales zones peuplées et la littoralisation, c’est la photographie de l’Europe vue de nuit.

Question : Pourquoi la carte par anamorphose a-t-elle du mal à se diffuser dans l’enseignement ?

EL : Ce type de carte est très parlant. L’usage qui en est fait peut séduire les élèves mais il est rendu difficile s’il l’on n’a pas en tête une carte de localisation basique des principaux repères du territoire représenté (villes, massifs montagneux, etc.).

Intervention dans la salle : Un autre aspect de la carte par anamorphose c’est qu’il existe plusieurs modèles mathématiques utilisés ce qui rend encore plus complexe son interprétation.

Question : Que penser de l’ouvrage de Jacques Lévy Réinventer la France. Trente cartes pour une nouvelle géographie (Fayard, 2013) ?

EL : C’est un essai qui propose une nouvelle image de la France à partir de cartes assez originales. Le territoire national ne se caractérise plus par l’opposition traditionnelle entre villes et campagnes car l’urbanisation est désormais achevée. C’est un espace mobile dont les potentialités se situent à de multiples échelles, c’est un pays qu’on ne peut comprendre sans ouvrir son horizon vers l’Europe et le Monde.

Question : Comment les pays européens (géographes, institutions, etc.) voient-ils le territoire français par rapport au cœur de l’Europe (« dorsale européenne ») ?

EL : Je ne connais pas la vision des géographes allemands par exemple sur le territoire européen. En revanche, j’ai eu l’occasion de travailler avec des géographes espagnols ce qui m’a permis d’avoir une idée de la géographie de l’Europe vue de la péninsule ibérique. Celle-ci considère la France bien sûr comme le nœud par lequel il faut nécessairement passer pour accéder au centre économique de l’Europe. En ce qui concerne les projets d’aménagement du territoire au sein de l’UE, le territoire français est considéré jusqu’aux années 1990 comme un nœud des réseaux parce qu’il est proche du centre de gravité économique de l’Europe. Mais depuis 2004 le centre de gravité se déplace vers l’est, d’un point de vue spatial et aussi du point de vue des politiques publiques européennes (logique des corridors de transport). Du coup, la place de la France est envisagée différemment et la Commission européenne veille à l’équilibre des projets entre les différents pays et à rétablir ainsi une certaine équité territoriale en faveur des nouveaux pays entrants.

Compte rendu rédigé par Daniel Oster, octobre 2018

Quand Vladimir Poutine se fait géographe, par Jean Radvanyi.

Café Géopolitique du mardi 13 février 2018, Café de la Mairie (51, rue de Bretagne, 75003 Paris). Par Jean Radvanyi, professeur de Géographie de la Russie à l’INALCO, co-directeur du CREE (Centre de recherches Europes-Eurasie). Animé par Michel Sivignon, compte rendu de Selma Mihoubi. Animé par Michel Sivignon, compte rendu de Selma Mihoubi.

Pourquoi faire un parallèle entre Vladimir Poutine et la géographie ? En 2009, le pouvoir organise une OPA sur la Société de Géographie russe, siégeant à Saint-Pétersbourg. Vladimir Poutine, alors Premier Ministre, organise la reprise en main de cette vieille institution : il fait nommer un proche Sergueï Choïgou, alors ministre des situations d’urgence, au poste de Président de la Société russe de géographie. De son côté, le dirigeant russe prend la tête d’un Comité de parrainage composé des principaux oligarques russes. L’État russe redonne vie à cette vieille institution en conférant à la géographie une place enviable dans la mobilisation patriotique de l’opinion et en  impulsant de nouveaux projets de recherches et d’expéditions, façon de remettre le territoire au centre de la politique.

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Géographie du christianisme, par Brigitte Dumortier.

Café géographique de Paris, Mardi 27 mars 2018, Café de Flore, Paris. Intervenante : Brigitte Dumortier, maître de conférences à l’Université de Paris-Sorbonne. Animateurs : Michel Sivignon, Olivier Milhaud. Compte rendu rédigé par Daniel Oster.

En préambule de ce café géo, Michel Sivignon rappelle l’Atlas des religions de Brigitte Dumortier paru en 2002 aux éditions Autrement. L’ouvrage, certes un peu ancien, pose des questions éminemment géographiques toujours d’actualité : la difficulté de quantifier et donc de cartographier le fait religieux qui explique peut-être le retard avec lequel les géographes ont étudié cet aspect socioculturel ; le problème du choix du niveau d’appartenance religieuse (la croyance, la pratique, le rattachement revendiqué, l’appartenance culturelle ?) pour cartographier ; l’importance des questions d’échelle (continentale, nationale, régionale ou encore beaucoup plus fine) pour aborder la territorialisation religieuse. Voilà trois exemples de question qu’une réflexion géographique portant sur le fait religieux se doit d’aborder.

Olivier Milhaud (OM) : Un sujet effectivement peu facile d’autant que les idées préconçues sont nombreuses selon qu’on est franco-centré ou catholico-centré dans l’analyse, alors qu’il existe une diversité considérable des ancrages des christianismes dans le monde. Une étude géographique du fait religieux est-elle vraiment possible vu le nombre des chausse-trappes statistiques, méthodologiques, d’affiliation… pour appréhender le christianisme ?

Brigitte Dumortier : Une première difficulté est liée à la définition du chrétien. Le critère le plus significatif est sans doute la déclaration d’appartenance, c’est-à-dire le fait de se sentir de telle ou telle religion. Mais en France la réflexion sur ce qu’est « être chrétien » a été limitée. Ceci pose donc le problème de la catégorisation. D’autre part on est réduit à des estimations car chaque religion, chaque Eglise va avoir tendance à gonfler le nombre de fidèles, notamment au Moyen-Orient pour des raisons politiques (pas de recensement au Liban depuis 1932 car on saurait officiellement que les chrétiens maronites ne sont plus majoritaires), sans compter les Eglises ou les confessions plus faciles à quantifier que d’autres (les archives du Vatican sont considérées comme fiables, tout comme les registres des Mormons bien sûr).

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La démondialisation a-t-elle commencé ? par François Bost.

 


L’intervenant : François Bost (à droite) et l’animateur : Joseph Viney (à gauche)

Compte rendu du Café Géographique de Paris qui s’est tenu au Café de Flore mardi 10 avril 2018. animé par Joseph Viney Compte rendu rédigé par Daniel Oster

François Bost, professeur de géographie à l’Université de Reims Champagne-Ardenne, unique intervenant de ce Café Géographique, a choisi le thème de la démondialisation pour aborder de manière originale un processus évolutif fondamental du monde dans lequel nous vivons, thème sur lequel il travaille depuis une vingtaine d’années.

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France des marges : comment refaire de la géographie ? Avec Samuel Depraz et Olivier Milhaud.

Compte-rendu de la matinée « France des marges » avec Samuel DEPRAZ (Université de Lyon / Jean Moulin-Lyon 3) et Olivier MILHAUD (Sorbonne Université, Paris) organisée à l’Institut de géographie de Paris, samedi 3 février 2018. Animé par Elisabeth Bonnet-Pineau. Compte-rendu Elisabeth Bonnet Pineau, Olivier Milhaud et Samuel Depraz

En guise d’introduction à la séance, Elisabeth Bonnet-Pineau rappelle à quel point le modèle « centre-périphérie » théorisé par Alain Reynaud dans son ouvrage « Société, espace et justice » paru en 1981, et étayé sur des critères principalement économiques, a fait les beaux jours de la géographie. Une application du modèle est d’ailleurs illustrée à l’échelle départementale par une carte de la France selon des données INSEE 2014 (p. 20 dans l’ouvrage de Samuel Depraz, La France des marges, Géographie des espaces « autres », Armand Colin, 2017).

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L’Afrique : un continent émergent ? avec Alain Dubresson, Géraud Magrin et Olivier Ninot.

Café géographique de Paris, Mardi 30 janvier 2018, Café de Flore, Paris. Intervenants : Alain Dubresson, Géraud Magrin, Olivier Ninot. Animatrice : Elisabeth Bonnet-Pineau. Compte rendu rédigé par Elisabeth Bonnet-Pineau et Daniel Oster

Après une présentation des trois intervenants, tous géographes spécialistes de l’Afrique et auteurs d’un excellent Atlas de l’Afrique paru aux éditions Autrement en 2016, l’animatrice (EBP) lance le débat en pointant les changements accélérés et d’une ampleur inégalée du continent africain qui sont porteurs autant d’opportunités que de défis.

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Iran, le retour sur la scène internationale d’une grande nation, par Bernard Hourcade.

Conférence de Bernard Hourcade, suivie d’un débat à l’Institut de géographie, samedi 27 janvier 2018, organisée par Les Cafés géographiques. Compte rendu de Maryse Verfaillie.

Bernard HOURCADE (n. 1946) est géographe, directeur de recherche émérite au CNRS. Ancien directeur de l’Institut Français de Recherche en Iran pendant la révolution islamique (1978 – 1993), puis fondateur et directeur de l’équipe de recherche CNRS « Monde iranien » (1993-2005), il a effectué, souvent en collaboration avec ses collègues iraniens, des recherches sur les conséquences politiques des transformations de la société iranienne, la ville de Téhéran et la géopolitique de l’Iran. En dehors de cercles universitaires, il intervient dans les médias et les think tanks sur les questions touchant à la géopolitique de l’Iran aux rapports entre politique, territoire et société en Iran.  Bernard Hourcade est agrégé (1969) et docteur en géographie (Paris-Sorbonne, 1975).

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Les Forêts de la Grande Guerre, par Jean-Paul Amat

Café géo (Paris, Café de Flore) du 9 décembre 2017. Animé par Claudie Chantre. Compte rendu de Michèle Vignaux.

Le 19 décembre Claudie Chantre recevait au Flore Jean-Paul Amat, professeur émérite de géographie à l’Université Paris-Sorbonne, pour son ouvrage Les Forêts de la Grande Guerre, paru en 2015 et détenteur des prix Georges Hachette 2016 de la Société de Géographie et Edouard Bonnefous 2017 de l’académies des Sciences morales et politiques

Spécialiste de biogéographie historique, J-P Amat est aussi président de la société des Amis du Musée de l’Armée, membre de la mission du centenaire de la Grande Guerre. C’est donc un homme de terrain mais aussi un homme d’archives, soucieux d’analyser des paysages disparus comme de comprendre les regards que portent sur eux nos contemporains.

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Itinéraires des réfugiés de la Première Guerre mondiale : rencontre avec Claudie Lefrère-Chantre. 

Conférence-débat du 18 novembre 2017 à l’Institut de Géographie de Paris avec Claudie Lefrère-Chantre autour de son livre Emilienne, 1917. Itinéraire d’une jeune Française réfugiée de la Première guerre mondiale, paru en 2017 aux Editions Fauves.

Samedi 18 novembre 2017, de 10h à 12h30. Le nouvel amphi de l’Institut de Géographie fait pratiquement  salle comble pour accueillir « Emilienne 1917 » et son auteur Claudie Lefrère-Chantre. Animé par Daniel Oster. Compte rendu de Claudie Lefrère-Chantre

Les extraits du livre « Emilienne 1917 » seront cités entre guillemets ; les extraits du journal d’Emilienne, eux, seront cités en italiques et dans leur orthographe d’origine. Cet entretien a été accompagné de documents projetés (cartes, photos, textes.) Les questions et témoignages de la salle  ont enrichi cette rencontre.

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Les noms de lieux de la France, par Roger Brunet.

Café géographique de Paris, Mardi 28 novembre 2017, Café de Flore, Paris. Intervenant : Roger Brunet. Modérateur : Daniel Oster

Roger Brunet, l’un des meilleurs géographes français, a consacré ses travaux aux formes, à la production et à l’aménagement des territoires et des paysages par les sociétés humaines, aux régions de France, au vocabulaire scientifique et aux noms de lieux, aux cartes et aux atlas. Son dernier livre, Trésor du terroir. Les noms de lieux de la France (CNRS Editions, 2016), sert de support à ce café géographique. Autrement que par la lecture traditionnelle des toponymes proposée par les linguistes, R. Brunet a choisi de partir des lieux et non des langues. Cela nous donne une synthèse très riche et soucieuse de mettre en avant les exigences des sociétés humaines sur leurs territoires.

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Jérusalem et ses frontières, par Emmanuel Ruben.

Compte rendu du Café géo du 25 avril 2017 au Café de Flore (Paris). Intervenant : Emmanuel Ruben. Modérateur : Daniel Oster Compte rendu de Michèle Vignaux.

Emmanuel Ruben, normalien, est géographe de formation, mais après une courte période d’enseignement en banlieue parisienne, il décide de se consacrer à une œuvre littéraire ainsi qu’à un travail de dessinateur et d’aquarelliste. Obsédé par le thème des frontières, il a vécu dans un certain nombre de villes-frontières comme Istanbul, Riga, Kiev et Novi Sad. Et il a séjourné deux fois à Jérusalem en 2010 et 2014. De cette expérience il a tiré un ouvrage Jérusalem terrestre (Editions Inculte, 2015), support privilégié de ce Café géo.

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Gentrifications, avec Lydie Launay et Hovig Ter Minassian.

Compte-rendu du Café du 28 mars 2017 au Flore, Animé par Olivier Milhaud, compte rendu de Michèle Vignaux.

La soirée commence par un hommage à Matthieu Giroud assassiné au Bataclan le 13 novembre 2015,  à 38 ans. Ce jeune géographe avait consacré son travail de chercheur aux mobilités urbaines, notamment aux formes de résistance ordinaire à la gentrification. Dans son ouvrage Villes contestées. Pour une géographie critique de l’urbain, publié avec Cécile Gintrac en 2014, il se montrait soucieux d’une géographie engagée.

Compte-rendu du Café du 28 mars 2017 au Flore, Animé par Olivier Milhaud, compte rendu de Michèle Vignaux.
La soirée commence par un hommage à Matthieu Giroud assassiné au Bataclan le 13 novembre 2015,  à 38 ans. Ce jeune géographe avait consacré son travail de chercheur aux mobilités urbaines, notamment aux formes de résistance ordinaire à la gentrification. Dans son ouvrage Villes contestées. Pour une géographie critique de l’urbain, publié avec Cécile Gintrac en 2014, il se montrait soucieux d’une géographie engagée. (Lire la suite…)

Peinture et géographie : rencontre avec Roland Courtot.

Exposé de la conférence-débat du 25 février 2017 avec Roland Courtot à l’Institut de Géographie de Paris.

La rencontre, programmée dans un des hauts lieux de la géographie française (une salle de cours de l’Institut de Géographie de la rue St Jacques à Paris) aurait pu s’appeler aussi « le Peintre et le Géographe », car l’exposé a porté autant sur les deux disciplines et leurs acteurs que sur les relations qu’elles entretiennent depuis longtemps. Cette invitation de la part de l’équipe des Cafés Géographiques s’inscrivait dans la continuité de la page web du dessin du géographe publiée le 1/2/2017 (http://cafe-geo.net/quelques-croquis-dexcursions-geographiques-au-debut-du-19eme-siecle/) et d’une rencontre antérieure avec le géographe aquarelliste Simon Estrangin (café géographique du 15 mars 2016, voir le compte rendu par Michel Sivignon : http://cafe-geo.net/simon-estrangin-et-la-geographie-sur-le-vif/).

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La crise migratoire en Europe, avec Amandine Spire et Camille Schmoll,

Compte rendu du café géographique du 31 janvier, avec A. Spire et C. Schmoll. Compte rendu rédigé par Marine Duc

Avec Amandine Spire et Camille Schmoll, maîtresses de conférences à l’université Paris-Diderot (Paris VII). Amandine Spire a notamment travaillé sur les migrations en Afrique de l’Ouest. Elle s’intéresse actuellement davantage aux problématiques de droit à la ville et de productions de normes sociales et spatiales dans les sociétés urbaines. Camille Schmoll est spécialiste des migrations dans l’espace euro-méditerranéen. Elle s’intéresse notamment aux migrations féminines, à travers une approche par le genre.

Le thème de ce café géographique s’articule autour d’une question d’actualité, mais a aussi pour objectif de discuter la notion de « crise » : est-ce qu’il s’agit de l’acmé d’un mouvement qui a débuté anciennement ou bien plutôt d’un phénomène récent ? Quelles en sont les causes principales ?

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Paysages et territoires du sel, par Micheline Huvet-Martinet.

Café de géo Paris, le 14 décembre 2016. Paysages et territoires du sel par Micheline Huvet-Martinet, Agrégée d’Histoire, Docteure ès Lettres, ex prof CPGE au  Lycée Claude Monet Paris. Ses thèmes de recherche initiaux ont porté sur le Faux-saunage en France sous l’Ancien Régime, élargis à la fiscalité et l’histoire du sel. Gildas Buron qui devait intervenir a malheureusement été empêché.

Michèle Vignaux  se charge d’ouvrir la séance en rappelant l’originalité du produit : vital, abondant dans la nature, devenu le condiment par excellence aux usages multiples, mais aussi  produit mythique à haute valeur symbolique très tôt associé au divin.

Le café de géo de ce jour  s’intéresse aux  différents paysages correspondant aux territoires actuels du sel. Il est rappelé le caractère indispensable mais surtout insubstituable du sel qui explique son poids dans les économies et les sociétés pré-industrielles quand  la chaîne du froid n’était pas maîtrisée. Le sel, là où il existe, a été un facteur d’appropriation d’espaces devenus des territoires identifiables, structurés par des sociétés organisées autour de sa recherche, sa production, sa transformation, son raffinage, son conditionnement, son transport, sa distribution et son commerce. L’industrie du sel était dans les salines continentales une entreprise complexe et double, constituée à la fois  d’installations de surfaces et d’équipements souterrains. C’était une industrie  industrialisante générant de multiples activités et des emplois induits. Les salins littoraux ont été dévoreurs d’espaces qu’ils ont structurés tout en  organisant des sociétés humaines.

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Les risques naturels en France

Café géo du mardi 18 octobre 2016 avec Magali Reghezza-Zitt, maître de conférences à l’ENS Ulm

Au programme du Café du jour : la notion de risque naturel. S’il est connu qu’elle attire les (jeunes) chercheurs autant qu’elle capte les fonds, elle sera traitée et discutée en présence d’une des chefs de file de la spécialité en France. Auteure de nombreux ouvrages consacrés à la question, dont deux issus de ses travaux de thèse, engagée dans plusieurs programmes de recherche commandés par des collectivités – Magali Reghezza travaille en ce moment à Paris sur les risques d’inondation – elle est en même temps maître de conférences habilitée à diriger des recherches de géographie à l’ENS Ulm où elle assure notamment les cours de préparation à l’agrégation. Ses multiples casquettes devaient toutes être mobilisées dans cette intervention dynamique représentative de ses compétences « d’experte » et de pédagogue, mais surtout de sa capacité à les mobiliser simultanément dans un discours particulièrement abondant qui complique la tâche d’en rendre compte.

Puisqu’on concentrera surtout nos efforts de synthèse sur les manières dont Magali Reghezza a abordé et traité la thématique ce soir-là (car ce sont elles qui ont fait (le) débat) il faut d’abord comprendre la manière dont l’animatrice de la séance, Elisabeth Bonnet-Pineau, l’a problématisée. Elle a mis en lumière deux paradoxes : d’une part, la « recrudescence des catastrophes » en 2015, signalée par le CRED dans son dernier rapport, alors même que la connaissance et les techniques de prévention des risques semblent s’améliorer ; d’autre part, la contradiction intrinsèque entre la fréquence et l’intensité des catastrophes « naturelles » (les sécheresses s’avérant, d’après le CRED, les plus meurtrières d’entre elles à l’échelle de la planète). Le propos est déjà appelé à dépasser le sujet des « risques naturels en France », ce qu’a confirmé le déroulement de la séance : l’intervenante s’est en effet bien attachée à déconstruire, à l’aune d’un argumentaire pragmatique et précis, chacune des notions contenues dans le sujet de départ, dont il s’agissait d’évaluer le sens et la pertinence et, peut-être, de calmer les inquiétudes éventuelles dues, pour leur plus grande part, à un court-circuitage terminologique entre le « risque » et la « catastrophe » dont le public a pu s’extraire.

Des mots pour les risques, au(x) risque(s) des mots : la géographie des risques à l’heure du paradigme de la complexité.

Magali Reghezza propose d’entrer dans le sujet par l’épistémologie, suggérant ainsi que l’existence de telles problématiques, en sciences comme en société, s’explique au moins en partie par l’empilement des concepts relatifs aux risques en Géographie. Elle veut montrer, d’une part, que le champ d’étude des risques est à la mesure de ce que la Géographie en a fait : « la façon de traiter l’objet risque en Géographie montre que la discipline est vivante, qu’elle évolue (…). Et les débats qui s’y jouent se retrouvent point par point dans la façon d’envisager les risques ». Ainsi décèle-t-on, dans les premières (quand ? Elle ne les datera pas) approches des risques, l’empreinte structurelle et structurante de la discipline, des « géographes physiciens » qui s’attachent dès les années 1970 d’abord à comprendre leur paramétrage « naturel », préalable indispensable à la compréhension de ce qu’on qualifie alors parfois « nuisance » ou de danger ; par la suite, à l’heure où la géographie physique se renouvelle en une « géographie de l’environnement », les géographes insistent sur le rôle de l’anthropisation dans la transformation des processus physiques, sur l’importance des sociétés dans la fabrique des risques dits naturels, et cherchent in fine à dénaturaliser les catastrophes.

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A la rencontre d’Alexandre Yersin, l’homme qui a vaincu la peste

Samedi 15 octobre 2016, la salle du nouvel amphi de l’Institut de Géographie à Paris est bien remplie pour la rencontre-débat organisée autour de la figure d’Alexandre Yersin, l’homme qui a vaincu  la peste. Deux intervenants ont été invités pour cette occasion : Stéphane Kleeb, réalisateur suisse du film documentaire Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger (2014) et Annick Perrot, auteur avec Maxime Schwartz, de Pasteur et ses lieutenants (Odile Jacob, 2013). Il s’agit de mieux faire connaître un personnage hors du commun, médecin et chercheur, explorateur et aventurier, découvreur du bacille de la peste, peu connu en Europe y compris dans sa Suisse natale mais considéré encore aujourd’hui comme un héros au Vietnam. La clé d’observation géographique semble bien appropriée pour atteindre cet objectif.

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Le film documentaire de Stéphane Kleeb

La rencontre commence par la projection du film documentaire de Stéphane Kleeb Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger (2014), consacré à Alexandre Yersin, médecin et chercheur d’origine suisse, un personnage exceptionnel que le livre de Patrick Deville a contribué à faire connaître (Peste & choléra, 2012). L’excellent titre du film reprend une phrase extraite de l’abondante correspondance que le savant/aventurier a entretenue avec sa mère jusqu’à la mort de celle-ci. Quant à l’idée de faire un film sur Yersin, on la doit à l’ambassadeur de Suisse à Hanoi, Andrej Motyl, surpris de constater la célébrité du scientifique européen au Vietnam alors que celui-ci est presque inconnu dans son pays d’origine.

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Les prisons : un monde immobile ?

Café géo du 30 septembre 2016, avec Olivier Milhaud, maître de conférences en géographie à Paris 4 et Lucie Bony, chargée de recherche au CNRS, à l’UMR Passages de Bordeaux. Ils ont notamment contribué au numéro 702-703 (2015) des Annales de Géographie consacré aux géographies de l’enfermement.

Le sujet de ce café géographique a été choisi par rapport au thème du Festival International de Géographie 2016 : « Un monde qui va plus vite ? ». Il s’agit ici de prendre le contrepied du thème du festival: au-delà du lieu commun d’une société hypermobile, ne se cache-t-il pas un monde des marges, qui semble ne pas changer ?

Olivier Milhaud et Lucie Bony ont évoqué trois dimensions de l’espace apparemment immobile des prisons : d’abord, il s’agissait d’appréhender les changements et permanences de la prison comme institution, avant de se pencher sur la prison comme lieu : quels changements dans les localisations des prisons françaises ? Comment leur architecture a-t-elle évolué ? Ces transformations amenaient alors à s’interroger sur l’enfermement comme expérience géographique : comment la punition par l’espace se traduit en termes d’immobilité ?

  1. Appréhender la prison. Une institution entre clôture et décloisonnement

Cette institution s’est généralisée dans le monde entier : « elle a été finalement reprise dans tous les contextes politiques et sociaux. Cela a été une si formidable invention, et si merveilleuse qu’elle s’est répandue presque comme la machine à vapeur et est devenue une forme d’encadrement général de la plupart des sociétés modernes, qu’elles soient capitalistes ou qu’elles soient socialistes » (Foucault, 1994). Mais la durabilité de l’institution s’explique aussi peut-être par les nombreuses tentatives de réforme qu’elle a connu.

Olivier Milhaud précise qu’à propos de la prison, il ne faut pas confondre les notions de changement et de réforme. Dans Surveiller et Punir, Michel Foucault explique qu’il est consubstantiel à la prison de vouloir la réformer, car c’est une institution qui n’arrive pas à remplir ses fonctions, qui est condamnée à l’insatisfaction. Il faut dire que c’est l’institution chargée de réussir là où toutes les autres ont échoué (famille, école, religion, monde du travail, etc). Il semble qu’on lui demande trop : résoudre la crise de l’illettrisme, du lien social (on y trouve massivement des SDF, des « paumés »), de la prise en charge de la santé mentale (que de cas psychiatriques en détention), de la masculinité (en France, les femmes représentent seulement 4% des détenus) et depuis peu, on lui demande aussi de déradicaliser. On a donc d’un côté une insatisfaction, qui appelle à la réforme, mais cette dernière ne suffit jamais. Ce paradoxe donne alors à l’institution une impression d’immobilisme, d’un échec reconduit et répété.

Lucie Bony récapitule alors brièvement l’historique de l’institution carcérale pour montrer l’ampleur des réformes que cette dernière a connu, en s’appuyant sur les travaux de Michelle Perrot, historienne de la prison. La prison « moderne » nait avec la loi pénale de 1791, avec l’idée de corriger les détenus. C’est à cette époque, dans le contexte des Lumières et de la Révolution française, qu’émerge alors l’idée d’une « bonne peine », qui a pour objectif de transformer le détenu par le travail et la discipline. Le système est réformé au début du XIXe siècle, et notamment en 1819 avec la création de la Société Royale pour l’amélioration des prisons, puis vient la disparition des peines infâmantes (1830) et l’abolition du pilori (1848).

Fin XIXe, la question carcérale est mise de côté. Il faut attendre la deuxième partie du XXe siècle pour voir d’autres réformes de l’institution. Dans les années 1970 sont engagées des mesures pour libéraliser les conditions de détention suite aux révoltes de 1970, 1971 et 1974 : autorisation de la presse, de fumer, élargissement des conditions de semi-liberté. Les miroirs sont également autorisés : le détenu peut désormais voir son visage se transformer avec le temps. Cela a été perçu comme une véritable révolution dans l’expérience individuelle de la prison.

Les années 1980 constituent un second tournant. L’arrivée de la gauche au pouvoir entraîne une rupture avec la politique pénitentiaire sécuritaire du ministère Peyrefitte. On autorise le port de vêtements civils, le téléphone, les parloirs sans séparation. Après l’abolition de la peine de mort en octobre 1981, le ministère de Robert Badinter met en place des peines de substitution en 1983. Cela montre une volonté de lier la peine à la réinsertion.

Dans les années 2000, la question pénitentiaire revient à l’agenda politique suite à la publication du livre de Véronique Vasseur, Médecin-chef à la Santé (2000), où elle décrit les conditions terribles de détention. Un certain nombre de rapports parlementaires indiquent la nécessité d’une nouvelle réforme. Mais celle-ci est tributaire de l’ambiance sécuritaire qui caractérise l’élection présidentielle de 2002. Malgré tout, quelques changements ont lieu dans les prisons des années 2000 : des sites pilotes sont choisis pour adopter les règles pénitentiaires européennes, ou encore la loi pénitentiaire de 2009 qui modifie les modalités d’exécution des peines.

La prison n’est donc plus la même qu’au XVIIIe siècle. Aujourd’hui, de nouveaux problèmes sont pointés du doigt (radicalisation, surpopulation) et donnent à voir un système carcéral marqué par une sensation d’inertie. La politique pénitentiaire tente d’échapper à la critique, mais ne comporte dans les faits que peu d’ambitions, sans réflexion sur le sens de la peine et sur le lieu prison.

Cependant, il faut aller au-delà de ces réformes législatives pour voir ce qu’elles impliquent dans la vie quotidienne des prisons : peut-on parler d’une normalisation de l’institution carcérale ?

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France, Europe : Les territoires entre égalité et égoïsmes

Café géo du mardi 12 avril 2016 au Flore, avec Laurent Davezies, professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers, titulaire de la chaire « Economie et développement des territoires » et auteur notamment du Nouvel égoïsme territorial (Seuil, mars 2015) et Philippe Estèbe, directeur de l’Institut des Hautes Etudes d’Aménagement du Territoire (IHEDATE) et auteur notamment de L’égalité des territoires, une passion française (PUF, avril 2015).

Ce café géo rassemble deux auteurs qui ont publié sur le même sujet, mais avec des angles d’attaque apparemment opposés. Philippe Estèbe montre dans L’égalité des territoires, une passion française (PUF) qu’avec le temps, la France a créé un dispositif unique au monde d’égalité des territoires, à travers trois grands mécanismes : une redistribution financière très importante, une répartition inégalitaire des fonctionnaires d’État pour permettre une présence continue jusque dans les lieux les plus reculés, des grandes entreprises publiques assurant partout une continuité de prestation (La Poste, la SNCF, énergie, télécoms).

Laurent Davezies souligne quant à lui dans Le Nouvel Égoïsme territorial. Le grand malaise des nations (Le Seuil) qu’avec la montée du régionalisme, l’exigence d’autonomie, voire d’indépendance, on assiste aujourd’hui à une fragmentation des nations, dans les pays industriels comme dans les pays en développement. Les causes identitaires – anciennes – se combinent avec le fait – nouveau – que les régions riches ne veulent plus payer pour les régions pauvres. Plus largement, c’est le modèle de cohésion territoriale qui est remis en cause en France, en Europe et dans le monde.

Philippe Estèbe comme Laurent Davezies sont d’accord sur le résultat : en France comme ailleurs, les très grandes villes financent largement l’espace rural et commencent à contester le mécanisme de redistribution tandis que les personnes traversent les territoires au cours de leur trajectoire et les mettent en concurrence pour l’habitat, les services, l’emploi et les loisirs. Le dispositif d’égalité des territoires apparaît dès lors coûteux et inefficace.

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La crise du logement, avec Marie Chabrol et Yankel Fijalko

Introduction de Judicaëlle Dietrich : Marie Chabrol (MC) et Yankel Fijalkow (YF) sont deux chercheurs travaillant sur les thématiques du logement dans différents contextes de recomposition urbaine contemporaine dans le cadre de la métropolisation des villes européennes. Le sujet est vaste et nous aborderons ainsi la notion de crise mais aussi le lien entre crise et creusement des inégalités avec les vulnérabilités résidentielles. Compte-rendu rédigé par Clara Curmi.

Marie Chabrol est maître de conférence en géographie à l’Université de Picardie-Jules-Verne à Amiens, elle a fait sa thèse sur un quartier bien connu :Château Rouge la Goutte-d’Ori. Elle a questionné les relations entre les dynamiques résidentielles d’un quartier touché par le phénomène de gentrification et les dynamiques commerciales de ce quartier marqué par de fortes centralités africainesii. Elle mène actuellement ses recherches dans un quartier de Bruxelles qui partage nombre de caractéristiques avec la Goutte d’Oriii.

A ses côtés, Yankel Fijalkow, géographe, est Professeur à l’Ecole Nationale d’Architecture de Paris Val de Seine et auteur notamment d’ouvrages « ressources » : dans la collection « Repères » de « Sociologie du logement » et « Sociologie des villes »iv. Il mène des recherches sur les politiques publiques du logement.

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Le retour du vélo dans les villes européennes, par Alain Boulanger et Frédéric Héran.

Café géographique de Paris (Café de Flore), 31 mai 2016, compte rendu rédigé par Michèle Vignaux.

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Pour traiter du vélo en ville, deux intervenants sont réunis au Café de Flore, un économiste et urbaniste, Frédéric Héran, auteur de Le retour de la bicyclette. Histoire des déplacements urbains en Europe. 1817-2050, La Découverte, 2014, et un homme de terrain, Alain Boulanger, fonctionnaire à la Mairie de Paris chargé de piloter le « Plan vélo ». Le travail de Frédéric Héran repose sur la thèse suivant laquelle les aménagements cyclables ne suffisent pas à relancer la pratique du vélo en ville. Il faut aussi prendre en compte la modération de la circulation dans son ensemble, tous modes compris.

Les modes de déplacement des citadins sont en concurrence. Les nouveaux cyclistes étant principalement d’anciens piétons et usagers des transports publics, le gain pour l’environnement serait faible s’ils ne laissaient des places dans les bus, trams et métros, ce qui pourrait inciter les automobilistes à renoncer à leur véhicule personnel.

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Nucléaire et territoires : Je t’aime, moi non plus ! par Teva Meyer.

Compte rendu du Café géopolitique qui s’est tenu au Café de la Mairie, Paris 3e, le 23 mars 2016. Compte rendu de Amandine BONNIN, Mathilde COSTIL, Floriane OLLIVIER, Hugo SOUTRA, Maelly VIARD,

C’est l’actualité qui nous a guidé vers le thème « Nucléaire et territoires » pour plusieurs raisons :

  • 5ème anniversaire de la catastrophe de Fukushima
  • le vote, cet été 2015, d’une loi sur la transition énergétique
  • quelques mois après, la tenue de la COP 21 à Paris
  • des moments politiques récents : la volonté de la ministre de l’environnement de prolonger de 10 ans la durée de vie des centrales nucléaires; la plainte de la ville et du canton de Genève contre X pour les conséquences de la centrale du Bugey (Genève étant défendue par Corinne Lepage, ancienne ministre en France).

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L’Asie centrale, des empires à la mondialisation, par Julien Thorez.

Julien Thorez est géographe, chargé de recherche au CNRS, membre du laboratoire « Mondes iranien et indien ». Il a récemment dirigé la publication d’un ouvrage intitulé Asie centrale : des indépendances à la mondialisation.. Compte-rendu rédigé par Clara Curmi.

L’expression « Asie centrale » désigne une entité géographique dont les limites diffèrent suivant les périodes, les approches, les auteurs. Dans le cadre de cette conférence, Julien Thorez s’intéresse à l’Asie centrale post-soviétique, aujourd’hui composée de cinq états indépendants : le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, le Kirghizstan et le Tadjikistan. Au cœur du continent eurasiatique, cette région du monde turco-iranien été au centre du « grand jeu » entre l’empire britannique et l’empire russe au XIXe siècle. Après avoir été colonisée par l’Empire tsariste puis intégrée à l’Union soviétique, elle entre dans la mondialisation.

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Simon Estrangin et la géographie sur le vif, par Simon Estrangin.

Café géographique de Paris, 15 Mars 2016, compte rendu de Michel Sivignon.

La géographie de Simon Estrangin est le fruit d’une insatisfaction ou du moins d’une inquiétude. Il semble à Simon Estrangin que la géographie classique, appelons-la académique, passe à côté de ce qu’il appelle l’existant En d’autres termes, en revendiquant une position scientifique, qui pendant longtemps a penché du côté des sciences naturelles, la géographie a renoncé à rendre compte du subjectif, de l’instantané, de l’immédiat, au profit d’une forme de déterminisme qui enferme ses catégories d’analyse dans des limites fixes et intangibles. . Par là même cette géographie a tendance à tuer la sensibilité du géographe

Simon Estrangin ne se contente pas du tout de cette position négative, parce qu’il entretient un rapport passionné à la géographie. A coup sûr, sa géographie est une « égogéographie »terme qu’il refuserait sans doute, où les catégories subjectif et objectif ne sont pas mobilisées. Ce 15 mars il a choisi de nous présenter sa géographie « sur le vif ».

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La 3ème révolution agricole du numérique et de la connaissance, par Rémi Dumery.

Ce mardi 26 Janvier 2016, le thème de la soirée est la 3ème révolution agricole du numérique et de la connaissance. Compte rendu rédigé par Dénali Boutain,

Michel Sivignon nous présente Rémi Dumery, « cultivateur expérimentateur en agriculture sociétale » et grand fan des nouvelles technologies et de l’innovation. Rémi Dumery possède une exploitation de 130 ha en Beauce, au Sud-ouest de Paris, à Boulay-les-Barres. Il cultive des céréales, mais aussi des oléagineux et des betteraves. L’agriculteur beauceron aime parler de son métier et de sa manière de travailler. Passionné d’informatique, Rémi Dumery aime surfer sur internet et tweeter ses followers sur les réseaux sociaux : c’est, pour lui, une façon de transmettre à un large public ses connaissances et ses savoir-faire en agriculture. Et c’est une manière de répondre à l’un des grands enjeux du XXIe siècle : la 3ème révolution agricole du numérique et de la connaissance.

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L’esprit géographique de l’œuvre de Marie-Hélène Lafon

mh-lafon-01Samedi 13 février 2016, de 10h à 12h, la salle du nouvel amphi de l’Institut de Géographie est quasiment comble pour accueillir Marie-Hélène Lafon, l’un des meilleurs écrivains français d’aujourd’hui. Marie-Hélène Lafon a accepté l’invitation des Cafés Géographiques pour présenter son œuvre selon un angle particulier, celui de son esprit géographique. Animé par Daniel Oster.

Originaire du Cantal, elle construit depuis 2001 une œuvre remarquable, véritable ode à sa terre natale et à une réalité paysanne qui disparaît. Elle y décrit une géographie intime qui n’a rien à voir avec le régionalisme, même si les habitants, les paysages, les traditions et les couleurs occupent le devant de la scène. Il ne s’agit pas d’embellir le réel âpre et rugueux de campagnes ingrates mais de restituer le « pays premier » qui l’a façonnée à jamais, qui la fait exister d’une manière si particulière grâce à un véritable « lien nourricier ».

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La Nouvelle-Zélande : identités croisées et mentalités, par Adrian Macey.

Compte rendu du Café géopolitique qui s’est tenu au Café de la Mairie, Paris 3e, le  26 novembre 2015

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La Nouvelle-Zélande, loin de l’Europe ?

Présentation de l’intervenant :

Adrian Macey est un diplomate néo-zélandais qui bénéficie depuis longtemps de liens étroits avec la France et la culture française. Il est parfaitement francophone, il est titulaire d’une maîtrise de lettres (Université de Tours) et d’une thèse de doctorat sur Diderot. Il a été auditeur à l’ENA (promotion Mendès France). à l’ENA. Il a été ambassadeur de Nouvelle-Zélande en Thaïlande puis, de 2002 à 2006, en France. Il a suivi plusieurs COP et il est actuellement observateur à la COP 21, en tant que chercheur à l’Université de Wellington.

Le café sera articulé en deux points :

  • Les fondements géopolitiques de la Nouvelle-Zélande (environnement, histoire, etc.)
  • Un point de vue sur les négociations climatiques autour de la COP 21.

La Nouvelle Zélande sur la carte

  • Sur nos cartes européennes, la Nouvelle-Zélande est ordinairement placée dans un coin, en bas et à droite.
  • Les cartes locales centrées sur la Nouvelle Zélande la montrent dans un immense environnement maritime.

Les idées qui dominent sont donc l’isolement et la domination de l’océan. Ces deux éléments jouent un rôle constant à travers l’histoire de la Nouvelle-Zélande.

La Nouvelle Zélande couvre 270.000 km2, soit la moitié de la France. Elle est peuplée de 4.589.000 habitants en 2015.

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Métropole du Grand Paris : que peuvent changer les élections régionales ? Par Simon Ronai et Nicole Sergent

Compte rendu du Café géopolitique qui s’est tenu au Café de la Mairie, Paris 3e, le 9 novembre 2015

Présentation des intervenants : 

  • Simon RONAI, Consultant en aménagement urbain, Simon RONAI est agrégé de géographie et diplômé de Sciences Po. Il intervient dans plusieurs régions et est impliqué dans les réflexions sur la métropole du Grand Paris depuis 2001.
  • Nicole SERGENT, Membre du Conseil Économique, Social et Environnemental Régional d’Île-de-France (CESER) et rapporteur de l’avis de ce dernier sur la Métropole du Grand Paris en date du 22 octobre 2015.

« La Métropole du Grand Paris (MGP) entrera officiellement en vigueur à partir du 1er janvier prochain. Évoquée depuis des décennies, sa construction fût semée d’embûches. Mêlant dossiers techniques et projets politiques, la définition des contours et des compétences de la MGP a été l’objet de féroces rivalités entre les différentes parties prenantes du projet (élus locaux, partis politiques, personnalités politiques, associations d’élus). Hasard des modifications du calendrier électoral, les Franciliens devront se prononcer sur la composition de leur futur exécutif régional quelques semaines avant l’entrée en fonction de la MGP. Les enjeux concernant la mise en place du Grand Paris et la division des compétences entre la nouvelle Métropole et le conseil régional d’Île-de-France se révèlent éminemment géopolitiques. Au cours de ce débat, nous reviendrons sur les diverses stratégies des uns et des autres ayant influencé la création de la MGP avant de nous intéresser, actualité oblige, plus spécifiquement aux enjeux des prochaines régionales en Ile-de-France. »

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Géographies des émotions, émotions des géographes, avec avec Pauline Guinard et Bénédicte Tratnjek.

Compte rendu du Café Géographique du 13 octobre 2015 à Paris (Café de Flore), avec Pauline Guinard (MCF ENS Ulm, UMR Lavue-Mosaïques, UMR IHMC (associée)) et Bénédicte Tratnjek (doctorante en géographie). Animation Judicaëlle Dietrich et Michel Sivignon

Michel Sivignon rappelle dans un premier temps que les émotions ont longtemps été ignorées en géographie, parce que contraires à une vision objective et scientifique. Aujourd’hui, il existe un retour aux émotions, pas seulement dans le discours des sciences sociales, mais dans le vocabulaire quotidien Il donne des exemples comme le service Internet payant Canalplay qui fait sa publicité grâce au slogan : « des émotions à la demande » ou du magazine Elle qui titrait il y a peu : « Ne gardons que les émotions positives ». Il termine en affirmant que les émotions appartiennent à tout le monde.

Judicaëlle Dietrich explique rapidement la raison de l’invitation de Pauline Guinard et Bénédicte Tratnjek. Elle est en effet à l’initiative de ce café et du choix de cette thématique qui l’intéressait : « comment prendre en compte les émotions dans le fait de faire de la géographie ? ». Elle s’est donc intéressée au séminaire organisé à l’ENS Ulm par les deux intervenantes. Ce séminaire Géographie des émotions a accueilli lors de sa première année d’existence des chercheur.e.s spécialistes de ces questions comme pour n’en citer que quelques-un.e.s : Elise Olmedo, Anne Volvey et Jean-François Staszak. Parallèlement à ce séminaire, les intervenantes ont lancé un appel à articles sur la même thématique dans la revue Carnets de Géographes qui devrait sortir en 2016. Après avoir présenté les intervenantes, Judicaëlle Dietrich leur a demandé comment elles en étaient venues à réfléchir sur la géographie des émotions.

Pauline Guinard s’est intéressée à la question des émotions à partir de son terrain de thèse, Johannesburg, où elle a travaillé sur l’art dans les espaces publics et plus précisément sur ce que l’art peut faire à ces espaces (en termes de publicisation, de privatisation, etc.). Elle poursuit : « Quand on est une jeune fille blanche à Johannesburg, il arrive qu’on ait peur, notamment lorsque l’on fréquente le centre-ville de Johannesburg, en particulier la nuit. J’ai ainsi eu peur à plusieurs reprises, ce qui a parfois contraint mes déplacements et mes pratiques dans la ville ». Elle rappelle alors qu’une des questions qui revient le plus souvent dans les échanges ordinaires à Johannesburg est : « Is it safe ? » (« Est-ce sûr ? »). Elle a pris conscience que cette peur des usagers de la ville relevait en fait d’une intériorisation des normes sur ce qui est perçu comme sûr et ce qui ne l’est pas à Johannesburg. Elle voulait insister sur « cette peur, dont j’ai réussi partiellement à m’affranchir et avec laquelle j’ai fait mon terrain ». Pourtant, elle explique qu’il n’y a rarement de la place pour ce type de considération dans la recherche. Elle a donc fait un chapitre 0 dans sa thèse (Guinard, 2012), pour analyser la façon dont la peur (la sienne et celle des autres) avait contribué à façonner sa recherche, en l’incitant notamment à renoncer à étudier certains espaces-temps de la ville, à l’image des espaces publics du centre-ville la nuit. Puis elle explique que, pour poursuivre ce type de démarche réflexive et continuer sa réflexion sur la place des émotions en géographie, elle en a d’abord fait un cours. C’est dans ce cadre qu’elle a découvert l’article de Bénédicte Tratnjek sur les viols de guerre (2012). Elles se sont rencontrées et ont décidé de promouvoir ce débat dans la géographie française sous la forme d’un numéro spécial de revue, mais aussi d’un séminaire de recherche, organisé à l’ENS depuis 20151. Barbara Morovich et Pauline Desgrandchamps sont ainsi venues parler de la notion de quartiers sensibles et de la possibilité d’aborder les émotions par le son, Jean-François Staszak a analysé la place des émotions qu’il a appelées « post-coloniales » dans le cinéma, etc.

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Patrimoine et patrimonialisation, de l’objet à la relation, avec Maria Gravari-Barbas et Edith Fagnoni.

Compte rendu du Café Géographique du 24 novembre 2015 à Paris (Café de Flore). Compte rendu rédigé par Daniel Oster.

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Ce mardi 24 novembre, la salle du premier étage du Café de Flore est comble pour  un café géo consacré au sujet de géographie de l’année 2015-2016 des classes préparatoires au concours de l’ENS Ulm. Plutôt que l’intitulé officiel (« Géographie des patrimoines et des patrimonialisations ») le café géo a préféré un libellé un peu différent pour souligner la diversité de la notion de patrimoine et des processus de patrimonialisation (« Patrimoine et patrimonialisation, de l’objet à la relation »).

Deux éminentes spécialistes de cette question ont été invitées : Maria Gravari-Barbas, Professeur de géographie à l’IREST (Institut de Recherche et d’Etudes Supérieures du Tourisme) de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et Edith Fagnoni, Professeur de géographie à l’Université de Paris-Sorbonne-Paris 4. Elisabeth Bonnet-Pineau est chargée d’animer la soirée.

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L’Australie, une puissance attractive ? avec Fabrice Argounès.

Café Géographique de Paris (Flore) du 29 septembre 2015, avec Fabrice Argounès. Animé par Joseph Viney. Prise de notes : Olivier Milhaud, revu par Michel Giraud.

Joseph Viney nous dit le plaisir d’accueillir un spécialiste de l’Océanie, qui travaille au croisement de la géographie et de la science politique : Fabrice Argounès.

cg-australie-fabrice-argounesFabrice Argounès commence le café en rappelant combien la distance à l’Europe a construit la nation australienne. Pensons à sa population, massivement venue d’Europe, à la « tyrannie de la distance » de cet État-continent aux antipodes de la métropole britannique, aux relations très étroites avec Londres puis New York. Que cela ne fasse pas oublier que l’Australie a un environnement proche, qui constitue à la fois un relais de croissance et un espace redouté. L’Asie et l’Océanie sont LES voisins de l’Australie, certainement plus que ne le sont l’Occident européen ou nord-américain. Le planisphère Downunder est éclairant à ce sujet. Samuel Huntington présente dans son Choc des civilisations un monde de divisions, où il présente l’Australie comme un pays déchiré, malgré son appartenance à l’Occident dans son découpage.

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Notre-Dame-des-Landes, Sivens, Roybon : quand l’aménagement sème la discorde en France ! Introduction de Delphine Papin, avec Philippe Subra et Marine Attané.

Compte rendu du Café géopolitique qui s’est tenu au Café de la Mairie, Paris 3e, le 1er juin 2015,

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Après avoir rappelé que l’analyse du territoire représente l’élément de base de la géopolitique, Delphine Papin précise que cette analyse peut aussi être effectuée à un niveau national voire infranational. On parle alors de géopolitique locale. Un des objectifs de cette « spécialité » développée par l’Institut Français de Géopolitique (IFG) est d’analyser les rivalités de pouvoir à l’échelle locale, et ainsi de se donner la possibilité de s’intéresser non plus seulement aux enjeux mondiaux mais aussi aux questions françaises et territoriales. Les sujets du découpage des régions, des élections, des politiques publiques, du logement, etc. sont autant de thèmes qui pourront être abordés dans le cadre des futurs cafés géopolitique locale.

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L’imaginaire géographique, rencontre avec Pierre Jourde.

Compte rendu du Café Géographique du 26 mai 2015 (Paris, Café de Flore)

Intervenant : Pierre Jourde, écrivain, universitaire, polémiste

Modérateur : Daniel Oster.

Compte rendu de Michèle Vignaux.

Universitaire, romancier, poète, polémiste, auteur d’un blog sur le site de L’Obs, Pierre Jourde accorde à la géographie, ou plus exactement à l’imaginaire géographique, une place importante dans son œuvre, ainsi qu’en témoignent plusieurs titres de ses ouvrages (par exemple Géographie de Vialatte, de l’Auvergne à la Rhénanie, Champion, 2000). Sa thèse, Géographies imaginaires (José Corti, 1991), tente de déceler la logique des géographies imaginaires principalement mises en scène par quatre œuvres de Gracq, Borges, Michaux et Tolkien.

Pierre Jourde (photo JP Muller/AFP)

Pierre Jourde (photo JP Muller/AFP)

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Voyager au XIXème siècle, avec Sylvain Venayre et Agnès Desquand.

Intervenants : Sylvain VENAYRE, professeur d’histoire contemporaine  à l’Université Pierre-Mendès-France  Grenoble II et Agnès DESQUAND, conférencière à l’Institut Pasteur. Modérateur : Daniel  OSTER. Compte rendu rédigé par Michèle Vignaux

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Le « voyage », pratique aussi familière au géographe qu’au touriste moyen, a une histoire. Pour mieux l’appréhender, il faut définir le terme : qu’est-ce qui distingue le « voyage » du « trajet », du « déplacement », de la « migration »… ?

Sylvain Venayre rappelle la subjectivité du terme. Il y a plusieurs compréhensions personnelles du voyage, mais ce qui s’impose à tous, c’est qu’un voyage est avant tout une « rencontre », rencontre de soi-même et rencontre des autres. Ce mode de connaissance qui passe par l’expérience sensible  de l’espace, des lieux et des gens est la « seule connaissance qui vaille » pour les philosophes de l’impression de la fin du XVIIIème siècle, période où le voyage connaît un grand engouement.

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Peut-on toujours parler de civilisations ? Huntington, vingt ans après, avec Georges Prévélakis et Christian Grataloup.

Café géographique au Flore, 14 avril 2015. Avec Georges Prévélakis (Paris 1) et Christian Grataloup (Paris 7). Animé par Michel Sivignon Compte-rendu : Olivier Milhaud.

Michel Sivignon introduit la soirée en présentant les invités, Georges Prévélakis ambassadeur de la Grèce auprès de l’OCDE et Professeur de géographie à Paris 1 et Christian Grataloup Professeur émérite de géographie à Paris 7. Georges Prévélakis a travaillé la notion de civilisation, d’aire culturelle, appliquée au vaste ensemble à cheval sur l’Europe et l’Asie antérieure. Il a ainsi animé un numéro de la revue Anatoli « Géopolitique des civilisations. Huntington, 20 ans après » (n°4, 2013). Christian Grataloup a travaillé ces dix dernières années sur la division spatiale du monde en termes de culture, de civilisation, d’histoire, et s’est fait le promoteur de la notion de géohistoire, distinguant les métiers (géographes et historiens) et les sciences (géographie et histoire).

L’occasion qui réunit ce café est la thèse de Samuel Huntington défendue dans « The Clash of Civilizations ? » (article paru dans Foreign Affairs en 1993, puis un livre sans le point d’interrogation The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order en 1996, traduit en français par Le Choc des civilisations). A l’époque, face au libéralisme triomphant (fin de l’URSS et conversion de la Chine à l’économie de marché), il n’y a plus d’ennemi aux Etats-Unis. Le livre de Huntington apparaît comme une lecture des affrontements à venir, dépassant la logique Est-Ouest, bloc contre bloc : un affrontement multipolaire, non plus entre des idéologies issues du marxisme ou s’y opposant, mais entre des idéologies aux racines culturelles qu’il appelle civilisations. Est-ce que le terme  civilizations des anglophones est identique aux termes de civilisations et d’aires culturelles en français, de Kultur en allemand, Civiltà en italien ? Ce n’est pas qu’un problème sémantique. La question a été posée dès 1987 par F.Braudel (Grammaire des civilisations) Est-ce que le terme peut faire partie de notre outillage géographique, permettant de se situer dans l’espace ? Est-ce que véritablement le monde dans lequel nous sommes a fait une croix sur les oppositions socio-économiques pour y substituer des oppositions culturelles structurantes ? Par ailleurs la notion de civilisation est-elle cartographiable et localisable ?

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L’Inde, l’autre géant asiatique, avec Frédéric Landy et Michaël Bruckert.

Compte rendu du Café Géographique du 27 janvier 2015 (Paris, Café de Flore) Compte rendu rédigé par Michèle Vignaux et  Elisabeth Bonnet-Pineau

Intervenants :

Frédéric Landy, professeur de géographie à l’université Paris Ouest-Nanterre-La Défense.

Michaël Bruckert, doctorant à la Sorbonne, chercheur en géographie culturelle de l’alimentation (travaille sur la consommation de viande en Inde).

Comment situer l’Inde à l’échelle de l’Asie ?

Frédéric Landy rappelle que certaines expressions sont discutables pour nommer la région où se trouve l’Inde. « Monde indien » peut difficilement qualifier une région incluant le Pakistan (dont les relations avec l’Inde sont conflictuelles). « Subcontinent » est un anglicisme. « Asie du sud » est la plus précise, mais encore assez peu employée en français. C’est dans ce contexte régional complexe que se situe un sous-ensemble lui aussi complexe, l’Inde, dont le nom officiel est  l’« Union Indienne ».

Le qualificatif d’ « émergent » convient-il à l’Inde ? Pour Michaël Bruckert, cette notion, créée par la Banque Mondiale pour définir un pays en décollage économique, n’est pas fausse mais elle reste trop générale, le pays ne pouvant être mis sur le même plan que la Chine ou  le Brésil. F. Landy précise que parler d’ « économie émergente », comme le font les Anglais, et non de « pays émergent » est peut-être moins ambigu.

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La randonnée : une expérience géographique, avec Antoine de Baecque

Jean-Louis Tissier, professeur émérite de géographie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, présente brièvement Antoine de Baecque, l’intervenant de la soirée consacrée à  » la randonnée, une expérience géographique « . Antoine de Baecque, historien, professeur à l’ENS, vient de publier un ouvrage, La traversée des Alpes.Essai d’histoire marchée. (Gallimard, Bibliothèque des histoires, 2014), qui interroge le géographe intéressé par l’exercice de la randonnée. Compte rendu rédigé par Daniel Oster à partir des notes prises par Pauline Piketty,

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En septembre 2009, pendant un mois, l’historien-randonneur a marché tous les jours sur le chemin du GR5, du lac Léman jusqu’à la Méditerranée. Résultat : 650 km, 30 000 m de dénivelée, 30 cols majeurs gravis avec 17 kg sur le dos. Pour Jean-Louis Tissier, cette aventure équivaut à une véritable géographie à pied d’œuvre. Confronté à la pente, forcé d’avoir recours aux cartes pour résoudre ses problèmes d’itinéraire, obligé de se concentrer sur son orientation pour rattraper ses bifurcations malheureuses, Antoine de Baecque a fait en quelque sorte de la géographie à l’ancienne avec un goût prononcé pour les paysages alors que la géographie contemporaine préfère, elle, « traverser le monde sur coussin d’air en évitant les territoires » (dixit Jean-Louis Tissier).

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La planète financière du global au local, avec Gunther Capelle-Blancard et Renaud Le Goix.

Café géo au café de Flore, Paris, lundi 3 novembre 2014.Avec Gunther Capelle-Blancard, professeur d’économie à Paris 1, responsable du Master Recherche Banque et Finance et Renaud Le Goix, professeur de géographie à Paris-Diderot, UMR Géographie-cités. Compte rendu d’après les notes d’Olivier Milhaud, relues et lissées par Elisabeth Bonnet-Pineau et Franck Fournol, amendées par Gunther Capelle-Blancard et Renaud Le Goix.

Quel plaisir que d’écouter un café géo sur la finance ! Sujet ardu s’il en est, qu’on préfère en général laisser aux économistes et aux financiers. Sujet qu’on a tendance à analyser de haut, de très haut même, ne voyant que des flux de capitaux à la surface du globe, et oubliant un peu trop vite que le capital est certes mobile mais qu’il doit aussi s’immobiliser (s’investir) ici et là, tout en conservant sa liquidité. Ce mouvement et cette dialectique mobilisations de capitaux / immobilisations / remobilisations ne peuvent se comprendre sans une analyse fine de leurs espaces, de leurs localisations et de leurs circulations.

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L’agriculture mondiale et le risque de pénuries alimentaires, avec André Neveu et Jean-Paul Charvet.

Café géographique à Paris (Café de Flore) le 16-12-2014. Avec André Neveu (ingénieur agronome, économiste, membre de l’Académie d’Agriculture de France) et Jean-Paul Charvet (géographe, Professeur émérite des Universités, correspondant  national d’Agriculture de France). Introduit par Michel Sivignon. Compte rendu de Daniel Oster.

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La soirée est introduite par notre ami Michel Sivignon qui présente le thème de la soirée et les deux participants, éminents spécialistes des questions agricoles. André Neveu a une double formation d’agronome et d’économiste, il a réalisé de très nombreuses missions dans le monde entier au cours de sa carrière et continue de jouer un rôle très actif de réflexion au sein de l’Académie d’Agriculture de France (section 10 « économie et politique »). Notre collègue Jean-Paul Charvet apporte ici son regard averti de géographe sur cette question de l’agriculture mondiale, cruciale pour le XXIe siècle.

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Naviguer sur les océans : quels moteurs pour la mondialisation ? Avec André Louchet et Antoine Frémont

Café Géo d’André Louchet et d’Antoine Frémont, au Café de Flore (Paris) le mardi 25 novembre 2014. Animé par Olivier Milhaud. Compte-rendu rédigé par Yohan Lafragette.

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Olivier Milhaud nous invite à prendre « moteurs » dans le sens métaphorique comme dans le sens concret. La navigation sur les mers est bien un moteur de la mondialisation, mais les questions techniques, des moteurs des bateaux sont aussi déterminantes pour comprendre la navigation contemporaine.

Nos deux intervenants présenteront chacun un sens du mot « moteur ». Antoine Frémont, directeur de recherche à l’IFSTAAR, et co-auteur avec Anne Frémont-Vanacore d’une Documentation photographique à paraître sur les espace maritimes, traitera plus du rôle moteur joué par les navires dans la mondialisation. André Louchet, Professeur à Paris-Sorbonne et auteur entre autres de Les océans. Bilan et perspectives et de La planète océane, s’intéressera plutôt aux moteurs des bateaux comme entrée pertinente pour saisir la géographie océane.

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Habiter le périurbain, rencontre avec Hélène Nessi et Lionel Rougé.
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Lionel Rougé (dir.), Réhabiliter le périurbain – Comment vivre et bouger durablement dans ces territoires ? Loco Editions, 2013

Café géographique au Café de Flore, Paris, mardi 30 septembre 2014. Avec Hélène Nessi, Maître de conférences en Aménagement et Urbanisme à l’Université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense,  et Lionel Rougé, Maître de conférences en géographie à l’Université de Caen Basse-Normandie.

Forum Vies Mobiles est un institut de recherche et d’échanges indépendant créé par SNCF pour comprendre comment évoluent nos modes de vie, fondés sur les déplacements et les communications, et préparer la « transition mobilitaire ».

Cet institut a organisé les 24 et 25 janvier 2013 les deuxièmes Rencontres internationales réunissant quelque 300 chercheurs, artistes et praticiens pour réfléchir à la question : des mobilités durables dans le périurbain, est-ce possible ?

Il s’agit de montrer que, contre toute attente, les espaces périurbains font partie des lieux qui permettront de répondre aux aspirations individuelles tout en autorisant un développement durable. Voilà un des enjeux actuels et futurs pour habiter le périurbain, un enjeu parmi d’autres qui ont été largement évoqués lors de ce Café géographique.

Hélène Nessi et Lionel Rougé, après un bref historique de la question périurbaine, insistent sur la diversité des situations et des définitions dans une volonté de dépasser des modèles théoriques. L’appropriation et le vécu des populations vivant dans ces territoires permettent de nuancer voire contrecarrer l’image péjorative souvent associée à l’espace périurbain.

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Géographie et sexualités : repolitiser la ville, avec Charlotte Prieur et Rachele Borghi.

Café géographique au Café de Flore, Paris, Mardi 27 mai 2014, avec Charlotte Prieur et Rachele Borghi (Université Paris-Sorbonne), animation Judicaëlle Dietrich, compte rendu de Olivier Milhaud.

Rachele Borghi revient sur ces thématiques courantes mais peu connues, car invisibilisées ou ignorées. On pense parfois que ces questions ne concernent pas la géographie. L’idée est d’expliquer comment des géographes regardent la ville, et plus largement l’espace, en ajoutant une catégorie d’habitude cantonnée à la chambre à coucher. A travers la sexualité, on mélange les autres catégories pour faire sortir quelque chose du chapeau.

La géographie des sexualités est assez ancienne

Les lectures des sexualités dans les espaces urbains datent déjà des années 1970 aux Etats-Unis. On s’est alors surtout penché sur les formes spatiales des communautés gays et lesbiennes qui polarisaient les questionnements initiaux : les sexualités autres. Le principal apport de la géographie à l’époque était de cartographier des zones résidentielles gays dans les villes américaines. Culture, consommation, espace urbain : les communautés gays interviennent dans le processus de gentrification des villes. Dans les années 1990, la question est abordée différemment : comment l’hétéronormativité influence l’espace public. L’espace public n’est pas qu’un support, une scène, mais il est conçu selon des normes hétérosexuelles et influence les normes sexuelles. L’hétéronormativité apparaît comme une injonction, une obligation. On la transforme en norme. Les hétérosexuel.le.s ont un accès légitime à l’espace public. Les sexualités produisent des espaces d’inclusion et d’exclusion. On abandonne l’approche cartographique et on se concentre sur les rapports entre espace, identité et pouvoirs. On crée des espaces de pouvoir, avec des catégories dominantes. La géographie féministe renouvelle ces questionnements. L’idée était de rendre visibles les sexualités dissidentes, afin de résister à l’hétéronormativité. S’y ajoutent l’étude de la bisexualité, et l’étude des trans. Ces sexualités et ces genres non normatifs ont un impact sur l’espace.

Les points faibles sont les suivants : la production scientifique est très liée au contexte gay, des hommes blancs étudient des zones commerciales, où la culture gay était prévalente. Le point fort creusait le lien entre sexualité et espace. Cela éclaire la production de connaissances géographiques – des connaissances situées, qui viennent d’un certain point de vue. Il faut voir comment le monde académique est lui aussi hétéronormé. Le prisme de la sexualité visibilise le caractère situé de la production de la connaissance, surtout assurée par des hommes blancs, riches, hétérosexuels.

En France, les études en géographie de la sexualité sont de plus en plus répandues. Le travail de Marianne Blidon a porté l’attention sur le fait que les personnes ne se questionnaient pas sur ces problématiques de recherche. Le monde académique français devait alors considérer un objet jusque-là considéré comme illégitime.

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Chemin de fer et diplomatie, avec Henry Jacolin et Alain Gascon.

Café de Flore, Café géographique, 29 avril 2014, modéré par Paul Véron (, compte rendu de Olivier Milhaud et Maryse Verfaillie.

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Henry Jacolin, ancien ambassadeur, Président de l’Association internationale d’histoire des chemins de fer www.aijc-irha-aihf.com.

Alain Gascon, Professeur émérite à l’Institut Français de Géopolitique de Paris 8, ancien chargé de cours à l’INALCO

Paul Véron, modérateur de la soirée, est directeur de la communication et directeur du Moyen-Orient de l’Union internationale des chemins de fer. L’Union internationale des chemins de fer est une organisation mondiale de coopération des chemins de fer, créée en 1922 au lendemain de la Première Guerre mondiale à Paris. Elle gère toutes les formes de coopération entre les chemins de fer du monde : standardisation des équipements ferroviaires et représentation du secteur ferroviaire auprès des grands organismes mondiaux.

Le chemin de fer est beaucoup plus qu’un mode de transport. Il peut être étudié sous de très nombreux angles. Les premiers chemins de fer, lents, desservant des distances courtes, ont servi à réaliser quelques prouesses techniques et à transporter personnes et marchandises entre des centres importants. Progressivement, le chemin de fer est devenu un outil d’aménagement du territoire, de contrôle des territoires, d’exercice du pouvoir et outil de stratégie militaire. Première ligne internationale entre Liège et Cologne. Puis le chemin de fer devient mode d’expression du pouvoir politique, militaire, colonial.

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Représenter l’espace urbain dans la bande dessinée, avec Aymeric Landot et Bénédicte Tratnjek.

Café géographique de Paris du 28 janvier 2014, avec Aymeric Landot (agrégé d’histoire, ancien élève de l’ENS-Lyon, co-président du Laboratoire junior Sciences Dessinées) et Bénédicte Tratnjek (doctorante en géographie, chargée de cours à l’université Lyon 3 et l’ISFEC de Rennes, Laboratoire junior Sciences Dessinées).

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Suite au Café géographique du 28 janvier 2014, les deux intervenants ont souhaité rédiger un texte approfondi des différents points qu’ils ont abordé pendant ce café géo :

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Sur la route de la Kolyma, la Sibérie du Goulag à aujourd’hui, avec Nicolas Werth.

Café géographique, au café de Flore (Paris), le mardi 25 mars 2014, avec Nicolas Werth, Directeur de recherche au CNRS, auteur entre autres de La route de la Kolyma (Belin, 2012). Un débat animé par Jean-Louis Tissier (Professeur de géographie, Univ. Paris 1), compte-rendu : Olivier Milhaud, avec l’aide de Jean-Louis Tissier et Michel Sivignon

Des lieux (mé)connus 

Jean-Louis Tissier rappelle d’emblée combien La route de la Kolyma (Belin, 2012), ce récit de voyage de Nicolas Werth sur l’un des lieux de l’enfer, croise bien des curiosités de géographes. On visite des lieux d’une singulière mémoire. Il faut dire que Nicolas Werth a travaillé des années sur les archives de l’Union soviétique et reconstruit toute une histoire du phénomène stalinien. A partir de ce travail de fond, il est parti plusieurs décennies après, sur des lieux sibériens connus des géographes de la génération de Jean-Louis Tissier. La littérature soviétique en parlait, les Récits de la Kolyma : quai de l’enfer (1987) de Varlam Chalamov et le Ciel de la Kolyma (1967) d’Evguénia Guinzbourg avaient popularisé le lieu. On est entré par la littérature dans cette très claire taïga, très claire parce que très froide, aux ressources minières importantes (notamment aurifères).

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Les défis de la viticulture française : le vin cherche ses marques, avec Sophie Lignon-Darmaillac et Yohan Lafragette.

Au Café de Flore le mardi 11 février 2014, Invités : Sophie Lignon-Darmaillac et Yohan Lafragette, Introduit et animé par Maryse Verfaillie

Sophie Lignon-Darmaillac est Maître de conférences à Paris IV. Elle dirige le Master Alimentation, Cultures alimentaires. Dans le cadre de son HDR (Habilitation à diriger des recherches) parrainée par Jean-Robert Pitte, elle a produit un travail très original sur « L’œnotourisme en France. Nouvelle valorisation des vignobles », éditéchez Féret à Bordeaux en 2009.

Yohan Lafragette est encore étudiant. Il est membre des Cafés géographiques depuis 4 ans et membre du Comité de Rédaction depuis cette année. Il est intervenu à Reims, lors du petit voyage organisé par l’Association, sur les vins de Champagne. Pour obtenir son Master en géographie des risques, il a œuvré deux ans sur les vins du Nord de la France, à travers le prisme du changement climatique.

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L’Italie de la crise, avec Dominique Rivière et Aurélien Delpirou.

Café Géo, mardi 17 décembre 2013 de 19h30 à 21h30 au Café de Flore (Paris). Invités : Dominique Rivière, géographe, Professeure à l’Université Paris Diderot – Paris 7, Aurélien Delpirou, urbaniste et géographe, Maître de conférences à l’Université Paris-Est Créteil. Introduit et animé par Daniel Oster, compte rendu d’Olivier Milhaud et d’Elisabeth Bonnet-Pineau.

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Manifestation contre l’austérité budgétaire le 6 septembre 2011 à Rome (photo de Remo Casilli, source : RFI.fr )

L’Italie apparaît comme l’un des « pays malades » de l’Europe du Sud, dans une zone euro durement affectée par ce que l’on appelle « la crise ». Aux problèmes structurels plus ou moins anciens tels que les problèmes de compétitivité de l’économie, le niveau très élevé de l’endettement ou l’instabilité politique, s’est ajoutée la crise de la dette souveraine. Tout cela se traduit par différentes formes de crise, notamment socio-économiques et politiques. Comment  l’Italie se recompose-t-elle sous l’effet de ces crises ? Peut-on y déceler un effet-miroir pour la France ? Deux géographes viennent traiter le sujet analysant les mutations spatiales de la Botte à différentes échelles.

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L’Afrique du Sud, 20 ans après, est-elle nouvelle ? Rencontre avec Philippe Gervais-Lambony.

C’est la question posée à  Philippe Gervais-Lambony lors du  Café géo du 26 novembre 2013 au Café de Flore,compte rendu de Michel Sivignon, et de Maryse Verfaillie.

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Philippe GL se propose de répondre à cette question en quatre temps.

Les inerties spatiales

– Le nouveau paysage politique

– Mémoires et nostalgies

– Le changement social

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Les séries TV, miroirs obscurs de la géographie urbaine ? avec Pauline Guinard, David Buxton, Amélie Flamand et Bertrand Pleven.

Café géo « Les séries TV, miroirs obscurs de la géographie urbaine ? », avec Pauline Guinard (ENS Ulm), David Buxton (Université Paris 10), Anne-Marie Paquet-Deyris (Université Paris 10, Crea), Amélie Flamand (ENSA Clermont-Ferrand, CRH-UMR Lavue) et Bertrand Pleven (IUFM Paris 4 – Paris 1), le mardi 28 mai 2013, à 19h30 au Café de Flore. Compte-rendu rédigé par Bénédicte Tratnje.

« Les séries constituent ainsi de véritables terrains d’observations des villes nord-américaines et peut-être au-delà, des miroirs tantôt déformants, tantôt grossissants où se reflète une condition urbaine, dans laquelle nous nous reconnaissons confusément. On comprend alors mieux pourquoi elles nous fascinent, à défaut de nous rassurer. » (Philippe Simay et Stéphane Tonnelat, 2011, « La ville des séries télé », Métropoliques, 7 novembre 2011).

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La géographie des familles pour comprendre le monde, avec Emmanuel Todd.

Café géo « La géographie des familles pour comprendre le monde » animé par Emmanuel Todd (historien et démographe, Institut national des études démographiques INED), le mardi 26 février 2013, au premier étage du Café de Flore, Paris. Compte rendu : Benjamin Leborgne.

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Emmanuel Todd revient dans un premier temps sur le qualificatif de géographe qui pourrait lui être attribué : sa pensée étant spatialisée, il accepte bien l’idée qu’il l’est aussi. Après tout, la géographie, comme on l’a dit souvent au café géo, n’est pas la propriété des géographes.

Gilles Fumey pose tout de suite la question : « Comment en êtes-vous venus à l’analyse des familles ? »

Emmanuel Todd explique que concernant la famille, ce sujet lui est tombé dessus un peu par hasard. Quand il était étudiant, ce qui le passionnait c’était la démographie historique (travaux de Jacques Dupâquier) et qu’il aimait beaucoup la statistique. Emmanuel Le Roy Ladurie l’a envoyé à Cambridge pour travailler avec Peter Laslett qui lui demande d’étudier des listes d’habitants de Longuenesse, un village du Pas-de-Calais à la fin du XVIIIe siècle. Il fallait calculer le réseau de parenté en combinant la reconstitution des familles faite avec le registre paroissial et la liste d’habitants pour calculer une densité des réseaux de parenté. Puis Emmanuel Todd explique avoir été pris par le « démon du comparatisme », et avoir travaillé notamment sur des familles toscanes, du sud de la Suède et de Bretagne. « Quand on parle de système familial, les gens pensent immédiatement à leur famille, à une relation verticale. Mais il y a souvent un malentendu. » En vérité, Todd concède être arrivé tardivement à une définition satisfaisante de ce terme, qu’il a émise dans son dernier ouvrage (cf : Le Mystère français, 2013 avec Hervé Le Bras) : un système familial, ce sont des familles qui échangent des conjoints sur un territoire. Le système familial présuppose l’existence de valeurs communes à des familles sur un territoire. Si l’on pense en termes de modèle familial, E. Todd évoque son propre exemple familial en affirmant avoir vécu dans un système nucléaire égalitaire, étant né à Saint-Germain-en-Laye. Son système familial relève donc de celui de ce territoire.

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Les mondes du froid, avec Béatrice Collignon, Martin de la Soudière, Martine Tabeaud.

Café géo « Les mondes du froid », mardi 15 octobre 2013 de 20h30 à 22h30 au Café de Flore., Béatrice Collignon, Professeure de géographie à l’Université Bordeaux 3, Martin de la Soudière (EHESS), Ethnologue « du dehors », membre fondateur du Centre de recherche sur la perception du climat, Martine Tabeaud, Professeure de géographie à l’Université Panthéon Sorbonne – Paris 1 Compte rendu rédigé par Judicaëlle Dietrich. Le café est animé par Claudie Chantre. Le café de ce soir est consacré à la nouvelle question du programme des classes préparatoires littéraire Ulm en géographie : « les mondes du froid ».

Claudie Chantre présente la question et rappelle toutes les représentations qui sont associées à ces mondes du froid : des espaces périphériques, immobiles, … Le pluriel formulé dans le programme souligne une plus grande complexité, entre les espaces en altitude, les déserts, les lieux où l’on va subir une saison, les moments où l’on perçoit le froid, reliant la question à une dimension temporelle. Il faut croiser le temps avec le temps qui passe… Des espaces aussi souvent vus comme répulsifs et en pleine perturbation, avec le « réchauffement » ou plutôt le changement climatique. Ainsi, ce serait aussi des mondes dynamiques qui disparaitraient, un dernier eldorado auquel on s’accrocherait ou dont on voudrait s’emparer des richesses.

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La Chine et ses périphéries de l’Ouest (Tibet, Xinjiang), avec Françoise Robin et Alain Cariou.

Compte rendu du Café Géo du 24 septembre 2013 Introduit et animé par Daniel Oster. Invités : Françoise Robin, tibétologue, Professeure à l’INALCO ; Alain Cariou, spécialiste du Xinjiang, Maître de Conférences en géographie à l’Université Paris-Sorbonne – Paris IV); Compte rendu rédigé par Judicaëlle Dietrich

Pour ce café de rentrée, Maryse Verfaillie accueille l’assemblée en rappelant les activités de l’association des Cafés géographiques. Comme à l’accoutumée, ce premier café de l’année est consacré au thème du Festival International de Géographie de Saint-Dié, dont le thème et le pays invité, et c’est une nouveauté, ne font qu’un : la Chine. Daniel Oster introduit ainsi le sujet du jour face à une très dense assemblée. Rarement le Flore a été si rempli ! La Chine attire du monde… en tant que « grand émergent », deuxième puissance économique de la planète, ce pays connaît une forte croissance mais aussi des tensions et des difficultés.

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Les géographes et la guerre d’Algérie, avec Florence Deprest et Armand Frémont.

Café géo : « Les géographes et la guerre d’Algérie », avec Florence Deprest (auteure de Géographes en Algérie 1880-1950, Belin) et Armand Frémont (auteur de Algérie El Djazaïr, carnets de guerre et de terrain d’un géographe), le mardi 18 décembre 2012, de 19h30 à 21h30, au premier étage du Café de Flore, 172 bvd Saint Germain, 75006 Paris, M° Saint-Germain.

Présentation par Michel Sivignon, Animé par Florence Deprest, Professeure à Paris 1 Panthéon-Sorbonne et par Armand Frémont, recteur de Grenoble puis de Versailles. Compte rendu de : Judicaëlle Dietrich

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La géographie au collège et au lycée : une exception française ? avec François Louveaux, Corinne Glaymann et Christian Grataloup.

Compte rendu du Café géo du 23/04/2013, introduit et animé par Daniel Oster, compte rendu rédigé par Judicaëlle Dietrich

Invités : François Louveaux, Doyen du groupe histoire-géographie de l’Inspection Générale ; Corinne Glaymann, Inspectrice de l’Education Nationale – Enseignement Général de l’Académie de Créte il ; Christian Grataloup, Professeur des universités de l’Université Paris 7-Denis Diderot.

Introduction de Daniel :
Un Café géo à Lille en janvier dernier avec Xavier Leroux a traité de la géographie dans l’enseignement primaire. Il est peut-être dans l’air du temps de faire le point sur la géographie scolaire. La discipline a connu des avancées incontestables sur les contenus comme sur les méthodes. Mais en même temps des menaces la fragilisent comme la concurrence d’autres disciplines telles que les SVT, les SES, la baisse des horaires d’enseignement, et le fait que la géographie est aujourd’hui majoritairement enseignée dans le secondaire par des historiens. L’ « exception française » tient au couple histoire-géographie qui n’existe pas ailleurs et dont le caractère obligatoire du primaire au lycée, y compris aux examens nationaux est également unique au monde.
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Les frontières, animé par Michel Foucher.

Débat « Les frontières » animé par Michel Foucher (géographe et diplomate, ENS Ulm, Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale, auteur, entre autres, de L’obsession des frontières), lemardi 26 mars 2013, de 19h30 à 21h30, au premier étage du Café de Flore, Paris, M° Saint-Germain. Compte rendu rédigé par Judicaëlle Dietrich.

Nous vivons sur une idée fausse et dangereuse : parce que le monde est devenu plus fluide et l’économie globalisée, les frontières seraient condamnées à disparaître. Or, depuis quinze ans, plus de 26 000 kilomètres de frontières politiques ont été tracées rien qu’en Europe et en Asie centrale, et autant ont fait l’objet d’accords internationaux. Plus grave, les conflits les plus durables et les plus disputés portent sur le bornage des territoires : entre Israël et ses voisins ; entre le Pakistan, l’Inde et l’Afghanistan. Partout, on délimite l’espace, on l’équipe de caméras et de portiques, on y patrouille, on le clôture. Les frontières, terrestres et maritimes, sont devenues un marché florissant, en même temps qu’une lancinante question : à quoi servent-elles dans le monde actuel ? Michel Foucher a multiplié les analyses de terrain avec sa qualité rare d’associer vision planétaire et réalités frontalières.

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Les mondes arctiques en ébullition, avec Eric Canobbio.

Débat « Les mondes arctiques en ébullition » avec Eric Canobbio (maître de conférences en géographie, Université Paris 8) le mardi 31 mai 2011 au Café de Flore, animé par Olivier Milhaud et Claudie Chantre.

Olivier Milhaud donne le coup d’envoi de ce Café Géo en présentant au public venu nombreux l’intervenant de la soirée, Eric Canobbio, Maître de conférences en géographie à l’Université Paris VII Saint-Denis, auteur notamment de l’Atlas des Pôles aux Editions Autrement (2007), de Géopolitique d’une ambition inuite : le Québec face à son destin nordique aux Éditions du Septentrion (2009) et de Mondes arctiques : Miroirs de la mondialisation à la Documentation photographique (n°8080, mars-avril 2011).

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Quel avenir pour les Balkans ? Avec Michel Sivignon, Amaël Cattaruzza, Mirjana Morokvasic.

Compte-rendu du Café géopolitique du 1er février 2007, Présenté par Sonia Jedidi, , Avec Michel SIVIGNON, Professeur émérite de Géographie, Université Paris X, Amaël CATTARUZZA, Docteur en Géographie, Université Paris IV, Mirjana MOROKVASIC, Directrice de recherche au CNRS. Compte rendu de Delphine Lost.

Le Café Géopolitique qui se déroule ce soir a été préparé en collaboration avec la revue Questions internationales n°23 consacré au thème « Les Balkans et l’Europe ». En introduisant le Café, Sonia Jedidi nous rappelle l’actualité de cette problématique à l’heure où le statut du Kosovo est toujours en suspens.

Pour tenter de répondre à la question « Quel avenir pour les Balkans ? », nos trois intervenants brossent un tableau des enjeux géopolitiques des Balkans. Notre premier intervenant, Michel Sivignon, professeur émérite de géographie à l’Université Paris X, nous invite à observer les pays qui attendent en file d’attente aux portes de l’Union Européenne puis s’attache aux représentations des Européens sur cette région marquée par la guerre. Amaël Cattaruzza, docteur en géographie de l’Université Paris IV, souligne l’ambiguïté de la relation entre l’Union Européenne et les Balkans occidentaux ainsi que ses conséquences sur l’enthousiasme des populations locales. Finalement, Mirjana Morokvasic, directrice de recherches au CNRS, rappelle le sort tragique des réfugiés de l’ex-Yougoslavie et nous expose l’ampleur et  les conséquences de ces déplacements.

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Tragédies africaines animé par Delphine Papin, avec Roland Pourtier.

Les cafés géopolitiques, 4 décembre 2003, animé par Delphine Papin., compte rendu de Alexandra Monot.

Le Lounge Bar, 04 Décembre 2003

Dans une salle bondée, aux nombreux préparatifs à l’agrégation présents, Delphine Papin présente, avec son charme et sa fraîcheur habituels, le thème de la soirée…
Ce café géopolitique de décembre 2003 est dédié à la sortie du n°111 de la revue Hérodote, intitulé Tragédies africaines. Le titre est d’actualité, au regard de la situation tendue de la Côte d’Ivoire et de l’extension de l’épidémie de Sida. Le nombre de victimes de la guerre en Afrique est faible par rapport au nombre de victimes de cette maladie. Il existe en Afrique une série d’événements dramatiques qui permettent de parler de tragédies africaines au pluriel. Ces tragédies se doublent de phénomènes de violences inouïes, avec des guerres sans frontières bien éloignées de celles des années 1960 lors des indépendances.

Roland Pourtier évoquera la situation très complexe de la région des Grands Lacs, tandis que Philippe Gervais-Lambony dressera un bilan de l’Afrique du Sud, 10 ans après la fin de l’apartheid.

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Tintin : une Hergéographie ? avec Jean-Louis Tissier, Marc Lohez, Dominique Merchet.

Café géographique, Le Flore, 23 octobre 2001, compte-rendu : Maud Lasseur

Après le grand retour de la géopolitique, l’engouement pour la géomatique, l’alternative géopoétique, voici poindre une nouvelle branche de notre discipline : l’hergéographie. En attendant d’être inscrite dans les programmes scolaires, la géographie de Tintin était ce soir au menu du Flore…

Nous la pratiquions sans le savoir, souvent depuis le plus jeune âge. Restait à lui donner un nom (merci à Jean-Louis Tissier), des perspectives, une cohérence. Depuis le Café du mardi 23 octobre 2001, c’est chose faite. L’hergéographie étudie le monde imaginaire bâti par Hergé (pseudonyme formé à partir des initiales inversées du nom du dessinateur belge, Georges Rémi, 1907-1983). Son principal objet : Tintin, personnage ambigu, gravitant dans un monde où l’interpénétration de l’imaginaire et du réel offre un champ inépuisable d’exploration.

L’hergéographie est une école d’initiés (au berceau), avec ses fondateurs, passionnés et passionnants (même pour ceux qui ne sont pas tombés dedans) : Marc Lohez, professeur d’histoire-géographie, Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération, Jean-Louis Tissier, géographe, longtemps enseignant à l’ENS de Fontenay-Saint-Cloud, aujourd’hui professeur à l’université de Paris-XII.

Comme dans tout groupe de penseurs, des tiraillements s’y dessinent déjà, principalement entre tintinophiles, haddockphiles et tryphonphiles… Alors, Hergé a-t-il fait plus qu’il ne pensait pour la géographie ? Nos trois invités nous en ont persuadés.

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Le péché cartographique : le cas des Balkans : rencontre avec Michel Sivignon.

Par Michel Sivignon, université de Paris X. En présence de l’équipe du National Geographic. Mardi 21 mars 2000 à l’Ecritoire. Compte-rendu : Olivier Milhaud.

Toute carte est interprétation.
Or lire une carte, c’est l’interpréter.
Donc lire une carte, c’est interpréter une interprétation.

Qu’est-ce qu’une confession stimulante, salutaire et chaleureuse?

–  un café-géo avec Michel Sivignon, qui nous entraine avec toute son intelligence, sa malice et sa rigueur, dans la culpabilité des géographes : leur péché cartographique !

Ce soir, l’Ecritoire s’est transformé en confessionnal! Un confessionnal sympathique et chaleureux, avec la carte des Balkans accrochée au mur et généreusement distribuée à toute l’assistance. En effet, le National Geographic (France) était représenté par une partie de sa rédaction, et notamment Emmanuel Vire, son cartographe. Le numéro n°5 de février 2000 comporte une carte des Balkans qui a servi de base à la discussion.
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