Les Cafés Géographiques de Paris

Les Cafés Géographiques ont lieu à Paris au Café de Flore, 172 bld Saint-Germain, 75006 Paris (01.45.48.55.26).

Les cafés géo sont ouverts à tous et à toutes sans inscription. Le café de Flore demande juste que chacun consomme et règle sa consommation.

Contact : Joseph Viney joseph.cafegeo_gmail.com (remplacer _ par @)

Programme des Cafés géographiques de Paris
2016-2017

Les mardis de 19h30 à 21h30 au premier étage du Café de Flore, bvd saint-Germain, 75006 Paris.

• Mardi 27 septembre 2016 : Les prisons : un monde immobile ? (Lucie Bony et Olivier Milhaud)

• Mardi 18 octobre 2016 : Les risques naturels en France (Magali Reghezza-Zitt)

• Mardi 29 novembre 2016 : Pouvoirs et territoires en France (Philippe Subra)

• Mardi 13 décembre 2016 : Paysages et territoires du sel (Micheline Martinet et Gildas Buron)

• Mardi 31 janvier 2017 : La crise migratoire en Europe (Michel Foucher)

• Mardi 28 février 2017 : La géohistoire peut-elle expliquer l’histoire du monde ? (Christian Grataloup et Emilie Viney)

•  Mardi 28 mars 2017 : Gentrifications. Hommage à Matthieu Giroud (Lydie Launay et Hovig Ter Minassian)

• Mardi 25 avril 2017: Jérusalem et les frontières (Emmanuel Ruben)

• Mardi 30 mai 2017 : Les voyages de papier : la BD et l’espace (Julien Champigny)

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Les prochains événements annoncés :
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Les risques naturels en France

Café géo du mardi 18 octobre 2016 avec Magali Reghezza-Zitt, maître de conférences à l’ENS Ulm

Au programme du Café du jour : la notion de risque naturel. S’il est connu qu’elle attire les (jeunes) chercheurs autant qu’elle capte les fonds, elle sera traitée et discutée en présence d’une des chefs de file de la spécialité en France. Auteure de nombreux ouvrages consacrés à la question, dont deux issus de ses travaux de thèse, engagée dans plusieurs programmes de recherche commandés par des collectivités – Magali Reghezza travaille en ce moment à Paris sur les risques d’inondation – elle est en même temps maître de conférences habilitée à diriger des recherches de géographie à l’ENS Ulm où elle assure notamment les cours de préparation à l’agrégation. Ses multiples casquettes devaient toutes être mobilisées dans cette intervention dynamique représentative de ses compétences « d’experte » et de pédagogue, mais surtout de sa capacité à les mobiliser simultanément dans un discours particulièrement abondant qui complique la tâche d’en rendre compte.

Puisqu’on concentrera surtout nos efforts de synthèse sur les manières dont Magali Reghezza a abordé et traité la thématique ce soir-là (car ce sont elles qui ont fait (le) débat) il faut d’abord comprendre la manière dont l’animatrice de la séance, Elisabeth Bonnet-Pineau, l’a problématisée. Elle a mis en lumière deux paradoxes : d’une part, la « recrudescence des catastrophes » en 2015, signalée par le CRED dans son dernier rapport, alors même que la connaissance et les techniques de prévention des risques semblent s’améliorer ; d’autre part, la contradiction intrinsèque entre la fréquence et l’intensité des catastrophes « naturelles » (les sécheresses s’avérant, d’après le CRED, les plus meurtrières d’entre elles à l’échelle de la planète). Le propos est déjà appelé à dépasser le sujet des « risques naturels en France », ce qu’a confirmé le déroulement de la séance : l’intervenante s’est en effet bien attachée à déconstruire, à l’aune d’un argumentaire pragmatique et précis, chacune des notions contenues dans le sujet de départ, dont il s’agissait d’évaluer le sens et la pertinence et, peut-être, de calmer les inquiétudes éventuelles dues, pour leur plus grande part, à un court-circuitage terminologique entre le « risque » et la « catastrophe » dont le public a pu s’extraire.

Des mots pour les risques, au(x) risque(s) des mots : la géographie des risques à l’heure du paradigme de la complexité.

Magali Reghezza propose d’entrer dans le sujet par l’épistémologie, suggérant ainsi que l’existence de telles problématiques, en sciences comme en société, s’explique au moins en partie par l’empilement des concepts relatifs aux risques en Géographie. Elle veut montrer, d’une part, que le champ d’étude des risques est à la mesure de ce que la Géographie en a fait : « la façon de traiter l’objet risque en Géographie montre que la discipline est vivante, qu’elle évolue (…). Et les débats qui s’y jouent se retrouvent point par point dans la façon d’envisager les risques ». Ainsi décèle-t-on, dans les premières (quand ? Elle ne les datera pas) approches des risques, l’empreinte structurelle et structurante de la discipline, des « géographes physiciens » qui s’attachent dès les années 1970 d’abord à comprendre leur paramétrage « naturel », préalable indispensable à la compréhension de ce qu’on qualifie alors parfois « nuisance » ou de danger ; par la suite, à l’heure où la géographie physique se renouvelle en une « géographie de l’environnement », les géographes insistent sur le rôle de l’anthropisation dans la transformation des processus physiques, sur l’importance des sociétés dans la fabrique des risques dits naturels, et cherchent in fine à dénaturaliser les catastrophes.

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A la rencontre d’Alexandre Yersin, l’homme qui a vaincu la peste

Samedi 15 octobre 2016, la salle du nouvel amphi de l’Institut de Géographie à Paris est bien remplie pour la rencontre-débat organisée autour de la figure d’Alexandre Yersin, l’homme qui a vaincu  la peste. Deux intervenants ont été invités pour cette occasion : Stéphane Kleeb, réalisateur suisse du film documentaire Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger (2014) et Annick Perrot, auteur avec Maxime Schwartz, de Pasteur et ses lieutenants (Odile Jacob, 2013). Il s’agit de mieux faire connaître un personnage hors du commun, médecin et chercheur, explorateur et aventurier, découvreur du bacille de la peste, peu connu en Europe y compris dans sa Suisse natale mais considéré encore aujourd’hui comme un héros au Vietnam. La clé d’observation géographique semble bien appropriée pour atteindre cet objectif.

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Le film documentaire de Stéphane Kleeb

La rencontre commence par la projection du film documentaire de Stéphane Kleeb Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger (2014), consacré à Alexandre Yersin, médecin et chercheur d’origine suisse, un personnage exceptionnel que le livre de Patrick Deville a contribué à faire connaître (Peste & choléra, 2012). L’excellent titre du film reprend une phrase extraite de l’abondante correspondance que le savant/aventurier a entretenue avec sa mère jusqu’à la mort de celle-ci. Quant à l’idée de faire un film sur Yersin, on la doit à l’ambassadeur de Suisse à Hanoi, Andrej Motyl, surpris de constater la célébrité du scientifique européen au Vietnam alors que celui-ci est presque inconnu dans son pays d’origine.

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Les prisons : un monde immobile ?

Café géo du 30 septembre 2016, avec Olivier Milhaud, maître de conférences en géographie à Paris 4 et Lucie Bony, chargée de recherche au CNRS, à l’UMR Passages de Bordeaux. Ils ont notamment contribué au numéro 702-703 (2015) des Annales de Géographie consacré aux géographies de l’enfermement.

Le sujet de ce café géographique a été choisi par rapport au thème du Festival International de Géographie 2016 : « Un monde qui va plus vite ? ». Il s’agit ici de prendre le contrepied du thème du festival: au-delà du lieu commun d’une société hypermobile, ne se cache-t-il pas un monde des marges, qui semble ne pas changer ?

Olivier Milhaud et Lucie Bony ont évoqué trois dimensions de l’espace apparemment immobile des prisons : d’abord, il s’agissait d’appréhender les changements et permanences de la prison comme institution, avant de se pencher sur la prison comme lieu : quels changements dans les localisations des prisons françaises ? Comment leur architecture a-t-elle évolué ? Ces transformations amenaient alors à s’interroger sur l’enfermement comme expérience géographique : comment la punition par l’espace se traduit en termes d’immobilité ?

  1. Appréhender la prison. Une institution entre clôture et décloisonnement

Cette institution s’est généralisée dans le monde entier : « elle a été finalement reprise dans tous les contextes politiques et sociaux. Cela a été une si formidable invention, et si merveilleuse qu’elle s’est répandue presque comme la machine à vapeur et est devenue une forme d’encadrement général de la plupart des sociétés modernes, qu’elles soient capitalistes ou qu’elles soient socialistes » (Foucault, 1994). Mais la durabilité de l’institution s’explique aussi peut-être par les nombreuses tentatives de réforme qu’elle a connu.

Olivier Milhaud précise qu’à propos de la prison, il ne faut pas confondre les notions de changement et de réforme. Dans Surveiller et Punir, Michel Foucault explique qu’il est consubstantiel à la prison de vouloir la réformer, car c’est une institution qui n’arrive pas à remplir ses fonctions, qui est condamnée à l’insatisfaction. Il faut dire que c’est l’institution chargée de réussir là où toutes les autres ont échoué (famille, école, religion, monde du travail, etc). Il semble qu’on lui demande trop : résoudre la crise de l’illettrisme, du lien social (on y trouve massivement des SDF, des « paumés »), de la prise en charge de la santé mentale (que de cas psychiatriques en détention), de la masculinité (en France, les femmes représentent seulement 4% des détenus) et depuis peu, on lui demande aussi de déradicaliser. On a donc d’un côté une insatisfaction, qui appelle à la réforme, mais cette dernière ne suffit jamais. Ce paradoxe donne alors à l’institution une impression d’immobilisme, d’un échec reconduit et répété.

Lucie Bony récapitule alors brièvement l’historique de l’institution carcérale pour montrer l’ampleur des réformes que cette dernière a connu, en s’appuyant sur les travaux de Michelle Perrot, historienne de la prison. La prison « moderne » nait avec la loi pénale de 1791, avec l’idée de corriger les détenus. C’est à cette époque, dans le contexte des Lumières et de la Révolution française, qu’émerge alors l’idée d’une « bonne peine », qui a pour objectif de transformer le détenu par le travail et la discipline. Le système est réformé au début du XIXe siècle, et notamment en 1819 avec la création de la Société Royale pour l’amélioration des prisons, puis vient la disparition des peines infâmantes (1830) et l’abolition du pilori (1848).

Fin XIXe, la question carcérale est mise de côté. Il faut attendre la deuxième partie du XXe siècle pour voir d’autres réformes de l’institution. Dans les années 1970 sont engagées des mesures pour libéraliser les conditions de détention suite aux révoltes de 1970, 1971 et 1974 : autorisation de la presse, de fumer, élargissement des conditions de semi-liberté. Les miroirs sont également autorisés : le détenu peut désormais voir son visage se transformer avec le temps. Cela a été perçu comme une véritable révolution dans l’expérience individuelle de la prison.

Les années 1980 constituent un second tournant. L’arrivée de la gauche au pouvoir entraîne une rupture avec la politique pénitentiaire sécuritaire du ministère Peyrefitte. On autorise le port de vêtements civils, le téléphone, les parloirs sans séparation. Après l’abolition de la peine de mort en octobre 1981, le ministère de Robert Badinter met en place des peines de substitution en 1983. Cela montre une volonté de lier la peine à la réinsertion.

Dans les années 2000, la question pénitentiaire revient à l’agenda politique suite à la publication du livre de Véronique Vasseur, Médecin-chef à la Santé (2000), où elle décrit les conditions terribles de détention. Un certain nombre de rapports parlementaires indiquent la nécessité d’une nouvelle réforme. Mais celle-ci est tributaire de l’ambiance sécuritaire qui caractérise l’élection présidentielle de 2002. Malgré tout, quelques changements ont lieu dans les prisons des années 2000 : des sites pilotes sont choisis pour adopter les règles pénitentiaires européennes, ou encore la loi pénitentiaire de 2009 qui modifie les modalités d’exécution des peines.

La prison n’est donc plus la même qu’au XVIIIe siècle. Aujourd’hui, de nouveaux problèmes sont pointés du doigt (radicalisation, surpopulation) et donnent à voir un système carcéral marqué par une sensation d’inertie. La politique pénitentiaire tente d’échapper à la critique, mais ne comporte dans les faits que peu d’ambitions, sans réflexion sur le sens de la peine et sur le lieu prison.

Cependant, il faut aller au-delà de ces réformes législatives pour voir ce qu’elles impliquent dans la vie quotidienne des prisons : peut-on parler d’une normalisation de l’institution carcérale ?

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France, Europe : Les territoires entre égalité et égoïsmes

Café géo du mardi 12 avril 2016 au Flore, avec Laurent Davezies, professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers, titulaire de la chaire « Economie et développement des territoires » et auteur notamment du Nouvel égoïsme territorial (Seuil, mars 2015) et Philippe Estèbe, directeur de l’Institut des Hautes Etudes d’Aménagement du Territoire (IHEDATE) et auteur notamment de L’égalité des territoires, une passion française (PUF, avril 2015).

Ce café géo rassemble deux auteurs qui ont publié sur le même sujet, mais avec des angles d’attaque apparemment opposés. Philippe Estèbe montre dans L’égalité des territoires, une passion française (PUF) qu’avec le temps, la France a créé un dispositif unique au monde d’égalité des territoires, à travers trois grands mécanismes : une redistribution financière très importante, une répartition inégalitaire des fonctionnaires d’État pour permettre une présence continue jusque dans les lieux les plus reculés, des grandes entreprises publiques assurant partout une continuité de prestation (La Poste, la SNCF, énergie, télécoms).

Laurent Davezies souligne quant à lui dans Le Nouvel Égoïsme territorial. Le grand malaise des nations (Le Seuil) qu’avec la montée du régionalisme, l’exigence d’autonomie, voire d’indépendance, on assiste aujourd’hui à une fragmentation des nations, dans les pays industriels comme dans les pays en développement. Les causes identitaires – anciennes – se combinent avec le fait – nouveau – que les régions riches ne veulent plus payer pour les régions pauvres. Plus largement, c’est le modèle de cohésion territoriale qui est remis en cause en France, en Europe et dans le monde.

Philippe Estèbe comme Laurent Davezies sont d’accord sur le résultat : en France comme ailleurs, les très grandes villes financent largement l’espace rural et commencent à contester le mécanisme de redistribution tandis que les personnes traversent les territoires au cours de leur trajectoire et les mettent en concurrence pour l’habitat, les services, l’emploi et les loisirs. Le dispositif d’égalité des territoires apparaît dès lors coûteux et inefficace.

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La crise du logement

Introduction de Judicaëlle Dietrich :

Marie Chabrol et Yankel Fijalkow sont deux chercheurs travaillant sur les thématiques du logement dans différents contextes de recomposition urbaine contemporaine dans le cadre de la métropolisation des villes européennes. Le sujet est vaste et nous aborderons ainsi la notion de crise mais aussi le lien entre crise et creusement des inégalités avec les vulnérabilités résidentielles.

Marie Chabrol est maître de conférence en géographie à l’Université de Picardie-Jules-Verne à Amiens, elle a fait sa thèse sur un quartier bien connu :Château Rouge la Goutte-d’Ori. Elle a questionné les relations entre les dynamiques résidentielles d’un quartier touché par le phénomène de gentrification et les dynamiques commerciales de ce quartier marqué par de fortes centralités africainesii. Elle mène actuellement ses recherches dans un quartier de Bruxelles qui partage nombre de caractéristiques avec la Goutte d’Oriii.

A ses côtés, Yankel Fijalkow, géographe, est Professeur à l’Ecole Nationale d’Architecture de Paris Val de Seine et auteur notamment d’ouvrages « ressources » : dans la collection « Repères » de « Sociologie du logement » et « Sociologie des villes »iv. Il mène des recherches sur les politiques publiques du logement.

Yankel Fijalkow et Marie Chabrol sont membres du réseau « Recherche-Habitat-Logement » et interviennent dans l’atelier « vulnérabilités résidentielles ». Ils collaborent dans ce cadre à un programme de recherche intitulé « Rester en Ville, résistance et résilience de la ville ordinaire » où sont comparés quatre quartiers de capitales européennes (Paris, Bruxelles, Vienne et Lisbonne)v.

Les notions de crise du logement, de mal logement, sont des expressions très utilisées dans les discours politiques et médiatiques et nous avons ici la chance d’avoir deux chercheurs aux travaux très actuels, très en prise avec le terrain. On essaiera ainsi à partir de leurs exemples et études de cas sur les villes françaises et européennes de saisir une des formes actuelles d’inégalités sociales les plus aiguës. On reviendra sur les questions de la gentrification, du logement et de la place des populations les plus pauvres en ville.

JD : Pourquoi parle-t-on de crise du logement et qu’est-ce qu’indique ce vocabulaire actuel ?

YF : C’est une question intéressante et importante !Il faut déjà déterminer qui est sous-entendu dans ce « on ». Car selon les époques, ceux qui évoquent cette notion sont assez différents. Par exemple, Henri Sellier (qui fut Maire de Suresnes, ministre de la Santé publique sous le Front Populaire, et dirigea l’Office départementale des Habitations à Bon Marché), soutint en 1921 une thèse de droit en trois volumes, intitulée « la crise du logement et l’intervention publique en matière d’habitat populaire ». A l’époque, ceux qui parlaient de la crise du logement appartenaient au courant réformateur et de la réforme sociale. Ensuite si on regarde le catalogue de la Bibliothèque Nationale de France, on trouve d’autres contemporains comme par exemple Charles Gide (professeur au collège de France) autour du mouvement coopératif ; ce fondateur de l’Economie Sociale ne défendait pas les mêmes idées que Sellier sur le rôle des pouvoirs publics. Ayant une représentation plus large de la crise du logement, il promouvait plutôt l’idée qu’il puisse exister des mouvements coopératifs de gens qui s’entraideraient pour accéder au logement. On trouve d’autres choses bizarres et amusantes aussi dans le catalogue BNF sur le thème de la crise. Par exemple un numéro des Belles histoires, intitulé « La crise du logement » où l’on raconte l’histoire d’un petit animal qui cherche un logement et qui rencontre un escargot qui a son propre hébergement, etc. Il faudrait se pencher plus attentivement sur ce texte, mais une chose est sure : en 1921 on faisait déjà des thèses sur la Crise et en 1987 on en parle encore et même aux enfants…. ! Je déduis de ce rapide parcours que le terme de crise qui signifie d’ordinaire un phénomène violent et soudain n’est peut-être pas approprié. Si on entend parler de manière cyclique des crises du logement ne sommes pas nous pas plutôt face à une difficulté structurelle de la société française, difficulté structurelle à loger ses ressortissants ?

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Le retour du vélo dans les villes européennes

Café géographique de Paris (Café de Flore), 31 mai 2016

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Pour traiter du vélo en ville, deux intervenants sont réunis au Café de Flore, un économiste et urbaniste, Frédéric Héran, auteur de Le retour de la bicyclette. Histoire des déplacements urbains en Europe. 1817-2050, La Découverte, 2014, et un homme de terrain, Alain Boulanger, fonctionnaire à la Mairie de Paris chargé de piloter le « Plan vélo ».

Le travail de Frédéric Héran repose sur la thèse suivant laquelle les aménagements cyclables ne suffisent pas à relancer la pratique du vélo en ville. Il faut aussi prendre en compte la modération de la circulation dans son ensemble, tous modes compris.

Les modes de déplacement des citadins sont en concurrence. Les nouveaux cyclistes étant principalement d’anciens piétons et usagers des transports publics, le gain pour l’environnement serait faible s’ils ne laissaient des places dans les bus, trams et métros, ce qui pourrait inciter les automobilistes à renoncer à leur véhicule personnel.

Deux approches structurent cette étude l’une historique, l’autre comparatiste (à l’échelle des villes européennes).

Dans les années 30, le vélo est massivement utilisé par toutes les classes sociales, urbaines et rurales, pour le travail (y compris les livraisons) comme pour le loisir. Les embouteillages de vélos ne sont pas rares. Et l’engouement pour ce mode de déplacement est équivalent en France et en Allemagne. C’est la baisse de son prix d’achat qui en explique l’explosion des ventes.

Cette situation perdure jusqu’après la Seconde Guerre mondiale. On pouvait alors se procurer une carte Michelin des environs de Paris donnant toutes les informations utiles à un cycliste (routes pavées, côtes, pistes cyclables…).

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L’Asie centrale, des empires à la mondialisation

Julien Thorez est géographe, chargé de recherche au CNRS, membre du laboratoire « Mondes iranien et indien ». Il a récemment dirigé la publication d’un ouvrage intitulé Asie centrale : des indépendances à la mondialisation.

L’expression « Asie centrale » désigne une entité géographique dont les limites diffèrent suivant les périodes, les approches, les auteurs. Dans le cadre de cette conférence, Julien Thorez s’intéresse à l’Asie centrale post-soviétique, aujourd’hui composée de cinq états indépendants : le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, le Kirghizstan et le Tadjikistan. Au cœur du continent eurasiatique, cette région du monde turco-iranien été au centre du « grand jeu » entre l’empire britannique et l’empire russe au XIXe siècle. Après avoir été colonisée par l’Empire tsariste puis intégrée à l’Union soviétique, elle entre dans la mondialisation.

I] Qu’est-ce que l’Asie centrale ?

L’Asie centrale post-soviétique

L’Asie centrale est donc une région aux contours flous, englobant des réalités très variées, au point d’être considérée comme une région à géométrie –et d’autant plus à géographie- variable.  Dans son acceptation la plus large, l’Asie centrale s’étale de l’Anatolie jusqu’au désert de Gobie. Même en la restreignant aux cinq pays post-soviétiques, c’est une région très vaste de quatre millions de kilomètres carrés, néanmoins peu peuplée avec seulement soixante-cinq millions d’habitants. Sa voisine orientale, la Mongolie, constitue le pays à plus faible densité.

 Kazakhstan  Kirghizistan  Ouzbékistan  Tadjikistan  Turkménistan  Asie Centrale
Population (en M)  16,009  5,362  29,993  7,564  ~5,100  64,028
Superficie (en M de Km²)  2,717  0,198  0,447  0,143  0,488  3,993
Densité (hab/km²)  6  27  67  39  10  16

Sources : recensement 2009/2010, estimations

Les pays qui la constituent sont indépendants depuis 1991, séparés par quinze mille kilomètres de frontières dont l’existence est inédite. Leur indépendance a été en réalité plus acceptée que recherchée ; contrairement  aux pays baltes ou caucasien,  les pays d’Asie centrale n’ont pas connu de puissants mouvements indépendantistes.

Ces pays deviennent indépendants au moment où disparait le système politique qui les a engendrés – l’URSSS. Ces entités politiques n’existaient pas avant qu’elles soient créées dans le cadre de la soviétisation de l’Asie centrale avec comme principe de fonder des territoires nationaux. La carte politique est élaborée dans les années 1920-1930.

Depuis leur indépendance en 1991, les Etats centrasiatiques conduisent une politique de consolidation de l’Etat et de la nation dans le cadre politique et territorial hérité de la période soviétique. Les autorités post-soviétiques s’inscrivent dans la continuité des élites politiques soviétiques car, dans la plupart des pays, ceux qui accèdent à la présidence de la république étaient des dirigeants des partis communistes. Actuellement, les présidents ouzbékistanais (Islom Karimov) et kazakhstanais  (Noursoultan Nazarbaïev) qui étaient les leaders de leur République socialiste soviétique, sont toujours au pouvoir.

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Simon Estrangin et la géographie sur le vif

Café géographique de Paris,
15 Mars 2016

La géographie de Simon Estrangin est le fruit d’une insatisfaction ou du moins d’une inquiétude. Il semble à Simon Estrangin que la géographie classique, appelons-la académique, passe à côté de ce qu’il appelle l’existant En d’autres termes, en revendiquant une position scientifique, qui pendant longtemps a penché du côté des sciences naturelles, la géographie a renoncé à rendre compte du subjectif, de l’instantané, de l’immédiat, au profit d’une forme de déterminisme qui enferme ses catégories d’analyse dans des limites fixes et intangibles. . Par là même cette géographie a tendance à tuer la sensibilité du géographe

Simon Estrangin ne se contente pas du tout de cette position négative, parce qu’il entretient un rapport passionné à la géographie. A coup sûr, sa géographie est une « égogéographie »terme qu’il refuserait sans doute, où les catégories subjectif et objectif ne sont pas mobilisées.

Ce 15 mars il a choisi de nous présenter sa géographie « sur le vif »

C’est une nouvelle étape d’un parcours personnel jalonné par des intérêts successifs, dont la ligne directrice est celle du voyage.

Après une étude sur les voyageurs français en Russie au 18° siècle, Simon Estrangin s’est posé une question : pourquoi les géographes, gens qui voyagent plus que la moyenne de leurs contemporains, parlent-ils si peu de leurs voyages ? Rares sont en effet les livres de géographes qui sont des récits de voyages. A ce titre, le livre de Jacques Weulersse « Noirs et blancs » fait figure d’exception. Paru en 1931, ce livre relate le voyage de Dakar au Cap réalisé grâce à une bourse fournie par le mécène Albert Kahn. C’est un récit où les impressions figurent à l’état spontané, portées par un étonnant bonheur d’écriture. Quelle fraîcheur ! Ce qui provoque une autre question : celle de l’exclusion des sentiments ou des émotions accumulées au cours des voyages, depuis que l’ambition scientifique l’a emporté.  C’est cet appauvrissement que Simon Estrangin récuse. Ce faisant, il s’interroge sur l’orientation même de la géographie depuis qu’elle a revendiqué son statut scientifique, au milieu du XIX° siècle.

Joignant alors le geste à la parole, Simon Estrangin publie alors en 2015 « Traversations sud-américaines, pour une géographie du voyage » dont on trouvera par ailleurs un compte-rendu sur notre site. Cette longue traversée de l’Amérique du Sud est moins un récit de voyage qu’une réflexion sur le voyageur lui-même, sur le voyageur-géographe, sur ses rencontres avec les gens et les paysages.

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La 3ème révolution agricole du numérique et de la connaissance

Ce mardi 26 Janvier 2016, le thème de la soirée est la 3ème révolution agricole du numérique et de la connaissance.

Michel Sivignon nous présente Rémi Dumery, « cultivateur expérimentateur en agriculture sociétale » et grand fan des nouvelles technologies et de l’innovation. Rémi Dumery possède une exploitation de 130 ha en Beauce, au Sud-ouest de Paris, à Boulay-les-Barres. Il cultive des céréales, mais aussi des oléagineux et des betteraves. L’agriculteur beauceron aime parler de son métier et de sa manière de travailler. Passionné d’informatique, Rémi Dumery aime surfer sur internet et tweeter ses followers sur les réseaux sociaux : c’est, pour lui, une façon de transmettre à un large public ses connaissances et ses savoir-faire en agriculture. Et c’est une manière de répondre à l’un des grands enjeux du XXIe siècle : la 3ème révolution agricole du numérique et de la connaissance.

Car l’homme moderne est plein de paradoxes, nous explique Michel Sivignon. Dans un monde mondialisé, les « gens de la ville » sont en effet devenus des « animaux d’appartement » et ont perdu leurs racines campagnardes. Ces gens de la ville manifestent aujourd’hui une réelle envie de renouer avec la campagne, de revenir aux terroirs. Le terroir est de plus en plus présenté – à tort ou à raison – comme le véritable territoire authentique. Mais le lien que l’homme moderne veut conserver avec la nature et le lien qui s’y rattache réellement n’est plus le même que celui qui existait encore au XXe siècle (50% de la population active était agricole en 1929, et depuis cette part ne cesse de décliner). L’époque où les jeunes allaient passer quelques jours à la campagne chez le grand-père ou chez un oncle et où ils revenaient avec une idée – même vague – du fonctionnement du métier, est bel et bien révolue. Cependant, malgré ce déclin du secteur agricole, nous dit Michel Sivignon, une vision idéologisée – bien relayée notamment par le mouvement écologique – demeure ancrée dans nos mentalités : l’homme de la ville est le premier à s’inquiéter du déclin des campagnes. Pour l’urbain, c’est une question de priorité : il faut sauver l’agriculture. Mais avant de vouloir sauver l’agriculture, ne faut-il pas déjà savoir ce que c’est ? Ne faut-il pas déjà connaître ceux qui en sont les acteurs, c’est-à-dire les agriculteurs ? Car derrière ces propos marqués par les mots d’authenticité, de typicité et de pérennité, les contenus restent vagues. Et c’est à nous, citoyens du XXIe siècle, qu’il incombe de modérer cette distance béante entre une profonde et dangereuse méconnaissance de l’agriculture, et une vision chimérique, rêvée et fantasmée d’une agriculture menacée que l’on doit impérativement sauver.

Lors de ce Café Géo à la pointe de l’actualité, Rémi Dumery intervient sur un sujet qu’il connait bien pour sensibiliser et alerter le public de la situation de l’agriculture et surtout des agriculteurs. Car si les Français adorent leur paysannerie et leurs agriculteurs, ils se méfient au contraire de leur agriculture qu’ils ont finalement tendance à méconnaître et à stéréotyper.

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Géographies des émotions, émotions des géographes

Compte rendu du Café Géographique du 13 octobre 2015 à Paris (Café de Flore), avec Pauline Guinard (MCF ENS Ulm, UMR Lavue-Mosaïques, UMR IHMC (associée)) et Bénédicte Tratnjek (doctorante en géographie). Animation Judicaëlle Dietrich et Michel Sivignon

Michel Sivignon rappelle dans un premier temps que les émotions ont longtemps été ignorées en géographie, parce que contraires à une vision objective et scientifique. Aujourd’hui, il existe un retour aux émotions, pas seulement dans le discours des sciences sociales, mais dans le vocabulaire quotidien Il donne des exemples comme le service Internet payant Canalplay qui fait sa publicité grâce au slogan : « des émotions à la demande » ou du magazine Elle qui titrait il y a peu : « Ne gardons que les émotions positives ». Il termine en affirmant que les émotions appartiennent à tout le monde.

Judicaëlle Dietrich explique rapidement la raison de l’invitation de Pauline Guinard et Bénédicte Tratnjek. Elle est en effet à l’initiative de ce café et du choix de cette thématique qui l’intéressait : « comment prendre en compte les émotions dans le fait de faire de la géographie ? ». Elle s’est donc intéressée au séminaire organisé à l’ENS Ulm par les deux intervenantes. Ce séminaire Géographie des émotions a accueilli lors de sa première année d’existence des chercheur.e.s spécialistes de ces questions comme pour n’en citer que quelques-un.e.s : Elise Olmedo, Anne Volvey et Jean-François Staszak. Parallèlement à ce séminaire, les intervenantes ont lancé un appel à articles sur la même thématique dans la revue Carnets de Géographes qui devrait sortir en 2016. Après avoir présenté les intervenantes, Judicaëlle Dietrich leur a demandé comment elles en étaient venues à réfléchir sur la géographie des émotions.

Pauline Guinard s’est intéressée à la question des émotions à partir de son terrain de thèse, Johannesburg, où elle a travaillé sur l’art dans les espaces publics et plus précisément sur ce que l’art peut faire à ces espaces (en termes de publicisation, de privatisation, etc.). Elle poursuit : « Quand on est une jeune fille blanche à Johannesburg, il arrive qu’on ait peur, notamment lorsque l’on fréquente le centre-ville de Johannesburg, en particulier la nuit. J’ai ainsi eu peur à plusieurs reprises, ce qui a parfois contraint mes déplacements et mes pratiques dans la ville ». Elle rappelle alors qu’une des questions qui revient le plus souvent dans les échanges ordinaires à Johannesburg est : « Is it safe ? » (« Est-ce sûr ? »). Elle a pris conscience que cette peur des usagers de la ville relevait en fait d’une intériorisation des normes sur ce qui est perçu comme sûr et ce qui ne l’est pas à Johannesburg. Elle voulait insister sur « cette peur, dont j’ai réussi partiellement à m’affranchir et avec laquelle j’ai fait mon terrain ». Pourtant, elle explique qu’il n’y a rarement de la place pour ce type de considération dans la recherche. Elle a donc fait un chapitre 0 dans sa thèse (Guinard, 2012), pour analyser la façon dont la peur (la sienne et celle des autres) avait contribué à façonner sa recherche, en l’incitant notamment à renoncer à étudier certains espaces-temps de la ville, à l’image des espaces publics du centre-ville la nuit. Puis elle explique que, pour poursuivre ce type de démarche réflexive et continuer sa réflexion sur la place des émotions en géographie, elle en a d’abord fait un cours. C’est dans ce cadre qu’elle a découvert l’article de Bénédicte Tratnjek sur les viols de guerre (2012). Elles se sont rencontrées et ont décidé de promouvoir ce débat dans la géographie française sous la forme d’un numéro spécial de revue, mais aussi d’un séminaire de recherche, organisé à l’ENS depuis 20151. Barbara Morovich et Pauline Desgrandchamps sont ainsi venues parler de la notion de quartiers sensibles et de la possibilité d’aborder les émotions par le son, Jean-François Staszak a analysé la place des émotions qu’il a appelées « post-coloniales » dans le cinéma, etc.

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Patrimoine et patrimonialisation, de l’objet à la relation

Compte rendu du Café Géographique du 24 novembre 2015 à Paris (Café de Flore)

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Ce mardi 24 novembre, la salle du premier étage du Café de Flore est comble pour  un café géo consacré au sujet de géographie de l’année 2015-2016 des classes préparatoires au concours de l’ENS Ulm. Plutôt que l’intitulé officiel (« Géographie des patrimoines et des patrimonialisations ») le café géo a préféré un libellé un peu différent pour souligner la diversité de la notion de patrimoine et des processus de patrimonialisation (« Patrimoine et patrimonialisation, de l’objet à la relation »).

Deux éminentes spécialistes de cette question ont été invitées : Maria Gravari-Barbas, Professeur de géographie à l’IREST (Institut de Recherche et d’Etudes Supérieures du Tourisme) de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et Edith Fagnoni, Professeur de géographie à l’Université de Paris-Sorbonne-Paris 4. Elisabeth Bonnet-Pineau est chargée d’animer la soirée.

Elisabeth Bonnet-Pineau commence par introduire le sujet. Elle rappelle la définition du patrimoine relevée dans le Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés de Jacques Lévy et Michel Lussault : « Ce qui est censé mériter d’être transmis du passé, pour trouver une valeur dans le présent » (…) « Le patrimoine est un ensemble d’attributs, de représentations, de pratiques fixé sur un objet non contemporain (chose, œuvre, idée, témoignage, bâtiment, site, paysage, pratique) dont est décrétée collectivement l’importance présente. » Puis la définition de la patrimonialisation : « processus s’appliquant aussi bien à un objet qu’à une réalité idéelle », définition qu’on peut compléter par celle d’Edith Fagnoni, pour qui « la patrimonialisation est un processus de reconnaissance et de mise en valeur d’édifices, d’espaces hérités, d’objets et de pratiques », et d’ajouter l’attribution d’une valeur et d’un sens collectif d’appartenance commune.

La problématique du patrimoine est d’abord l’affaire des historiens avec le rapport Guizot de 1830 sur le classement des monuments historiques, et la loi de 1913 sur les monuments historiques qui reste à ce jour le fondement du dispositif de la protection et de la conservation du patrimoine monumental et mobilier. La loi Malraux de 1962 étend la procédure d’inventaire à «  l’ensemble des monuments et  richesses artistiques de la France ». Bien après les historiens, les urbanistes, les sociologues et les ethnologues, les géographes vont s’impliquer dans la question du patrimoine par le biais de l’aménagement et du développement local, des constructions identitaires, des jeux d’acteurs, des conflits, des jeux de pouvoir, etc.

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L’Australie, une puissance attractive ?

 

Café Géographique de Paris (Flore) du 29 septembre 2015, avec Fabrice Argounès.

Joseph Viney nous dit le plaisir d’accueillir un spécialiste de l’Océanie, qui travaille au croisement de la géographie et de la science politique : Fabrice Argounès.

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Fabrice Argounès commence le café en rappelant combien la distance à l’Europe a construit la nation australienne. Pensons à sa population, massivement venue d’Europe, à la « tyrannie de la distance » de cet État-continent aux antipodes de la métropole britannique, aux relations très étroites avec Londres puis New York. Que cela ne fasse pas oublier que l’Australie a un environnement proche, qui constitue à la fois un relais de croissance et un espace redouté. L’Asie et l’Océanie sont LES voisins de l’Australie, certainement plus que ne le sont l’Occident européen ou nord-américain. Le planisphère Downunder est éclairant à ce sujet. Samuel Huntington présente dans son Choc des civilisations un monde de divisions, où il présente l’Australie comme un pays déchiré, malgré son appartenance à l’Occident dans son découpage.

C’est aussi le pays de la liminalité (Higgott, Nossal, 2005), du passage d’un monde à un autre, entre histoire occidentale et géographie asiatique. En effet, le pays vit d’un partage entre d’une part l’histoire d’un empire britannique, du Commonwealth, de l’ANZUS (Alliance en 1951 avec les États-Unis et la Nouvelle-Zélande), de l’anglosphère, des Nords, et de l’Occident et d’autre part des espaces d’appartenance : l’Australasie, l’Océanie, le Pacifique, l’Asie-Pacifique, l’Indo-Pacifique, l’hémisphère Sud.

Par cette histoire se trouvent des lieux de mémoire hors sol, à l’image du monument australien du souvenir à Londres pour les deux guerres mondiales. La construction de la nation australienne s’est faite au début du XX° avec la participation aux guerres impériales britanniques (Boers en Afrique du Sud, Boxers en Chine) et surtout les deux guerres mondiales. 6 000 Australiens se sont récemment déplacés à Villers-Bretonneux pour commémorer le sacrifice des soldats australiens venus stopper l’offensive des troupes allemandes qui cherchaient à prendre Amiens en avril 1918.

Le ministre australien des Affaires étrangères indiquait en 2006 que son pays, membre du G20, est la 13e économie mondiale entre l’Inde et la Corée du Sud. Bien sûr, face à la Chine, l’Inde, les États-Unis ou l’Europe, l’Australie apparaît comme une simple puissance moyenne et régionale.

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L’imaginaire géographique

Compte rendu du Café Géographique du 26 mai 2015 (Paris, Café de Flore)

Intervenant :

Pierre Jourde, écrivain, universitaire, polémiste

Modérateur :

Daniel Oster.

Universitaire, romancier, poète, polémiste, auteur d’un blog sur le site de L’Obs, Pierre Jourde accorde à la géographie, ou plus exactement à l’imaginaire géographique, une place importante dans son œuvre, ainsi qu’en témoignent plusieurs titres de ses ouvrages (par exemple Géographie de Vialatte, de l’Auvergne à la Rhénanie, Champion, 2000). Sa thèse, Géographies imaginaires (José Corti, 1991), tente de déceler la logique des géographies imaginaires principalement mises en scène par quatre œuvres de Gracq, Borges, Michaux et Tolkien.

Pierre Jourde (photo JP Muller/AFP)

Pierre Jourde (photo JP Muller/AFP)

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Voyager au XIXème siècle

Intervenants : Sylvain VENAYRE, professeur d’histoire contemporaine  à l’Université Pierre-Mendès-France  Grenoble II et Agnès DESQUAND, conférencière à l’Institut Pasteur.
Modérateur : Daniel  OSTER

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Le « voyage », pratique aussi familière au géographe qu’au touriste moyen, a une histoire. Pour mieux l’appréhender, il faut définir le terme : qu’est-ce qui distingue le « voyage » du « trajet », du « déplacement », de la « migration »… ?

Sylvain Venayre rappelle la subjectivité du terme. Il y a plusieurs compréhensions personnelles du voyage, mais ce qui s’impose à tous, c’est qu’un voyage est avant tout une « rencontre », rencontre de soi-même et rencontre des autres. Ce mode de connaissance qui passe par l’expérience sensible  de l’espace, des lieux et des gens est la « seule connaissance qui vaille » pour les philosophes de l’impression de la fin du XVIIIème siècle, période où le voyage connaît un grand engouement.

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Peut-on toujours parler de civilisations ? Huntington, vingt ans après

Café géographique au Flore, 14 avril 2015
Avec Georges Prévélakis (Paris 1) et Christian Grataloup (Paris 7)

Michel Sivignon introduit la soirée en présentant les invités, Georges Prévélakis ambassadeur de la Grèce auprès de l’OCDE et Professeur de géographie à Paris 1 et Christian Grataloup Professeur émérite de géographie à Paris 7. Georges Prévélakis a travaillé la notion de civilisation, d’aire culturelle, appliquée au vaste ensemble à cheval sur l’Europe et l’Asie antérieure. Il a ainsi animé un numéro de la revue Anatoli « Géopolitique des civilisations. Huntington, 20 ans après » (n°4, 2013). Christian Grataloup a travaillé ces dix dernières années sur la division spatiale du monde en termes de culture, de civilisation, d’histoire, et s’est fait le promoteur de la notion de géohistoire, distinguant les métiers (géographes et historiens) et les sciences (géographie et histoire).

L’occasion qui réunit ce café est la thèse de Samuel Huntington défendue dans « The Clash of Civilizations ? » (article paru dans Foreign Affairs en 1993, puis un livre sans le point d’interrogation The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order en 1996, traduit en français par Le Choc des civilisations). A l’époque, face au libéralisme triomphant (fin de l’URSS et conversion de la Chine à l’économie de marché), il n’y a plus d’ennemi aux Etats-Unis. Le livre de Huntington apparaît comme une lecture des affrontements à venir, dépassant la logique Est-Ouest, bloc contre bloc : un affrontement multipolaire, non plus entre des idéologies issues du marxisme ou s’y opposant, mais entre des idéologies aux racines culturelles qu’il appelle civilisations. Est-ce que le terme  civilizations des anglophones est identique aux termes de civilisations et d’aires culturelles en français, de Kultur en allemand, Civiltà en italien ? Ce n’est pas qu’un problème sémantique. La question a été posée dès 1987 par F.Braudel (Grammaire des civilisations) Est-ce que le terme peut faire partie de notre outillage géographique, permettant de se situer dans l’espace ? Est-ce que véritablement le monde dans lequel nous sommes a fait une croix sur les oppositions socio-économiques pour y substituer des oppositions culturelles structurantes ? Par ailleurs la notion de civilisation est-elle cartographiable et localisable ?

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L’Inde, l’autre géant asiatique

Compte rendu du Café Géographique du 27 janvier 2015 (Paris, Café de Flore)

Intervenants :

Frédéric Landy, professeur de géographie à l’université Paris Ouest-Nanterre-La Défense.

Michaël Bruckert, doctorant à la Sorbonne, chercheur en géographie culturelle de l’alimentation (travaille sur la consommation de viande en Inde).

Comment situer l’Inde à l’échelle de l’Asie ?

Frédéric Landy rappelle que certaines expressions sont discutables pour nommer la région où se trouve l’Inde. « Monde indien » peut difficilement qualifier une région incluant le Pakistan (dont les relations avec l’Inde sont conflictuelles). « Subcontinent » est un anglicisme. « Asie du sud » est la plus précise, mais encore assez peu employée en français. C’est dans ce contexte régional complexe que se situe un sous-ensemble lui aussi complexe, l’Inde, dont le nom officiel est  l’« Union Indienne ».

Le qualificatif d’ « émergent » convient-il à l’Inde ? Pour Michaël Bruckert, cette notion, créée par la Banque Mondiale pour définir un pays en décollage économique, n’est pas fausse mais elle reste trop générale, le pays ne pouvant être mis sur le même plan que la Chine ou  le Brésil. F. Landy précise que parler d’ « économie émergente », comme le font les Anglais, et non de « pays émergent » est peut-être moins ambigu.

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La randonnée : une expérience géographique 

Jean-Louis Tissier, professeur émérite de géographie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, présente brièvement Antoine de Baecque, l’intervenant de la soirée consacrée à  » la randonnée, une expérience géographique « . Antoine de Baecque, historien, professeur à l’ENS, vient de publier un ouvrage, La traversée des Alpes.Essai d’histoire marchée. (Gallimard, Bibliothèque des histoires, 2014), qui interroge le géographe intéressé par l’exercice de la randonnée.

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En septembre 2009, pendant un mois, l’historien-randonneur a marché tous les jours sur le chemin du GR5, du lac Léman jusqu’à la Méditerranée. Résultat : 650 km, 30 000 m de dénivelée, 30 cols majeurs gravis avec 17 kg sur le dos. Pour Jean-Louis Tissier, cette aventure équivaut à une véritable géographie à pied d’œuvre. Confronté à la pente, forcé d’avoir recours aux cartes pour résoudre ses problèmes d’itinéraire, obligé de se concentrer sur son orientation pour rattraper ses bifurcations malheureuses, Antoine de Baecque a fait en quelque sorte de la géographie à l’ancienne avec un goût prononcé pour les paysages alors que la géographie contemporaine préfère, elle, « traverser le monde sur coussin d’air en évitant les territoires » (dixit Jean-Louis Tissier).

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La planète financière du global au local

Café géo au café de Flore, Paris, lundi 3 novembre 2014
Avec Gunther Capelle-Blancard, professeur d’économie à Paris 1, responsable du Master Recherche Banque et Finance et Renaud Le Goix, professeur de géographie à Paris-Diderot, UMR Géographie-cités.

Quel plaisir que d’écouter un café géo sur la finance ! Sujet ardu s’il en est, qu’on préfère en général laisser aux économistes et aux financiers. Sujet qu’on a tendance à analyser de haut, de très haut même, ne voyant que des flux de capitaux à la surface du globe, et oubliant un peu trop vite que le capital est certes mobile mais qu’il doit aussi s’immobiliser (s’investir) ici et là, tout en conservant sa liquidité. Ce mouvement et cette dialectique mobilisations de capitaux / immobilisations / remobilisations ne peuvent se comprendre sans une analyse fine de leurs espaces, de leurs localisations et de leurs circulations.

Si les capitaux sont mobiles, ils devraient circuler partout ! Alors comment se fait-il que la finance globale demeure concentrée dans un tout petit nombre de places financières mondiales ? Si les capitaux s’immobilisent, s’investissent ici et là, est-ce à dire que le plus quotidien de nos vies est aussi financiarisé ? Nos maisons ou appartements, nos emprunts, nos dettes, les produits que nous consommons peuvent en fait être tous parties prenantes d’une géographie de la finance qu’on aborde à tort de loin et de haut, alors qu’elle nous concerne au premier chef ! Le titre de l’ouvrage de P Langley (2008) est du reste éloquent : The Everyday Life of Global Finance : Saving and Borrowing in Anglo-America [La vie quotidienne de la finance globale : épargner et emprunter dans le monde anglo-américain].

La géographie de la finance est un champ plus que labouré dans la géographie anglophone, notamment depuis les travaux de David Harvey qui cherche depuis des décennies à spatialiser la théorie de Marx (The Limits to Capital, 1982), comme le rappelle avec humour son interview en forme de dessin animé sur la crise du capitalisme, disponible sur Thersa.org). Dans la géographie francophone, c’est beaucoup moins le cas, la géographie financière étant fort peu développée. D’où l’intérêt d’un tel café géo !

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L’agriculture mondiale et le risque de pénuries alimentaires

Café géographique à Paris (Café de Flore) le 16-12-2014.

Avec André Neveu (ingénieur agronome, économiste, membre de l’Académie d’Agriculture de France) et Jean-Paul Charvet (géographe, Professeur émérite des Universités, correspondant  national de l’Académie d’Agriculture de France)

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La soirée est introduite par notre ami Michel Sivignon qui présente le thème de la soirée et les deux participants, éminents spécialistes des questions agricoles. André Neveu a une double formation d’agronome et d’économiste, il a réalisé de très nombreuses missions dans le monde entier au cours de sa carrière et continue de jouer un rôle très actif de réflexion au sein de l’Académie d’Agriculture de France (section 10 « économie et politique »). Notre collègue Jean-Paul Charvet apporte ici son regard averti de géographe sur cette question de l’agriculture mondiale, cruciale pour le XXIe siècle.

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Naviguer sur les océans : quels moteurs pour la mondialisation ?

Café Géo d’André Louchet et d’Antoine Frémont,
Au Café de Flore (Paris) le mardi 25 novembre 2014

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Olivier Milhaud nous invite à prendre « moteurs » dans le sens métaphorique comme dans le sens concret. La navigation sur les mers est bien un moteur de la mondialisation, mais les questions techniques, des moteurs des bateaux sont aussi déterminantes pour comprendre la navigation contemporaine.

Nos deux intervenants présenteront chacun un sens du mot « moteur ». Antoine Frémont, directeur de recherche à l’IFSTAAR, et co-auteur avec Anne Frémont-Vanacore d’une Documentation photographique à paraître sur les espace maritimes, traitera plus du rôle moteur joué par les navires dans la mondialisation. André Louchet, Professeur à Paris-Sorbonne et auteur entre autres de Les océans. Bilan et perspectives et de La planète océane, s’intéressera plutôt aux moteurs des bateaux comme entrée pertinente pour saisir la géographie océane.

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Habiter le périurbain

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Café géographique au Café de Flore, Paris, mardi 30 septembre 2014. Avec Hélène Nessi, Maître de conférences en Aménagement et Urbanisme à l’Université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense,  et Lionel Rougé, Maître de conférences en géographie à l’Université de Caen Basse-Normandie.

Forum Vies Mobiles est un institut de recherche et d’échanges indépendant créé par SNCF pour comprendre comment évoluent nos modes de vie, fondés sur les déplacements et les communications, et préparer la « transition mobilitaire ».

Cet institut a organisé les 24 et 25 janvier 2013 les deuxièmes Rencontres internationales réunissant quelque 300 chercheurs, artistes et praticiens pour réfléchir à la question : des mobilités durables dans le périurbain, est-ce possible ?

Il s’agit de montrer que, contre toute attente, les espaces périurbains font partie des lieux qui permettront de répondre aux aspirations individuelles tout en autorisant un développement durable. Voilà un des enjeux actuels et futurs pour habiter le périurbain, un enjeu parmi d’autres qui ont été largement évoqués lors de ce Café géographique.

Hélène Nessi et Lionel Rougé, après un bref historique de la question périurbaine, insistent sur la diversité des situations et des définitions dans une volonté de dépasser des modèles théoriques. L’appropriation et le vécu des populations vivant dans ces territoires permettent de nuancer voire contrecarrer l’image péjorative souvent associée à l’espace périurbain.

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Géographie et sexualités : repolitiser la ville

Café géographique au Café de Flore, Paris
Mardi 27 mai 2014

Avec Charlotte Prieur et Rachele Borghi (Université Paris-Sorbonne)
Animation Judicaëlle Dietrich

Rachele Borghi revient sur ces thématiques courantes mais peu connues, car invisibilisées ou ignorées. On pense parfois que ces questions ne concernent pas la géographie. L’idée est d’expliquer comment des géographes regardent la ville, et plus largement l’espace, en ajoutant une catégorie d’habitude cantonnée à la chambre à coucher. A travers la sexualité, on mélange les autres catégories pour faire sortir quelque chose du chapeau.

La géographie des sexualités est assez ancienne

Les lectures des sexualités dans les espaces urbains datent déjà des années 1970 aux Etats-Unis. On s’est alors surtout penché sur les formes spatiales des communautés gays et lesbiennes qui polarisaient les questionnements initiaux : les sexualités autres. Le principal apport de la géographie à l’époque était de cartographier des zones résidentielles gays dans les villes américaines. Culture, consommation, espace urbain : les communautés gays interviennent dans le processus de gentrification des villes. Dans les années 1990, la question est abordée différemment : comment l’hétéronormativité influence l’espace public. L’espace public n’est pas qu’un support, une scène, mais il est conçu selon des normes hétérosexuelles et influence les normes sexuelles. L’hétéronormativité apparaît comme une injonction, une obligation. On la transforme en norme. Les hétérosexuel.le.s ont un accès légitime à l’espace public. Les sexualités produisent des espaces d’inclusion et d’exclusion. On abandonne l’approche cartographique et on se concentre sur les rapports entre espace, identité et pouvoirs. On crée des espaces de pouvoir, avec des catégories dominantes. La géographie féministe renouvelle ces questionnements. L’idée était de rendre visibles les sexualités dissidentes, afin de résister à l’hétéronormativité. S’y ajoutent l’étude de la bisexualité, et l’étude des trans. Ces sexualités et ces genres non normatifs ont un impact sur l’espace.

Les points faibles sont les suivants : la production scientifique est très liée au contexte gay, des hommes blancs étudient des zones commerciales, où la culture gay était prévalente. Le point fort creusait le lien entre sexualité et espace. Cela éclaire la production de connaissances géographiques – des connaissances situées, qui viennent d’un certain point de vue. Il faut voir comment le monde académique est lui aussi hétéronormé. Le prisme de la sexualité visibilise le caractère situé de la production de la connaissance, surtout assurée par des hommes blancs, riches, hétérosexuels.

En France, les études en géographie de la sexualité sont de plus en plus répandues. Le travail de Marianne Blidon a porté l’attention sur le fait que les personnes ne se questionnaient pas sur ces problématiques de recherche. Le monde académique français devait alors considérer un objet jusque-là considéré comme illégitime.

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Chemin de fer et diplomatie

Café de Flore, Café géographique, 29 avril 2014

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Henry Jacolin, ancien ambassadeur, Président de l’Association internationale d’histoire des chemins de fer www.aijc-irha-aihf.com

Alain Gascon, Professeur émérite à l’Institut Français de Géopolitique de Paris 8, ancien chargé de cours à l’INALCO

Paul Véron, modérateur de la soirée, est directeur de la communication et directeur du Moyen-Orient de l’Union internationale des chemins de fer. L’Union internationale des chemins de fer est une organisation mondiale de coopération des chemins de fer, créée en 1922 au lendemain de la Première Guerre mondiale à Paris. Elle gère toutes les formes de coopération entre les chemins de fer du monde : standardisation des équipements ferroviaires et représentation du secteur ferroviaire auprès des grands organismes mondiaux.

Le chemin de fer est beaucoup plus qu’un mode de transport. Il peut être étudié sous de très nombreux angles. Les premiers chemins de fer, lents, desservant des distances courtes, ont servi à réaliser quelques prouesses techniques et à transporter personnes et marchandises entre des centres importants. Progressivement, le chemin de fer est devenu un outil d’aménagement du territoire, de contrôle des territoires, d’exercice du pouvoir et outil de stratégie militaire. Première ligne internationale entre Liège et Cologne. Puis le chemin de fer devient mode d’expression du pouvoir politique, militaire, colonial.

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Représenter l’espace urbain dans la bande dessinée

Café géographique de Paris du 28 janvier 2014, avec Aymeric Landot (agrégé d’histoire, ancien élève de l’ENS-Lyon, co-président du Laboratoire junior Sciences Dessinées) et Bénédicte Tratnjek (doctorante en géographie, chargée de cours à l’université Lyon 3 et l’ISFEC de Rennes, Laboratoire junior Sciences Dessinées).

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Suite au Café géographique du 28 janvier 2014, les deux intervenants ont souhaité rédiger un texte approfondi des différents points qu’ils ont abordé pendant ce café géo :

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Sur la route de la Kolyma, la Sibérie du Goulag à aujourd’hui

Café géographique, au café de Flore (Paris), le mardi 25 mars 2014

Avec Nicolas Werth, Directeur de recherche au CNRS, auteur entre autres de La route de la Kolyma (Belin, 2012). Un débat animé par Jean-Louis Tissier (Professeur de géographie, Univ. Paris 1)

Des lieux (mé)connus 

Jean-Louis Tissier rappelle d’emblée combien La route de la Kolyma (Belin, 2012), ce récit de voyage de Nicolas Werth sur l’un des lieux de l’enfer, croise bien des curiosités de géographes. On visite des lieux d’une singulière mémoire. Il faut dire que Nicolas Werth a travaillé des années sur les archives de l’Union soviétique et reconstruit toute une histoire du phénomène stalinien. A partir de ce travail de fond, il est parti plusieurs décennies après, sur des lieux sibériens connus des géographes de la génération de Jean-Louis Tissier. La littérature soviétique en parlait, les Récits de la Kolyma : quai de l’enfer (1987) de Varlam Chalamov et le Ciel de la Kolyma (1967) d’Evguénia Guinzbourg avaient popularisé le lieu. On est entré par la littérature dans cette très claire taïga, très claire parce que très froide, aux ressources minières importantes (notamment aurifères).

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Les défis de la viticulture française : le vin cherche ses marques

Au Café de Flore le mardi 11 février 2014
Invités : Sophie Lignon-Darmaillac et Yohan Lafragette
Introduit et animé par Maryse Verfaillie

Sophie Lignon-Darmaillac est Maître de conférences à Paris IV. Elle dirige le Master Alimentation, Cultures alimentaires. Dans le cadre de son HDR (Habilitation à diriger des recherches) parrainée par Jean-Robert Pitte, elle a produit un travail très original sur « L’œnotourisme en France. Nouvelle valorisation des vignobles », éditéchez Féret à Bordeaux en 2009.

Yohan Lafragette est encore étudiant. Il est membre des Cafés géographiques depuis 4 ans et membre du Comité de Rédaction depuis cette année. Il est intervenu à Reims, lors du petit voyage organisé par l’Association, sur les vins de Champagne. Pour obtenir son Master en géographie des risques, il a œuvré deux ans sur les vins du Nord de la France, à travers le prisme du changement climatique.

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L’Italie de la crise

Café Géo, mardi 17 décembre 2013 de 19h30 à 21h30 au Café de Flore (Paris)

Invités :
Dominique Rivière, géographe, Professeure à l’Université Paris Diderot – Paris 7
Aurélien Delpirou, urbaniste et géographe, Maître de conférences à l’Université Paris-Est Créteil

Introduit et animé par Daniel Oster

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Manifestation contre l’austérité budgétaire le 6 septembre 2011 à Rome (photo de Remo Casilli, source : RFI.fr )

L’Italie apparaît comme l’un des « pays malades » de l’Europe du Sud, dans une zone euro durement affectée par ce que l’on appelle « la crise ». Aux problèmes structurels plus ou moins anciens tels que les problèmes de compétitivité de l’économie, le niveau très élevé de l’endettement ou l’instabilité politique, s’est ajoutée la crise de la dette souveraine. Tout cela se traduit par différentes formes de crise, notamment socio-économiques et politiques. Comment  l’Italie se recompose-t-elle sous l’effet de ces crises ? Peut-on y déceler un effet-miroir pour la France ? Deux géographes viennent traiter le sujet analysant les mutations spatiales de la Botte à différentes échelles.

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L’Afrique du Sud, 20 ans après, est-elle nouvelle ?

C’est la question posée à  Philippe Gervais-Lambony lors du  Café géo du 26 novembre 2013 au Café de Flore.

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Philippe GL se propose de répondre à cette question en quatre temps.

Les inerties spatiales

– Le nouveau paysage politique

– Mémoires et nostalgies

– Le changement social

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Les séries TV, miroirs obscurs de la géographie urbaine ?

Café géo « Les séries TV, miroirs obscurs de la géographie urbaine ? », avec Pauline Guinard (ENS Ulm), David Buxton (Université Paris 10), Anne-Marie Paquet-Deyris (Université Paris 10, Crea), Amélie Flamand (ENSA Clermont-Ferrand, CRH-UMR Lavue) et Bertrand Pleven (IUFM Paris 4 – Paris 1), le mardi 28 mai 2013, à 19h30 au Café de Flore.

« Les séries constituent ainsi de véritables terrains d’observations des villes nord-américaines et peut-être au-delà, des miroirs tantôt déformants, tantôt grossissants où se reflète une condition urbaine, dans laquelle nous nous reconnaissons confusément. On comprend alors mieux pourquoi elles nous fascinent, à défaut de nous rassurer. » (Philippe Simay et Stéphane Tonnelat, 2011, « La ville des séries télé », Métropoliques, 7 novembre 2011).

Pour lancer ce café géo, Bertrand Pleven emprunte quelques lignes de l’ouvrageLes miroirs obscurs. Grands séries américaines d’aujourd’hui[1] de Martin Winckler, qui a inspiré le titre du café géo de cette soirée :

« Les fictions constituent un miroir de la société américaine et de ce qui la fait bouger, intimement, intérieurement – tout particulièrement depuis le 11 septembre 2001. A l’heure où le monde est en proie à de nombreux conflits, ouverts ou larvés, les séries sont, plus que jamais, par leur gravité et leur sombre description – directe ou métaphorique – de la réalité, les “miroirs obscurs” de la société américaine ».

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La géographie des familles pour comprendre le monde

Café géo « La géographie des familles pour comprendre le monde » animé par Emmanuel Todd (historien et démographe, Institut national des études démographiques INED), le mardi 26 février 2013, au premier étage du Café de Flore, Paris

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Emmanuel Todd revient dans un premier temps sur le qualificatif de géographe qui pourrait lui être attribué : sa pensée étant spatialisée, il accepte bien l’idée qu’il l’est aussi. Après tout, la géographie, comme on l’a dit souvent au café géo, n’est pas la propriété des géographes.

Gilles Fumey pose tout de suite la question : « Comment en êtes-vous venus à l’analyse des familles ? »

Emmanuel Todd explique que concernant la famille, ce sujet lui est tombé dessus un peu par hasard. Quand il était étudiant, ce qui le passionnait c’était la démographie historique (travaux de Jacques Dupâquier) et qu’il aimait beaucoup la statistique. Emmanuel Le Roy Ladurie l’a envoyé à Cambridge pour travailler avec Peter Laslett qui lui demande d’étudier des listes d’habitants de Longuenesse, un village du Pas-de-Calais à la fin du XVIIIe siècle. Il fallait calculer le réseau de parenté en combinant la reconstitution des familles faite avec le registre paroissial et la liste d’habitants pour calculer une densité des réseaux de parenté. Puis Emmanuel Todd explique avoir été pris par le « démon du comparatisme », et avoir travaillé notamment sur des familles toscanes, du sud de la Suède et de Bretagne. « Quand on parle de système familial, les gens pensent immédiatement à leur famille, à une relation verticale. Mais il y a souvent un malentendu. » En vérité, Todd concède être arrivé tardivement à une définition satisfaisante de ce terme, qu’il a émise dans son dernier ouvrage (cf : Le Mystère français, 2013 avec Hervé Le Bras) : un système familial, ce sont des familles qui échangent des conjoints sur un territoire. Le système familial présuppose l’existence de valeurs communes à des familles sur un territoire. Si l’on pense en termes de modèle familial, E. Todd évoque son propre exemple familial en affirmant avoir vécu dans un système nucléaire égalitaire, étant né à Saint-Germain-en-Laye. Son système familial relève donc de celui de ce territoire.

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Les mondes du froid

Café géo « Les mondes du froid », mardi 15 octobre 2013 de 20h30 à 22h30 au Café de Flore.

Béatrice Collignon, Professeure de géographie à l’Université Bordeaux 3
Martin de la Soudière (EHESS), Ethnologue « du dehors », membre fondateur du Centre de recherche sur la perception du climat
Martine Tabeaud, Professeure de géographie à l’Université Panthéon Sorbonne – Paris 1

Le café est animé par Claudie Chantre.

Le café de ce soir est consacré à la nouvelle question du programme des classes préparatoires littéraire Ulm en géographie : « les mondes du froid ».

Claudie Chantre présente la question et rappelle toutes les représentations qui sont associées à ces mondes du froid : des espaces périphériques, immobiles, … Le pluriel formulé dans le programme souligne une plus grande complexité, entre les espaces en altitude, les déserts, les lieux où l’on va subir une saison, les moments où l’on perçoit le froid, reliant la question à une dimension temporelle. Il faut croiser le temps avec le temps qui passe… Des espaces aussi souvent vus comme répulsifs et en pleine perturbation, avec le « réchauffement » ou plutôt le changement climatique. Ainsi, ce serait aussi des mondes dynamiques qui disparaitraient, un dernier eldorado auquel on s’accrocherait ou dont on voudrait s’emparer des richesses.

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La Chine et ses périphéries de l’Ouest (Tibet, Xinjiang)

Compte rendu du Café Géo du 24 septembre 2013

Introduit et animé par Daniel Oster

Invités :
Françoise Robin, tibétologue, Professeure à l’INALCO
Alain Cariou, spécialiste du Xinjiang, Maître de Conférences en géographie à l’Université Paris-Sorbonne – Paris IV)

Pour ce café de rentrée, Maryse Verfaillie accueille l’assemblée en rappelant les activités de l’association des Cafés géographiques. Comme à l’accoutumée, ce premier café de l’année est consacré au thème du Festival International de Géographie de Saint-Dié, dont le thème et le pays invité, et c’est une nouveauté, ne font qu’un : la Chine. Daniel Oster introduit ainsi le sujet du jour face à une très dense assemblée. Rarement le Flore a été si rempli ! La Chine attire du monde… en tant que « grand émergent », deuxième puissance économique de la planète, ce pays connaît une forte croissance mais aussi des tensions et des difficultés.

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Les géographes et la guerre d’Algérie

Café géo : « Les géographes et la guerre d’Algérie », avec Florence Deprest (auteure de Géographes en Algérie 1880-1950, Belin) et Armand Frémont (auteur de Algérie El Djazaïr, carnets de guerre et de terrain d’un géographe), le mardi 18 décembre 2012, de 19h30 à 21h30, au premier étage du Café de Flore, 172 bvd Saint Germain, 75006 Paris, M° Saint-Germain.

Présentation par Michel Sivignon,

Animé par Florence Deprest, Professeure à Paris 1 Panthéon-Sorbonne et par Armand Frémont, recteur de Grenoble puis de Versailles.

Compte rendu de : Judicaëlle Dietrich

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La géographie au collège et au lycée : une exception française ?

Compte rendu du Café géo du 23/04/2013

Introduit et animé par Daniel Oster

Invités :
François Louveaux, Doyen du groupe histoire-géographie de l’Inspection Générale ;
Corinne Glaymann, Inspectrice de l’Education Nationale – Enseignement Général de l’Académie de Créteil ;
Christian Grataloup, Professeur des universités de l’Université Paris 7-Denis Diderot.

Introduction de Daniel :
Un Café géo à Lille en janvier dernier avec Xavier Leroux a traité de la géographie dans l’enseignement primaire. Il est peut-être dans l’air du temps de faire le point sur la géographie scolaire. La discipline a connu des avancées incontestables sur les contenus comme sur les méthodes. Mais en même temps des menaces la fragilisent comme la concurrence d’autres disciplines telles que les SVT, les SES, la baisse des horaires d’enseignement, et le fait que la géographie est aujourd’hui majoritairement enseignée dans le secondaire par des historiens. L’ « exception française » tient au couple histoire-géographie qui n’existe pas ailleurs et dont le caractère obligatoire du primaire au lycée, y compris aux examens nationaux est également unique au monde.
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Les frontières

Débat « Les frontières » animé par Michel Foucher (géographe et diplomate, ENS Ulm, Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale, auteur, entre autres, de L’obsession des frontières), le mardi 26 mars 2013, de 19h30 à 21h30, au premier étage du Café de Flore, Paris, M° Saint-Germain.

Présentation :
Nous vivons sur une idée fausse et dangereuse : parce que le monde est devenu plus fluide et l’économie globalisée, les frontières seraient condamnées à disparaître. Or, depuis quinze ans, plus de 26 000 kilomètres de frontières politiques ont été tracées rien qu’en Europe et en Asie centrale, et autant ont fait l’objet d’accords internationaux. Plus grave, les conflits les plus durables et les plus disputés portent sur le bornage des territoires : entre Israël et ses voisins ; entre le Pakistan, l’Inde et l’Afghanistan. Partout, on délimite l’espace, on l’équipe de caméras et de portiques, on y patrouille, on le clôture. Les frontières, terrestres et maritimes, sont devenues un marché florissant, en même temps qu’une lancinante question : à quoi servent-elles dans le monde actuel ? Michel Foucher a multiplié les analyses de terrain avec sa qualité rare d’associer vision planétaire et réalités frontalières.

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Archives – Cafés Géographiques de Paris

Retrouvez toutes les archives des comptes rendus des Cafés Géographiques de Paris, au Café de Flore, à consulter et télécharger au format PDF.

Lieux de mémoire en Europe, lieux de mémoire de l’Europe, Thomas Serrier, Olivier Lazzarotti, 29 janvier 2013
 lieux-memoire-europe.pdf

Quand la ville mange les terres agricoles, Jean-Paul Charvet et Xavier Laureau, 27 novembre 2012
 ville-mange-la-campagne.pdf

France, le dépaysement, Jean-Christophe Bailly, Jean-Louis Tissier 25 septembre 2012
 france-le-depaysement.pdf

Paris sera toujours Paris. Sur la pérennité des systèmes urbains, Denise Pumain, 29 mai 2012
 paris-sera-toujours-paris.pdf

Quelles identités espagnoles aujourd’hui ?, Benoît Pellistrandi, 27 mars 2012
 quelles-identites-espagnoles-aujourdhui.pdf

Le road movie : genre géographique ?, Michel Sivignon, Bertrand Pleven, Bernard Benoliel, Jean-Baptiste Thoret, 14 fevrier 2012
 le-road-movie.pdf

Les îles de la tentation. Géographies de l’attractivité insulaire, Marie Redon, mardi 31 janvier 2012
 les-iles-de-la-tentation.pdf

Géographie des jeux vidéos, Samuel Rufat, Hovig Ter Minassian , Manouk Borzakian, mardi 13 décembre 2011
 geographie-jeux-video.pdf

Les Alpes, terres de conflits ? Entre traversées alpines et espaces protégés, Lionel Laslaz, Kevin Sutton, mardi 29 novembre 2011

Mon RER et moi, Anne Jarrigeon , Sylvie Fol, mardi 25 octobre 2011
 mon-rer-et-moi.pdf

L’Afrique prend l’eau ! Ressource paradoxale et ambitions plurielles, David Blanchon, Agathe Maupin, CR : Emilie Lavie – mardi 27 septembre 2011
afrique-eau.pdf

Les mondes arctiques en ébullition, Eric Canobbio , CR : Michaël Bruckert – mardi 31 mai 2011
mondes-arctiques-ebullition.pdf

Les géographies du pique-nique, Francine Barthe-Deloizy, Gaëlle Gillot, Bertrand Pleven, Mina Saïdi Sharouz. , CR : Olivier Milhaud, Bertrand Pleven – mardi 26 avril 2011
geographiques-pique-nique.pdf

« La géographie, c’est le goût des autres », Gilles Fumey, Emmanuel Lézy, CR : Michaël Bruckert – mardi 29 mars 2011
geo-gout-autres.pdf

Les zones franches dans le monde : enclaves extraverties ou leviers du développement ?, F. Bost, mardi 25 janvier 2011
zones-franches.pdf

Le bois comme énergie : quelle volée de bois vert !, Andrée Corvol, CR : Gilles Fumey – mardi 14 décembre 2010
bois-energie.pdf

Les jardins religieux catholiques : un objet géographique riche de sens, Etienne Grésillon, CR : Michaël Bruckert – mardi 14 décembre 2010
jardins-religieux-catholiques.pdf

Elisée Reclus, un géographe à lire et relire, Philippe Pelletier, CR : Bénédicte Tratnjek, Manouk Borzakian – lundi 29 novembre 2010
elisee-reclus-lire-relire.pdf

Les villes dans la guerre, B. Tratnjek et H. Jacolin, CR : Sophie Latour – mardi 26 octobre 2010
villes-guerre.pdf

Pleins feux sur la Russie, J. Radvanyi, CR : Bénédicte Tratnjek – mardi 5 octobre 2010
pleins-feux-russie.pdf

Le Grand Paris : du rêve a la réalité ?, Frédéric Gilli, CR : Manouk Borzakian – mardi 30 mars 2010
grand-paris-reve-realite.pdf

Refaire le Monde avec le XVe siècle, P. Boucheron et Y. Potin, mardi 23 février 2010
refaire-monde-xv-s.pdf

Les territoires des nations turques, Stéphane de Tapia & Julien Thorez, CR : Marlène Bouvet – mardi 26 janvier 2010
territoires-nations-turques.pdf

Peut-on nourrir les riches avec les terres des pauvres ? Questions sur le land grabing, Jean-Paul Charvet et Sophie Moreau, CR : Bénédicte Tratnjek – mardi 15 décembre 2009
land-grabing.pdf

Paris et ses Parisiens, depuis deux siècles, M. Garden, JL Pinol et M. Sivignon, mardi 24 novembre 2009
paris-parisiens-2-s.pdf

L’Europe et la misère du monde : mobilités, politiques migratoires en débats, Olivier Clochard et Alain Morice, CR : Bénédicte Tratnjek – mardi 27 octobre 2009
europe-misere-monde.pdf

Tout se met en boîte : la conteneurisation dans le monde, Antoine Frémont, CR : Emilie Blanchard – mardi 29 septembre 2009
conteneurisation.pdf

L’automobile est-elle condamnée ?, G. Dupuy et M. Flonneau , CR : Bénédicte Tratnjek – mardi 28 avril 2009
automobile-condamnee.pdf

Géographie de la danse et du bal, Joëlle Dalègre, Maurice Garden et Pascal Dibie, CR : Bénédicte Tratnjek – mardi 31 mars 2009
geographie-danse-bal.pdf

L’humour a-t-il une géographie ?, Yen-Mai Tran-Gervat, Judith Stora-Sandor, Olivier Douhéret et Nelly Feuerhahn, CR : Jean-Baptiste Fretigny – mardi 27 janvier 2009
humour-geographie.pdf

Territoires policés et territoires de la délinquance, Bruno Fuligni, Michael Sibalis et Paul-David Régnier, CR : Jean-Baptiste Fretigny – mardi 16 décembre 2008
territoires-polices-delinquance.pdf

Dire le monde en plusieurs langues, Barbara Cassin, CR : Bénédicte Tratnjek – mardi 25 novembre 2008
dire-monde-langues.pdf

Mon territoire et moi, Cédric de Fougerolle, Nicolas Vernot et Yann Potin, CR : Jean-Baptiste Fretigny – mardi 28 octobre 2008
mon-territoire-et-moi.pdf

La Russie un empire aliéné ?, Jean Radvanyi et Arnaud Kalika, CR : Jean-Philippe Raud Dugal – mardi 25 mars 2008
russie-empire-aliene.pdf

De la géographie municipale à la lutte des places, Michel Lussault, CR : Olivier Milhaud – mardi 29 janvier 2008
geographie-municipale-lutte-places.pdf

Les universités en Europe, une auberge espagnole ?, Marie Scot, Sylvain Kahn, Matthieu Giroud, CR : Julie Le Gall – mardi 18 décembre 2007
universites-europe.pdf

Une nouvelle géographie des villes ?, Elisabeth Dorier-Apprill, Sophie Didier, Sophie Lehman-Frisch, Bénédicte Florin et Florence Bouillon, CR : Bertrand Pleven – mardi 30 octobre 2007
nouvelle-geographie-ville.pdf

La planète en mal d’énergie, Bernard Bonnin, Gérard Dorel et Yan Horst Keppler, CR : Bertrand Pleven – mardi 25 septembre 2007
planete-mal-energie.pdf

Le marché mondial du soleil : les migrations résidentielles des personnes âgées, Gérard-François Dumont, Yves Montenay et Pierre-Henri Tavoillot, CR : Bertrand Pleven , Estelle Conraux – mardi 29 mai 2007
marche-mondial-soleil.pdf

Les villages en France : vers l’asphyxie et la mort lente ?, Pascal Dibie et Michel Sivignon, CR : Estelle Conraux – mardi 30 janvier 2007
villages-en-france.pdf

Traces et tracés : une géographie des routes sur le seuil de Cervières, Paul Chatelain et Xavier Browaeys, CR : Estelle Conraux – mardi 19 décembre 2006
traces-cervieres.pdf

Les territoires de la chasse en France et dans le monde, Guillaume Beau de Loménie, Patrice Février et Cédric de Fougerolle, CR : Olivier Milhaud – mardi 28 novembre 2006
territoires-chasse.pdf

La planète du sexe : des réseaux de prostitution mondialisés aux sex shops du coin de la rue, Emmanuel Redoutey, Baptiste Coulmont et Marc Skerrett, CR : Vincent Marcilhac – mardi 24 octobre 2006
reseaux-prostitution.pdf

L’Amérique sans les Etats-Unis, Béatrice Collignon, Laetitia Perrier Bruslé, Alain Musset et Jean Marie Théodat, CR : Alexandra Monot – mardi 26 septembre 2006
amerique-sans-les-etats-unis.pdf

Les territoires du naturisme, Francine Barthe-Deloizy et Emmanuel Jaurand, CR : Olivier Milhaud – mardi 13 juin 2006
territoires-naturisme.pdf

Citadins, pourquoi rêvez-vous de nature ?, Augustin Berque, Philippe Bonnin et Cynthia Ghorra-Gobin, CR : Véronique Fourault-Cauët – mardi 30 mai 2006
citadins-reve-nature.pdf

Que fait donc cette vache peul à Saint-Germain-des-Prés ? (Ou pourquoi les Africains aussi boivent du lait…), Bernard Faye, Florence Gaty, Dorothée Guilhem et Salamatou Sow, CR : Olivier Milhaud – mardi 25 avril 2006
vache-st-germain.pdf

L’Amérique au ras du ranch, Christian Montès et Luc Bureau, CR : Alexandra Monot – mardi 28 mars 2006
amerique-ranch.pdf

Nature et culture en géographie, Philippe Descola, Paul Arnould, Pierre Gentelle, Emmanuel Lézy, Laetitia Perrier-Bruslé, CR : Olivier Milhaud – mardi 28 février 2006
nature-culture-geo.pdf

Ville et violence, Sophie Body Gendrot, CR : Alexandra Monot, Olivier Milhaud – mardi 31 janvier 2006
ville-violence.pdf

La Suisse est-elle en Europe ?, Jacques Lévy et Antoine Chollet, CR : Alexandra Monot – mardi 13 décembre 2005
suisse-europe.pdf

14 000 km à pied, ça use les souliers, ou comment faire la géographie de l’Afrique en marchant, Alexandre et Sonia Poussin, CR : Véronique Fourault-Cauët – mardi 29 novembre 2005
geographie-afrique-en-marchant.pdf

Star Wars, mythe ou réalité de la ville globale ?, Alain Musset, CR : Olivier Milhaud – mardi 25 octobre 2005
star-wars-ville-globale.pdf

Le réseau Internet abolit-il la géographie ?, Boris Beaude et Olivier Vilaça, CR : Alexandra Monot – mardi 27 septembre 2005
reseau-internet-geographie.pdf

Les DOM-COM : poussières d’empire ou paradis touristiques ?, Jean-Christophe Gay, CR : Alexandra Monot – mardi 31 mai 2005
dom-com-poussieres-empire.pdf

L’Inde, boom des villes, fin des campagnes ?, Frédéric Landy et Thierry Paquot, CR : Laure-Anne Bomati – mardi 19 avril 2005
inde-boom-des-villes.pdf

Y a-t-il une géographie du territoire animal ?, Jean-François Dortier, Jacques Goldberg et Jean-François Staszak, CR : Olivier Milhaud – mardi 22 mars 2005
geographie-territoire-animal.pdf

Poutine, super-tsar, peut-il gérer le territoire russe ?, Denis Eckert, Jean Radvanyi, CR : David Guerrero – jeudi 10 mars 2005
poutine-super-tsar.pdf

Au secours, la lutte des classes revient à Paris ! Des bourgeois bohèmes à la ségrégation, Michel et Monique Pinçon-Charlot, Eric Maurin, CR : Olivier Milhaud – mardi 22 février 2005
lutte-classes-paris.pdf

Les mots (et les jurons) qui voyagent, Marie Treps, Pierre Enckell et Jean-Louis Tissier, CR : Alexandra Monot – mardi 25 janvier 2005
mots-jurons-voyagent.pdf

Que savons-nous de la Turquie et des Turcs ?, Géraud Poumarède, Michel Carmona , CR : Olivier Milhaud – mardi 14 décembre 2004
turquie-turcs.pdf

Comment les Britanniques voient le monde ? Les cafés géo célèbrent le centenaire de l’Entente cordiale, Pauline Schnapper, Maylis Vautrin et Christine Chivallon, CR : Delphine Papin, Olivier Milhaud – mardi 30 novembre 2004
britanniques-voient-le-monde.pdf

Les jésuites, premiers mondialisateurs ?, Pierre de Charentenay, CR : Olivier Milhaud – mardi 26 octobre 2004
jesuites-mondialisateurs.pdf

Comment lire le Monde dans notre assiette ?, Laurence Bérard, Christian Boudan, Christian Pierret, CR : Alexandra Monot – mardi 28 septembre 2004
lire-monde-assiette.pdf

Géographie de la liberté., Noël Copin, Pierre Gentelle, Marie Pierret, CR : Alexandra Monot – mardi 25 mai 2004
geographie-liberte.pdf

Aller sur Mars ou la guerre technologique entre les Etats-Unis et le reste du monde., Isabelle Sourbes-Verger, André Louchet, CR : Alexandra Monot – mardi 27 avril 2004
mars-guerre-technologique.pdf

Faut-il avoir peur des langues régionales ?, Bernard Cerquiligni, CR : Alexandra Monot – mardi 30 mars 2004
peur-des-langues-regionales.pdf

Gauguin : colon ou sauvage ?, Jean-François Staszak, CR : Soizik Vasseur – mardi 2 mars 2004
gauguin-colon-ou-sauvage.pdf

Le Sultanat d’Oman, nouveau gardien du Golfe ?, Brigitte Dumortier, CR : Alexandra Monot – mardi 27 janvier 2004
sultanat-oman-gardien-golfe.pdf

La ville et les communautarismes : le cas du Marais, un « ghetto gay » à Paris ?, Emmanuel Redoutey, Louis-Georges Tin, Michaël Sibalis et Philippe Mangeot , CR : Alexandra Monot – mardi 16 décembre 2003
ville-communautarismes-marais.pdf

Communitarianism and the city : the Marais, a ‘gay ghetto’ in Paris ?, Philippe Mangeot, Emmanuel Redoutey, Michael Sibalis, Louis-Georges Tin, CR : Olivier Milhaud – mardi 16 décembre 2003
communitarianism-city-marais.pdf

Humeurs vagabondes : à quoi servent les voyages ?, Daniel Roche, CR : Alexandra Monot – mardi 25 novembre 2003
humeurs-vagabondes-voyages.pdf

L’agriculture française menacée sur tous les fronts ?, Jean-Paul Charvet, Xavier Sublet, CR : Alexandra Monot – mardi 28 octobre 2003
agriculture-francaise-menacee.pdf

Peut-il y avoir une gestion mondiale de l’eau ?, Christian Pierret et Jean-Louis Trancart, CR : Alexandra Monot – mardi 30 septembre 2003
gestion-mondiale-eau.pdf

Découpage électoral, tripatouillage territorial ?, Bernard Gaudillère, Jacques Lévy, CR : Laurent Choquereau – mardi 27 mai 2003
decoupage-electoral.pdf

Internet et les territoires, Bruno Cassette et Gabriel Dupuy, CR : Laurent Choquereau – mardi 25 mars 2003
internet-territoires.pdf

Les paradis verts : vers une bi-résidentialité générale en France ?, Jean-Louis Tissier et Jean-Didier Urbain, CR : Soizik Vasseur – mardi 28 janvier 2003
paradis-verts-france.pdf

Histoire et géographie : faut-il les pousser au divorce ?, Dominique Borne et Jacques Scheibling, CR : Marc Lohez – mardi 26 novembre 2002
histoire-geographie-divorce.pdf

Les satellites réécrivent-ils la terre ?, Philippe Pinchemel et Pierre Clergeot, CR : Marc Lohez – mardi 29 octobre 2002
satellites-reecrivent-terre.pdf

Pourquoi le ciel hante-t-il les religions ?, Martine Tabeaud, Nicolas Schoenenwald, CR : Maud Lasseur – mardi 24 septembre 2002
ciel-et-religions.pdf

Nos maisons, un  » Monde  » de l’intérieur, Béatrice Collignon, Janine Debanné, Jean-François Staszak, CR : Maud Lasseur – mardi 18 juin 2002
maisons-monde-interieur.pdf

L’exotisme est-il soluble dans le tourisme ?, Philippe Duhamel et Jean-Pierre Doumenge, CR : Maud Lasseur – mardi 28 mai 2002
exotisme-soluble-tourisme.pdf

Postes, télécoms, comment les réseaux et les « toiles » marquent la géographie ?, Nicolas Routier, Didier Gazagnadou, Gabriel Dupuy, CR : Delphine Papin, Maud Lasseur – mardi 30 avril 2002
reseaux-toiles-geographie.pdf

Haussmann-Delouvrier, deux grands bâtisseurs de villes, • cr : Maud Lasseur – mardi 26 mars 2002
haussmann-delouvrier-batisseurs.pdf

Israël-Palestine (2) : une nouvelle guerre de cent ans ?, Franck Debié et Frédéric Encel, CR : Marc Lohez – mercredi 20 mars 2002
israel-palestine-guerre-cent-ans.pdf

Humboldt : le retour d’un père de la géographie, Sébastien Velut, CR : Maud Lasseur – mardi 26 février 2002
humboldt-pere-geographie.pdf

Mafia et Camorra : les territoires illégaux en Italie, Colette Vallat, Jean-Louis Tissier , Fabrizio Maccaglia et Anne-Marie Matard-Bonucci, CR : Delphine Papin – mardi 29 janvier 2002
mafia-camorra-territoires-illegaux.pdf

Israël-Palestine : La guerre pour le territoire, Frédéric Encel, Julien Mauriat, CR : Delphine Papin, Maud Lasseur – mardi 27 novembre 2001
israel-palestine-guerre-territoire.pdf

Tintin : une Hergéographie ?, Jean-Dominique Merchet et Jean-Louis Tissier, CR : Maud Lasseur – mardi 23 octobre 2001
tintin-hergeographie.pdf

La mode a-t-elle des territoires ?, Christian Pierret, Solange Montagné-Vilette et Pascal Morand, CR : Marc Lohez – mardi 25 septembre 2001
mode-territoires.pdf

Avec les OGM, une nouvelle agriculture ?, Jean-Paul Charvet , Marcel Jollivet, et Albert Sasson, CR : Maud Lasseur – mardi 19 juin 2001
ogm-nouvelle-agriculture.pdf

Géographie et voyage, Jean-Louis Tissier, Gilles Lapouge, Emmanuel Lézy , CR : Maud Lasseur – mardi 29 mai 2001
geographie-voyage.pdf

Le droit d’habiter, Jean-Dominique Merchet, Michel Sivignon, Véronique Lassailly-Jacob et Luc Cambrézy, CR : Claire Ravez – mardi 24 avril 2001
droit-d-habiter.pdf

Les territoires du nucléaire, Jean-Michel Fauve, Isabelle Sourbès-Verger et Bernard Sitt, CR : Véronique Fourault-Cauët – mardi 27 mars 2001
territoires-du-nucleaires.pdf

Ecologie et géopolitique en France, thème du 100è numéro de la revue Hérodote pour ses 25 ans., Béatrice Giblin, Sylvie Vieillard-Coffre, Philippe Subra, Olivier Hollard, CR : Jean-Baptiste Arrault – mardi 27 février 2001
ecologie-geopolitique-france.pdf

Les rois « géographes » ?, Daniel Roche et Philippe Minard, CR : Daniel Letouzey – mardi 30 janvier 2001
rois-geographes.pdf

Pour une géographie des déchets, Martine Tabeaud, Sandrine Glatron, Grégory Hamez, Josette Beer-Gabel et Bénédicte Ramade, CR : Olivier Milhaud – mardi 19 décembre 2000
geographie-des-dechets.pdf

L’espace appartient-il aux géographes ?, Frédéric Dufaux , Philippe Gervais-Lambony, Christian Azaïs, Jean-Michel Salanskis, Patrick Quantin, CR : Olivier Milhaud – mercredi 29 novembre 2000
espace-aux-geographes.pdf

Julien Gracq et la géographie, Yves Lacoste, Erik Orsenna, CR : Marc Lohez – mardi 24 octobre 2000
julien-gracq-geographie.pdf

La dérive sanitaire des continents, Gérard Salem, David Khayat et Christian Pierret, CR : Marc Lohez – mardi 26 septembre 2000
derive-sanitaire-continents.pdf

Du vélo à la bicyclette, du Tour de France aux circulations urbaines : le « deux roues » entre sport et transport ?, Isabelle Lesens, Jacques Lévy, Laurent Lopez, CR : Olivier Milhaud – mardi 27 juin 2000
deux-roues-sport-transport.pdf

Géopolitique des drogues, Alain Labrousse, CR : Olivier Milhaud – mardi 20 juin 2000
geopolitique-drogues.pdf

Quoi de neuf à Londres ?, Claude Moindrot et Emmanuel Vire, CR : Marc Lohez – mardi 13 juin 2000
quoi-neuf-londres.pdf

Le sucre : histoire et géographie d’un esclavage, Marcel Dorigny, CR : Olivier Milhaud – mardi 30 mai 2000
sucre-histoire-geographie-esclavage.pdf

Et si les géographes lisaient dans le marc de café ?, Alain Gernolles et Jean-Pierre Nottey, CR : Marc Lohez – mardi 16 mai 2000
geographes-marc-cafe.pdf

Géographie de la bière, Hervé Marziou, CR : Aymeric Gillet – mardi 9 mai 2000
geographie-de-la-biere.pdf

La ville-spectacle est-elle une fiction ?, Guy Burgel, CR : Cécile Alary – mardi 25 avril 2000
ville-spectacle-fiction.pdf

L’Ethiopie dans l’âge des extrêmes, Alain Gascon, CR : Marc Lohez – mercredi 5 avril 2000
ethiopie-age-extremes.pdf

La Russie après l’élection présidentielle, Jean Radvanyi, Anatoli Vichnievski, CR : Marc Lohez – mardi 28 mars 2000
russie-election-presidentielle.pdf

Le péché cartographique : le cas des Balkans, Michel Sivignon, CR : Olivier Milhaud – mardi 21 mars 2000
peche-carto-balkans.pdf

Le Monde en fête : géographie du carnaval, Franck Guérit, Louise Bruno et Michèle Quénardel, CR : Marc Lohez – mardi 14 mars 2000
geographie-carnaval.pdf

Confucius géographe ?, Thierry Sanjuan, CR : Marc Lohez – mardi 29 février 2000
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De la carte des territoires aux territoires à la carte, Olivier Lazzarotti, CR : Marc Lohez – vendredi 25 février 2000
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Les villes après l’apartheid en Afrique du Sud, Philippe Gervais-Lambony, Claire Bénit, Philippe Guillaume et Myriam Houssay-Holzschuch, CR : Olivier Milhaud, Cécile Alary – mardi 22 février 2000
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Le nouveau « miracle » ivoirien : un coup d’état ?, Jean-Louis Chaléard, CR : Marc Lohez – mardi 1er février 2000
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La carte des territoires vécus, Christophe Terrier, CR : Marc Lohez – samedi 29 janvier 2000
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Des satellites militaires aux satellites civils. Une géographie de la puissance., Isabelle Sourbès-Verger, CR : Marc Lohez – mardi 18 janvier 2000
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Géographie de la nuit, Luc Bureau, CR : Olivier Milhaud – mardi 11 janvier 2000
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Notre monde est-il devenu un « Immonde » ?, Jean Chesneaux, CR : Marc Lohez – mardi 4 janvier 2000
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L’espace français veut-il sortir du paléolithique ?, Jacques Lévy, CR : Olivier Milhaud – mardi 23 novembre 1999
espace-francais-paleolithique.pdf

Les images et les géographes, Jérôme Leclercq et l’association Arrimage, CR : Marc Lohez – mardi 16 novembre 1999
images-et-geographes.pdf

Dix ans, jour pour jour, après le mur de Berlin, Yves Lacoste, CR : Marc Lohez – mardi 9 novembre 1999
dix-ans-apres-mur-berlin.pdf

Les littoraux, des espaces fragilisés, Marie-Anne Gervais-Lambony, CR : Marc Lohez – mardi 26 octobre 1999
littoraux-espaces-fragilises.pdf

Géopolitique de la faim, Sylvie Brunel, CR : Marc Lohez – mardi 19 octobre 1999
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Aux parcs, citoyens !, Francine Barthe, CR : Marc Lohez – mardi 12 octobre 1999
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Le Timor et la question indonésienne, Muriel Charras et Frédéric Durand, CR : Marc Lohez – mardi 5 octobre 1999
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A quoi servent les géographes ?, Jean-Robert Pitte, CR : Marc Lohez – mardi 28 septembre 1999
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L’espace, le passé, les mémoires, François Durand-Dastès, CR : Marc Lohez – mardi 18 mai 1999
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Doit-on être contre le patrimoine ?, Olivier Lazzarotti, CR : Marc Lohez – mardi 11 mai 1999
doit-on-etre-contre-patrimoine.pdf

Se perdre, se retrouver, Jean-François Staszak, CR : Marc Lohez – mardi 4 mai 1999
se-perdre-se-retrouver.pdf

Le paysage, outil des écrivains, outil des géographes, Patrick Drevet et Jacques Réda, CR : Marc Lohez – mardi 13 avril 1999
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Comment a-t-on nommé le Monde ?, Christian Grataloup, CR : Marc Lohez – mardi 23 mars 1999
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Les nouveaux territoires, Armand Frémont et Jean-Louis Guigou, CR : Marc Lohez – mardi 16 mars 1999
les-nouveaux-territoires.pdf

Le métier de professeur de géographie va-t-il disparaître ?, Jean-Louis Nembrini, CR : Marc Lohez – mardi 9 mars 1999
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Le Mercosur, une chimère géographique ?, Bernard Bret, CR : Marc Lohez – mardi 16 février 1999
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Les zones humides, Emmanuèle Gauthier et Bertrand Sajaloli, CR : Marc Lohez – mardi 9 février 1999
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La gestion du milieu local, Gérard Dorel, CR : Marc Lohez – mardi 2 février 1999
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A quoi servent encore les expositions universelles ?, Louis Marrou, CR : Marc Lohez – mardi 26 janvier 1999
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Chacun cherche son climat, Martine Tabeaud et Martin de La Soudière, CR : Marc Lohez – mardi 19 janvier 1999
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Territoires de pacotille. Géographie des micros-nations, Bruno Fuligni, CR : Marc Lohez – mardi 12 janvier 1999
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La Caraïbe, vassale des Etats-unis ?, Frédéric Carré et André de Séguin, CR : Marc Lohez – mardi 5 janvier 1999
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La « world » musique, Yann Richard, CR : Gilles Fumey – mardi 15 décembre 1998
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L’antimonde, Roger Brunet, CR : Marc Lohez – mardi 1er décembre 1998
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Les tropiques, terres de désespérance ?, Roland Pourtier, CR : Marc Lohez – mardi 17 novembre 1998
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La géographie sert-elle toujours à faire la guerre ?, Yves Lacoste, CR : Marc Lohez – mardi 3 novembre 1998
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Les mondes arctiques en ébullition

Débat « Les mondes arctiques en ébullition » avec Eric Canobbio (maître de conférences en géographie, Université Paris 8) le mardi 31 mai à 19h30 au premier étage du Café de Flore, 172 bvd Saint-Germain, 75006 Paris, M° Saint-Germain

Olivier Milhaud donne le coup d’envoi de ce Café Géo en présentant au public venu nombreux l’intervenant de la soirée, Eric Canobbio, Maître de conférences en géographie à l’Université Paris VII Saint-Denis, auteur notamment de l’Atlas des Pôles aux Editions Autrement (2007), de Géopolitique d’une ambition inuite : le Québec face à son destin nordique aux Éditions du Septentrion (2009) et de Mondes arctiques : Miroirs de la mondialisation à la Documentation photographique (n°8080, mars-avril 2011).

Claudine Chantre introduit alors le sujet : les mondes arctiques en ébullition. Poursuivant la métaphore calorique, elle invoque une récente surchauffe médiatique ayant remis la question de la géopolitique de cette région sur le devant de la scène. De la « ruée vers l’or » évoquée par le New York Times en 2005 à l’expédition russe ayant planté en 2007, à 4261m sous la surface et à la latitude du pôle Nord, un drapeau national, en passant par l’ouverture de nouvelles voies maritimes et la possible exploitation de réserves d’hydrocarbures, les journaux ont témoigné d’un regain d’intérêt pour le sujet, certains allant même jusqu’à prédire le début d’une nouvelle « guerre froide », comme le suggérait Libération le 15 août 2007. Suivant cette dynamique, un chapitre du programme de seconde était cette année consacré aux mondes arctiques.

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Tintin : une Hergéographie ?

Café géographique, Le Flore, 23 octobre 2001

Après le grand retour de la géopolitique, l’engouement pour la géomatique, l’alternative géopoétique, voici poindre une nouvelle branche de notre discipline : l’hergéographie. En attendant d’être inscrite dans les programmes scolaires, la géographie de Tintin était ce soir au menu du Flore…

Nous la pratiquions sans le savoir, souvent depuis le plus jeune âge. Restait à lui donner un nom (merci à Jean-Louis Tissier), des perspectives, une cohérence. Depuis le Café du mardi 23 octobre 2001, c’est chose faite. L’hergéographie étudie le monde imaginaire bâti par Hergé (pseudonyme formé à partir des initiales inversées du nom du dessinateur belge, Georges Rémi, 1907-1983). Son principal objet : Tintin, personnage ambigu, gravitant dans un monde où l’interpénétration de l’imaginaire et du réel offre un champ inépuisable d’exploration.

L’hergéographie est une école d’initiés (au berceau), avec ses fondateurs, passionnés et passionnants (même pour ceux qui ne sont pas tombés dedans) : Marc Lohez, professeur d’histoire-géographie, Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération, Jean-Louis Tissier, géographe, longtemps enseignant à l’ENS de Fontenay-Saint-Cloud, aujourd’hui professeur à l’université de Paris-XII.

Comme dans tout groupe de penseurs, des tiraillements s’y dessinent déjà, principalement entre tintinophiles, haddockphiles et tryphonphiles… Alors, Hergé a-t-il fait plus qu’il ne pensait pour la géographie ? Nos trois invités nous en ont persuadés.

Tintin : Journaliste, voyageur ou géographe ?

Qui est Tintin ? Officiellement, un reporter. Mais Jean-Dominique Merchet, lui-même journaliste, semble sceptique : Tintin ne peut être journaliste car il ne travaille jamais. Pas un carnet de notes, aucune machine à écrire, pas de compte à rendre au journal. Voyageur ? Sans nulle doute. La première bulle du premier album de ses aventures (Tintin au pays des Soviets, 1930) est explicite :  » Bon voyage « . Tintin voyage, il ne fait que cela. Il a le goût du monde, de la découverte, des autres peuples. Pour un géographe, ce sont là les qualités premières, inhérentes à la discipline.

Tintin est-il pour autant géographe ? Jean-Louis Tissier, en qualité de géographe tintinophile (ou plutôt haddockphile…), s’interroge. Tintin parcourt vingt-deux pays mais sa géographie est lacunaire. Malgré le vol 714 pour Sydney, il manque irrémédiablement l’Australie à son planisphère. Certains secteurs du monde sont au contraire surchargés de son empreinte : les Balkans, le Moyen-Orient.

La géographie de Tintin est un système-monde centré sur Moulinsart, une vision européocentrique (et même bruxellocentrique) du monde, avec une auréole proche très parcourue et des périphéries lointaines à peine survolées (il n’ira qu’une seule fois en Amérique du Nord). Par contre, Tintin marche sur la Lune, expérience qui le place évidemment au-delà de celle du commun des géographes.

Autre point suspicieux, Tintin ignore les cartes. Il ne peut, à ce titre, prétendre au statut de géographe. Tintin part, arrive, vit une série d’aventures mais ne semble jamais s’informer sur son lieu de destination ni organiser son itinéraire. Pire, Tintin, en dépit de la beauté des paysages qui l’entourent, ne s’arrête jamais pour les observer. Ce n’est pas un contemplatif.

Il a cependant quelques qualités propres au géographe. Attentif aux autres peuples, il permet à Hergé de dessiner une ethnographie, certes élémentaire, mais qui traduit une réelle sensibilité aux autres cultures. Tintin a d’ailleurs un goût prononcé pour le costume local, il se déguise avec un grand soin (plaisir ?) pour mieux passer inaperçu (voir Le Lotus bleu, Le Crabe aux pinces d’or…).

Plus intéressant encore, Tintin a le goût des points chauds, des zones de conflit. À se demander si la curiosité géopolitique de Tintin-Hergé n’a pas anticipé de quelques années le renouveau initié par Yves Lacoste et la revue Hérodote… La bande dessinée aurait-elle servi à faire de la géopolitique à une époque (l’après seconde guerre mondiale) où cette branche était suspecte et mise au ban de l’Université ?

L’intérêt majeur de l’œuvre d’Hergé est, dans tous les cas, la vraisemblance et la qualité de sa construction géographique. Hergé, au contraire de son héros, travaillait d’ailleurs à partir de cartes. Le réalisme, allié à l’esthétique des paysages, peuvent-il expliquer l’appropriation, le succès de Tintin dans le monde entier ?

Tintin ne peut être labellisé géographe du point de vue de la géographie académique mais sans doute a-t-il créé des vocations de géographe.  » eut-être même, réplique Jean-Dominique Merchet, Hergé a-t-il permis à la géographie de rester sympathique (ce qu’elle n’était pas forcément, à l’époque, au sein de l’institution scolaire) et de faire vivre la passion pour cette discipline au fil des générations… La cartographie occupe d’ailleurs une place majeure dans l’un des albums, Le Trésor de Rackham le Rouge, qui m’a permis d’apprendre, en marge de l’école, ce qu’était la longitude… Il y a peu de cas, dans la littérature, où un concept géographique sert de fil conducteur à une intrigue ».

Imaginaire et politique, le monde d’Hergé

Marc Lohez s’interroge sur l’univers de Tintin, qu’il voit, empreint des fantasmes et représentations de son auteur.

Dans son souci pointilleux des paysages, ce sont indéniablement la montagne et la forêt tropicale qui constituent les deux environnements préférés d’Hergé. Le dessinateur en fournit une série d’images idéalisées. Avec la forêt tropicale, nous nous éloignons de la géographie pour nous rapprocher du Douanier Rousseau : luxuriance, vert profond, singes, perroquets. La forêt est un lieu de rêve. Quant à la montagne, elle fait figure de gigantesque terrain de jeu, où Tintin peut dévaler des rapides, chuter, être englouti par la neige, se rattraper aux branches… Cet imaginaire continue d’alimenter les représentations et les inspirations dans nos sociétés. Prenons les agences de voyage, avec la mode du trekking dans l’Himalaya, ou la publicité, qui a largement utilisé l’image du moine tibétain en état de méditation. Tintin n’a-t-il pas également joué un rôle dans la sympathie immédiate que nous ressentons pour le Tibet ?

Dans la construction de son système-monde, Hergé met en scène de vrais théâtres géopolitiques. Il a créé pour cela cinq pays imaginaires : outre le Khemed (dans la Péninsule arabique, où l’on retrouve tout l’arsenal de l’Etat pétrolier), ces pays fonctionnent par couples antagonistes. La Bordurie contre la Syldavie, c’est l’opposition entre un état capitaliste et un Etat sans nulle doute communiste, situé dans les Balkans, qui se cristallise autour d’un enjeu économique, l’uranium. En Amérique du Sud, le pétrole du GranChapo (analogie avec le Gran Chaco réel) sert de pôle de conflit entre le San Theodoros et Nuevo Rico, opposant, au-delà, des intérêts britanniques et américains. Systématiquement, le dessinateur met donc en scène un antagonisme entre des acteurs nationaux, soutenus par des puissances internationales rivales, le tout en lutte pour le contrôle d’une ressource.

Les allusions politiques sont omniprésentes dans l’œuvre d’Hergé : condamnation du régime communiste dans Tintin au Pays des Soviets, regards critiques portés sur les inégalités sociales et les dictatures latino-américaines, lutte entre Palestiniens et Israéliens dans la première édition de Tintin au pays de l’Or noir (avec mention de la ville d’Haïfa).

L’approximation, l’idéalisation rendent cependant difficile la pratique de la géographie à travers la lecture de Tintin.

Reprenons l’histoire de Rackham le Rouge. Le parchemin retrouvé par nos héros indique l’emplacement d’une île au trésor à environ 20° de latitude nord et 70° de longitude ouest. On peut bien sûr ouvrir nos atlas pour y rechercher l’identité réelle de l’île mystérieuse (au travail !) mais un problème semble avoir échappé à Hergé : à l’époque où le manuscrit de l’intrigue est supposé avoir été écrit, soit au 17ème siècle, notre monde ne savait pas encore calculer la longitude…

Héros positif, héros ambigus

Comme Céline, Hergé est un auteur aux choix politiques critiquables, souligne Jean-Dominique Merchet. D’un côté, il fut proche de l’extrême-droite belge, de l’autre, il a pu dénoncer l’impérialisme dans le Lotus bleu.

D’une part, on peut considérer que Tintin au Congo est une caricature de l’Afrique, d’autre part, Tintin est lu et apprécié partout dans le monde, y compris en Afrique où il inspire les auteurs de bandes dessinées.

En fait, Tintin s’est très vite mondialisé. Dès la fin des années 1960, la référence explicite à la Belgique disparaît des albums. L’identité nationale de Tintin s’atténue, Hergé se globalise. Les aventures de Tintin sont écrites dans des dizaines de langues, le personnage connu jusqu’au cercle polaire (on trouve des albums en finnois, en coréen, en bengali, en arabe…). Tintin passe désormais partout, c’est un héros universel.

Pourtant, Haddock est un personnage beaucoup plus fort du point de vue littéraire. Dans Les Bijoux de la Castafiore, il occupe d’ailleurs toute la place. Le personnage semble progressivement s’imposer à Hergé. Peut-être aurait-il fini par devenir le véritable héros…

Car Haddock, souligne un intervenant, est la figure humaine, l’expression de la faiblesse. Il recule, freine le goût du risque de Tintin. Il est le modérateur, également le protecteur de Tintin (« vous allez vous faire tuer ! »). Tournesol, lui, a une dimension infantile et fantaisiste. En comparaison de ces excentriques, Tintin apparaît comme un personnage plutôt falot.

Michel Sivignon : Tintin est un héros positif précisément parce qu’il est un personnage lisse, sans défaut. Il n’est pas sans rappeler l’univers scout des années 1930, qu’Hergé a beaucoup fréquenté.

Marc Lohez : Tintin est un peu la version mondiale du Tour de France par deux enfants. C’est une exploration du monde à destination de la jeunesse, à qui il faut un héros qui suscite l’identification. Mais la vision du monde d’Hergé est non consensuelle et de plus en plus pessimiste dans les derniers albums.

Jean-Dominique Merchet : Certains éléments seraient pourtant inconcevables dans la littérature pour la jeunesse actuelle. Pensons à l’alcoolisme de Haddock. L’alcool est très présent dans l’œuvre, même Milou boit assez régulièrement !

Jean-Louis Tissier : Sans parler de la savoureuse grossièreté du capitaine.  » Bachibouzouk « ,  » Crétin des Alpes « ,  » Zouave « ,  » Canaque « … Des insultes souvent géographiques, non ?

Compte-rendu : Maud Lasseur

 

Le péché cartographique : le cas des Balkans

Par Michel Sivignon, université de Paris X.
En présence de l’équipe du National Geographic.
Mardi 21 mars 2000 à l’Ecritoire.

Toute carte est interprétation.
Or lire une carte, c’est l’interpréter.
Donc lire une carte, c’est interpréter une interprétation.

Qu’est-ce qu’une confession stimulante, salutaire et chaleureuse?

–  un café-géo avec Michel Sivignon, qui nous entraine avec toute son intelligence, sa malice et sa rigueur, dans la culpabilité des géographes : leur péché cartographique !

Ce soir, l’Ecritoire s’est transformé en confessionnal! Un confessionnal sympathique et chaleureux, avec la carte des Balkans accrochée au mur et généreusement distribuée à toute l’assistance. En effet, le National Geographic (France) était représenté par une partie de sa rédaction, et notamment Emmanuel Vire, son cartographe. Le numéro n°5 de février 2000 comporte une carte des Balkans qui a servi de base à la discussion.
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